La Docta Sanctorum Patrum est une décrétale, déclarée par le pape Jean XXII en 1323 ou 1324. Avec ce décret, le Saint-Siège interdit l'Ars Nova, un nouveau mouvement dans le domaine du chant liturgique, afin de défendre le chant grégorien, chant ecclésiastique monodique. Si les décrétales au regard du chant ecclésiastique ne sont pas nombreuses, celle-ci est la plus importante, en raison de sa bonne connaissance concernant la nature du chant grégorienp. 17 : « Les papes ne parlent pas beaucoup de la musique, même de la musique sacrée, mais quand ils en parlent — c'est arrivé trois fois, je crois dans l'histoire de l'Église —, c'est de relation entre la Parole et de sa transmission musicale qu'ils parlent. Je voudrais vous faire connaître un document, une des rares interventions pontificales au cours de l'histoire, sur la musique sacrée. Il y a eu saint Grégoire bien sûr, saint Pie X et un autre que l'on connaît peu : le pape Jean XXII. ». Cependant, l'invention de nouvelle musique, enfin polyphonie, était si dynamique que cette interdiction n'était pas effectivement respectée.

Texte intégral en latin 1840 : dans les Institutions liturgiques de Dom Prosper Guéranger, premier abbé de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, tome I, p. 396 - 397 Il faut ajouter la datation supprimée. Selon le document suivant : « Datum Avenione, pontificatus nostri anno IXp. 18, note. » 2003 : Session de chant grégorien I, p. 17 - 18, note n°8

Texte en français

Voir aussi : traduction de Dom Prosper Guéranger (1840)

Citations Cette décrétale était parfois citée, afin de défendre ou d'expliquer le chant ecclésiastique monodique.

Léonard Poisson (1750)

L'abbé Leonard Poisson était un véritable défenseur du chant grégorien, en dépit d'une forte tendance pour le plain-chant ou le chant gallican. Ce curé de Marsangis sortit en 1750 son livre le Traité théorique et pratique du plain-chant appellé (sic) Grégorien dans lequel la Docta Sanctorum était citée . L'abbé Poisson souhaitait, tout comme Jean XXII, que les disciplines de modes grégoriens soient proprement respectées, sans mauvaise pratique du faux-bourdon ou du contrepoint.

Joseph d'Ortigue (1856)

Le , Joseph d'Ortigue écrivit la préface de son nouveau livre Traité théorique et pratique de l'accompagnement du plain-chant, en citant la Docta Sanctorum, de la deuxième paragraphe : Adeo ut interdum Antiphonarii et Gradualis fundamenta despiciant, ignorent super quo ædificant, tonos nesciant, quos non secernunt, imo confudent . En effet, à cette époque-là, le chant grégorien ou plain-chant subissait une énorme difficulté, avec les harmonisations et accompagnement sans règle, surtout à la suite de l'invention de l'harmonium. Pour l'auteur, il s'agissait d'une nouvelle décadence détériorant la musique liturgique.

Maricarmen Gómez (1991) S'il est difficile à évaluer l'influence de Docta Sanctorum, l'étude de Maricarmen Gómez présente que Francesc Eiximenis († 1409) ayant étudié à Toulouse paraphrasa la décrétale de Jean XXII, dans son œuvre Primer del Crestià (Premier livre du Chrétien), chapitre XXXIII. Il semble que celle-ci ait été rédigée vers 1379. Il est à remarquer qu'à la cathédrale Sainte-Marie de Tolède où on gardait longtemps la tradition du chant monodique, Bartolomé de Quevedo, qui fut le maître de chapelle entre 1553 et 1563, aussi paraphrasait la Docta Sanctorum. Il s'agit de l'indice que la décrétale était respectée, même si cela était loin d'être une tendance, dans la péninsule ibériqueMaricarmen Gómez Muntané, Autour du répertoire sacré du du manuscrit M 1361 de la Bibliothèque nationale de Madrid, p. 257, 1991 .

Prosper Guéranger (1840) et Daniel Saulnier (2003)

Dom Daniel Saulnier auprès de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, docteur en musicologie médiévale et professeur à l'Institut pontifical de musique sacrée, est de nos jours considéré comme le meilleur spécialiste du chant grégorien. Il effectua ses trois sessions très importantes du chant grégorien, réservées aux religieux, entre 2003 et 2005. En , il leur présenta la valeur de la décrétale de Jean XXII. Ce dernier se borna, soulignait-il, à réclamer une grande modération dans le traitement du texte liturgique que le chant grégorien respecte toujours depuis sa composition ainsi qu'à condamner le hoquet, la trop grande subdivision des valeurs et le chant ardent ainsi que l'usage de la langue vulgaire à l'Église.

Il appuyait également que le pape avait commencé ce document, tout d'abord, avec la définition précisée de la musique sacrée de l'Église.

La première citation de Jean XXII est identifiée par le professeur Saulnier : « In ore eorum dulcis resonabat sonus (Car dans la bouche résonnait un doux son). » Il s'agit du verset du livre de Siracide 47, 9Le texte de la vulgata est différent : « in omni opere dedit confessionem Sancto et Excelso in verbo gloriæ. » Biblia sacra juxta vulgatam versionem, tome II, p. 1089, Württembergische Bibelanstalt, Stuttgart, 1969.

Enfin, voici la conclusion de Dom Saulnier :

Florence Mouchet (2007) Lors du de Fanjeaux Jean XXII et le Midi tenu en 2007, Florence Mouchet, musicologue à l'université de Toulouse, présenta son étude concernant cette décrétale (voir ci-dessous, 2009) :

Articles connexes Jean XXII, auteur de la décrétale Ars nova Polyphonie

Liens externes Florence Mouchet, La décrétale Docta Sanctorum patrum de Jean XXII et l'Ars Nova dans le Midi : vers une définition du corpus musical concerné (2009)

Références bibliographiques Daniel Saulnier, Session de chant grégorien I, Au commencement était la Parole, session inter-monastique tenue à l'abbaye Saint-Martin de Ligugé, les -

Notes et références

Catégorie:Acte d'un pape Catégorie:Chant grégorien Catégorie:Jean XXII