L’Action antifasciste, Antifaschistische Aktion, Antifascistische Aktie, Antifascist Action ou Antifascistisk Aktion — abrégé AFA (France et pays scandinaves) ou Antifa (allemand/néerlandais/anglais/italien) — est un autonomes d'extrême gauche qui se réclament de l'antifascisme et promeuvent l'action directe contre toutes les formes d'extrême droite.

Des collectifs antifascistes sont présents surtout, mais pas seulement, en Allemagne, France (voir Actions antifascistes en France), Belgique, Suisse, Pays-Bas, Suède, Italie, Danemark, Norvège, Australie, Canada, Israël et aux États-Unis.

Mouvement des Antifas Le terme « antifa » renvoie, selon l'historien Gilles Vergnon, à « des positions qui relèvent soit de l’anarchie radicale, ou de l’ultragauche ». Il les considère presque toujours à , en avec l'union de la fin des années 1930, pour lutter contre l', le racisme, le capitalisme, le libéralisme, le sexisme, l'homophobie.

L'historien Mark Bray indique qu'ils . Aux États-Unis, ils s'en prennent en particulier aux suprémacistes blancs.

Éléments historiques L'antifascisme avant 1945

C'est dans les années 1920, après la prise de pouvoir de Mussolini, qu’apparaît pour la première fois le concept d'« antifascisme » dans la communauté des réfugiés politiques italiens en France. En , des opposants italiens au fascisme fondent la Concentration d'Action antifasciste (Concentrazione d'azione antifascista) réunissant des militants exilés de la plupart des forces de gauche à l'exception des communistes et des catholiques (PSIL, PSI, Parti républicain, CGL, Ligue italienne des Droits de l'Homme)Pierre Guillen, L'antifascisme, facteur d'integration des Italiens en France dans l'entre-deux-guerres, Recherches régionales 06, 1982, .Stéfanie Prezioso, L’antifascisme italien entre deux révolutions : Carlo Rosselli, Giustizia e Libertà et la révolution antifasciste, revue Dissidences, n°7, été 2014, .. Elle est active jusqu'en 1934« La Concentrazione d'azione antifascista (Concentration d'action antifasciste), active de 1927 à 1934 », Stéfanie Prezioso, Aujourd'hui en Espagne, demain en Italie. L'exil antifasciste italien et la prise d'armes révolutionnaire, Vingtième Siècle, Revue d'histoire, 2007/1, n°93), pp. 79-91, , .. À la même époque, des anarchistes seront à l'initiative d'un Comité d'action antifascisteGaetano Manfredonia, Les anarchistes italiens en France dans la lutte antifasciste in Pierre Milza (), Les Italiens en France de 1914 à 1940, École française de Rome, volume 94, n°1, pp. 223-255, 1986, ..

En Allemagne, le , le Parti communiste d'Allemagne (KPD) lance une « Action antifasciste » pour faire barrage au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP). Il s'ensuit une collaboration entre quelques organisations du KPD et du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD)Collectif, La guerre froide revisitée, Éditions L'Âge d'Homme, 2004, page 225..

En France, le , les partis qui composeront le Front populaire signent un « pacte d’unité d’action antifasciste ». Son expression la plus notable est la puissante manifestation du 14 juillet 1935 convoquée à l’appel des trois partis constitutifs du Front populaire, de la CGT et de la CGTU et de dizaines d’associationsDanielle Tartakowsky, Le Front populaire en marche, Histoire par l'image, 2016, ..

En France, de 1934 à 1939, est constitué un Comité de vigilance des intellectuels antifascistesSerge Wolikow, Le Front populaire en France, Éditions Complexe, 1996, p. 68.. Résolument internationaliste et pacifiste, ce comité regroupe principalement des intellectuels francophones de gauche décidés à s'opposer à la montée du fascisme en France comme en EuropeNicole Racine-Furlaud, Le Comité De Vigilance Des Intellectuels Antifascistes (1934-1939). Antifascisme Et Pacifisme, Le Mouvement Social, n°101, 1977, p. 87-113, .Benoite Bureau, « Nous continuerons à nous vouloir intacts ». Expérimentations politiques des surréalistes dans les années 1930, revue Dissidences, n°1, printemps 2011, .. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés continuent de se réclamer de l'antifascisme, qui est tout particulièrement utilisé par l'URSS et les résistants communistes.

Les contemporains thumb|right|Le logo du Réseau No Pasaran (2010)Fédération internationale des centres d'études et de documentation libertaires : Réseau No Pasaran - solidaires - égalitaires - libertaires.. thumb|Manifestation d'antifas en hommage à leur camarade Clément Méric à Paris en 2016.

En 1985 à Londres (Royaume-Uni), le réseau décentralisé Anti-Fascist Action est créée en réaction aux Skinheads NS et WP et à la montée de l'extrême droite.

En France, après le massacre du par la police sont organisées plusieurs grandes manifestations antifascistes de à de plusieurs dizaines de milliers de personnes, qui font face à des violences policières nombreuses y compris contre des personnes âgées et des membres du conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine, dont son président Georges Dardel. Celles-ci mènent à évoquer face à un large public, dans la presse et la police, la présence d'éléments fascistes au sein de la police dissimulés après le . Ces manifestations mènent à l'apparition de nouveaux mouvements antifascistes plus radicaux qui s'organisent pour faire face aux attentats de l'OAS contre lesquels la police se révèle inefficace : à l'automne 1961 se crée le Front universitaire antifasciste, puis la Ligue d’action pour le Rassemblement antifasciste de Sartre, Bourdet, et Panijel, les Groupes d’action et de résistance du PSU, en , qui complètent la lutte contr l'OAS hors du quartier latin. L'attentat perpétré par l'OAS le , qui vise André Malraux mais blesse en fait Delphine Renard, la fille de de la concierge d’André Malraux, qui devient partiellement aveugle et défiguré. Il achève de faire basculer l'opinion publique contre l'OAS, après le massacre des algériens du . Le se déroule une nouvelle manifestation qui attire moins de participation par crainte des violences policières. Elle donne lieu à une charge de police frappant y compris des personnes inconscientes au sol, les blessés se réfugient à l'entrée de la station de métro Charonne, les policiers continuent les frapper et leur jettent divers objets dont de lourdes grilles métalliques, ils tuent ainsi 8 personnes dont un mineur, et une neuvième qui décèdera de ses blessures, et blessent une centaine de personnes parfois grièvement. Cette répression du 8 février 1962 donne lieu a une couverture médiatique extrêmement large et à des obsèques le qui est l'événement le plus suivi depuis la Libération et entrée dans l'histoire comme un symbole de la violence policière gratuite.

Puis, dans les années 1980 des collectifs antifascistes autonomes (Section carrément anti-Le Pen), souvent non organisés et non institués, se fédèrent en partie dans le Réseau No Pasaran qui s'auto-dissout en 2013.

En 1990, est créé le réseau associatif Ras l'front dont le but est de lutter contre le Front national et ses idées. Fin des années 2000, le réseau disparait.

vignette|redresse|Graffiti antifasciste sur un mur de Sarajevo.

L'antifascisme contemporain n'est pas à proprement parler un mouvement unifié et structuré. Selon Gilles Vergnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Institut d'études politiques de Lyon et auteur de l’Antifascisme en France : Tiphaine Le Liboux, « Les antifascistes, des survivants des années 90 », Libération, 6 juin 2013., et par ailleurs, ..

Dans les années 2000, il n’existe plus d’organisation nationale active et coordonnées. Pour Guillaume Origoni, docteur en histoire contemporaine à Paris X, spécialiste des groupes radicaux, « depuis le début des années 2000 […] les modes d’action ne se réfèrent pas à un grand projet de transformation de la société mais plutôt à des combats précis […] En ce moment, ce sont les violences policières »..

En est créée l'Action antifasciste Paris-Banlieue.

Organisation thumb|right|Graffiti antifa, Trnava, Slovaquie, 2007.

Les groupes se réclamant de l'appellation Action antifasciste ne sont ni un parti, ni une organisation politique formelle, ni une association. Ils s'organisent en « collectifs » qui agissent par différents moyens : manifestations, rassemblement, vandalisme, partage d’informations, réflexion théorique sur l’antifascisme, graffiti, musique, évènement culturel..

Indépendants les uns des autres, les groupes, souvent « affinitaires », forment une mouvance plus qu'un véritable mouvement traditionnel organisé. Le politologue Nicolas Lebourg précise que .

Ils disposent de sites internet ou de pages Facebook pour annoncer leurs actions.

Pour l'historien Gilles Vergnon, les antifas vivent aujourd'hui dans une « semi-clandestinité », pour eux, « le fascisme c'est l'État, la police, le capitalisme, l'homophobie, le racisme... C'est une vision très dilatée du fascisme ».

Critiques vignette|upright|Logo du mouvement PEGIDA.

Aux États-Unis L'État du New Jersey classe les groupes antifas dans la catégorie des idéologies radicales.

Le , le président Donald Trump signe un décret déclarant que le mouvement antifasciste est une organisation terroriste.

Critiques de la part de l'extrême droite Le logo du mouvement PEGIDA, mouvement de droite populiste (rechtspopulistisch) « Pegida: Was steckt hinter den neuen Montagsdemos? », spiegel.de, 9 décembre 2014. « Potential für eine rechtspopulistische Partei », faz.net, 20 janvier 2015. contre l'immigration islamique en Allemagne (fondé en 2014), montre un homme jetant dans une poubelle une croix gammée, un drapeau communiste, un logo de l'Action antifasciste et un drapeau de l'État islamique..

En 2017, Marine Le Pen, présidente du Front national, demande la dissolution des groupes antifas, les qualifiant de « milices d'extrême gauche, utilisées par le gouvernement ».Marc de Boni, « Marine Le Pen accuse le gouvernement d'“utiliser” les groupes “antifas” », Le Figaro, ..

Galerie

Bibliographie et sources Gilles Vergnon, L’antifascisme en France, de Mussolini à Le Pen, Presses universitaires de Rennes, 2009. Sylvain Boulouque, « Manifestation hommage à Clément Méric : quel avenir pour l'antifascisme ? », L'Obs, , . Matteo Puxton, « Syrie - Brigade Michael Israel : des volontaires antifascistes contre l'armée turque », France Soir, , . Bernd Langer, Antifa : Histoire du mouvement antifasciste allemand, traduit de l’allemand pas Sarah Berg, Éditions Libertalia et La Horde, 2018, présentation éditeur, notice critique dans Le Monde diplomatique de décembre 2018. Jean Faniel, Dis, c'est quoi l'antifascisme ?, Renaissance du livre, 2022, 96 pages, extraits en ligne. Projektgruppe (Hrsg.), Antifa. Diskussionen und Tips aus der antifaschistischen Praxis, ID-Verlag, Berlin, 1994, .

Vidéos Hazem El Moukaddem, Régis Dubois, Acta non verba, film documentaire, Marseille, Collectif Nosotros, 2014, 66 minutes, voir en ligne. Action antifasciste à Sciences Po Paris le jeudi , contre la présence du FN à Sciences-Po Paris, voir en ligne.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Antifaschistische Aktion Antifa, chasseurs de skins Anti-Fascist Action Antiracisme Antifascisme Actions antifascistes en France Antifa (États-Unis) NOWKR

Liens externes

. .

Catégorie:Organisation antifasciste communisme Catégorie:Organisation anti-néonazisme Catégorie:Organisme fondé en 1922 *