thumb|right|250px|Nikolai Frederik Severin Grundtvig. Une université populaire est un organisme d'éducation populaire, dont l'objectif est la transmission de savoirs théoriques ou pratiques pour tous.
La plupart des universités populaires en France ont un statut associatif.
Origines Le concept est dû au Danois Nikolai Frederik Severin Grundtvig (1783-1872), pasteur luthérien puis évêque. Connu comme écrivain, il exerça, et exerce toujours, une influence importante sur les conceptions pédagogiques en vigueur au Danemark, où les écoles libres et les collèges populaires représentent l'héritage légué par Grundtvig et Christen Kold (autre pédagogue danois, contemporain de Grundtvig).
En Europe En Europe, l'EAEA (European Association for the Education of Adults) recense, aux côtés d'autres structures impliquées dans l'enseignement des adultes, de très nombreuses universités populaires..
Allemagne En Allemagne, une Volkshochschule (haute école populaire) est un établissement municipal dans lequel les adultes (étrangers compris) peuvent suivre des cours. Elles offrent généralement des cours (sans diplôme) de formation continue aux adultes dans les domaines suivants : l'éducation générale l'éducation vocationnelle l'éducation politique l'allemand seconde langue (notamment pour les immigrants) différentes langues étrangères différentes formes d'art les technologies de l'information l'éducation en santé les classes préparatoires aux grandes écoles (notamment pour les écoles d'Abitur ou de Matura)
Ce type d'université populaire est actuellement largement répandu en Allemagne. Parce qu'elles préparent aux examens d'entrée aux grandes écoles, les universités populaires allemandes remplissent également des fonctions normales d'universités.
Belgique
Danemark La première université populaire danoise a été fondée à Rødding en 1844, par l'initiative de Kristen Kold et inspiré par le théoricien de l'éducation Nikolai Frederik Severin Grundtvig. Le projet venait répondre au besoin d'éduquer le milieu paysan peu instruit et souvent trop pauvre pour dépenser du temps et de l'argent pour suivre l'université.
Aujourd'hui, on compte 79 universités populaires au Danemark. Les principaux sujets d'instruction varie entre les matières créatives (la musique, les arts, le design, l'écriture, etc.) et intellectuelles (religion, philosophie, littérature, psychologie, etc.). Certaines écoles se sont spécialisées dans le sport. , la mondialisation a exercé une influence croissante sur les écoles danoises. De plus en plus de cours sont ouverts aux étrangers ainsi qu'aux danois, et de nombreux cours prévoient dans leurs programmes des voyages et des séjours volontaires dans d'autres pays.
Universités populaires du Danemark
Tidens Højskole (1974-1994)
France Les premières structures en France s'occupant de l'éducation des adultes des milieux populaires sont les associations philotechniques. La première a été fondée à Paris en 1848 par le mathématicien Eugène Lionnet pour « donner aux adultes une instruction appropriée à leurs besoins ». Elle compte parmi ses présidents Boulay de la Meurthe, vice-président de la République, le prince Jérôme-Napoléon (en 1865) ou Victor Hugo (en 1880).
Naissance : instruction obligatoire et antisémitisme Elément essentiel du contexte : les lois scolaires mises en place par Jules Ferry en 1881-1882. Si celles-ci permettent dès lors un enseignement gratuit, elles ne touchent pas les adultes dans la mesure où elles traitent de l'instruction des enfants de 6 à 13 ans. Les universités populaires essaient donc dès l'origine de combler cette lacune en s'adressant à un public qui n'a pu bénéficier auparavant de « l'instruction publique ».
C'est ainsi que sont nées les premières universités populaires françaises. Vers 1882 le Cercle démocratique pour l’instruction et l’éducation du peuple est créé par Victor Bonhommet au MansLa Raison 1926 et en 1898 La Coopération des IdéesOlivier Sigaut & Christophe Premat, La diffusion des universités populaires en France (1898-1914), in Coloquio « Formas y espacios de la educación popular en la Europa mediterránea », 28-30 octobre 2009 , à l'initiative de Georges Deherme et d'ouvriers de Montreuil-sous-Bois, rue du Faubourg-Saint-Antoine à ParisLe goût de l'émeute, Manifestation et violence de rue dans Paris et sa banlieue à la « belle époque », Anne Steiner, L'Échappée, 2012, , . En 1899, Deherme lance un appel à fonder une « Société des universités populaires ». Celles-ci sont au nombre de 124 en 1901.
On peut aussi citer l'exemple de la première « Université populaire de Bourges », née grâce à la Bourse du travail de Bourges, qui avait été créée en 1897.
Ce groupement laïque d'enseignement populaire d'éducation mutuelle, pour citer C.E. Roth, est alors subventionné par le conseil municipal et le conseil général… et survit à l'épreuve de la Grande Guerre. Ce détail importe, car les universités populaires ont eu à traverser des passes difficiles, comme l'indique la suite.
Autre moteur, les universités populaires se renforcent dans le contexte de l'affaire Dreyfus à partir de 1895. Face à la déraison que manifestent les idées antisémites, face aux passions qui se déchaînent alors, les "républicains" (municipalités, départements) aident financièrement les universités populaires qui tentent d'apporter une réponse humaniste. Le réflexe de défense républicaine est alors central.
Difficultés et renaissance politisée right|vignette|300px|Programme des cours de l'Université populaire de Villeurbanne, 1936.
La fin de l'affaire Dreyfus, la difficile coexistence d'intellectuels et d'ouvriers aux préoccupations divergentes, le niveau moyen d'instruction encore trop faible ainsi que des problèmes politiques ont mis fin au mouvement de développement des universités populaires en France et parfois de manière définitive, puisque nombre d'universités populaires ont disparu (il n'en reste plus que 20 en 1914).
Le premier conflit mondial contribue à changer la nature de ces projets.
Dans l'entre-deux-guerres la renaissance de certaines de ces associations, comme ce fut le cas à Bourges, se fait avec une orientation politique et syndicale plus marquée : dans un contexte de forte effervescence militante pré-Front populaire, la philosophe Simone Weil, agrégée de l'Université, alors en poste au lycée de jeunes filles de Bourges publie, en décembre 1935, un appel « Pour la création d'une université ouvrière ».
La réunion constitutive de cette université ouvrière a lieu le , et les premiers cours dès février 1936.
Le second conflit mondial entraîna une nouvelle coupure, avec son lot de disparitions, définitives ou temporaires, des universités populaires.
Renouveau alsacien C'est d'Alsace qu'est parti le renouveau des universités populaires en France, renouveau qui a entraîné le fort développement actuel, avec la naissance à Mulhouse en 1963 de l'université populaire du Rhin.
Cet ancrage géographique s'explique probablement par un phénomène de métamorphisme culturel dû à la proximité de l'Allemagne où existent en effet des Volkshochschulen (universités populaires) financées par les Länder et pratiquement chargées d'un service public d'éducation des adultes, grâce à une loi votée en 1970 qui accorde des moyens à ces universités populaires.
Cette « université populaire du Rhin » conserve une importance considérable, du moins à l'échelle de la France. Elle est l'une des UP sur laquelle s'appuie en particulier l'AUPF, Association des universités populaires de France.
Initiative de Michel Onfray Le philosophe Michel Onfray crée en 2002 l'Université populaire de Caen. Fort de son succès, il crée en 2006 l’Université populaire du goût à Argentan, puis en , en association avec le metteur en scène Jean-Claude Idée, l'Université populaire du théâtre.
Association des universités populaires de France (AUPF) Les universités populaires sont maintenant très présentes en France : plus d'une soixantaine d'adhérents à l'Association des universités populaires de France (AUPF)Association des Universités Populaires de France. Il y a là un vrai renouveau, qui témoigne de la vitalité de l'éducation des adultes en France. Cependant certaines critiques se font jour, face aux féodalités locales et à la centralisation outrancière des initiatives qui font quelquefois des U.P des succursales des pouvoirs officiels. Les "printemps des U.P" qui permettaient une certaine vie démocratique ont été supprimés. Certes on objectera que certains contre exemples existent. En effet, l'AUPF ne se contente plus d'un regard franco-français : les colloques annuels qui rassemblent les universités populaires sont devenus internationaux et sont fréquentés par des Allemands, des Autrichiens, des Belges, des Espagnols et les Italiens. Lors d'un colloque accueilli par l'université populaire Savoie-Mont-Blanc, János Tóth, président de l'Association européenne pour l'éducation des adultes de 2002 à 2008, était présent (AEEA, en anglais : European Association for Education of Adults ; cette association regroupe une centaine d'organisations représentant trente-quatre pays).
C'est là le signe de l'intérêt que porte l'Europe au développement des universités populaires en France, et le colloque de a réuni à Metz de nombreuses universités populaires d'Europe et les adhérents de l'AEEA. À l'occasion de ce colloque seront remis les Grundtvig Awards 2004, le programme européen Grundtvig étant l'équivalent, pour l'éducation des adultes, d'autres programmes tels que Socrates ou Erasmus.
Liste des universités populaires en France
Norvège La première université populaire norvégienne a été fondée en 1864. En 2007, on compte 77 Universités Populaires dans le pays, dont 30 sont chrétiennes. Les universités populaires s'adressent tout particulièrement aux jeunes adultes, en promouvant une éducation générale. Les étudiants des universités populaires sont pour la plupart éligibles à l'aide financière standard. La plupart des universités populaires sont rattachées à des organisations.
Pays-Bas Les Pays-Bas possèdent 27 universités populaires membres de l'association des universités populaires aux Pays-Bas.
Pologne En 1882 a été fondé en Pologne, alors soumise à la Russie, une institution d'éducation populaire clandestine, l'Université volante. Elle permettait notamment aux femmes d'étudier. C'est dans ce cadre que Marie Curie a entamé sa formation scientifique. La première université populaire créée dans ce pays qui venait de recouvrer son indépendance a vu le jour en 1921 près de Gniezno à Dalki (Uniwersytet Ludowy w Dalkach). C'est l'œuvre du père Antoni Ludwiczak qui l'a dirigée et inspiré d'autres réalisations du même genre : on en comptait plus de 20 en 1939. Au nombre de ceux qui sont passés par l'université populaire de Dalki, il y a eu, en 1923-24, Stanisław Mikołajczyk, le futur leader du Parti paysan qui allait être premier ministre du gouvernement polonais en exil à Londres en 1943-44.
Suède La première université populaire suédoise a été fondée en 1868. Aujourd'hui, on compte environ 150 Universités Populaires dans le pays, la plupart étant située à la campagne, le plus souvent dans des lieux reculés. L'éducation y est gratuite et les étudiants sont éligibles à l'aide financière standard. Après avoir gradué, les étudiants sont éligibles pour étudier à l'université.
Certaines écoles, comme la Södra Vätterbygdens Folkhögskola près de Jönköping, coopère avec des écoles d'autres pays et ont des programmes d'échange.
Suisse