Adrien-Charles-Alexandre Basset dit Adrien Robert, né à Paris (ancien ) le et mort à Paris () le , est un écrivain et traducteur français.

Connu également sous le nom de Charles Newil ou Newill, il est l'auteur entre autres de récits fantastiques et de proto-science-fiction.

Contexte familial

La famille de Charles Basset est originaire de la Flandre française. Son arrière grand-père, Jean Dominique Joseph Basset, est né à Douai en 1727 et il est décédé à Gentilly le 20 pluviôse de l'an VII () à l'âge de 71 ansArchives départementales du Val-de-Marne : acte de décès n° 148 de Jean Dominique Joseph Basset. Cote du document 3 / E10. Archives numérisées : collection communale 1798-1799, vue 67 sur 125. Il arrive à Paris à l'âge de 18 ans en 1745 et il épouse Marie Marguerite Michèle FournierArchives nationales : Centre historique des Archives nationales. Cartes de sûreté Paris (France) 1792 - 1795. Cote du document : AN série Police F7-4807 n° 211, de Basset Jean Dominique Joseph, en date du 4 prairial an II (23 mai 1794).. Il exerce la profession de cordonnier et demeure rue des Mathurins puis au 19 rue de Thionville (actuellement rue Dauphine) au cours de la Révolution française. Dans cette même rue depuis 1791, le Club des cordeliers s'est installé dans l'ancien Musée de Paris et ses membres principaux sont Danton, Legendre, Marat, Fournier l'Américain, Momoro, Fabre d'Églantine, Camille Desmoulins, Hébert, Desfieux, Anacharsis Cloots, Chépy, Peyre, Vincent, Fréron, etc.... À cette époque et en pleine Terreur, après la chute des Dantonistes et des Hébertistes, le Comité de surveillance de sa section, celle de l'Unité, dans son enquête du 4 prairial an II () pour la délivrance d'une carte de sûreté permettant de circuler librement, déclare Jean Dominique Joseph Basset, veuf avec un fils et demeurant à Paris depuis 50 ans.

vignette|gauche|redresse|Aquarelle de Ferdinand Le Blanc (1820-1905), beau-frère de Charles Basset. Bibliothèque de l'Arsenal, Paris.

De son union est donc né dans la capitale le , Baptiste Pierre Alexandre Joseph BassetArchives départementales des Alpes-Maritimes : État des services militaires de Baptiste Pierre Alexandre Joseph Basset. L'acte de naissance n'a pas été reconstitué aux Archives de Paris.. Ce dernier s'est engagé à 18 ans comme dragon au régiment de la Rochefoucauld.. Par la suite, il devient officier militaire de la République et du Premier Empire. Marié à Monaco le avec Rosalie Eulalie RobertArchives de la principauté de Monaco : Acte de mariage (en italien) Basset - Robert en 1791., il meurt à Toulouse, le Archives municipales de Toulouse, acte de décès de Baptiste Pierre Alexandre Joseph Basset. Cote du document : 1E/251.. L'un de ses enfants est André Alexandre Basset (Nice 1796 - Paris 1870).

André Alexandre Basset est né à Nice le 25 fructidor an IV ()Archives départementales des Alpes-Maritimes, registre des naissances 1796 à 1797, vue 18 sur 399. L'acte de naissance d'André Alexandre Basset est déclaré le 16 vendémiaire an V (7 octobre 1796) soit près d'un mois après la naissance.. Il effectue ses études au lycée de Marseille et entre au service des gardes nationales mobiles du Var à la fin de l'Empire. Il est lieutenant des gardes du corps en 1816 sous la Restauration.. À partir de 1820, il commence à écrire pour le théâtre puis il est nommé à la commission d'examen des ouvrages dramatiques et devient directeur de l'Opéra-Comique de jusqu'au mois de . Enfin, il est le rédacteur en chef des journaux La Patrie en 1850 et Le Pays en 1856Georges d'Heilly, Dictionnaire des pseudonymes, E. Dentu, Paris, 1869, .Barbey d'Aurevilly, Articles inédits (1852-1884), publiés par Andrée Hirschi et Jacques Petit, Annales littéraires de l'Université de Besançon, Les Belles Lettres, Paris, 1972, p. 69, n. 1.. Il est fait Chevalier de la Légion d'honneur, le Légion d'Honneur : .. De son union le à Amiens avec Marie Célestine Françoise VasseurArchives départementales de la Somme, mariage Basset - Vasseur, acte n° 234. est né à Paris, Adrien Charles Alexandre Basset le Archives numérisées de la Ville de Paris, état-civil reconstitué, fiche 26/101 .

Une fille naît également le : Marie Amélie Célestine BassetArchives de Paris : État civil, acte de naissance reconstitué de Marie Amélie Célestine Basset. Cote du document : V3E /N 107, vue 81 sur 101. Archives de Paris, boulevard Sérurier 75019 Paris.. Elle sera baptisée le à l'église Saint-Jacques d'Amiens. Elle épouse le dans l'ancien de Paris, Ferdinand Félix Clément Le Blanc (1820-1905)Archives de Paris : État civil, acte de mariage reconstitué de l'ancien de Paris. Cote du document : V3E / M 44, vue 5 sur 51. Archives de Paris, boulevard Sérurier 75019 Paris., élève de l'École des Beaux-arts, ingénieur architecte et qui deviendra architecte du gouvernement, inspecteur des bâtiments civils et promu officier de l'Instruction publique. Il dépose le à la préfecture du département de la Seine, un brevet d'invention pour un système de construction de Chemin de fer.. Ferdinand Le Blanc dirige la restauration des appartements de la maréchale de la Meilleraye au palais de l'Arsenal. et il est également l'auteur de plusieurs articles sur l'urbanisme parisien. Le couple va demeurer au Palais de l'institut, quai Conti et leur fille Gabrielle Le Blanc (1858-1943) va épouser le , l’éditeur et auteur Émile Alexandre Testard (1855-1895)Émile Testard est le directeur de l’Édition nationale des œuvres de Victor Hugo. Il meurt subitement chez son beau-père Ferdinand Le Blanc, le 31 décembre 1895 au Palais de l'institut. qui signe ses ouvrages sous le nom de plume Émile Dartès. Marie Amélie Célestine Basset meurt à Clamart le dans sa annéeArchives départementales des Hauts-de-Seine : décès de Marie Amélie Célestine Basset, année 1916, acte n° 130. Cote du document : E/NUM/CLA/D1916. et elle inhumée au cimetière de Montmartre.

Leur père, Alexandre Basset meurt à Paris dans le le Archives de Paris, acte de décès n° 757. Cote du document : V4E/950. Vue 6 sur 31.

Biographie

Charles Basset a exercé les professions de journaliste et de romancier. Il se marie à Paris le Archives de Paris, acte de mariage Basset - Gazano. Cote du document : V3E/M 44. avec Laure Napoléoncina Gazano. Ami de Paul Féval, à qui il dédia certaines de ces œuvresEn particulier, son recueil Contes fantasques et fantastiques, Charlieu frères et Huillery, Paris, 1867, ., et qui en préfaça lui-même quelques autresAinsi, Le combat de l'honneur, Hachette, 1864, p. I., il se fit connaître sous le nom de Charles Newil (parfois orthographié Newill) et principalement d'Adrien RobertForme internationale du pseudonyme, retenue par le catalogue général de la BnF. On trouve aussi ce nom orthographié Adrien-Robert; cf. par exemple Georges d'Heilly, Dictionnaire des pseudonymes, E. Dentu, Paris, 1869, p. 2.Charles Joliet, Les Pseudonymes du jour, E. Ledentu, Paris, 1884, ., par de nombreux contes et récits fantastiques et d'anticipation, dont certains sont aujourd'hui considérés comme appartenant à la proto-science-fictionBrian Stableford, News from the Moon [anthologie de neuf histoires de proto-science-fiction française de 1768 à 1902], Black Coat Press, Black Coat French Science Fiction , mars 2007 .. Mais il a également abordé avec succès les genres du mystère, du récit fantaisiste, du roman historique, du roman d'amour et du vaudeville. Plusieurs de ces œuvres furent d'abord publiées en feuilletons dans divers journaux, et en particulier dans Le Figaro.

Adrien Robert est aussi l'auteur de traductions de romans espagnols en français, ainsi que de quelques manuels de danse, où il présente avec Auguste Perroux, de manière romancée, l'histoire de la polka et de la mazurka.

L'activité littéraire d'Adrien Robert couvre une période assez brève, s'étendant principalement de 1855 à 1869, date de sa mort à l'âge de quarante-six ans, survenue à Paris le Archives numérisées de la Ville de Paris, état-civil du , registre des décès de 1869, acte n° 1180, vue 21/31 .

Quelques opinions vignette|redresse|Page de titre des Contes fantasques et fantastiques d'Adrien Robert, 1867.

Certains de ses confrères, dont Charles Monselet, n'ont eu à ses débuts qu'une connaissance partielle et une opinion assez mitigée de l'auteur et de son œuvre. Ainsi, dès 1857, il déclare :

Jules Barbey d'Aurevilly par contre lui consacra un article en 1859, où il analyse finement le recueil de contes intitulé Contes excentriques, signé Charles Newil. On en tirera ces jugements sur la valeur littéraire de Charles Basset :

De même, Paul Féval fait ainsi l'éloge de son ami, dans la préface qu'il écrivit pour Le combat de l'honneur :

vignette|redresse|Illustration d'Horace Castelli pour « La guerre en 1894 » (1867) d'Adrien Robert.

Fantastique et proto-science-fiction

La guerre chimique

Adrien Robert envisage dès 1867, dans une courte nouvelle intitulée « La guerre en 1894 »Contes fantasques et fantastiques, 1867, p. 275-282., l'emploi d'armes chimiques violemment toxiques lors des conflits à venir. Quoique rédigée sur un mode humoristique, elle n'en préfigure pas moins la production industrielle d'armes chimiques, mise au point lors de la Première Guerre mondiale.

Œuvres

Romans et recueils de nouvelles

Contes excentriques, Hachette, Paris, 1855, in-16°, 247 p. [signé Charles Newil]. Jean qui pleure et Jean qui rit, Alexandre Cadot, Paris, 1855, 2 vol. in-8° [signé Adrien Robert]. Le Lord de l'Amirauté, suivi de : Le Docteur Trifone, Alphonse Lebègue, Bruxelles, 1856, 3 vol. in-16° [signé Adrien Robert]. Réédition partielle : Le Docteur Trifone, impr. de Cerf, Versailles, 1867, in-18°, 50 p. [signé Adrien Robert]. Les Amours mortels, Alexandre Cadot, Paris, 1857, 2 vol. in-8°. [signé Adrien Robert]. — Lire sur Gallica le tome I et le tome 2. Les Diables roses, suivi de : Don Juan Corps-sans-âme, et de : Une Nuit de la salle de garde, Alexandre Cadot, Paris, 1857, 4 vol. in-8° [signé Adrien Robert]. Nouveaux contes excentriques, Hachette, 1859, in-12°, 302 p. [signé Charles Newill]. — Lire sur Gallica. Le Combat de l'honneur, Hachette, 1864, in-16°, 293 p. [signé Adrien Robert], préface de Paul Féval. — Lire sur Gallica. La Guerre des Gueux, E. Dentu, Paris, 1864, in-18°, 276 p. [signé Adrien Robert]. Les Proscrits de 93, en collaboration avec Jules Cauvain, 1866, Paris, A. Faure (chroniqué par Émile Zola, le 16/04/1866). Les Ardents de Picardie, en collaboration avec Jules Cauvain, 1866-1867 (catalogue BnF). Contes fantasques et fantastiques, Charlieu frères et Huillery, Paris, 1867, in-8°, 283 p. [signé Adrien Robert]; illustrations d'Horace Castelli. — Lire sur Gallica. Le Radieux, Hachette, Paris, 1867, in-16°, 291 p. [signé Adrien Robert]. Un Roi d'aventure, Alexandre Cadot et Degorce, Paris, 1868, in-18°, 304 p. [signé Adrien Robert]. Les Ardents de Picardie, impr. de Dubuisson, Paris, 1868, gr. in-folio, 24 p. [signé Adrien Robert, en collaboration avec Jules Cauvain]. — Pré-publication en feuilleton dans Le Figaro du au . Le Bouquet de Satan, Victor Benoist, successeur de Charlieu Frères et Huillery, Paris, 1872, in-folio, 47 p. [signé Adrien Robert]. — Lire sur Gallica.

Théâtre

Une jambe anonyme, vaudeville en 1 acte, Librairie théâtrale, Paris, 1859 [signé Adrien Robert, en collaboration avec Auguste Pittaud de Forges]. — Créé le au Théâtre du Palais-Royal.

Traductions

Aventures de Lazarille de Tormes, Paris, 1865, in-8°, illustré. — Traduction de Lazarillo de Tormes (1554), roman picaresque anonyme, parfois attribué à Diego Hurtado de Mendoza (1503-1575).

Manuels de danse

La mazurka par MM. Auguste Perroux et Adrien Robert ; chorégraphie d'après MM. Coralli et Élie ; musique de F. Burgmuller ; illustrations de P. St Germain, Aubert, Paris, 1844, in-4°, 16 p., 4 feuilles de planches.

Bibliographie