La brigade d'opérations spéciales « Azov », (en ) est une unité de la garde nationale ukrainienne autrefois basée à Marioupol, sur la mer d'Azov, et formée en 2014 durant la première phase de la guerre russo-ukrainienne en tant que bataillon paramilitaire de volontaires afin d'affronter les forces séparatistes de la guerre du Donbass, sous le commandement d'Andriy Biletsky.
Le bataillon est par la suite incorporé au sein de la Garde nationale en tant que régiment, le . En , le ministère de l'Intérieur ukrainien annonce l'expansion du régiment en brigade au sein de la nouvelle Garde offensive.
L'unité suscite de nombreuses controverses en raison de son association précoce et prétendument continue avec des groupes d'extrême droite et l'idéologie néonazie, pour son utilisation de 2014 à 2022 de symboles controversés liés au nazisme comme le soleil noir, et pour des accusations de violation des droits de l'homme, notamment des détentions arbitraires, exécutions sommaires, viols et tortures.. À l'origine, l'unité est liée au mouvement d'extrême droite Azov. Après son intégration dans la Garde nationale, l'unité est placée sous le contrôle du gouvernement ukrainien, et les observateurs notent une stratégie gouvernementale consistant à intégrer les milices d'extrême droite dans l'armée régulière tout en essayant de limiter l'influence idéologique ultra-nationaliste. Certains experts affirment que l'unité s'est dépolitisée, déradicalisée et distanciée du mouvement Azov depuis son intégration dans l'armée ukrainienne régulière, ce qui serait visible notamment dans l'abandon des références iconographiques néonazies dans ses insignes. D'autres restent critiques et affirment que l'unité reste liée au mouvement et à l'idéologie d'extrême droite.
La taille de la brigade est estimée à environ 2 500 combattants en 2017, à environ 900 en 2022, puis entre 3 500 et 5 000 sous sa nouvelle forme (même si ce nombre évolue constamment depuis le début de la guerre). La plupart des membres de l'unité sont des russophones originaires d'Ukraine, mais le régiment compte également des membres originaires d'autres pays.
La brigade connaît un regain d'attention lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le régiment Azov joue un rôle prépondérant dans le siège de Marioupol et a tenu sa dernière position dans l'usine métallurgique Azovstal de Marioupol. Le siège prend fin lorsqu'un nombre important de combattants du régiment, dont son commandant, Denys Prokopenko, se rendent aux forces russes sur ordre du haut commandement ukrainien. L'unité est désignée comme groupe terroriste par la Russie en , date à laquelle la Russie commence à condamner les prisonniers de guerre de l'unité Azov dans le cadre de simulacres de procès. Prokopenko ainsi que quatre autres commandants sont libérés lors d'un échange de prisonniers le .
La brigade Azov est un objet récurrent de la propagande russe, présentant l'invasion de l'Ukraine comme une « opération de dénazification », et ce malgré l'existence avérée de groupe militaires et paramilitaires russes ouvertement néonazis comme le groupe Roussitch ou le groupe Wagner.
Origine du nom La brigade doit son nom à la mer d'Azov. De sa création à il est connu comme « bataillon Azov » (en ), avant de devenir « régiment Azov » jusqu'en 2022 puis « brigade Azov » depuis , on le désigne aussi comme « les hommes en noir » ou encore le « Corps Noir »..
Historique Unité paramilitaire Contexte Début 2014, l'État ukrainien est proche de la faillite., et de plus, de nombreux soldats prorusses de l'armée nationale ont déserté (selon un soldat prorusse.). L'armée ukrainienne est désorganisée et peu motivée., les appelés du Donbass ne sont plus envoyés combattre la rébellion dans l'Est du pays par crainte qu’ils ne changent de bord.. Face à cela, le , au lendemain des référendums de Lougansk et de Donetsk, le ministre de l'Intérieur du gouvernement Iatseniouk I, Arsen Avakov, décide de former des milices armées spéciales, afin de lutter contre l'insurrection séparatiste à l'Est. Les actions de combat qui sont menées sont dénommées (ATO), afin de souligner l'illégalité de ces référendums..
Création Le bataillon Azov a été formé à la fin des manifestations Euromaïdan. Cinq hommes parmi les vingt-huit hommes libérés à la suite de la loi de la Rada « Sur l'amnistie en Ukraine » (réhabilitation complète des prisonniers politiques) ont joué un rôle central dans la création du bataillon de volontaires Azov. Andriy Biletsky et , ainsi que , et (les trois derniers étant connus comme les « »). Les membres fondateurs ont commencé à s'organiser à Kyïv et à Kharkiv : à l' à Kyïv et dans un grand bâtiment de la rue Rymarska à Kharkiv utilisé par . Le bataillon est créé le par Biletsky, leader de l'organisation ultranationaliste ainsi que du groupe politique Assemblée sociale-nationale.. (Biletsky quitte ensuite le régiment pour devenir président du parti politique d'extrême droite Corps national.) vignette|L', Kiev. À Kharkiv, des militants pro-russes ont été violemment agressés par un groupe vêtu de noir composé de membres de , de l'Assemblée sociale-nationale et de Secteur droit, ainsi que d'autres. Le , des militants séparatistes ont tenté de prendre le contrôle de l'immeuble de la rue Rymarska au nom du mouvement russe. Deux pro-russes ont été abattus. À ce moment-là, le groupe nationaliste ukrainien était connu sous le nom ou, en référence aux russes qui s'emparèrent de la Crimée, les . gauche|vignette|Scène de la bataille de la rue Rymarska, Kharkiv. En avril, le groupe négociait la possibilité d'être régularisé et incorporé dans les forces internes de l'Ukraine. Le bataillon devait provisoirement s'appeler et la commission médicale du ministère de l'Intérieur a examiné les militants, mais les membres fondateurs d'Azov restent un groupe officieux informel. Néanmoins, les contacts avec le gouvernement se poursuivent.
Selon Anton Gerachtchenko, le , Biletsky, Mosiychuk et ont tenu une réunion avec le ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov, ainsi qu'avec Herachtchenko, un conseiller d'Avakov. Biletsky a exprimé le désir d'engager un combat armé pour l'Ukraine; Arsenov a déclaré que cela n'était possible qu'avec la subordination du groupe à la police. Biletsky, hostile à la police, a refusé. Selon Herachtchenko, l'idéologue du , Odnorozhenko, a soutenu la suggestion d'Avakov de s'organiser sous l'autorité de la police, dont Herachtchenko a informé Odnorozhenko après le .
En avril, les prorusses ont pris le contrôle des bâtiments administratifs de Kharkiv. L'opération ukrainienne pour reprendre le contrôle de Kharkiv a commencé le avec la reprise du siège de l'oblast de Kharkiv. Entre le et le , des éléments du dirigés par Biletsky faisaient partie de ceux qui ont repris le contrôle en coordination avec le ministère de l'Intérieur et le Service de sécurité d'Ukraine (SBU).
Les prorusses avaient également pris le contrôle des bâtiments administratifs de Marioupol. Selon Herachtchenko lui-même, Biletsky et Odnorozhenko l'ont approché et ont proposé une opération visant à rétablir l'administration marioupolitaine sous contrôle ukrainien. Pour les autorités ukrainiennes, le temps était court, puisque l'élection présidentielle ukrainienne devait avoir lieu le . Mais, le référendum dans le territoire de l'oblast de Donetsk occupé par les Russes devait avoir lieu, lui, le . Serhiy Tarouta, gouverneur de l'oblast de Donetsk, et Ihor Kolomoïsky, gouverneur de l'oblast de Dnipropetrovsk ont tous deux aidé à organiser et à financer l'opération. La mise en place du bataillon a commencé début mai. Oleh Liachko et Korchynsky, les dirigeants du Parti radical et du ont aidé.
Bataillon de la patrouille de police spéciale La fondation officielle du bataillon a eu lieu à Berdiansk le . Légalement, Azov a été créé en tant que bataillon de la Patrouille de police spéciale du département des affaires intérieures de l'oblast de Donetsk sous l'autorité de Valéry Androschuk, nouveau chef du département de police de Marioupol. Le , environ 80 militants ont été transportés de l'hôtel Kozatskiy à Berdiansk pour commencer l'entraînement sur un champ de tir. Le , le bataillon annonce le début du recrutement de nouveaux volontaires.
Avakov, ministre de l'Intérieur du au , a longtemps été considéré comme le patron du mouvement Azov. Sous le ministère de Avakov, d'anciens membres du parti Patriote d'Ukraine se sont retrouvés à des postes de pouvoir..
Le peut être considéré comme l’incarnation d’un « nationalisme soldatique » situé à l’intersection de l’extrême droite parlementaire de Svoboda et des groupuscules paramilitaires ultranationalistes et néonazis, comme Patriotes d’Ukraine, dont le commandement initial de Azov est majoritairement issu.
Même si des éloges peuvent être entendus au sujet de Azov, comme celui du colonel Valentyn Fedichev qui déclare : Les ultranationalistes ont proféré des menaces contre Kiev L'Hebdo du ., il reste des voix qui ne cachent pas leur méfiance envers cette unité, comme celle d'un proche collaborateur de l’ancien secrétaire Andriy Paroubiy, membre du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine, qui a déclaré que La gueule de bois de l’armée ukrainienne Libération du .. Méfiance légitime puisqu'un combattant d’Azov menace le gouvernement de Kyïv en disant : .vignette|Andriy Biletsky avec des membres du bataillon Azov, 2014.Le , près du village de Manhouch (ou Mangouch), une action est menée contre des hommes de la république populaire de Donetsk (RPD) en infériorité numérique. Résultat : un homme du bataillon Azov est blessé, mais le bataillon réussit à capturer Igor Kakidzianov, ministre autoproclamé de la défense de la RPD, et à tuer un de ses accompagnateurs Podrobnosti Ukraine (Détails), La milice s'est emparé du ministre de la défense de la RPD, Kakidzianov, article du ..
Dans la nuit du 7 au , le bataillon Azov est transporté à Marioupol dans le but de procéder à des arrestations de militants prorusses, de détruire les barricades et de reprendre les bâtiments administratifs Natsional Sloujba Novostieï, article du .. Le matin du suivant, le bataillon atteint le centre de la ville où les blindés légers et les chars lourds sont arrêtés par une foule hostileUkraine : la reconquête de l'est tentée par Kyïv est un échec L'Express par AFP du . et les miliciens sont désarmés par la police localeVidéo du .. Le commandant adjoint du bataillon Azov, Iaroslav Gontchar explique cet échec par « la trahison de la police et l'opposition de la population ainsi que l'incompétence de ceux qui planifient les opérations. ».
Le , après plusieurs jours d'affrontement, le bataillon quitte Marioupol vers sa base de Berdiansk Батальон "Азов" перебросили из Мариуполя в Бердянск // "ТСН.UA" от ]., où de nouveaux volontaires sont attendus le , date à partir de laquelle de nouveaux entraînements et surtout des exercices tactiques ont lieu avec un encadrement de militaires ukrainiens formés en Ukraine et à l'étranger De nouveaux entraînements tactiques à Berdiansk (photo), ; site de Berdiansk..
Le , le bataillon accompagné du bataillon Ukraine s'empare à Ourzouf de l'ancienne résidence secondaire de , tenue par les opposants, où il trouve des armesLe bataillon Azov et le bataillon Ukraine neutralisent une base d'insurgés dans la datcha des Ianoukovitch dans l'oblast de Donetsk..