Le MIM-46 Mauler, conçu par la firme américaine General Dynamics, était un système sol-air autotracté conçu à la fin des années 1950.
Conçu d'après une demande de l'United States Army, concernant un système pouvant engager des appareils d'attaque au sol rapides évoluant à basse altitude et des missiles balistiques à courte portée, le était d'un concept avancé pour son époque, mais il fit face à de tels problèmes tout au long de son développement qu'il fut finalement abandonné en novembre 1965.
L'abandon de ce programme laissa l'US Army dépourvue d'arme anti-aérienne moderne, ce qu'elle ne put combler que par l'élaboration d'une solution de remplacement intérimaire, en l'espèce des MIM-72 Chaparral et M163 VADS, de conception bien plus simple. Même s'ils s'avéraient moins performants que le Mauler et principalement destinés à servir de solution de secours en attendant mieux, ils ne furent finalement jamais remplacés et continuèrent leurs carrières jusqu'à la fin des années 1990.
L'United States Navy et la British Army comptaient également beaucoup sur le pour obtenir une couverture aérienne à courte distance, et l'abandon de ce programme leur créa de sérieux ennuis. Faisant face aux mêmes problèmes que l'US Army, ces armées durent elles aussi trouver une solution de remplacement. Elles conçurent respectivement les missiles RIM-7 Sea Sparrow et Rapier.
Historique
Les et La première arme anti-aérienne conçue par l'US Army fut le M42 Duster, constituée d'un ensemble de deux canons de calibre Bofors de montés sur une tourelle à guidage optique, fixée sur un châssis de char d'assaut léger M41 Walker Bulldog. Entré en production en 1952, le devint vite obsolète, principalement en raison des performances en forte progression des aéronefs du moment.
Afin de remplacer le , l' démarra des travaux sur le T249 de Sperry, qui employait un puissant canon de type Gatling de calibre , monté sur le toit d'un châssis chenillé du transport de troupes M113. Même si le , comme le , était guidé et pointé visuellement, la cadence de tir très élevée du canon de calibre ( par minute) lui procurait une meilleure efficacité contre les aéronefs rapides.
Alors que le programme allait bon train, l' décida que chaque système basé sur l'emploi de canons était devenu sans espoir, voire inutile, car la vitesse des avions augmentait sans cesse et les temps d'engagement diminuaient rapidement. Le avait une portée efficace maximale d'environ et ses obus demandaient un temps de pour parcourir cette distance. Un chasseur à réaction volant à couvrait une distance de en un temps similaire. Le temps qu'un système radar établisse une solution de tir, la cible sortirait de son champ d'action.
Conséquence des doutes sérieux qui entouraient les nouveaux systèmes, l'US Army décida d'annuler le programme du et conserva celui du , en attendant qu'un système à missiles plus efficace prenne son relais.
FAAD Sous le nom de projet de (FAAD - « défense aérienne de l'avant »), l'US Army commença en 1959 à collecter des données et informations théoriques sur les nécessités imposées par l'adoption d'un système de défense aérienne employant des missiles.
Le guidage était un sujet de préoccupation majeur. La plupart des missiles antiaériens de l'époque utilisaient le principe du guidage à radar semi-actif, avec des signaux émis par un radar qui éclairait la cible, rebondissant sur cette dernière et arrivant dans un petit récepteur placé à l'intérieur du nez du missile. Ce système présentait l'avantage que l'intensité du signal radar reçu allait en augmentant, à mesure que le missile s'approchait de sa cible, ce qui la rendait de plus en plus facile à suivre. Plus important encore, le signal était réfléchi suivant une enveloppe en forme de cône, centrée sur la cible, de sorte que lorsque le missile s'approchait de sa cible, son guidage devenait encore plus précis.
En contrepartie, le concept de guidage radar semi-actif impliquait également que n'importe quelle autre réflexion de signal pouvait détourner l'attention du missile. Alors que le concept de radar semi-actif rendait le récepteur du missile aussi léger et basique que possible, afin qu'il puisse être emporté à l'intérieur du missile, il était tout de même assez fréquent pour ces capteurs d'être perturbés par des réflexions venant des arbres, des bâtiments, voire du sol. Il devenait rapidement très difficile, pour le missile, d'assurer un engagement convenable lorsqu'il évoluait dans un environnement saturé de parasites.
Pour la conception du FAAD, il fut décidé d'employer un système de guidage basé sur le suivi d'un faisceau d'ondes radio ( en anglais). Ce principe avait déjà été employé sur des missiles antérieurs, tel le RIM-2 Terrier, mais avait été abandonné en faveur du guidage radar semi-actif, justement pour les raisons citées précédemment. Le point remarquable de ce principe de guidage est que le cône de propagation est cette fois-ci concentré sur l'émetteur du rayon, à l'opposé de l'autre système, ce qui signifie que plus le missile de rapprochera de sa cible (et donc s'éloignera de l'émetteur...), plus la précision du guidage diminuera. Un système secondaire, assurant le guidage du missile lors de la phase terminale de son vol, est presque systématiquement nécessaire avec une arme à suivi de rayon laser.
En voyant tout de même le bon côté des choses, le téléguidage sur faisceau radio offrait un avantage certain sur les autres systèmes, permettant de faire feu sur des cibles volant très près du sol sans être gêné par le moindre parasite provenant du terrain. Du moment que le champ de vision entre l'arrière du corps du missile et le véhicule lanceur restait dégagé de tout obstacle, le signal de guidage restait parfaitement clair et précis. Le travail de séparer les cibles réelles des échos parasites du sol ne revenait qu'au véhicule lanceur, ce qui était nettement plus facile pour lui, étant donné qu'il disposait à-bord de tout l'espace et de la puissance disponible pour l'emploi des systèmes adaptés. Le FAAD utilisait un radar à impulsion continue, employant l'effet Doppler pour dissocier les cibles réelles des échos parasites en provenance de l'environnement extérieur. Pour le guidage terminal, il utilisait un système à infrarouge avancé.
Étant donné les très faibles marges de temps disponibles pour les engagements, de l'ordre de seulement quelques secondes, il fut décidé d'intégrer au FAAD un maximum d'équipements automatisés et autonomes. En combat, les seules actions réellement entreprises par les équipages se seraient limitées à sélectionner des cibles, sur l'écran du radar de veille à longue distance, et à autoriser ou non le système à procéder à leur engagement. Le système informatisé de contrôle de mise à feu se serait chargé automatiquement de pointer les munitions dans la bonne direction et aurait fait feu dès qu'elles auraient été à portée de tir.
Après avoir effectué des simulations basées sur la méthode de Monte-Carlo sur un IBM 650, il fut décidé d'équiper le missile d'une charge militaire à souffle + fragmentation, estimant qu'une charge à étirement annulaire serait moins efficace..
Pour ses déplacements, le système serait basé sur un châssis de M113, le transport de troupes le plus récent et le plus avancé de l'inventaire de l'US Army à ce moment-là. Les modifications nécessaires à l'emport d'un système de missiles étaient relativement simples et l'espace destiné à l'équipage à l'intérieur du châssis conviendrait parfaitement pour y incorporer tout l'équipement nécessaire à sa mise en œuvre. Ce véhicule, ainsi modifié, portait la désignation de XM-546 Archive disponible sur le site web des archives Flight Global. Consulté le 6 octobre 2013..
Développement vignette|Tir de test du .
Plusieurs entreprises répondirent à l'appel d'offres pour le contrat du FAAD, qui fut finalement remporté par la General Dynamics (division Convair de Pomona) en 1959.. En 1960, le projet prit officiellement le nom de .
De grands espoirs L'armée de Terre des États-Unis n'était pas le seul utilisateur potentiel du futur : l'armée de terre britannique et l'United States Navy envisageaient également de s'en porter acquéreurs pour leurs besoins propres. Si l'armée britannique comptait en faire un usage similaire à celui de l'US Army, la marine américaine, elle, cherchait absolument à obtenir un moyen de protéger ses navires les plus importants des attaques pouvant être menées par des avions rapides ou des missiles antinavires ne volant pas au-ras de l'eau. Au début des années 1960, elle avait développé un programme pour un (BPDMS - système de missile de défense basique ponctuelle), et avait l'intention d'utiliser une version modifiée du , le RIM-46A , pour remplir ce rôle. Le système de guidage radio du le rendait préférable aux autres missiles, car ce mode de guidage lui permettait d'éviter en grande-partie les problèmes de parasites générés par l'état de surface de la mer. En outre, son système de mise à feu automatisé très réactif le rendait très intéressant pour les navires de la , ces derniers n'ayant qu'une marge de manœuvre très restreinte lorsqu'ils font face à des menaces rapides. Attendant avec beaucoup d'enthousiasme son arrivée en service, la fit construire les futures frégates de la classe Knox avec un espace vide réservé à l'installation du missile et de ses systèmes, qui n'auraient plus eu qu'à être fixés une fois livrés..
Des résultats catastrophiques
Le développement du missile et de sa structure progressèrent rapidement. Des exemplaires non-guidés, désignés , commencèrent leurs essais de tir en septembre 1961. Ils furent rapidement suivis par les exemplaires du , qui volaient selon des trajectoires assez basiques afin de vérifier l'efficacité des plans de contrôle aérodynamiques. Les deux séries de tests mirent en évidence une grande variété de problèmes, parmi lesquels des casses récurrentes des assemblages du moteur-fusée et une traînée induite trop importante, qui avait en plus la fâcheuse tendance à faire « battre » les ailes du missile.
Les premiers exemplaires de , étant essentiellement les prototypes de ce qu'allaient être les missiles de production, commencèrent leurs tests en 1963. Ils furent également entravés par une incroyable série de problèmes en tous genres. L'un des plus inquiétants venait de la tendance persistante du missile à perdre la liaison avec ses informations de guidage juste après le lancement. De plus, autre fait grave, lorsqu'ils étaient montés en lanceurs 3 x 3, les missiles éclataient leurs conteneurs et endommageaient les missiles placés dans les conteneurs adjacents. Finalement, pas moins de 22 matériaux différents furent testés dans le but de trouver une solution fiable à ce problème..
Annulation du programme Inquiétudes À ce stade des événements, de sérieux doutes commençaient à peser sur les épaules de l'US Army, cette dernière commençant à réaliser que son missile avait de fortes probabilités de ne jamais être prêt à temps. Elle demanda alors au MICOM (le commandement de l'aviation et des missiles de l'armée des États-Unis) d'étudier un système de défense aérienne rapprochée se basant sur le missile air-air AIM-9 Sidewinder, alors connu pour avoir été fiable et performant dans son domaine. Cela suggérait naturellement que cette conversion devait être assez simple à réaliser, mais son long temps d'accrochage et son guidage infrarouge ne lui permettraient pas d'être efficace dans les engagements à très courte portée.
Solution de secours