Femme assise et Figure, nu assis, figure accoudée sont deux huiles sur toile peintes par Nicolas de Staël en 1953 à Lagnes et à Ménerbes. La première est répertoriée à cette date dans le catalogue raisonné de Françoise de Staël sous le . Elle précède de très peu Figure, nu assis, figure accoudée, huile sur toile, peinte vers la fin de l"année 1953, répertoriée dans le catalogue sous le . Les deux sujets sont toujours la même femme qu'il désigne parfois sous le nom de Une inconnue, bien qu'il s'agisse de Jeanne Mathieu, qu'il nomme de temps en temps : Nu debout (nu Jeanne). Cette femme dont il s'est épris et pour laquelle il s'est jeté par la fenêtre n'est en réalité qu'un des motifs du désespoir de Nicolas de Staël qui a toute sa vie vécu entre enthousiasme et accès de mélancolie désespérée. Staël ne connaissait pas la sérénité, ainsi le confirme Bernard Heitz :
Contexte Staël vient de faire un voyage « familial » en Italie et en Sicile. Au début , il a entassé dans son Tube Citroën Françoise enceinte de son dernier fils, les enfants, et deux amies. Parmi ces deux amies, se trouve Ciska Grillet une amie de René Char . et Jeanne Mathieu dont Staël est déjà amoureux, et avec laquelle, arrivé en Toscane au retour de Sicile, il fait de longues promenades, abandonnant femme, amie, et enfants.
En Sicile, parmi les ruines de Sélinonte, (province de Trapani), Staël est allé chercher les secrets de l'art grec, la clef des formes stylisées et pures.. La Sicile va lui inspirer la série des Agrigente, mais son amour pour Jeanne va accélérer sa recherche sur le nu. Il écrit à Jacques Dubourg : L'intégralité de la lettre est reproduite dans le catalogue raisonné de Françoise de Staël. On voit que Dubourg est resté le marchand préféré de Staël, et que le peintre continue à lui fournir des toiles..
Ces « vacances italiennes » n'ont pas été une détente pour le peintre qui s'enferme au retour, seul dans son atelier de Lagnes puis de Ménerbes, où il peint anonymement Jeanne qui devient son « inconnue », sa « femme assise », son « nu assis figure accoudée » et dont il confie, dans une lettre à René Char :
Entre-temps, Paul Rosenberg lui a fait savoir qu'il a vendu tous les tableaux qu'il lui avait envoyé. Staël est donc riche, mais cela ne le console de rien. Il peint désormais avec une fureur fiévreuse et reconnaît, dans une lettre du à Jacques Dubourg:
Les œuvres Dans Femme assise, le corps de la femme assise disparaît presque complètement derrière une fine couche de bleu clair dont seul émergent deux jambes croisées, d'un bleu plus foncé et une chevelure noire encadrant une tête dont la forme est donnée par la coiffure. Aucun trait du visage n'est lisible. Elle est assise partiellement sur un siège d'un rose pâle en dégradé qui rappelle la couleur des Indes galantes, partiellement sur un fond bleu noir qui se prolonge sur la gauche de la toile par des taches rouges-orangée, avec, à l'extrémité du tableau, comme pour terminer l'ensemble, une colonne verticale dans les tons dégradés du noir, vert foncé, bleu foncé, mettant fin à un fond blanc bleuté ..
Selon Daniel Dobbels, la tentation pour Staël n'est pas de se mesurer au thème le plus ancien de l'histoire de la peinture, elle est, plus intimement, plus violemment, d'en faire aussi l'épreuve. Car elle répond à une très ancienne question que le peintre se posait déjà en et qu'il exprimait dans une lettre à Madame Fricero..
En 1952, Nicolas de Staël est toujours hanté par cette question. Il confie sa perplexité à René Char dans une lettre du
L'année suivante, Femme assise ne reproduit plus un volume pareil, mais une légèreté voisine de L'esquisse d'un portrait ainsi que la qualifie Harry Bellet., et dont Antoine Tudal explique le dépouillement par la méthode de Nicolas de Staël qui dessine d'abord avec une grande précision,
Femme assise (Staël) et Figure, nu assis, figure accoudée sont deux toiles présentées à l'exposition du Château Grimaldi jusqu'au . L'exposition est intitulée : La figure à nu, hommage à Nicolas de Staël, à l'occasion du centenaire de la naissance du peintre, sur le thème du nu et de la figure féminine. Le reportage vidéo de V. Varin, E. Jacquet, et N. Brancato présente, dans l'ordre, les œuvres suivantes : Nu couché bleu (1955), Figures (Staël) (1953), Femme assise (Staël) (1953), Figure, nu assis, figure accoudée 1953, une version du Le Parc des Princes, (1952), Portrait d'Anne (1953), Le Concert (Le Grand Concert : L'Orchestre), 1955, huile sur toile (1955), dernier tableau de Staël appartenant au Musée Picasso (Antibes), avec les commentaires de Anne de Staël, fille du peintre, et de Jean-Louis Andral, directeur des musées d’Antibes voir les tableaux cités et les commentaires..
Bibliographie
. avec les lettres du peintre commentées par Germain Viatte
lien Archives de l'ouvrage réédition 2009
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Tableau de Nicolas de Staël Catégorie:Tableau réalisé en 1953 Catégorie:Œuvre d'art contemporain