La littérature afrikaans de ses débuts au jusqu'au début du s'écrit en langue afrikaans. L'afrikaans au début du est utilisé par à de locuteurs (langue première ou seconde) en Afrique australe : peuples de langue afrikaans.
Littérature afrikaans jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale Avant 1875
Si l'on définit la littérature afrikaans comme la littérature produite sur le sol sud-africain par les colons républicains ou leurs descendants, les Boers, alors cette production littéraire commence en 1652, date à laquelle le marchand Jan van Riebeeck, par ordre de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, établit au Cap un relai et un lieu de convalescence pour les navigateurs vers les Indes. Cette littérature coloniale consiste en des registres journaliers et des livres de bord, dont certains, en dépit de leur caractère officiel ou privé, et même s'ils sont écrits sans aucune intention artistique, possèdent tout de même une certaine importance littéraire en dehors d'une grande signification historiqueJohn Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, .John Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, .Luc Debaene, J.-B. Janssens et Frans Verbiest, , impr., Anvers, De Nederlandsche Boekhandel, 1962, ..
Du point de vue littéraire et linguistique, cette première période est peu importante, mais connaît plusieurs événements de poids. La colonie établie en 1652 est conquise par le Royaume-Uni entre 1806 et 1814. Le Grand Trek vers le nord se produit alors sous la pression des dominateurs entre 1834 et 1840, après quoi on fonde les républiques de Transvaal et de l'Orange. Sur ces entrefaites, au Cap, l'anglais devient la langue de l'enseignement, en 1822, et de l'administration et du droit, entre 1825 et 1828. Le Grand Trek est l'un des facteurs qui permettent de maintenir l'héritage culturel néerlandais en Afrique du SudJohn Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, .Luc Debaene, J.-B. Janssens et Frans Verbiest, , impr., Anvers, De Nederlandsche Boekhandel, 1962, ..
1875-1902 Introduction
Cette période comprend l'époque de l'ascension du premier mouvement , représenté, entre autres, par la mise en place de la (Société des vrais Afrikaners, 1875)John Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, ., la fondation de l’ (Le Patriot afrikaner, un hebdomadaire particulièrement combatif (1875)John Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, ., du (l'Association linguistique sud-africaine, 1890)John Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, . et un deuxième périodique de concentration (Notre petit, 1902)John Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, .. Après une période de crise, où la civilisation néerlandaise de la colonie du Cap (1866) se perd sous le poids de l'anglicisation de la société et où les plaidoyers en faveur de l'afrikaans comme langue, plutôt que comme patois créole des métis, retentissent dans les propositions de traduire la Bible (formulées par Arnoldus Pannevis, en 1872John Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, ., et Casparus Petrus Hoogenhout, en 1873John Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, .Casparus Petrus Hoogenhout, Geskiedenis van Josef en Catharina, die dogter van die advokaat, (éd. P.J. Nienaber), Johannesburg / Pretoria / Potchefstroom, Voortrekkerpers, 1940, .) et dans les dialogues amusants de Klaas Waarzegger le JeuneJohn Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, ., une littérature patriotique émerge au dernier quart du dans les écrits d'auteurs tels que Francis William Reitz, Casparus Petrus Hoogenhout, Stephanus Jacobus du Toit et Jan Lion CachetLuc Debaene, J.-B. Janssens et Frans Verbiest, , impr., Anvers, De Nederlandsche Boekhandel, 1962, ..
En cette ère des mouvements afrikaans et néerlandais, il existe un lien étroit entre l'action culturelle et la littérature. La littérature est un outil indispensable pour le premier, alors que le mouvement est un précieux stimulant et un terreau fertile, offrant un climat propice à la littérature. Cette dernière n'a qu'une valeur culturelle et historique. Les œuvres littéraires, qui sont en général d'une ampleur peu considérable, traitent de la patrie, de la langue et des ancêtres, de la religion et de la famille, ainsi que des joies et des peines d'un peuple en détresse, mais la problématique individuelle et l'accent personnel y font défaut ; la psychologie individuelle y est absente ; en revanche, il y a les tendances de nature propagandiste, moralisatrice ou divertissante. Après la littérature anecdotique populaire de la période entre 1867 et 1875 vient la poésie et la prose militantes de 1875-1882, suivies par les chansons de gueux et la poésie des pasteurs de la période de 1882 à 1895, marquée par des vers de mirliton dénués d'importance et de la prose réaliste mais moralisatrice.
Un exemple de cette poésie de combat est John Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, .Pour les paroles de ce poème, voir : Lydia van Niekerk, De eerste Afrikaansche taalbeweging en zijne letterkundige voortbrengselen, Amsterdam, Swets & Zeitlinger, 1916, ., un hymne national écrit par les dirigeants de la : Casparus Petrus Hoogenhout (1843-1922, Arnoldus Pannevis (1838-1884) et Daniël Francois du Toit (1846-1922) ; ce dernier l'a « africanisé » et, plus tard, les paroles seront encore légèrement modifiées par Stephanus Jacobus du ToitLydia van Niekerk, De eerste Afrikaansche taalbeweging en zijne letterkundige voortbrengselen, Amsterdam, Swets & Zeitlinger, 1916, ..
À Constantinople, en l'an 1294 du calendrier musulman, est publié un ouvrage de cette période, destiné aux Malais du Cap, en partie écrit en afrikaans, et assez curieux et exceptionnel, car en caractères arabes, mais qui relève plus de l'instruction religieuse que de la littérature : le Bayānu ddīn (en afrikaans moderne : l’, ou lExposé de la religion, de 1877) du Kurde Abou Bakr Effendi (1835-1880)Abu Bakr Effendi, Uiteensetting van die godsdiens (éd. d'Adrianus van Selms), Amsterdam / Oxford / New York, North-Holland Publishing Company, 1979, ..
F.W. Reitz Le préambule poétique du mouvement afrikaans, cinq ans avant la fondation de la , vient de Francis William Reitz (1844-1943). Bien qu'il ne soit pas un membre de la , il lui donne son plein appui et devient l'un des meilleurs collaborateurs au . Après sa défense de l'afrikaans dans (Patois barbare, de 1880), il publie un recueil, (Cinquante poèmes afrikaans choisis, de 1888, étendu, en 1897, à soixante, , et, encore en 1909, à soixante-deux, ), qui constitue un beau mélange de sérieux et de burlesque. S'il produit des poèmes anglais et néerlandais, il excelle surtout en afrikaans, comme le prouvent ses vers tardifs, (Poèmes de guerre et autres poèmes, de 1910), moins spontanés que les vers précédentsJohn Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, .Petrus Johannes et Gabriel Stefanus Nienaber. Geskiedenis van die Afrikaanse letterkunde, Pretoria, J.L. van Schaik, Bepk., 1941, ..
C.P. Hoogenhout Le premier président de la , Casparus Petrus Hoogenhout (1843-1922), fournit un important travail préparatoire avec ses lettres et articles (1873-1875) dans le quotidien néerlandais (Le Sud-Africain) ; il célèbre l'afrikaans comme la langue de l'Afrikaner, traduit des parties de la Bible et écrit un agréable conte édifiant, (L'Histoire de Joseph, de 1878) et autres contes pour enfants dans l'atmosphère locale africaine. Par ses contributions à la rubrique de poésie du journal (Le Patriot afrikaner), il est l'un des responsables de l'engouement important pour la poésie de nationale boer de l'époqueJohn Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, .Petrus Johannes et Gabriel Stefanus Nienaber. Geskiedenis van die Afrikaanse letterkunde, Pretoria, J.L. van Schaik, Bepk., 1941, ..
S.J. du Toit Le leader de ce mouvement est Stephanus Jacobus du Toit (1847-1911), qui, outre quelques vers satiriques, produit surtout des écrits polémiques et éducatifs en prose. Il rédige (L'Afrikaans, notre langue vernaculaire : 71 thèses ou assertions, proposées et expliquées, de 1891), adapte la (L'Histoire de notre pays dans la langue de notre peuple, de 1877), compile la (Histoire du mouvement linguistique afrikaans, de 1880), écrit toutes sortes de récits de voyage et compile encore les recueils (Chansons populaires du Transvaal) et (Morceaux religieux). Les poèmes au ton personnel, dont on n'en dénombre qu'une douzaine, dépassent à peine la médiocrité, sauf dans le (Chant de la liberté du Transvaal, de 1881)John Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, .Petrus Johannes et Gabriel Stefanus Nienaber. Geskiedenis van die Afrikaanse letterkunde, Pretoria, J.L. van Schaik, Bepk., 1941, ..
J.L. Cachet Bien qu'il ne soit pas membre de la Genootskap, Jan Lion Cachet (1838-1912) est un collaborateur assidu des deux périodiques. Par le grand nombre de poèmes religieux dacostiens qu'il produit, il rend justice à son nom de plume « Neef Jan wat versies maak » (Cousin Jean qui fait des vers). En dehors de deux romans historico-religieux néerlandais, il publie des nouvelles populaires et moralisatrices : (Sept diables et ce qu'ils ont fait, de 1907), caractérisés par un manque d'approfondissement psychologique et une morale petite-bourgeoise, où le péché est considéré comme un écart par rapport à la moyenne humaine, une perturbation du mode de vie prescrit par la communauté villageoiseJohn Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, ..
G.R. von Wielligh À ses côtés se trouve Gideon Retief von Wielligh (1859-1932), qui, lui aussi, contribue à et à , mais dont les travaux ne comportent aucune intention artistique : (Jacob Platjie : véritables croquis de la vie des Hottentots, des Griquas et des Bochimans, de 1896-1906, améliorés en 1917), (Contes d'animaux, de 1907, étendus à quatre volumes entre 1917 et 1922) et (Contes des Bochimans, publiés en quatre volumes de 1919 à 1921) ; il s'agit de narrations sobres, instructives, populaires et parfois burlesquesJohn Christoffel Kannemeyer, Geskiedenis van die Afrikaanse literatuur, vol. 1, impr., Pretoria / Le Cap, Academica, 1984, ..
Autres auteurs Outre ces personnages importants, on peut mentionner des dizaines de poètes et de prosateurs ayant participé à la première production littéraire afrikaans, ainsi que de nombreux inconnus, qui abondent souvent aux époques marquées par des créations artistiques populaires.