Édouard Branly, né le à Amiens et mort le à , est un physicien et médecin français.

Il découvre le principe de la radioconduction et celui de la télémécanique. Il est l'un des précurseurs de la radio et l’inventeur du cohéreur.

Biographie Grâce à la découverte par Branly du radioconducteur et ses travaux sur le principe de la radioconduction, Guglielmo Marconi effectue, en 1899, les liaisons radiotélégraphiques qui marquent la naissance de la télégraphie sans fil. Quelques années plus tard, il découvre le principe de la télémécanique, qui est le fondement de la télécommande actuelle.

Édouard Branly est le type même du savant travailleur, passionné, désintéressé et opiniâtre de cette époque. Catholique convaincu, il se bat toute sa vie pour obtenir des conditions de travail décentes à l'Institut catholique de Paris et lutte contre l'opposition des milieux universitaires et scientifiques anticléricauxUne partie du matériel de son laboratoire est exposée au musée Branly, dans l'enceinte de l'Institut catholique, 21 rue d'Assas, dans le arrondissement de Paris. Dans ce bâtiment maintenant occupé par l'Institut supérieur d'électronique de Paris, on peut visiter trois pièces de son laboratoire, dont son bureau et une salle transformée en magnifique cage de Faraday par des plaques de cuivre apposées sur les six faces..

Enfance et formation Édouard Branly naît rue Martin-Bleu-Dieu à Amiens, le . Il est le premier enfant d'Édouard Joseph Branly, maître d'études au collège royal d'Amiens, et d'Elisa Gillion. Son père, ami de Paul Desains, est nommé professeur au collège communal de Saint-Quentin, où s'établit la famille en 1845. Un deuxième enfant, prénommé Edgar, voit le jour en 1851. Élève brillant, Édouard est scolarisé à partir de 1852 au collège de Saint-Quentin qui devient un lycée impérial de en 1853. Il entre en classe de en 1854 dans la division des lettres. En 1860, à la fin de la classe de rhétorique, sans faire l'année de logique, il obtient, à l'âge de 16 ans, le baccalauréat ès lettres devant la faculté des lettres de Douaicertificat d'aptitude du 13 novembre 1860, diplôme du 25 avril 1861.. Edouard Branly souhaite cependant se consacrer aux sciences. Il prépare donc le baccalauréat ès sciences, qu'il passe l'année suivante devant la faculté des sciences de Parisdiplôme de mai 1862.. Il fait ensuite des études supérieures en classe de mathématiques spéciales au lycée Napoléon où il a pour professeur de physique Édouard DesainsFrère de Paul Desains, ancien élève de Joseph-Charles d'Almeida., puis, de 1865 à 1868, à l'École normale supérieure, où il suit les conférences de physique de Bertin-Mourot, et à la faculté des sciences de Paris, où il suit les cours de physique de Paul Desains et Jules Jamin et obtient les licences ès sciences mathématiques et ès sciences physiques en 1867.

Carrière Nommé agrégé des sciences physiques et naturelles en 1868Jean-Claude Boudenot, ., il est affecté brièvement au lycée de Bourges avant d'être nommé en 1869 chef des travaux du laboratoire d'enseignement de physique de la faculté des sciences de Paris et de l’École pratique des hautes études, dirigé par Paul Desains. Durant la guerre de 1870 il est sous-lieutenant du génie auxiliaire. Il est nommé directeur-adjoint après l'obtention du doctorat ès sciences physiques devant la faculté des sciences de Paris en 1873 (thèse de physique sur les phénomènes électrostatiques dans les piles). Sa première communication à l'Académie des sciences, cosignée avec Desains, porte sur le rayonnement solaire.

Il enseigna au collège Rollin durant l'année scolaire 1874-1875. En 1876, il quitte la faculté pour devenir professeur à l'Institut catholique de Paris, nouvellement créé. En 1877 il reprend des études de médecine et obtient le doctorat en 1882 avec une thèse sur le dosage de l'hémoglobine et le traitement des malades anémiés. À partir de 1896, il pratique la médecine en parallèle avec l'enseignement et la recherche à l'Institut catholique.

Recherches et découvertes vignette|Plaque en hommage à Édouard Branly au rue de Vaugirard, sur la façade de l'Institut Catholique de Paris, pour sa découverte de la radioconduction. vignette| Plaque hommage à Edouard Branly, Rue des Suzannes à Saint-Quentin. 1890 : découverte du principe de la radioconduction et mise au point du radioconducteur basé sur le tube à limaille. Travaux sur la photoélectricité. 1895 : recherche sur les contacts imparfaits. 1895 : mise au point du trépied-disque, le « radioconducteur à contact unique ». 1905 : invente la télémécanique. 1911 : recherches sur les diélectriques minces. l'antenne, une tige métallique, aussi l'auteur de recherches sur la décharge des corps électrisés sous l'influence de la lumière et d'expériences de télécommande.

Événements Honneurs 1898 : lauréat de l'Académie des sciences (prix Houllevigue). 1900 : Grand prix de l'Exposition universelle. 1900 : chevalier de la Légion d'honneur, avec la mention dans le Journal officiel : . 1903 : prix Osiris (partagé avec Pierre Curie) de l'Institut de France.. 1910 : Grand prix d'Argenteuil de la Société d'encouragement à l'industrie nationale. 1910 : élu membre associé de l'Académie royale de Belgique. 1911 : élu membre à l'Académie des sciences le . 1933 : grand-officier de la Légion d'honneur. 1938 : grand-croix de la Légion d'honneur. 1938 : élevé à la dignité de commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le pape Léon XIII.

Actions de la comtesse Greffulhe Édouard Branly fait la connaissance d'Élisabeth de Caraman Chimay, comtesse Greffulhe, en 1902, par l'intermédiaire d'Albert de Mun. La comtesse Greffulhe se passionne pour ses travaux, visite son laboratoire, se fait expliquer le principe de la radioconduction et les expériences en cours« Elle s'intéressa avec un enthousiasme inusité aux recherches du grand savant… » Jeanne Terrat-Branly, op. cit. .. Elle prend conscience de la vétusté du laboratoire et des conditions de travail difficiles du physicien, elle lui apporte une aide efficace à plusieurs reprises grâce à ses relations. Elle convainc Maurice Bunau-Varilla directeur du Matin d'organiser une conférence sur la télémécanique au Trocadéro en . En 1905, elle organise dans sa propriété de Bois-Boudran, en Seine-et-Marne, une démonstration de radiotransmission de la voix sur trois kilomètres, à laquelle elle convie le tout-Paris. Marcel Proust figure parmi les invités à cette manifestation.. Elle intervient auprès d'Alexandre Millerand, alors ministre des Travaux publics, pour le renouvellement du bail de l'Institut catholique à la fin de l'année 1909. Par l'intermédiaire de sa sœur Ghislaine de Caraman Chimay elle introduit Édouard Branly à la cour de Belgique et le présente au roi Albert . Il est élu membre associé de l'Académie royale en 1910.

Famille vignette|Plaque au boulevard Saint-Michel (Paris). 1882 : mariage à Verdun le avec Marie Lagarde. Trois enfants : Jeanne (1883-1977)Jeanne, plus tard , auteur d'un livre source : Édouard Branly, mon père voir paragraphe « bibliographie »., Étienne (1885-1953) et Élisabeth (1889-1972), épouse de Paul Tournon. 1927 : décès de madame Branly le en Belgique. De 1928 à 1940, Branly habite 87 boulevard Saint-Michel, à Paris..

Le , Édouard Branly s'éteint à Paris en son domicile 87 boulevard Saint-Michel Décès Paris 5e, 17 février 1940 (acte n° 301)-17 avril 1940 (acte n° 601), cote 5D 267, page 20/31 acte N°496 qui était occupé par M. et Tournon, ses gendre et fille, où il était revenu après avoir passé quelques mois en Haute-Vienne à la suite de la déclaration de guerre. Ses funérailles nationales sont célébrées à Notre-Dame par le cardinal Verdier le , l'éloge funèbre est prononcé par le Ministre de l’Éducation nationale Albert Sarraut en présence du Président de la République Albert Lebrun. Branly est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 10) à Paris. Ses traits nous restent fixés par le portrait que peignit Maurice Asselin en 1936, aujourd'hui conservé au Musée Toulouse-Lautrec d'Albi.

vignette|Signature de la comtesse Greffulhe. Billet à Édouard Branly, 1905.

Autres 1871 : participe à la défense de Paris. 1932 : inauguration du nouveau laboratoire à l'Institut catholique.

Hommages vignette|Portrait du professeur Branly par Maurice Asselin, 1936, musée Toulouse-Lautrec. Le musée Toulouse-Lautrec d'Albi conserve un Portrait du professeur Branly, toile peinte par Maurice Asselin en 1936.

Un Monument à Édouard Branly, par Carlo Sarrabezolles (1888-1971), a été inauguré à Paris au jardin du Luxembourg en 1932. Un musée situé dans son ancien laboratoire au sein de l'Institut Catholique de Paris, rue d'Assas à Paris, lui est consacré.

Au moins huit lycées en France portent le nom d'Édouard Branly : à Amiens., Boulogne-sur-Mer., Châtellerault., Créteil., Dreux., La Roche-sur-Yon., Lyon., Nogent-sur-Marne..

À Paris, une partie du quai d’Orsay a porté le nom de quai Branly de 1941 à ., lorsqu’Anne Hidalgo l’a débaptisé pour le renommer quai Jacques-Chirac..

À Amiens, une esplanade porte son nom sur laquelle se dresse l'église Saint-Honoré construite par son gendre, Paul Tournon. La façade présente une mosaïque, réalisée par Florence Tournon-Branly, la petite-fille du savant.

À Montreuil, une rue et l'un des quatorze quartiers de la ville portent son nom. A Sarcelles, une rue porte son nom depuis les années 1960. À Forest (Bruxelles) une rue porte son nom et à Toulouse une allée près de la place du Busca. Il existe aussi une rue Édouard-Branly à Issy-les-Moulineaux, à Palaiseau, à Lannion et à Tréboul (Finistère).

Travaux vignette|Tube de Branly (portant le no 78) pour la détection radio.

Expérience fondamentale sur la radioconduction

vignette|Schéma du radioconducteur d’Édouard Branly. vignette|Tube à limaille. vignette|Trépied-disque conçu par Édouard Branly. L'expérience fondamentale fut réalisée par Édouard Branly et son préparateur Gendron, le .

Description de l'expérience :Dans une salle de cours, se trouve un éclateur à étincelles dont les boules sont les pôles d'une machine électrostatique de Wimshurst. Dans une salle éloignée de la salle de cours et séparée d'elle par trois pièces est installé un circuit (voir schéma ci-contre) comportant une pile (3), un galvanomètre (2) et un tube de verre étroit contenant un peu de limaille métallique intercalée entre deux tiges conductrices (1). L'éclateur et le circuit sont séparés par une distance de et plusieurs murs.Si, à un moment donné, une étincelle est produite au niveau de l'éclateur, la limaille devient instantanément conductrice et le galvanomètre accuse une déviation qui indique le passage d'un courant.Un très léger choc sur le tube à limaille supprime le courant, une nouvelle étincelle entre les pôles de l'éclateur le rétablit.

Édouard Branly vient donc de commander à distance, la fermeture d'un circuit électrique, sans qu'il y ait de lien matériel entre l'organe de commande (le générateur d'étincelles) et le tube à limaille, celui-ci agissant comme un organe sensible aux ondes électriques produites par l'éclatement de l'étincelle.

Après des années de recherches sur la déperdition des charges électriques d'un corps électrisé soumis à l'action de la lumièreNote du 8 avril 1890 devant l'Académie des sciences : « La déperdition des deux électricités à la lumière de radiations très réfrangibles »., Édouard Branly vient de mettre en évidence le principe de la « radioconduction » et baptise le tube à limaille du nom de « radioconducteur ».

Édouard Branly présente cette expérience dans une communication, désormais célèbre, devant l'Académie des sciences le Communication intitulée : « Variations de la conductibilité sous diverses influences électriques »..

Radioconducteur ou cohéreur ?