Les relations entre les Nations unies et l'Union européenne remontent à 1974 et se sont améliorées à la suite de l'augmentation des droits de participation en 2011. L'Union européenne n'a pas, en soi, de droit de vote mais elle est représentée avec ses 27 États membres qui l'ont, dont un, la France, qui est membre du Conseil de sécurité.

Histoire

Le , l'Assemblée générale des Nations unies accorde le statut d'observateur à la Communauté économique européenne (CEE) représentée par la représentation de la Commission européenne à New York. Elle devint ainsi la première entité non étatique à se voir accorder le statut d'observateur et à avoir un droit de participation, en particulier au Conseil économique et social : la CEE a exercé une politique commerciale commune de ses débuts et était alors représentée par la Commission européenne. Dans les autres domaines que le commerce, la CEE était représentée par la présidence du Conseil.

Bien qu'elle soit un observateur, l'Union européenne a rejoint plusieurs traités et a obtenu des droits de participations complets dans un certain nombre d'organe des Nations unies. En 1991, elle devint le premier organe non étatique à obtenir un droit de vote identique aux États dans une agence des Nations unies : l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture. En 2001, elle devient la première entité non étatique à organiser un sommet, la Conférence des Nations unies sur les États les moins développés à Bruxelles.

Quand l'Union européenne a été créée, en 1993, la Communauté économique européenne fut renommée Communauté européenne et devint l'un des trois piliers de l'Union européenne. La Communauté, mais pas l'UE dans son ensemble, hérita de la personnalité juridique de la CEE et de son rôle. Par conséquent, entre 1993 et 2009, l'Union fut représenté en tant que Communauté européenne aux Nations unies. Depuis et l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, l'Union européenne a hérité de la personnalité et des obligations de la Communauté européenneAbout the EU at the UN, EU Delegation to the UN. Les délégations de la Commission européenne et du Conseil auprès des Nations unies à New York ont alors été fusionnéeAbout the EU at the UN, EU Delegation to the UN.

Après l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, l'Union proposa à l'Assemblée générale de recevoir certains droits de représentation (mais pas de droit de vote) en tant que membre à part entière. Toutefois, l'Assemblée générale s'opposa à cette proposition initiale en 2010 du fait de l'opposition d'un groupe d’États mené par l'Australie (qui s'est abstenu en signe de protestation et dans l'hypothèse que la motion serait passée) et un autre mené par la Communauté caribéenne (demandant les mêmes droits pour les autres ensembles régionaux). Après un an de consultations, la résolution de l'Union fut adoptée avec un amendement autorisant les autres blocs régionaux à obtenir les mêmes droits : « suite à la demande formée par une organisation internationale qui a un statut d'observateur à l'Assemblée générale et dont les États membres se sont accordés pour permettre aux représentants de l'organisation de s'exprimer en son nom et en celui de ses États membres, l'Assemblée générale peut adopter des modalités de participation des représentants de cette organisation régionale ».

Représentation L'Union est représentée par le président du Conseil européen, le Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, la Commission européenne et les délégations de l'Union européenneDraft Resolution A/65/L.64/Rev.1, United Nations. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy fit le discours inaugural de l'Union européenne à l'Assemblée générale le Van Rompuy addresses UN General Assembly, EUX.tv on YouTube. Avant que son droit de parole ne soit accordé, l'Union était représentée par les États exerçant la présidence tournante du Conseil.

Chefs de délégation

+Chefs de délégation Chef de délégation Nationalité Mandat Olof Skoog suédois depuis décembre 2019 Ambassador Olof Skoog appointed EU Ambassador to UN Government of Sweden, press release of 28 November 2019. João Vale de Almeida portugais octobre 2015 à décembre 2019 Thomas Mayr-Harting EU HR Ashton appoints new Head of EU Delegation in New York and 24 other Heads of EU Delegations, EU delegation to the UN (3 August 2011) autrichien octobre 2011 à 2015 Pedro Serrano (intérim) Biography of Pedro Serrano, acting Head of the EU Delegation to the United Nations, New York, EU delegation to the UN (2 February 2010) espagnol janvier 2010 à octobre 2011 Fernando Valenzuela Biography of Ambassador Valenzuela, Head of Delegation in New York (2004-2009), EU delegation to the UN (1 April 2005) espagnol 2004 à 2009

Représentation à l'Assemblée générale

L'Union européenne bénéficie, aux Nations unies, d'un statut avancé d'observateur. Alors que le statut d'observateur – tel que celui accordé à la Ligue arabe ou à la Croix-Rouge – ne permet pas à ceux-ci de s'adresser devant les États membres lors de l'Assemblée générale, l'Union s'est vu accorder le droit de s'adresser à ceux-ci le par l'adoption de la résolution A/RES/65/276.. Cela inclut le droit de parler lors des débats au sein des groupes majeurs, devant des États seuls, de soumettre des propositions et amendements, de répondre, de soulever des points à l'ordre du jour et de faire circuler des documents. Toutefois, l'Union n'a pas de droit de vote et ne peut pas siéger au Conseil de sécurité.

Représentation au Conseil de sécurité

L'Union a son statut avancé d'observateur aux côtés du statut de membre de l'Organisation des Nations unies de chacun de ses États membres., dont un (la France, uniquement elle depuis que le Royaume-Uni est sorti de l'Union) est membre permanent, ayant le droit de véto, du Conseil de sécurité. L' du traité sur l'Union européenne oblige ces États à tenir le Haut Représentant et les autres États membres informés et à défendre la position et les intérêts de l'Union. De plus, là où l'Union a défini une position sur un élément de l'agenda du Conseil de sécurité, ces États doivent demander au Haut Représentant de présenter la position de l'Union. Ceci n'a cependant aucun impact sur la possibilité de ces États d'avoir leur propre politique étrangère ()..

Représentation auprès des organes et traités des Nations unies

L'Union européenne est partie à près de 50 accords internationaux des Nations unies et est aussi la seule partie non-étatique. Elle est une participante de droit à la Commission du développement durable, au Forum sur les forêts et à l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture. Elle était un participant à part entière de certains sommets des Nations unies, dont les sommets de Rio et Kyoto sur le changement climatique, et en en organisant un. De plus, la délégation de l'Union européenne maintien des relations importantes avec les organes d'aides des Nations uniesDescription of the European Union Delegation in New York, EU Delegation to the UN.

Organisation mondiale de la santé L'Union européenne s'est peu à peu engagée dans le débat sur la réforme de l'organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2008. Il n'existe pas de compétence européenne en matière de santé, dès lors, la coordination européenne dans le domaine repose sur les États membres. Ceux-ci ont donc décidé d'adopter des prises de positions, qualifiées de « complexes et détaillées » par certains commentateurs, de l'Union européenne sur l'ensemble des projets de réforme.

Coordination

L'Union européenne coordonne ses votes au sein des six comités de l'Assemblée générale et des autres organes et agences du Conseil économique et social, et des agences de l'ONU (telles que l'Organisation mondiale de la santé et l'Agence internationale de l'énergie atomique). À cette fin, plus de 1000 réunions de coordination interne à l'Union sont tenues aux Nations unies pour développer la position commune européenne. L'article 19 du TUE dispose que les États membres de l'Union siégeant au Conseil de sécurité doivent agir de concert et promouvoir l'intérêt de l'Union dans son ensemble.. L'Union s'est exprimé d'une voie à toutes les principales conférences des Nations unies depuis les années 1990..

Depuis les débuts de la politique étrangère et de sécurité commune, la coordination des votes de l'Union a augmenté de 86 % à 97 % en 1998-1999. En 2007, la cohésion des votes est restée aux alentours de ce niveau, avec l'adhésion de nouveaux pays en 2004 qui votaient déjà de manière cohérente avec les positions de l'UE. Sur les 15 à 25 % de résolutions votée à l'Assemblée générale, l'Union vote à l'unanimité quatre fois sur cinq, dont dans les domaines controversés tel que le Moyen-Orient (atteignant l'unanimité à presque toutes les occasions depuis 1990).

Cohésion de l'Union aux votes de l'Assemblée Année 1991-1992 1992-1993 1993-1994 1994-1995 1995-1996 1996-1997 1997-1998 1998-1999 1999-2000 2000-2001 2001-2002 2002-2003 Cohésion de l'Union 86 % 91 % 91 % 92 % 93 % 96 % 96 % 97 % 95 % 96 % 96 % 97 % Cohésion générale à l'ONU 70 % 69 % 76 % 74 % 72 % 70 % 73 % 75 % 76 % 76 % 76 % 78 % Toutefois, en , une dispute entre le Royaume-Uni et les autres États membres de l'Union a atteint son apogée quand le Royaume-Uni a bloqué plus de 70 déclarations de l'Union aux comités de l'ONU. La dispute portait sur une formulation : les déclarations indiquait qu'elles étaient faites au nom de l'Union européenne et non au nom de l'« Union européenne et de ses États membres », comme le souhaitait le Royaume-Uni. L'action du Royaume-Uni avait pour but de ralentir le glissement qui était perçu vers une politique étrangère européenne commune et était portée par le Premier ministre britannique David Cameron et le Secrétaire aux Affaires étrangères William Hague. Bien que purement symbolique, le sujet est devenu important pour les deux parties, bien que le gouvernement britannique ait été critiqué car il utilisait un capital politique important sur quelque chose qui, même si cela pouvait réussir, n'apportait pas de gains réels.

Contribution

L'Union européenne et ses États membres sont les plus importants contributeurs au budget de l'ONU, représentant au total 38,9 % du budget de l'ONU en 2007 (suivi par les États-Unis à 22 % et le Japon à 16,6 %). L'Union représente 55,6 % de l'aide au développement (suivi par les États-Unis à 23,4 % et le Japon à 11,1 %), 40,6 % du financement des opérations du maintien de la paix et environ la moitié du budget des fonds et programmes des Nations unies . Près d'un tiers du budget de l'aide de la Commission européenne va aux Nations unies.

L'Union apporte 40 % des fonds des missions du maintien de la paix et 13,5 % du personnel de ces opérations ( hommes et femmes) en 2006. L'Union est aussi responsable de ses propres missions de soutien des Nations unies, comme la mission de l'Union au Congo pour soutenir les Casques-bleus présents sur place. L'Union a aussi établi et finance la facilité de paix pour l'Afrique.

L'Union soutient les valeurs onusiennes de liberté, de démocratie et de droits de l'homme. Le préambule du traité sur l'Union européenne cite les articles concernant les droits de l'homme de la Charte des Nations unies et l'Union est très active au sein du Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

Futur

L'Union européenne a un statut d'observateur au comité exécutif des programmes et des financements, où la Commission européenne est un donneur important, principalement en matière d'aide. Mark Malloch Brown, ancien vice-secrétaire général des Nations unies, croit que l'Union sera de plus en plus représentée, ce qui conduira finalement à son entrée au Conseil de sécurité..