thumb|Portrait de Luigi Boccherini, 1764-68. Huile sur toile de Jean-Étienne Liotard. Collection privée, Budenheim, Allemagne. Cet article recense la liste des œuvres musicales du compositeur italien Luigi Boccherini. Les œuvres de Boccherini ont été cataloguées par le musicologue français Yves Gérard (né en 1932) dans le catalogue Gérard, publié à Londres (1969), d'où la lettre « G » faisant référence à cette publication.

Une description des différents catalogues dressés par Boccherini lui-même précède la liste du catalogue Gérard.

Catalogue Boccherini Le catalogue d'opus que Boccherini tenait sa vie durant, comme il l'indique dans une lettre adressée à Pleyel du : , est connu essentiellement par les quatre sources suivantes :

le catalogue autographe complet des œuvres de Luigi Boccherini. S'il a été perdu, nous en possédons cependant quelques vestiges. Ce sont des listes d'œuvres le plus souvent accompagnés de l’incipit, rédigées par le compositeur pour les différentes transactions avec Ignace Pleyel concernant leur publication : la de la première tractation (, 1796) ; le de la première tractation (, ) ; thumb|alt=manuscrit autographe de Boccherini, œuvres envoyées à Paris en 1790 et 1791|La . la de la deuxième tractation ( et , 1796) ; le second catalogue de la deuxième tractation qui n'a pas de titre (, ); la transaction liée à la vente des opus 56 et 57 (1797) ; le catalogue (manuscrit) Baillot : Catalogue des Ouvrages de Musique Composées par Luigi Boccherini (début du ), du nom du violoniste français Pierre Baillot qui posséda l'exemplaire ; le catalogue que Louis Picquot inséra à la fin de sa Notice (1851) ; le catalogue que publia son arrière petit-fils, Alfredo Boccherini y Calonje : (1879).

Certaines différences et inexactitudes de ces trois derniers catalogues avec les sources manuscrites de Boccherini ont été relevées par les musicologues spécialisés dans les études sur le musicien lucquois, tels Germán Labrador, Remigio Coli, Rudolf Rasch ou bien Marco Mangani, mais à défaut de pouvoir remonter à l'original (perdu), de nouvelles perspectives de recherches se fondant sur une chronologie révisée des œuvres composées tendent à proposer une numérotation d'opus par année plus proche de la réalité. D'autant plus que certains ouvrages ne sont pas mentionnés, comme les œuvres vocales, les sonates pour violoncelle, les concertos pour violoncelle ou bien des œuvres symphoniques comme la sérénade en ré majeur [G.501]. En outre, il convient de garder à l'esprit que les œuvres de Boccherini n'auront fait l'objet que de très peu de publications entre la période 1785 (Antonio Zatta à Venise) et 1798 (Ignace Pleyel à Paris) voire aucune si on retranche celles non officielles publiées par Artaria à l'exception notable cependant de l'opus 26 (1781). De ce fait, le compositeur se réserve le monopole d'une grande majorité d’œuvres qu'il pourra revendre comme nouveautés alors qu'elles étaient déjà datées de quelques années à ses mécènes successifs: comtesse de Benavente-Osuna, Frédéric-Guillaume II, le fermier-général Jean-Baptiste Tavernier de Boullongne de Préminville, Lucien Bonaparte, le Tsar des Russies Alexandre etc. sans se douter qu'ils détiennent des œuvres originellement composées pour Don Luis (1770-1785)...

Dans les partitions autographes qui nous sont parvenues, différents systèmes de numérotation peuvent être relevés, ces systèmes n'acquérant leur forme définitive qu'avec la récapitulation listée des œuvres prévues à la publication (). Cependant, Boccherini fait toujours la distinction dans ses catalogues entre ses grandes œuvres ou composées de trois mouvements au minimum et ses petites œuvres ou constituées seulement de deux mouvements. Cette classification à visée commerciale n'est cependant pas toujours systématique (cf. ses lettres à Carlo Emanuele Andreoli et à Ignaz Pleyel).

Numérotation annuelle thumb|alt=Partitions manuscrites exemple du catalogue annuel|Deux exemples des opere annuelles sur des partitions de Luigi Boccherini (Fonds BnF) À l'époque où il travailla comme musicien de chambre et compositeur au service de l'Infant Don Luis (1770-1785), Boccherini s'efforça de composer trois séries de six œuvres chaque année, comme il l'explique dans sa lettre du à Carlo Emanuele Andreoli : . Ces œuvres sont identifiées, sur la plupart des partitions manuscrites de cette époque qui nous sont parvenues, par l'année (probable) de leur composition, et de l'indication , ou . Le premier manuscrit attestant de ce classement par est celui des sextuors (opus 16) [G.461-466] mais ce système était déjà en place dès 1771 et 1772 comme l'indiquent les six séries des opus 10 à 12 et 13 à 15. Ainsi par exemple, pour l'année 1779, on aura la configuration suivante :

+ Correspondance / opus Année 1779 Catalogue opus 27 opus 28 opus 29

Pour l'ensemble de la période durant laquelle Boccherini est au service de l'Infant Don Luis (1770-1785), la répartition des œuvres par opus est la suivante : + Correspondance des opere annuelles et des opus de la période Année Note 1770 8 ? 9 ? Les opus 8 et 9 ont été publiés avant que Boccherini ne soit au service de Don Luis d'Espagne 1771 10 11 12 1772 13 14 15 1773 16 ✘ 17 ? ✘ = œuvre manquante 1774 18 19 1775 20 21 22 1776 23 ✘ 24 ? 1777 24 ? L'opus 24 a été une première fois mentionné par Boccherini comme opera 3a de 1776 avant d'être modifié en opera 1a de 1777. Les trois catalogues l'enregistrent comme une œuvre appartenant à l'année 1778 1778 ✘ 25 26 1779 27 28 29 1780 30 31 32 1781 33 Stabat Mater ? 34 Le Stabat Mater pourrait être l’opera 2a de l'année 1781 1782 35 1783 1784 ✘ 36 1785 Les années 1777, 1783, 1784 et 1785 reflétant des années d'inactivité musicale de la part du compositeur, sont remises en question actuellement par les spécialistes.

Numérotation mensuelle Au commencement de l'année 1786, Boccherini devait composer, en principe, 12 œuvres per annum pour le roi de Prusse au service duquel il était employé (1786-1797), ce qui signifie une pour chaque mois. Le système qui a été adopté par le compositeur durant cette période consiste à mentionner le mois et l'année de leur envoi sur les pages de titre de ses partitions manuscrites. La première œuvre identifiée d'après ce nouveau système de numérotation, les quintettini op. 36 [G.331-336], ont été envoyés à Berlin comme Opera II. 1784 (numérotation utilisée au service de Don Luis). Cependant des parties séparées de cette même œuvre conservées dans la collection de la Bibliothèque de l'Opéra de Paris et identifiées par le système mois/année ont été envoyées à Berlin entre mai et octobre 1786. Cela signifie que les quintettini op. 36 ont été préalablement composés pour l'Infant en 1784, avant d'être réutilisés en 1786, pour satisfaire aux obligations de contrat de Frédéric-Guillaume II.

De 1787 à 1792, des pièces de différents genres ont été envoyées au roi, toujours identifiées par le mois et l'année de leur envoi. Aussi, quand ces œuvres ont été regroupées par la suite en numéros d'opus pour les besoins de la publication par Ignace Pleyel, elles furent rassemblées en groupe de six œuvres chacune (deux groupes chaque année). Cependant, la quantité requise de 12 œuvres, en deux ouvrages de 6 du même genre, n'étant pas toujours disponible, différents opus datant de cette période contiennent des ouvrages composites : les opus 38, 41, 42, 43 et 45. Certains autres numéros contiennent moins de 6 œuvres : c'est le cas par exemple, avec les opus 37 et 39 (quatre œuvres chacune) ; d'autre, plus de six, comme l'opus 42 qui en contient huit :

+ Opus 39 (1787) œuvres Gérard 1969 tonalité mois/année quatuor op. 39 G.213 la majeur (mois de novembre 1787) quintette op. 39 G.337 si-bémol majeur (janvier) quintette op. 39 G.338 fa majeur (février) quintette op. 39 G.339 ré majeur (mars)

+ Opus 42 (1789) œuvres Gérard 1969 tonalité mois/année quartettino op. 42 G.216 la majeur (février) quartettino op. 42 G.217 ut majeur (avril) quintette op. 42 G.348 fa mineur (mars) quintette op. 42 G.349 ut majeur inconnu quintettino op. 42 G.350 si mineur quintette op. 42 G.351 sol mineur (décembre) octuor op. 42 G.473 mi-bémol majeur inconnu symphonie op. 42 G.520 ré majeur (janvier)

Après 1792, les opus reprennent leur rythme habituel de six œuvres chacun à l'exception cependant des années 1794, 1795 sans doute interrompu par la fatigue du compositeur (voir sa correspondance avec Pleyel).

Catalogues autographes de la première transaction avec Pleyel Deux catalogues sont issus de la négociation du avec Pleyel. Le premier, la (liste des œuvres non encore envoyées à personne, ) a été rédigée très peu de temps après le quand Boccherini annonce à Pleyel qu'il lui enverra la liste des thèmes : . Il n'y a pas de numéros d'opus dans la Note 1, mais bien qu'ordonnées différemment, les 58 pièces mentionnées correspondent clairement aux opus 44 à 54 du Catalogue Baillot et du :

+ Correspondance entre œuvres citées et les opusdu Catalogue Baillot et du (1796) Œuvres Catalogue Baillot Cat. 1879 Gérard 1969 (année) une quatre

six op. 45, 1792 op. 45 -4, 1792

op. 44, 1792 G.522 G.355-358

G;200-225 six six op. 46, 1793 op. 47, 1793 G.359-364 G.107-112 six cinq

op. 48, 1794 op. 49 -5, 1794 G.226-231 G.365-369 six quatre

deux op. 50, 1795 op. 52 -4, 1795

op. 51 -2, 1795 G.370-375 G.232-235

G.376-377 six six op. 54, 1796 op. 53, 1796

G.113-118 G.236-241

Les incipit du op. 54 [G.118] et du op. 53 [G.241] n'ont pas été insérés dans la présente liste. (ces deux œuvres seront terminées à la fin de la présente année) écrit Boccherini à la fin de la .

Le second catalogue, associé à la première transaction est le (Catalogue 1). Il est daté du et a été annexé à l'acte de vente, écrit en espagnol par le notaire Antonio Martínez Llorente, pour les 58 compositions listées en . Les œuvres ont été groupées et ordonnées par numéros d'opus (44 à 54) classées suivant la distinction chère au compositeur entre et mais non datées. Le groupement est le même dans le Catalogue Baillot et le . L’incipit du quatuor op. 53 [G.241] et celui du trio op. 54 [G.118], sont maintenant inclus dans ce catalogue autographe.

Catalogues autographes de la deuxième transaction avec Pleyel Deux catalogues sont liés à la deuxième transaction avec Pleyel du , concernant 110 œuvres. Le premier est la (liste de la musique envoyée à Paris l'année 1790 ou 1791, Note 2). Ce catalogue est divisé en deux sections ; la première (Note 2A) comprend 12 jeux de 6 œuvres, chacune sans opus ni date, mais avec la distinction /:

+ Correspondance entre les 72 œuvres citées et lesopus du Catalogue Baillot et du Note 2A (1796) Cat. Baillot Cat. 1879 Gérard 1969 six op. 21, 1775 G.493-498 six op. 25, 1778 G.295-300 six op. 27, 1779 G.301-306 six op. 28, 1779 G.307-312 six op. 29, 1779 G.313-318 six op. 30, 1780 G.319-324 six op. 31, 1780 G.325-330 six op. 32, 1780 G.201-206 six op. 33, 1781 G.207-212 six op. 34, 1781 G.101-106 six op. 35, 1782 G.509-514 six op. 36, 1786 G.331-336

La seconde section (Note 2B) contient les , pièces adressées à Frédéric-Guillaume II, roi de Prusse pour lequel Boccherini envoya une pièce chaque mois, de différents genres musicaux. Ces œuvres ont été par la suite regroupées par année et le plus souvent elles n'obéissent pas au groupement régulier de six pièces du même genre. La correspondance entre les numéros d'opus peut être facilement identifiés dans le Catalogue Baillot et le :

+ Correspondance entre les 38 œuvres citées et les opus du Catalogue Baillot et du Note 2B œuvres Cat. Baillot Cat. 1879 Gérard 1969 notes Deux trois

six

un

op. 37 -4, 1787 op. 39 -3, 1787

op. 38, 1787

op. 39, 1787

G.517-518 G.337-339

G.467-472

G.213

Les symphonies op. 37 -2 [G.515-516] de nov. et déc. 1786 sont absentes.

G.213 ne figure pas dans le Cat. 1879. une deux

deux autres

six

op. 41, 1788 op. 41 -2, 1788

op. 41, 1788

op. 41 -2, 1788

op. 40, 1788

G.519 G.214-215

G.525