Le diocèse de Porto-Novo (Dioecesis Portus Novi) est un diocèse de l'Église catholique au Bénin, dont le siège est à Porto-Novo, basé à la .
Liste des ordinaires Vicariat apostolique - : siège vacant
Diocèse - : siège vacant - : Noël Boucheix
- Bernardin Gantin, créé cardinal
- : Vincent Mensah - : Marcel Agboton (Marcel Honorat Léon Agboton), promu archevêque de Cotonou. - : René-Marie Ehouzou, auparavant évêque d'Abomey. - : Jean-Benoît Gnanbode depuis le : Aristide Gonsallo
Territoire Il comprend les départements du Plateau et d'Ouémé.
Histoire Le est érigé le vicariat apostolique de Porto-Novo depuis le vicariat apostolique de Ouidah.
Le il est élevé au rang de diocèse.
Le est détaché le diocèse d'Abomey.
Genèse du diocèse de Porto-Novo
Les historiens signalent des implantations missionnaires au Dahomey, plus précisément à Ouidah, en 1644, 1681, 1844, et 1849 Jean Bonfils. La Mission catholique en République du Bénin. Des origines à 1945. Paris, Karthala, 1999, 276 p., .. Mais ces implantations resteront sans lendemain, parce que les évangélisateurs seront amenés à interrompre leur présence dans cette zone.
1861 : le début de l’évangélisation sans rupture
L’évangélisation de l’actuel Bénin démarre, sans rupture jusqu’à nos jours, quand le pape Pie IX érige le « Vicariat apostolique du Dahomey » le , et le confie à la Société des missions africaines (SMA), qui vient de naître à Lyon le Patrick Gantly, Histoire de la Société des Missions Africaines (SMA) 1856-1907. Paris, Karthala. Tome 1, 2009, 547 p. Tome 2, 2010, 444 p. .
Deux prêtres SMA débarquent à Ouidah le . Mais le roi d’Abomey, Glélé, leur interdit tout prosélytisme auprès des autochtones : ils n’ont le droit de s’occuper que des familles portugaises et brésiliennes, déjà catholiques. Le P. Borghero a tenté, en vain, au cours d’un séjour à Abomey, d’obtenir du roi Glélé la permission d’évangéliser toute la population. Il le raconte dans une de ses lettres Texte intégral dans Renzo Mandirola et Pierre Trichet. Lettres du Dahomey. Correspondance des premiers Pères de la Société des Missions Africaines (avril 1861-avril 1862). Paris, Karthala, 2011, 350 p., . . Cette situation durera jusqu’en 1894. Pour pouvoir travailler hors du royaume du Dahomey, les missionnaires fondent des missions à Porto-Novo (1864) et à Agoué (1874). Les missions vont longtemps rester situées le long de la côte.
Les premiers baptisés parlaient portugais
Dans les localités de Ouidah, Porto-Novo, Lagos ou Agoué, les Pères trouvent sur place une communauté de baptisés : des « Brésiliens », esclaves baptisés au Brésil, puis affranchis et rapatriés en Afrique. Entre eux, ceux-ci parlent portugais. Les Pères décident donc de choisir le portugais comme langue en usage dans l’Église du Dahomey… et dans les écoles ouvertes par les missionnaires. Cela provoque de nombreux palabres avec les officiers de la Marine nationale qui font pression, à chacune de leurs escales, pour qu’on adopte le français.
L’implantation à Porto-Novo en 1864
C’est le que le P. Francesco Borghero prend possession du terrain concédé à la mission catholique de Porto-Novo par le roi Sodji et par son successeur Mèkpon. Le P. Noché se hâte d’y construire une clôture et une chapelle. Ne trouvant aucun manœuvre pour l’aider (car ceux-ci craignent la colère des « Olorisha de Shango »), il fait le travail lui-même, s’expose aux ardeurs du soleil… et meurt le . Il avait 30 ans et avait débarqué en Afrique six mois plus tôt Paul-Henry Dupuis. Le Temps des semeurs (1494-1901). Tome 1 de l’Histoire de l’Église du Bénin. Cotonou, Imprimerie Notre-Dame, 1998, 400 p., .] .
En 1868, les Sœurs arrivent à Porto-Novo
Ces « Brésiliens » tiennent à ce que leurs garçons et filles aillent à l’école. Les Pères ouvrent donc très vite une école de garçons à Porto-Novo (où on enseigne en portugais). Et ils demandent à leur Supérieur général à Lyon de leur envoyer des Sœurs pour s’occuper des femmes. Quatre Sœurs Franciscaines de la Propagation de la Foi (de Couzon sur Saône) arrivent à Porto-Novo le : ce sont les premières religieuses que reçoit le pays. Elles ouvrent immédiatement une école pour les filles et un dispensaire P.-H. Dupuis. Le Temps des semeurs, op. cit., . .
En 1896, Porto-Novo compte plusieurs associations actives
En 1896, Mgr Pellet, vicaire apostolique de Lagos, vient donner la confirmation à Porto-Novo. Il envoie un compte rendu de sa visite au P. Planque, Supérieur général des Missions Africaines à Lyon. Il écrit : « Porto-Novo, capitale de la colonie du Dahomey, a une population de 25.000 habitants. Nos catholiques sont au nombre de 1.600. Dernièrement, le P. Radaëlli s’est vu obligé d’agrandir l’église. Il l’a embellie en même temps. Avec sa nouvelle façade, elle ne manque pas d’une certaine élégance. Bien que ses dimensions aient été doublées, cette église se remplit chaque dimanche de fidèles à chacune des deux messes, et le soir, au salut. […] Bon nombre de personnes font la communion fréquente. Plusieurs viennent entendre la messe tous les jours en se rendant à leur travail. La Congrégation des Enfants de Marie est nombreuse et marche bien. Une association de jeunes gens, sous le vocable du Très Pur Cœur de Marie, est également prospère. Elle compte 42 membres, tous très réguliers. Nos deux écoles [celle des garçons et celle des filles] sont fréquentées par 400 élèves. Vous le voyez, je n’ai que de bonnes nouvelles à vous donner de Porto-Novo Pellet au P. Planque, 21 juillet 1896. Consultable aux archives des Missions Africaines à Rome (désormais AMA) 14/802.02, 1896, 17759.. »
Dans la même lettre, Pellet continue : « Une autre nouvelle qui vous fera plaisir : à cent kilomètres au nord de Porto-Novo se trouve la ville de Kétou, capitale d’un petit royaume du même nom. La ville a environ huit mille habitants. Elle est sous le protectorat de la France. Dernièrement le roi de Kétou nous a fait dire qu’il nous priait d’aller nous établir chez lui, afin d’apprendre aux vieux le bon chemin et aux jeunes le langage des livres. Il s’engage à faire faire par ses gens les constructions nécessaires à notre installation. Il est fâcheux que nos ressources actuelles ne nous permettent pas de profiter dès maintenant des bonnes dispositions du roi et de répondre de suite à son invitation».
En 1897, une mission est ouverte à Kétou
Des ressources se présentent, suffisantes pour qu’on puisse ouvrir, dès 1897, une mission à Kétou. Une ville qui a eu un grand passé… Le P. Antonin Gautier y fera bientôt allusion : « Kétou, ou mieux Ikétou, qu’on pourrait traduire par "le pays de l’ivoire" à cause de ses éléphants, était jadis une grande et belle ville de quinze à vingt mille habitants, capitale d’un puissant royaume qu’on appelait aussi Kétou. Depuis les brigandages de feu Béhanzin, cette grandeur est en décadence, et actuellement la ville ne compte guère que trois à quatre mille âmes A. Gautier. « Mission de Kétou. Ses Babalawo ». L’Echo des Missions Africaines, mai-juin 1909, . . »
Le P. Gautier informera plus tard sur les activités de la mission de Kétou (en 1909) : « Nous nous occupons de garçons de douze à seize ans que les parents païens nous confient, et à qui nous nous appliquons à donner une éducation chrétienne tout à fait complète. Pour y arriver, nous les prenons avec nous à la mission ; ils vivent, couchent et mangent à la mission. […] C’est là l’œuvre belle et pleine d’avenir à laquelle je voudrais si bien aujourd’hui intéresser quelque personne pieuse. Actuellement, nous avons vingt-cinq de ces enfants. Tous sont gais, intelligents, d’un bon esprit. […] J’espère que mon premier appel en faveur de ces chers enfants ne sera pas vain A. Gautier. « Mission de Kétou. Ses Babalawo ». L’Echo des Missions Africaines, septembre-octobre 1909, . . » S’il écrivait, c’est parce qu’il avait besoin d’aide !
En 1901, Adjarra reçoit sa mission
En 1901, apparaît une nouvelle station : celle d’Adjarra. Le P. Adrien Bauzin, qui en sera le supérieur en 1906, raconte : « Vers la fin de 1901, le Révérend Père Bel prenait son bâton de voyageur et s’acheminait vers Adjara, village important situé à 10 kilomètres à l’est de Porto-Novo. Il avait reçu de Dartois, notre […] Vicaire apostolique, l’ordre d’y fonder une station. » Et là, sur un terrain donné par Toffa, le roi de Porto-Novo, il construisit « le premier immeuble qui servait à la fois d’habitation au missionnaire, au maître d’école indigène, de sacristie, de chapelle et de dortoir pour les enfants Adrien Bauzin. « La Mission d’Adjara. Fondation de la Mission », L’Echo des Missions Africaines, mars-avril 1906, .. » C’est pour pouvoir nourrir ses garçons (qui atteignent le nombre respectable d’une cinquantaine) et pour construire une chapelle (car jusqu’à présent c’est le dortoir des garçons qui sert de chapelle !) que le P. Bauzin écrit son article et demande qu’il soit publié en France, afin de lui trouver des bienfaiteurs.
Après l’internat, le patronage
Mais on ne peut pas augmenter indéfiniment le nombre des internes ! Il faut trouver un moyen pour atteindre les enfants qui vivent dans leur famille : c’est le « patronage », une formule qui a fait ses preuves en Italie et qui s’est répandue dans toute l’Église. Cela consiste à fournir aux jeunes un ballon de foot ou de basket, ou divers autres jeux. En 1912, le P. Lieutaud, supérieur de la mission de Kétou, fera connaître son désir d’utiliser cette méthode nouvelle et de rassembler les jeunes du village au sein d’un « patronage » : « Pour qu’il fonctionne [le patronage] et tue l’oisiveté, il faut des jeux. Que peuvent coûter un ballon, des quilles, des boules, des lotos, des dominos A. Lieutaud. « Lettre du R. P. Lieutaud, missionnaire à Kétou ». L’Echo des Missions Africaines, novembre-décembre 1912, . ? » Il connaissait bien les jeux qui étaient susceptibles d’intéresser les jeunes… mais il lui manquait l’argent pour se les procurer !
En 1910 à Porto-Novo : des confréries ferventes
En 1910, le P. Barril qui est vicaire à Porto-Novo est témoin de la ferveur religieuse des chrétiens dont plusieurs se regroupent dans des confréries. Ces confréries favorisent une vie spirituelle fervente et une charité fraternelle se traduisant par des services rendus. Il envoie à l’Echo des Missions Africaines une description de ce qu’il observe : « Deux jeunes personnes de Porto-Novo ont poussé leur amour pour Notre Seigneur et leur dévouement pour l’évangélisation des vieillards jusqu’au don d’elles-mêmes. Depuis moins d’un an, près de cent vieillards ont reçu leurs visites, leurs soins, ont entendu parler du Sauveur du monde Dahomey. Lettre du R. P. Barril, Missionnaire à Porto-Novo ». L’Echo des Missions Africaines, janvier-février 1911, . . »
1910 : Les débuts de la congrégation OCPSP
Ces « deux jeunes personnes » s’appellent Julia Nobre, 27 ans, blanchisseuse et dentellière, et Valentine Carvalho, boulangère. Elles sont venues demander au P. Barril : « Si l’on ne veut pas se marier, n’est-il pas possible de faire choix d’un autre état de vie », en d’autres mots, de se consacrer à Dieu et de vivre comme une religieuse ? Le P. Barril Cf. Gilles Babinet. Emile Barril, missionnaire SMA. Fondateur des Oblates Catéchistes Petites Servantes des Pauvres. Lyon, éditions Missions Africaines, 2012, 135 p. les a encouragées à suivre cette vocation et, le , elles ont commencé à vivre sous un même toit, lançant ainsi les bases de la première congrégation religieuse autochtone du Dahomey, qui s’appellera bientôt : Oblates catéchistes Petites Sœurs des Pauvres (OCPSP) Plus d’informations sur http://www.soeurs-ocpsp.org Cette congrégation est fortement implantée dans le diocèse de Porto-Novo : Communauté St Joseph, Internat Boucheix, Communauté St François-Xavier, communautés d’Adjarra, Pobé, Azowlissé, Kétou, Missérété. .
1919-1927 : quand le P. Aupiais était supérieur de la mission de Porto-Novo