Jean Colombier, né à Toul (Trois-Évêchés) le , mort à Paris le , est un docteur régent de la Faculté de médecine de Paris, médecin militaire, chirurgien et hygiéniste français. Il est surtout connu pour son rôle dans la réforme de l'organisation médicale en France mais œuvre aussi dans le domaine des hôpitaux civils et de la charité.
Biographie
Son père, Jean-Baptiste, est médecin, . Sa mère est Marie-Anne Queutelot. Il fait ses études au collège des jésuites de Besançon.
Il devient docteur à Douai en 1765 et à Paris deux ans plus tard. Il travaille tout d'abord sur l'hygiène militaire et publie trois ouvrages sur ce thème entre 1772 et 1778.
En 1778, Jacques Necker (qui, grâce à son épouse, connaît Colombier) est chargé de la réforme du service hospitalier ; Colombier devient alors inspecteur général des hôpitaux, dépôts de mendicité et prisons, en 1780. L’« Institution des hospices des Enfants-Trouvés atteints de la maladie vénérienne » est faite à Paris en 1780 ; Colombier en est le premier directeur, mais est rapidement mis de côté et en conçoit de l'amertume.
Il travaille auprès des médecins François Doublet et Michel-Augustin Thouret et sous quatre ministres de la Guerre : le marquis de Monteynard (sous ), puis, sous , le comte du Muy, le comte de Saint-Germain et le prince de Saint-Mauris-Montbarrey.
En 1782, il est anobli, décoré de l'ordre de Saint-Michel. En 1784, sa mission d'inspection est auprès des malades mentaux. Il fait la connaissance, à l'hôpital de Bicêtre, du surveillant Jean-Baptiste Pussin, dont les conceptions se rapprochent des siennes. Il publie l'année suivante son rapport Instruction sur la manière de gouverner les insensés. Colombier est témoin du mariage de Pussin en 1786.
Il publie divers rapports, entre autres sur les épidémies et sur la rage. En 1786, il devient conseiller d’État. Il participe en 1788 à la réforme du service de santé. Colombier meurt en , de retour d'une mission dont il s'était chargé malgré une maladie.
Ses deux filles épousent toutes deux des médecins, l'une, Michel-Augustin Thouret, l'autre, René-Nicolas Dufriche Desgenettes, médecin militaire. C'est devant lui qu'avait soutenu sa thèse Fourcroy, , l'artisan de la loi du (1803) qui devait réformer l'exercice de la médecine et en quelque sorte prolonger l'action qu'il avait eue de son vivant.
Publications Ouvrages Dissertatio de suffusione seu cataracta : oculi anatome et mecanismo locupletata Ergo prius lactescit chylus, quam in omnes corporis humores abeat, Paris, 1767 Ergo pro multiplici cataractæ genere multiplex methodus, Paris, 1768 Code de médecine militaire : pour le service de terre : ouvrage utile aux officiers, nécessaire aux médecins des armées et des hôpitaux militaires, Paris, J.-P. Costard, 1772 — Cinq volumes. « M. C. », Préceptes sur la santé des gens de guerre, ou Hygiène militaire, Paris, Lacombe, 1775 — Selon Vicq d'Azyr, l'ouvrage le plus original de Colombier. Avis aux gens de guerre et Préceptes sur leur santé, ouvrage aussi utile qu'intéressant à la fin duquel on a ajouté des Conseils sur la manière de diriger la santé des gens de mer par M. C. […], Paris, J. F. Bastien, 1779, in-8, Vorschrifften über die Gesundheit der Kriegsleute, Berne, Typographische Gesellschaft, 1776 (avec François Sernin) Médecine militaire ou Traité des maladies tant internes qu’externes auxquelles les militaires sont exposés dans leurs différentes fonctions de paix ou de guerre, Paris, 1778 ; sept tomes « Observations sur la maladie vénérienne et le millet dont les enfants nouveau-nés sont attaqués, avec deux réflexions sur la nature et le traitement de ces deux maladies » — Lu à l'Académie de médecine en 1781. Du lait, considéré dans tous ses rapports, première partie, 1782 Abhandlung von der Milch, als Nahrungs- und Arzneymittel nach allen ihren Verhältnissen, 1785 (avec François Doublet) Description des épidémies qui ont régné depuis quelques années dans la généralité de Paris, avec la topographie des paroisses qui en ont été affligées, précédée d’une instruction sur la manière de traiter et de prévenir ces maladies dans les campagnes — Deux rapports : 1783, 1784. Instruction sur la rage publiée sous les ordres de M. l’Intendant de la généralité de Paris pour être distribuée dans les différentes paroisses de cette généralité — 1781 et 1785 (avec François Doublet) Instruction sur la manière de gouverner les insensés, et de travailler à leur guérison dans les asiles qui leur sont destinés, Paris, 1785
Articles d'encyclopédie Colombier a collaboré à lEncyclopédie méthodique de Panckoucke par des articles consacrés à la médecine militaire et les maladies des hôpitaux et des prisons.
Édition Claude Pouteau, Œuvres posthumes, préparées pour la publication et augmentées par Jean Colombier, 1783 : ; ; — Comprend une courte biographie de Pouteau par Colombier.
Texte choisi Jean Colombier, Guillaume Daignan, Pierre-Jean-Georges Cabanis et Philippe Pinel, Enfermer ou guérir : discours sur la folie à la fin du dix-huitième siècle, textes choisis et présentés par Claude Wacjman, 1991 — Recension par Henry Deneys.
Listes d'ouvrages Liste de data.bnf.fr « Colombier », dans Quérard
Bibliographie
Isabelle Coquillard, Corps au temps des Lumières, Paris, Honoré Champion, 2022. Thomas McStay Adams, Bureaucrats and beggars : French social policy in the Age of the Enlightenment, Oxford University Press, 1991, , passim Jean-Baptiste-Joseph Boulliot, Biographie ardennaise ou Histoire des Ardennais qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs vertus et leurs erreurs, en , Paris, 1830, 1, Guillaume Daignan, Adnotationes breves. De febribus epistola, 1783 Marie Didier, Dans la nuit de Bicêtre, Gallimard, Paris, 2006 ; réédition « Folio », 2008 P. L. M. J. Gallot-Lavallée, Un hygiéniste au : Jean Colombier, rapporteur du conseil de santé des hôpitaux militaires, inspecteur général des hôpitaux et prisons du royaume, thèse de doctorat en médecine, , Paris, 1913, ; Jouve et , Paris, 1913, Pierre Labrude, « Jean Colombier (Toul 1736 – Paris 1789), médecin, chirurgien et hygiéniste, inspecteur des hôpitaux et réformateur du Service de santé militaire », Études Touloises, , 2009 — Bibliographie Jean-François Lemaire, Coste, Premier médecin des armées de Napoléon, Paris, Stock, Paris, , passim Jean-François Lemaire, « La loi de Ventôse an XI, texte fondateur et expédient provisoire », dans Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine, 2003, 187, , Joseph-Marie Quérard, La France littéraire : [« Colombier », dans Quérard] « Colombier (J.) », , [« Daignan », dans Quérard] « Daignan (Guil.) », ,
Notes et références
Liens externes
Mentions de Colombier dans le du Traité des fièvres rémittentes et des indications qu'elles fournissent pour l'usage du quinquina de J. B. Th. Baumes
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