Le château de Pisy est situé à Pisy dans l'Yonne, en Bourgogne.
Pour l'historien Victor Petit : . Il représente pour lui .
Histoire
Les Origines de la seigneurie : la famille de Montréal
thumb|left|upright=0.4|Maison de Montréal
Au la terre de Pisy est la possession de la puissante famille de Montréal, aucune fortification n'est mentionnée à cette époque ; toutefois la Maison d'Arcis, qui entreprendra la fortification de la seigneurie, est une branche cadette de la Maison de Montréal.
En effet les Montréal ont hérité de la seigneurie d'Arcis-sur-Aube au à la suite du mariage d'Anséric III de Montréal avec une descendante des anciens comtes d'ArcisLes seigneurs d'Arcis-sur-Aube (Archives départementales de l'Aube 3 PL 139 - v.1173-1338), Adélaide de Pleurs. Un document de 1170 permet d'établir les liens familiaux suivants : Anséric III est marié à Adélaide, ils ont deux enfants Anséric IV et Jean , la femme de leur fils Anséric IV étant SibylleCARTULAIRE GÉNÉRAL DE L'YONNE - Donation d'Anséric pour le repos de l'âme de sa femme Adélaïde. (de Bourgogne ; nièce d'Eudes II et fille d'Hugues le Roux ; les Anséric issus de cette union constituent la branche aînée, qui aura Montréal et les biens bourguignons ; tandis que les descendants de Jean forment la branche cadette, dotée d'Arcis-sur-Aube et des biens champenois, plus Pisy en Bourgogne en fief de la branche aînée).
En 1189 l'heure est aux croisades pour la famille de Montréal, mais avant de partir pour la terre sainte ils feront une série de donations à divers établissements religieux. La retranscription de ces donations nous apporte de nombreuses informations. L'une d'elles faite en faveur du prieuré Saint-Bernard de Montréal nous indique "Ego Ansericus, dominus Montis Regalis [...] hujus rei testes sunt dominus Joannes de Arceis, frater meus"Archives de Dijon - Manuscript de Courtépée, tome VII page 222. On comprend donc que l'un des témoins de cette donation n'est autre que le frère d'Anséric qui se nomme Jean, seigneur d'Arcis.
La même année Jean , seigneur d'Arcis et sa femme Helissanz (Hélisende de JoignyChronica Albrici Monachi Trium Fontium 1219, MGH SS XXIII, p. 908.) sont mentionnés dans une donation à l'Abbaye des Écharlis. Le sire d'Arcis, qui est sur le point de partir pour Jérusalem, donne aux églises des Escharlis et de Fontaine-Jean tous ses droits sur le moulin du Frêne. Comme il l'avait fait pour lui, son témoin est son frère Anséric de MontréalFonds de l'abbaye des Escharlis (Archives départementales de l'Yonne)..
Les deux frères de Montréal, Anséric IV et Jean , trouveront la mort au siège de Saint-Jean d'Acre en 1191.
La construction : la famille d'Arcis (branche cadette des Montréal)
thumb|left|upright=0.4|Armes Maison d'ArcisSceau de Jean III d'Arcis (1264) Archives départementales de l'Aube.
Guy d'Arcis, fils de Jean de Montréal, seigneur d'Arcis, et d'Hélisende de Joigny, devient seigneur d'Arcis à la mort de Jean II d'Arcis son frère aîné (probablement tué durant la cinquième croisade au siège de DamietteLettres de la Cinquième Croisade (par Jacques de Vitry). En effet Jean et Guy sont tous les deux partis en croisade comme leurs père et oncle, ainsi qu'on peut le lire dans le Recueil des historiens des Croisades "[...] et vint grant compagnie de riches homes do roiaume de France. Il i fu [...] Johan d'Arcie, et son frère Gui de Pigi". Lors de leur départ l'aîné Jean est donc titulaire de la seigneurie d'Arcis et Gui, son cadet, est titré seigneur de Pisy.
Jean II d'Arcis avait épousé Marie (titrée Dame de Turny lorsqu'elle fut veuve), quant à Guy il épouse Mathilde de Chacenay, issue d'Anséric .
En 1235, Guy d'Arcis obtient de son cousin Anséric VI de Montréal l'autorisation de bâtir une maison forte à Pisy et d'utiliser le bois de la forêt de Vausse (sur l'actuelle commune de Châtel-Gérard) à cet effetRépertorié par Peincedé B10471 (Archives départementales de Côte d'Or). Ladite maison forte de Pisy sera d'ailleurs jurable et rendable aux sires de Montréal, c'est donc à ce seigneur que l'on doit la construction de ce qui deviendra le château de Pisy.
Son fils unique Jean III d'Arcis, dont la femme est Isabelle de Noyers, est donc Seigneur d'Arcis, de Chacenay et de Pisy jusqu'à sa mort en 1273.
La suite se complique puisque la descendance de Jean III d'Arcis est plus nombreuse, et à sa mort ses enfants, Jean IV, Érard, Guillaume et Milet, deviendront coseigneurs des différents fiefs. Après des contestations, le , Érard et Guillaume firent entre eux un nouveau partage de ce qui leur était échu dans les seigneuries d'Arcis et de Chacenay, en sorte qu'Érard Ier d'Arcis fut principal seigneur des Tours Sainte-Parise, et Guillaume Ier d'Arcis principal seigneur de Pisy. Mais tous deux, ainsi que Jean IV et Milet d'Arcis, conservèrent le titre de seigneurs de Chacenay.
Cependant la mort sans héritier de Jean IV († avant/en 1307 ; mari d'Alix de Joinville, fille du chroniqueur, remariée à Jean de Lancastre seigneur de Beaufort) et de Milet d'Arcis oblige les deux frères restants à un nouveau partage vers 1307. Érard d'Arcis, l'aîné des deux, devient seigneur d'Arcis de plein droit, et Guillaume devient seigneur de Chacenay et de Pisy de plein droit. C'est donc à cette période que les seigneuries d'Arcis et de Pisy sont séparées.
La femme de Guillaume d'Arcis est Reine d'Ancy-le-Franc, ils auront deux fils, Érard II et Guillaume. C'est Érard II d'Arcis qui succède à leur père en tant que seigneur de Chacenay et de Pisy. Il épousera Blanche de Châtillon-en-Bazois avec laquelle il aura un fils mort en bas âge et une fille, Jeanne d'Arcis, qui deviendra dame de Chacenay et de Pisy.
Note : Une confusion avec les orthographes d'Arcy et d'Arcis a longtemps été entretenue mais aucun texte antérieur au n'écrit ''Arcy''. Par ailleurs, la numérotation des divers seigneurs est donnée sous réserve, les textes étant souvent contradictoires et la numérotation pouvant évoluer suivant le titre mis en avant par les historiens. Par exemple Érard d'Arcis est parfois présenté comme étant Érard IV d'Arcis-de-Chacenay.
La fortification : familles de Grancey et de Montot
thumb|left|upright=0.4|Maison de Grancey
Guillaume de Grancey, Seigneur de Larrey, lieutenant du duc de Bourgogne à Dijon, devient seigneur de Pisy par son mariage avec Jeanne d'Arcis (Guillaume était aussi issu des Chacenay par son ancêtre Clémence, tante de Mahaut, la mère de Jean III évoquée plus haut). Le fief change donc de Maison mais les liens du sang perdurent comme ce fut le cas entre les maisons de Montréal et d'Arcis.
En 1373, Marguerite de Flandre, duchesse de Bourgogne, aurait accordé des subsides pour faire restaurer la maison forte . Une seule source du aborde cette étape de l'histoire du château toutefois elle reste crédible, Édouard III, roi d'Angleterre, ayant saccagé la région peu avant cette date.
Jeanne d'Arcis mourut vers 1390, elle laisse quatre enfants, dont trois fils, qui se partageront les nombreuses possessions du couple : Guillaume devient sire de Larrey et de Rigny-le-Ferron. Robert devient sire de Chacenay Milon, devient sire de Pisy et de Villy-le-Maréchal. Cependant Milon de Grancey était destiné à la prêtrise et deviendra évêque d'Autun de 1401 à 1414, il n'aura donc aucun enfant. Le fief de Pisy ne resta dès lors que peu de temps dans la famille de Grancey. En effet en 1412 Milon de Grancey en fait la donation, avec sa seigneurie et toutes ses dépendances en faveur de Pierre de Montot, seigneur de Saint-Phal (Champagne). Les ducs de Bourgogne lui confient plusieurs missions importantes pendant la Querelle des Armagnacs et des Bourguignons.
Le fief de Pisy qui était la possession des descendants des Montréal depuis le tourne ainsi une page de son histoire au début du .
La reconstruction : familles de Surienne et de Ragny vignette|alt=Château de Pisy, Yonne - Plan (1870)|Plan (1870) En 1450, François de Surienne, dit L'Aragonais ou le Polyorcète (« le preneur de villes »), chambellan du duc de Bourgogne, fait l'acquisition de Pisy auprès de Louis de Chalon-Arlay seigneur d'Arguel. Il est aussi seigneur de Châtel-Gérard, et détenteur de Passy par sa femme Étiennette de Grésille nièce de Perrinet Gressard. Sa fille Jeanne de Surienne épouse Claude de Ragny (? En tout cas Jeanne épouse d'abord Richard Aux-Épaules ci-dessous ; il est vrai qu'elle a pu contracter deux mariages successifs...).
C'est à Eudes de Ragny que l'on doit la reconstruction du château en 1480. Il obtient alors de Louis XI la tenue de quatre foires annuelles à Pisy (1482) ; le fief de Pisy relevait alors du « donjon de Semur », c'est-à-dire directement du roi de France, et ce depuis 1477, date du retour à la Couronne de l'apanage bourguignon.
Le château-fort puis la ferme : familles diverses thumb|left|upright|Château de Pisy angle nord-est - Exploitation agricole (1907)
Au cours des guerres de religion, les combats font rage dans la région. En 1590, les ligueurs parviennent à s'emparer de Pisy, d'où ils ravagent et pillent la région. Mais François de la Magdelaine, marquis de Ragny en héritage de son grand-cousin (?, ou arrière-grand-père ?) Claude de Ragny ci-dessus, le reprend quelques mois plus tard, avec Montréal et sa châtellenie, ancien fief des Anséric. De cet épisode dateraient les traces d'incendie sur la porte du châteauConstat fait par Ernest Petit vers 1850. Il faut toutefois être très prudent sur cette anecdote, en effet, la porte est neuve dans le « Procès verbal de visite de l'état actuel du château de Pisy... le 6 août 1802 » (voir « dossier Laugier Jacques-Emmanuel, château de Pisy 1794-1821 », aux archives du château de Vassy-sous-Pisy ) et dans celui de 1781, il y a un pont-levis!. Montréal est désormais un membre du marquisat de Ragny qu'Henri IV érige pour François en (cf. Montréal, sur POP.gouv).
En fait, au , la seigneurie de Pisy appartient à la famille Aux-Épaules, d'origine normande, issus du mariage évoqué ci-dessus entre Jeanne de Surienne et Richard Aux-Épaules († 1463 ; sire de Ste-Marie-du-Mont, dans la Manche), d'où Georges († 1524 ; x Madeleine de Dreux de Bossart d'Esneval : cf. l'article Châteauneuf), père de Jacques (x Christine, dame de Ferrières et de Presles : cf. l'article Champlevois), père de François Aux-Épaules. En 1580, elle est pour moitié dans les mains dudit François Aux-Épaules, seigneur de Sainte-Marie-du-Mont, époux de Gabrielle de Laval-Montmorency, fille de Gilles II, dame de Pisy par son mariage, marquise de Nesle, comtesse de Joigny et dame de L'Isle-sous-Montréal de son propre chef, dont il prend le nom et les armes, brisées d'une fleur de lys en cœurLa Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, vol. 2, col. 94.. L'une de leurs filles, Claudine/Claude Aux-Epaules, hérite de Pisy et de Presles Champlevois et les transmet dans la famille Brulart de Genlis par son mariage avec Gilles Brulart, sgr. de Genlis.
René Brulart de Genlis (+1696), marquis de Genlis, ne réside pas non plus à Pisy, dont il possède la moitié, puis les trois quarts. Il rachète la quatrième part du fief en 1646 à son oncle René de Laval Aux-Epaules marquis de Nesle. Il semble pourtant, d'après certains documents d'époque, que les La Magdelaine de Ragny sont toujours (ou de nouveau) seigneurs de Pisy dans la première moitié du .
C'est son fils Florimond Brulart, chevalier, comte de Thenelle et autres lieux, qui hérite de PisyÀ partir de Florimond "Archives du château de Vassy-sous-Pisy. (avec sa sœur Anne-Geneviève Brûlart). Il semble y résider (pas forcément dans le château), au moins épisodiquement. Il y décède le et est inhumé le 10 dans le caveau réservé au seigneur de Pisy de l'église Saint-GermainRegistres Paroissiaux de Pisy à la date.. Sa sépulture sera pillée et ses restes dispersés à la révolution de 1789.