Paléologue (en grec : ), dit l'Ancien, est un empereur byzantin du au , né le et mort au mont Athos le , fils de et de Théodora Vatatzès.

Il hérite d'un Empire restauré par la reconquête de Constantinople, menée par son père en 1261. Toutefois, malgré cet important succès, son père, , n'a pas eu les moyens de rétablir l'Empire dans ses anciennes frontières et Andronic hérite d'un État épuisé par la politique extérieure de son père. En effet, Constantinople doit faire face à de nombreuses menaces sur ses différentes frontières et Andronic doit affronter de nombreux défis, à la fois internes et externes. Souvent dénigré, car son règne marque le début d'un déclin inéluctable, Andronic n'a pas les moyens de surmonter tous les défis qui se présentent à lui. Le trésor de l'État est vide et ses forces armées sont considérablement diminuées, tandis que l'économie de l'Empire est asphyxiée par les guerres entre Venise et Gênes auxquelles il est souvent mêlé. Enfin, les diverses querelles religieuses qui émaillent le règne d'Andronic fragilisent l'Empire byzantin déclinant. Malgré tout, Andronic a contribué à réaliser une entreprise de renaissance culturelle, ainsi que des réformes financières et judiciaires durables.

Au cours de son règne, prend le contre-pied de la politique de son père. Il met en place une réforme financière drastique qui réduit les effectifs de l'armée, s'oppose à la politique d'union religieuse avec Rome et tente de freiner l'avance turque en Asie mineure.

Jeunesse et personnalité vignette|redresse=1.8|L’Empire byzantin sous en 1265. est associé au trône dès 1272 par , ce dernier voulant légitimer la dynastie des Paléologue, tout juste montée sur le trône byzantin. En 1278, il est envoyé à la tête d'une armée en Asie mineure pour combattre la progression turque dans la région du Méandre. Dans les faits, c'est le grand domestique Michel Tarchaniotès qui dirige l'armée. Celle-ci réussit à chasser les Turcs de la région et décide de rebâtir la ville de Tralles, qu'il renomme « Andronicopolis ». Il demande à Michel Tarchaniotès d'y amener et de bâtir des murailles, mais l'approvisionnement de la ville est oublié. Cela entraîne la chute d'Andronicopolis vers 1280, après le départ d'Andronic. Cette défaite conduit à la fin de la domination de l'Empire byzantin au sud-ouest de l'Asie mineure.

Andronic ne dispose pas des mêmes qualités de chef d'État que son père et cela explique l'état de désagrégation avancée dans lequel se trouve l'Empire à la fin de son règne. À l'image de nombre de ses prédécesseurs, Andronic, très religieux, s'implique beaucoup dans les querelles théologiques. Il apparaît aussi rempli d'incertitudes, octroyant ainsi une forte influence à son entourage. Ainsi, Andronic se laisse facilement influencer par ses ministres tels que Théodore Mouzalon ou Théodore Métochitès.

Conscient de l'état des forces de l'Empire, il peine à y remédier par des réformes plus ou moins efficaces, quand il n'accroît pas son déclin.

Un contexte troublé vignette|gauche|upright=1.2|Miniature de , qui recoit de son père un Empire restauré mais affaibli. Un Empire restauré En 1261, accomplit le plus fervent désir des empereurs de Nicée en reprenant Constantinople. Il rend à l'Empire byzantin sa capitale traditionnelle et semble à nouveau en mesure de donner à l'Empire l'influence mondiale qu'il avait auparavant. Durant son règne, si ne réussit pas à étendre les frontières de l'Empire de manière substantielle (à l'exception des îles de la mer Égée reprises par Licario), il parvient toutefois à préserver l'Empire des différentes menaces qui pèsent sur son existence. Il contient le danger bulgare, isole le despotat d'Épire mais surtout, il parvient à parer au danger angevin représenté par . Ce dernier souhaite rétablir la domination latine avec le soutien de la papauté mais réussit à se concilier les bonnes grâces du Saint-Siège en approuvant l'Union des deux Églises au deuxième concile de Lyon de 1274 malgré la virulente opposition d'une grande partie du clergé et de la population. Dans le même temps et grâce au soutien aragonais, il parvient à susciter un mouvement de rébellion au sein de la population sicilienne connu sous le nom de Vêpres siciliennes qui renverse d'Anjou en 1282. Enfin, tente d'agir activement sur le front oriental contre la menace seldjoukide mais la mort l'emporte avant qu'il n'ait pu lancer de grande offensive dont certaines sources mentionnent le projet.

Des crises multiples Les succès de dissimulent un Empire ruiné et déclinant. La reconquête de Constantinople est surtout rendue possible par l'extrême faiblesse de l'Empire latin, abandonné par les puissances occidentales, à l'exception de Venise. Constantinople n'a pas les moyens de défendre militairement toutes ses frontières et doit recourir à des expédients dont le meilleur exemple se trouve dans la politique unioniste menée par , visant à mettre fin au schisme divisant la chrétienté. Or c'est la persistance de ce schisme qui motive la papauté à détruire l'Empire byzantin, espérant par là mettre fin à la division de l'Église chrétienne. Par ailleurs, l'Union permettrait à Constantinople de se prémunir face aux menaces de ses adversaires latins qui ont le soutien du pape. Toutefois, loin de faire l'unanimité au sein de la population byzantine, cette politique renforce les tensions.

Dans le même temps, les Byzantins semblent ne pas avoir conscience de la menace représentée par les Turcs en Anatolie. Divisés en multiples beylicats, ceux-ci conquièrent peu à peu les territoires asiatiques de l'Empire, délaissés depuis le rétablissement de la souveraineté byzantine à Constantinople. Cet événement déplace le centre de gravité de l'Empire vers l'Europe. Or, la perte de ces territoires entraîne le déclassement progressif de l'Empire byzantin qui doit faire face à une situation financière de plus en plus alarmante du fait de l'intense activité diplomatique déployée par .

Ce déclin économique est aggravé par la concurrence très forte entre Venise et Gênes qui tentent de conquérir le monopole du commerce régional aux dépens de l'Empire byzantin. Par ailleurs, le règne de entraîne une prédominance de plus en plus importante de la noblesse, ce qui ruine encore un peu plus les fondements traditionnels de l'Empire byzantin.

Ainsi, en 1282, hérite d'un Empire restauré mais profondément affaibli, privé du prestige qu'il avait au , avant le sac de Constantinople de 1204. La survivance des États grecs d'Épire et de ThessalieCes États succèdent au despotat d'Épire divisé en deux à la mort de en 1271. ou des États francs de Grèce (duché d'Athènes, principauté d'Achaïe) symbolise ce déclin de l'Empire byzantin qui ne parvient pas à se refonder sur une base unique et solide. Dès le début de son règne, apparaît ainsi comme le souverain d'une puissance régionale en déclin.

La politique intérieure d' vignette|Monnaie à l'effigie d' Paléologue. Son règne est marqué par le délabrement des finances publiques, le relâchement du système administratif, la fin de l'union avec l'Église catholique et les tensions au sein de l'Église byzantine, la réduction des effectifs de l'armée et la suppression de la flotte de guerre.

La politique religieuse À l'image de nombreux autres empereurs byzantins avant lui, accorde une grande importance aux questions religieuses malgré l'imminence de dangers autrement importants. En effet, il est persuadé que la stabilité de l'Empire passe avant tout par la résolution des crises frappant l'Église byzantine.

La fin de l'union Durant son règne, s'est efforcé de renouer avec l'Église catholique pour conjurer toute tentative de l'Occident de reprendre Constantinople et de rétablir l'Empire latin de Constantinople. Cette politique aboutit en 1274 à l'Union des deux Églises, déclarée lors du deuxième concile de Lyon. Toutefois, une grande partie du clergé grec s'oppose à cet acte tandis que les papes lui demandent de plus en plus de concessions. Ces événements fragilisent l'Union des Églises. est conscient de cette réalité et, devant l'hostilité de la population, il se place du côté des anti-unionistes. Cette politique est symbolisée par l'enterrement de dans un petit monastère en Thrace d'une part, le retour de Joseph de Constantinople sur le trône patriarcal d'autre part. , l'ancien patriarche unioniste, est exilé lors d'un concile à Brousse en 1283.

Si l'Empire ne connaît pas d'effusions de sang, les unionistes subissent diverses vexations et les anti-unionistes demandent des condamnations. Ainsi, toujours en 1283, un nouveau synode est convoqué près du palais des Blachernes qui oblige Théodora Vatatzès, la veuve de , à faire acte de contrition. En 1285, les anti-unionistes reviennent à la charge et obtiennent l'ouverture d'un nouveau synode pour obtenir le repentir de Vekkos et d'autres ecclésiastiques, sans résultat, et est emprisonné. Ce synode se termine par la publication d'un texte rappelant les thèses orthodoxes, mais sa précision entraîne des contestations au sein même du camp unioniste dirigées entre autres par Théolepte de Philadelphie. Ce dernier condamne le patriarche lors d'un synode en 1289, ce qui entraîne une nouvelle vacance du siège patriarcal.

La question arsénite La déposition en 1266 du patriarche Arsène Autorianos qui avait excommunié pour avoir fait aveugler a entraîné une violente querelle au sein de l'Église byzantine. En effet, Arsène conserve de nombreux partisans en Asie mineure et sa mort, en 1273, n'empêche pas la continuation du schisme arsénite. Ses partisans refusent de suivre le patriarcat de Constantinople. La mort de Joseph de Constantinople et son remplacement par ne change rien à la situation car les arsénites espèrent la montée d'un des leurs sur le trône. réunit un concile à Adramyttion pour mettre fin à la division mais les deux partis ne peuvent se réconcilier. Les arsénites continuent de demander l'éviction de de Chypre. tente alors de diviser le mouvement en se conciliant les plus modérés, car la question arsénite est plus une question politique que religieuse. Les partisans d'Arsène sont souvent des partisans de la famille Lascaris, prétendante légitime au trône impérial depuis l'éviction de Lascaris par Paléologue.

En conséquence, rend visite à Lascaris dans sa prison en mer de Marmara pour lui demander pardon et se faire accepter comme empereur par le prédécesseur déposé de son père. Malgré ces différentes actions, la cause arsénite reste vivace et ne finit par décroître qu'avec l'invasion progressive des derniers territoires asiatiques de l'Empire byzantin par les Turcs. Cela permet au patriarche Niphon de Constantinople de trouver une solution au schisme de l'Église orthodoxe en 1310. Une bulle d'or met définitivement fin au conflit et promet que ni , ni ne seront rappelés sur le trône patriarcal, tandis que le nom de Joseph de Constantinople est effacé des diptyques. En , une encyclique du patriarche consacre l'unité de l'Église orthodoxe malgré la persistance de quelques mouvements arsénites isolés.

Le patriarcat d'