Charles Henri Marie Blondel, né le à Quincy-le-Vicomte (Côte-d'Or) et mort le à Paris, conseiller d'État, fut l'un des commissaires de la République du Gouvernement provisoire en 1944.

Biographie

Charles Blondel est le fils aîné du philosophe Maurice Blondel et de Rose Royer (1874-1919)Cf. Généalogie simplifiée de la famille Blondel dans , elle-même fille d'Édith Royer.

Appelé en 1915 comme simple soldat, il fait toute la guerre au régiment d'infanterie. Il est blessé le à la cote 304. Aspirant en , il participe comme chef de section de mitrailleuses au coup de main de Moncel et y gagne une citation à l'ordre du régiment. Sous-lieutenant en , il est affecté après l'armistice au quartier général de la division d'infanterie, puis à la mission militaire française à Berlin, et n'est démobilisé qu'en . Il sera promu lieutenant de réserve en 1925.

Il entre au Conseil d'État le et effectue la première partie de sa carrière, avant guerre, à la Section du contentieux. Il passera après guerre à la Section sociale. Il est en 1928 chef de cabinet du sous-secrétaire d'État au Travail, à l'hygiène, à l'assistance et à la prévoyance sociales Alfred Oberkirch, en 1930 chargé de mission au ministère des Pensions puis, en 1938, membre du cabinet du ministre des Anciens combattants et pensionnés Auguste Champetier de Ribes.

Attiré, comme son oncle Georges Blondel et son beau-frère Charles Flory, par le catholicisme social, il participe activement aux Semaines sociales. Il y fait en particulier à Angers en 1935 un cours remarqué sur Les fonctionnaires dans la Nation, où il conclut, comme dans l'article qu'il a publié l'année précédente dans la revue Politique, sous le même titre et sous le pseudonyme de Claude Leblond. Cet article avait été précédé de . Charles Blondel sera un collaborateur régulier de Politique, cf. encore ., à la nécessité de doter les fonctionnaires d'un statut. Sous le même pseudonyme il est, à partir de 1933, un éditorialiste régulier dans l'Aube et cosigne l'appel publié, à la suite du bombardement de Guernica, par La Croix le .

Lorsque, portée par l'élan du Front populaire, la CFTC en vient à craindre que son succès ne suscite des réactions politiques, il met ses compétences de maître des requêtes au Conseil d'État à son service pour surveiller ce qui, dans la législation en chantier, pourrait la mettre en danger. En 1938 il collabore avec Georges Bidault pour la rédaction de la brochure Aux hommes de notre esprit, qui accompagne le lancement des Nouvelles Équipes Françaises, et prône au mois d' , attitude qui lui vaut d'être salué par Emmanuel Mounier comme . En 1942 il remet au cardinal Suhard un rapport démontrant que le gouvernement de Vichy n'était plus libre depuis l'été 1940.

Bien que, sous l'autorité du CNR, Jacques Fonlupt-Espéraber eût été désigné, en 1943, préfet régional à Strasbourg, en c'est Charles Blondel que le GPRF choisit pour exercer les fonctions de commissaire régional de la République pour les départements du Haut et du Bas-Rhin (dont Fonlupt et Haelling deviennent respectivement préfets). À Strasbourg (libérée le ), Blondel répond diplomatiquement aux FFI locaux qui se plaignent de la nomination de chargés de mission : Toutefois, avant même la libération de Strasbourg, il a remis au gouvernement une note appelant à traiter l'Alsace avec , en particulier en respectant, car il n'est pas antinomique de son attachement à la France, son caractère de . Charles Blondel ne reste cependant commissaire régional de la République que jusqu'au , date à laquelle il est remplacé par Émile Bollaert.

Après la guerre, en plus de ses charges officielles au Conseil d'État, au conseil supérieur de la fonction publique (de 1948 à 1963)Cf. décrets successifs de nomination au CSFP des , , , et ., puis à l'Ordre des médecins, il continue à travailler à l'organisation de l'action sociale, présidant et animant l'Union nationale des secrétariats sociaux et jouant un rôle central dans la fondation de l'UNIOPSS. Il préside le Conseil supérieur des entreprises de presse, la commission qui statue sur l'emploi obligatoire des mutilés de guerre, le comité d'organisation de l'enseignement de l'École des surintendants du service social. Il est, en 1946, président de section à la Commission supérieure chargée de déterminer le salaire minimum vital. Sous la République il est aussi l'un des sept membres désignés par l'Assemblée nationale, à chacune de ses sessions annuellesVoir par exemple les nominations de 1947 et 1951 respectivement en et en ., pour siéger au Comité constitutionnelEmbryon de conseil constitutionnel sous la République, le Comité constitutionnel ne fut formellement saisi qu'une seule fois, en 1948, cf. & ..

En il cosigne avec, entre autres, Philippe Farine, Robert de Montvalon, Henri Théry et Marie-Dominique Chenu un .

Il avait épousé, à Paris le , Marie-Thérèse Bazire, fille aînée d'Henri BazireActe de mariage , arrondissement de Paris..

Décorations

Grand mémorial, registres matricules du département des Bouches-du-Rhône, bureau de recrutement de Digne, matricule 50px Médaille d'or de la mutualité

Liens externes

Références

Catégorie:Naissance en octobre 1895 Catégorie:Naissance dans la Côte-d'Or Catégorie:Conseiller d'État français Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1950 Catégorie:Décès en octobre 1975 Catégorie:Décès dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 79 ans Catégorie:Personnalité inhumée en Côte-d'Or