John Buckland Wright ou JBW, né à Dunedin en Nouvelle-Zélande le et mort à Londres le , est un illustrateur et graveur néo-zélandais.

Il part tôt pour l'Angleterre, où il étudie l'Histoire et l'architecture, mais préfère se consacrer à des activités artistiques. Il s'installe en Belgique en 1926 et apprend de façon autodidacte la gravure sur bois. Il intègre la société artistique locale et se fait remarquer par la parisienne, ce qui le mène à Paris en 1929. Très proche de l'Atelier 17 de Stanley William Hayter et de l'atelier Lacourière-Frélaut, où il côtoie de grands artistes, il se perfectionne et devient très productif, aussi bien en gravure sur bois que sur cuivre. Il collabore principalement avec deux presses privées : celle d'Alexander A. Stols, Halcyon Press, à Maastricht et celle de Christopher Sandford, , à Londres.

Quand la seconde Guerre mondiale éclate, il rentre en Angleterre, où il continue de travailler avec la presse privée britannique. Il devient professeur universitaire de gravure et publie l'important ouvrage , juste avant de mourir en 1954.

Biographie Jeunesse John Buckland Wright naît à Dunedin à Redroofs, une mansion de brique conçue par J. L. Salmond et édifiée par son père Jack Wright, directeur de et fils du fondateur de la société J. T. Wright..

À la suite de la mort de son père, il quitte assez tôt — en 1905. — la Nouvelle-Zélande pour aller étudier l'Histoire en Angleterre. Il s'enrôle pour un diplôme de guerre au Magdalen College de l'université d'Oxford puis part étudier l'architecture à l'université de Londres, où il est diplômé en 1922, bien qu'étant nettement plus porté par l'art plutôt que cette discipline. Pendant qu'il est à Oxford, il visite régulièrement l'Ashmolean Museum, où il passe des heures à copier des anciennes sculptures ; les déesses et nymphes grecques sont ses premiers modèles et développeront sont approche de l'art..

La Première Guerre mondiale marquera Buckland Wright aussi bien personnellement qu'artistiquement. Il rejoint le (Service d'ambulance écossais) et accompagne l'armée française à Verdun, l'endroit où les Français ont souffert de la plus grande perte humaine. Il y est témoin de scènes très douloureuses. et reçoit pour son aide aux blessés la Croix de guerre 1914-1918.

Vie et carrière en Belgique et en France En 1926, il s'installe à Bruxelles, rue Edith Cavelle. Il se forme lui-même à la gravure sur bois et sur cuivre.. Il rencontre dans cette ville Mary Bell Anderson, une musicienne canado-écossaise, avant de l'épouser, le , près du consulat britannique, à Paris.

Il devient membre de la Société de la Gravure Originale Belge et des Xylographes Belges. Alors qu'il expose avec ces derniers en 1929, son travail est remarqué par , poète, journaliste et cofondateur de , la première maison d'édition privée néerlandaise. C'est lui qui reconnaît les talents de Buckland Wright, et le premier à voir en lui de grandes qualités d'illustrateur de livreVoir ...

Il part à s'installer à Paris en 1929. Après avoir d'abord résidé dans son studio parisien des Buttes-Chaumont, John Buckland Wright emménage avec son épouse au 9 rue de Valence dans le Quartier latin, où il dispose d'un atelier et où ils résideront jusqu'à la seconde Guerre mondiale. Buckland Wright aide Stanley William Hayter à fonder son fameux Atelier 17 à ParisL'Atelier 17 est nommé ainsi car ses locaux sont situés au 17, rue Campagne-Première. Voir ., dans lequel des artistes vont expérimenter de nouvelles techniques d'estampe ; JBW — tel qu'il se fait connaître — fréquentera cet atelier à partir de 1934 et travaillera avec des artistes aussi célèbres que Matisse, Chagall, Picasso, Miró Dali, Józef Hecht, Max Ernst, Yves Tanguy ou André Masson.. Il devient son directeur en 1936 et est, selon Hecht,

À l'atelier Lacourière-Frélaut, il apprend de Roger Lacourière la gravure sur cuivre, la taille-douce et autres techniques de gravure, dont la capacité de créer un ton d'arrière-plan en essuyant à la main l'encre sur les portions non-travaillées. Il en fait l'éloge dans en disant qu'

Buckland Wright produit de nombreuses gravures sur bois et sur cuivre pour des presses privées des Pays-Bas, et en particulier au travers de son étroite collaboration avec Alexander A. Stols. Mais il produit aussi, de façon ponctuelle, un grand nombre de gravures pour des amis, comme en témoigne un ex-libris réalisé en 1932 pour M. B. B. van Nijkerk..

Avant de rentrer en Angleterre, il produit également de nombreuses gravures pour la britannique . Afin de l'attirer, Christopher Sandford, copropriétaire de la presse privée britannique, écrit à John Buckland Wright : C'est ainsi que le livre . de Edward Powys Mathers, qui sera très bien accueilli, devient leur première collaboration, et permettra de présenter l'œuvre de Buckland Wright aux collectionneurs britanniques et américains. Ils signent un contrat de cinq ans consistant à produire trente plaques pour chaque année, et deviendront amis..

Retour en Angleterre Dans les années 1930, 1940 et au début des années 1950, trois artistes ont beaucoup contribué à situer la gravure britannique dans l'art contemporain européen : le néo-zélandais John Buckland Wright et les deux anglais Stanley William Hayter et . Tous ont des attachements plutôt français que pour les écoles de gravure britanniques du début du siècle. Pourtant, John Buckland Wright revient en Angleterre en 1939, quand la seconde Guerre mondiale éclate.

La récession anglaise qui suit la fin de la seconde Guerre mondiale pousse Buckland Wright à chercher des commandes ailleurs que dans la presse privée. En plus de l'augmentation du prix de la vie, les postes que lui et sa femme occupaient sont terminés, et le déménagement à un nouvel appartementCe nouvel appartement est situé au 10 Nevern Mansions, dans le district de Kensington de Londres. ainsi que la naissance de leurs enfants Christopher (1945)L’aîné de John Buckland Wright, Christopher, s'attachera à conserver la mémoire de son père en publiant de nombreux ouvrages sur son père — voir chap. Bibliographie — et en organisant de nombreuses expositions — voir chap. Expositions importantes., Richard (1947) et Elizabeth (1948) sont difficiles à compenser par les qu'il reçoit des droits de succession de son grand-père tous les ans. C'est ainsi, par exemple, que la société londonienne de Lindsay Drummond l'engage pour illustrer 6 livres, dont . de Leonid Andreïev, où les illustrations ne seront pas des gravures, mais des dessins, dont un qui est un portrait d'Andreïev.. Il réalise également divers travaux commerciaux dont des designs de livre, des papier d'emballage, des ex-libris et des cartes de noël..

À l'occasion des Jeux olympiques d'été de 1948, John Buckland Wright participe à la compétition artistique — appelée — pour le Royaume-Uni, sans obtenir de médaille...

Il continue de produire des gravures sur cuivre pour différentes presses privées ou non, mais devient professeur universitaire de gravure à la Camberwell College of Arts en 1950 puis à la Slade School of Fine Art deux ans plus tard. témoigne , un ancien élève à la Slade School of Fine Art. Frank Martin, ajoute lui qu'il était et que ..

En 1953, il publie l'ouvrage ., qui aura une certaine influence dans le monde de la gravure.

Il meurt de façon inattendue en 1954, des suites d'une brève maladie..

Œuvre Influences Autodidacte, John Buckland Wright commence à dessiner à l'âge de . Il ne suit aucune formation d'artiste, si ce n'est celle d'un maître d'art à Rugby. Les livres d'Ovide et Virgile qu'il consulte à l'Ashmolean Museum de l'université d'Oxford, et surtout le livre . (« Manuel d'anatomie pour étudiants en art », 1896) d' sont ses principales sources d'inspiration, dessinant des corps humains de Néréides, de nymphes, de Pan ou de satyres qu'il situe dans des décors naturels tels que des rivières et des forêts.

Il s'est intéressé à la gravure en 1924, après avoir été très impressionné par une exposition permanente sur les documents, les outils et les différentes techniques de gravure et d'impression de livre au Victoria and Albert Museum. Il a été fortement influencé par le livre d'Edward Gordon Craig, ., publié la même année. Déjà installé à Bruxelles à cette époque, il profite du dynamisme artistique de la région autour de laquelle gravitent des écrivains et artistes plastiques tels que Maurice Maeterlinck, Francis Jammes, Waldemar George ou Gustave de Smet, et où de nombreux artistes de Paris viennent exposer, comme Matisse, Derain et Picasso. JBW fait partie du , un groupe de graveurs de blocs de bois influencés par Edward Pellens, le père de la gravure sur bois en Belgique au . L'un des membres principaux de ce groupe est Franz Masereel, un graveur sur bois flamand et pacifiste lors de la première Guerre mondiale.

John Buckland Wright a par ailleurs été influencé par le travail d'Aristide Maillol, qui a également concentré son travail sur le corps féminin d'un style très classique. Il commentera à Sanford à propos de ses gravures sur bois : et ajoutera à une autre occasion qu'elles sont

Premières commandes et collaboration avec Alexander A. Stols Il produit d'abord 14 gravures sur bois pour ce qui aurait dû être sa première commande publiée. Mais l'édition finale du Sphinx d'Iwan Gilkin. n'en comportera que quelques-unes. Toutes ses gravures verront le jour en 1960 dans une édition cadeau. destinée aux membres de la société Graphia..

Sa première commande de gravure publiée entièrement est un ensemble de 11 estampes pour une édition spéciale de 1930 des Sonnets. de John Keats. Sa collaboration avec Alexander A. Stols, éditeur de cette première publication, sera productive, puisque John Buckland Wright illustrera plus d'une dizaine d'ouvrages, dont une édition du Le Masque de la mort rouge. d'Edgar Allan Poe, d'une autre des Souffrances du jeune Werther de Goethe, pour laquelle il utilise pour la première fois des gravures sur cuivre, qu'il avouera ne pas avoir aimées, et d'une autre du poète français Jean-Louis Vaudoyer, Donne-moi ton cœur…., dont le frontispice est une gravure sur cuivre montrant l'influence du graveur français Jean Émile Laboureur.

Au début des années 1930, son ami américain Quincy Porter est sur le point de publier ; il demande à Buckland Wright d'illustrer en couleur les parties musicales. Le graveur utilise un burin sur le bois de bout du buis et colore à la main l'image au crayon gras. Il utilise également le crayon gras sur (1931). Il reprendra des images plus colorées dans la publication post-guerre de , de Francis Beaumont.

Il illustre deux des trois éditions du néerlandais , dont . (1932).

En 1933 sort une édition de Dolores (Notre-Dame des Sept Douleurs). de Algernon Swinburne, imprimée par Alexander A. M. Stols et illustrée par Buckland Wright. Ses gravures en ligne blanche montrent la maîtrise du burin par l'artiste, avec un résultat final aussi propre et net que la pointe de l'instrument utilisé.

Au début des années 1930, Joseph Ishill (1888-1966), imprimeur anarchiste au travers de son basée au New Jersey, commande à John Buckland Wright des gravures sur bois pour une publication annuelle appelée (en 1933 et 1937). Ishill lui offre par ailleurs d'illustrer le poème de l'anglais , ., publié en numérotés en 1935..

Autopublications En 1935, Buckland Wright s'essaie à l'autopublication, avec ., tirée à sous le nom d'impression « J.B.W. Editions », et avec la note dans le colophon suivante : La seconde autopublication est (1936)., publiée à numérotés, dont les gravures ont été imprimées, selon les propres mots de Buckland Wright, en utilisant une encre spéciale faite à partir d'une recette de Józef Hecht, laquelle est basée sur des formules du . Il n'autopubliera plus rien à cause de la deuxième Guerre mondiale qui le pousse à rentrer en Angleterre.

Collaboration avec Golden Cockerel Press