Aimable Jean Jacques Pélissier, duc de Malakoff, né le à Maromme près de Rouen, et mort le à Alger, dans la colonie française d'Algérie, est un général de division et administrateur colonial français, élevé à la dignité de maréchal de France en 1855.
Artilleur de formation, il sert ensuite dans l'état-major et remplit à de nombreuses reprises les fonctions d'aide de camp. Il participe ensuite à la conquête de l'Algérie, devient tristement célèbre pour l'enfumade du Dahra, et en ressort quinze ans plus tard avec le grade de général de division. Appelé en Crimée pour y prendre le commandement en chef des troupes françaises, il est fait maréchal de France après la chute de Sébastopol le .
Titré duc de Malakoff en récompense de cette victoire, Pélissier enchaîne les postes sous le Second Empire avant d'être nommé gouverneur général de l'Algérie en 1860. Il meurt dans l'exercice de ses fonctions à Alger, le .
Biographie Jeunesse Fils de Pierre Pélissier, commissaire des poudres et salpêtres, et de Catherine Chartier, le jeune homme choisit la voie militaire et entre à l’Académie de La Flèche le . Peu après, le , il intègre l'école de Saint-Cyr et en ressort avec le grade de sous-lieutenant le . À cette date, il est incorporé dans l'artillerie de la Maison du Roi avant de passer au d'infanterie de ligne le de la même année, Louis XVIII ayant fui le retour de Napoléon le . Alors que se déroule la campagne de Belgique, il sert sur le Rhin avec son unité et ne participe donc pas aux combats. L'année 1815 s'achève par une affectation à la légion départementale de la Seine-Inférieure, corps au sein duquel Pélissier sert pendant quatre ans..
Il est ensuite affecté au corps d'état-major en 1819. En 1823, il fait l'expédition d'Espagne comme aide de camp et reçoit les croix de la Légion d'honneur et de Saint-Ferdinand d'Espagne. En 1828, il participe à la campagne de Morée et, à cette occasion, reçoit la croix de Saint-Louis.
Conquête de l'Algérie Il prend part à l’expédition d'Alger de 1830, ce qui lui vaut à son retour le grade de chef d'escadron. Après quelques années à l'état-major à Paris, il est envoyé de nouveau en Afrique du Nord, en 1844, lors de la guerre du Maroc, et commande l'aile gauche française à la bataille d'Isly. Il occupe le poste de chef d'état-major de la province d'Oran avec le grade de lieutenant-colonel.vignette|L'enfumade dans les Grottes du Dahra, par Tony Johannot, 1845.|gauchePélissier a un comportement particulièrement inhumain lors de l’enfumade d'Ouled-Riah, en , au cours duquel il fait périr un millier de combattants et civils (dont femmes, enfants et vieillards), sans distinction, qui avaient cru trouver asile dans les grottes du Dahra. Malgré le scandale, durant lequel le ministre de la Guerre Jean-de-Dieu Soult le désavoua totalement, déclarant que , le gouverneur-général Bugeaud nomma Pélissier, qui n'avait fait que suivre les méthodes conseillées par le gouverneur, au grade de général de brigade. Il est ensuite promu général de division en 1850, puis nommé une première fois gouverneur-général de l’Algérie en , poste qu'il conserve pendant sept mois.
Le , il prend l'oasis de Laghouat avec le général Youssouf.. Environ les deux tiers ( à sur un total de restant dans la ville assiégée), y compris des femmes et des enfants, sont massacrés.
Guerre de Crimée et maréchal de France redresse|vignette|gauche|Le maréchal Pélissier, duc de Malakoff. Huile sur toile d'Henryk Rodakowski, 1857.
En mai 1855, il est envoyé en Crimée, où il remplace le maréchal Canrobert comme commandant en chef des forces françaises devant Sébastopol. Son commandement se caractérise par une pression impitoyable sur l’ennemi et une détermination immuable à mener sa campagne hors de toute ingérence parisienne. Sa persévérance est récompensée le avec le succès de l’assaut donné sur Malakoff. Le 12, il est promu maréchal de France. Franc-maçon, il participe à la création de la loge « St Jean de Crimée » pendant le siège de Sébastopol, en 1856.
Retour en France À son retour à Paris, il est nommé sénateur, fait duc de Malakoff et nanti d’une pension annuelle de par Napoléon III. De à , il est ambassadeur de France à Londres, d’où il est rappelé pour prendre le commandement de l’armée d’observation sur le Rhin. Il devient la même année grand chancelier de la Légion d'honneur.
Gouverneur de l'Algérie Dans son discours à Alger du , Napoléon III dit que « Le but de la France doit être d'élever les Arabes à la dignité d'hommes libres, de répandre sur eux l'instruction, tout en respectant leur religion, d'améliorer leur existence en faisant sortir de cette terre tous les trésors que la Providence y a enfouis et qu'un mauvais gouvernement laisserait stériles. » Cependant, après la suppression du ministère pour l’Algérie et les colonies, Napoléon III se voit contraint, en , de rétablir le poste de gouverneur-général de l’Algérie : la nomination du maréchal Pélissier est accueillie avec enthousiasme, aussi bien par l'armée que par les fonctionnaires civils et les colons. Il est secondé par le général de Martimprey et Gustave Mercier-Lacombe.
Napoléon, conseillé par Ismaïl Urbain, fait adopter le Sénatus-consulte du 22 avril 1863 que Pélissier met en œuvre sans enthousiasme.. D'après le général du Barail, il avait beaucoup vieilli :
Militaires, colons et caïds se montrent réticents à mettre en œuvre le projet de Napoléon III, tandis que le peuple algérien est hostile au « cantonnement » (la spoliation de leurs terres, destinées aux colons, en dépit de l’empereur). Les Sidi Cheikh se soulèvent en , suivis par les Flittas en mai, dans la région de Relizane. Si Slimane écrase le colonel Beauprêtre et ses troupes, puis son frère Si Mohammed étend l’insurrection à presque tout le Tell.
Pélissier meurt le , d’une congestion cérébrale.
Un village voisin de Mostaganem, Les Libérés militaires, est alors rebaptisé Pélissier en son honneur, avant de prendre le nom de Sayada lors de l'indépendance de l'Algérie.
Durant sa carrière, Pélissier a été couvert d'honneurs et a été le premier maréchal du Second Empire créé duc.
Distinctions
Légion d'honneur : Légionnaire (1823), puis, Officier (1830), puis, Commandeur (1843), puis, Grand officier (1851), puis, (1853) ; Ordre royal et militaire de Saint-Louis : (1829) ;
Chevalier Grand-croix de l'Ordre du Bain ;
Grand-croix de l'Ordre royal et militaire de Saint-Ferdinand (1855) ;
Grand-croix de l'ordre militaire de Savoie (1855) ;
(1858) ;
Grand-croix de l'Ordre du Lion et du Soleil ;
Chevalier de de l’Ordre du Médjidié.
Hommages, postérité
Sa maison natale existe toujours à Maromme. De même, le quartier Pélissier, dans le quartier Saint-Sever à Rouen, a hébergé le d'infanterie.
La Société royale Les Pélissiers de Binche en Belgique porte son nom en l'honneur du maréchal Pélissier.
Mention dans la littérature Karl Marx fait une courte mention, dans un texte de 1857 où il dénonce les crimes de la colonisation, de l'enfumade du Dahra : .
Armoiries
Figure Blasonnement 100px100pxArmes du duc de Malakoff :
Écartelé : au 1, d'azur, à une épée d'or; au 2, d'or, à un palmier de sinople; au 3, d'or, au lion de gueules, couronné du même; au 4, d'azur, à la croix alésée d'argent. Au chef de gueules, brochant sur l'écartelé et semé d'étoiles d'argent. Sur le tout d'argent à une couronne murale de sable, ch. sur le cercle du mot SEVASTOPOL en lettres d'or, et sommée de trois drapeaux flottants, anglais, français et piémontaishttp://www.heraldica.org, et ses Compléments sur http://www.euraldic.com.
Supports : à dextre un Zouave du , à senestre un montagnard écossais, ayant tous deux l'arme en repos.
Devise : VIRTUTIS FORTUNA COMES''(La fortune est la compagne de la vertu.).
Notes et références
Les papiers personnels d'Aimable Pélissier sont conservés aux Archives nationales sous la cote 235APVoir la notices dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales.
Voir aussi
Bibliographie .
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Articles connexes
Conquête de l'Algérie par la France Empire colonial français Colonisation Algérie française
Liens externes
Chronologies
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