vignette|upright|Parc de centrales photovoltaïques de la Colle des Mées, Les Mées (Alpes-de-Haute-Provence). L'énergie solaire en France est constituée des trois filières photovoltaïque, solaire thermique et solaire thermodynamique à concentration. Depuis les années 2010, leur développement est rapide et dominé par le photovoltaïque.
La filière photovoltaïque, au départ limitée à des niches telles que l'alimentation électrique de sites isolés, a pris progressivement son envol au cours des années 2000 grâce à la mise en place de subventions sous la forme de tarifs d'achat très supérieurs aux prix de marché, mais s'en rapprochant progressivement. Elle fournissait 6,0 % de la production métropolitaine d'électricité en 2025 et couvrait en moyenne 7,5 % de la consommation d'électricité.
La France se situait en 2024 au des producteurs européens d'électricité photovoltaïque avec 8,2 % de la production de l'Union européenne (UE), derrière l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie, et au mondial (1,1 % de la production mondiale).
La puissance installée photovoltaïque a progressé de 24 % en 2025 ; elle est concentrée en 2022 à 68 % dans les quatre régions les plus méridionales ; elle se situe en 2024 au européen (8,1 % du parc européen), derrière l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie ; mais en termes de puissance installée par habitant, elle se trouve reléguée en 2024 au , à 53,3 % seulement de la moyenne de l'UE. En termes de marché (installations annuelles), la France s'est située en 2024 au européen (8,4 % du marché de l'UE) derrière l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie.
L'autoconsommation d'électricité photovoltaïque se développe, avec produisant une partie de leur électricité fin 2023 ; 3 à 4 % des maisons sont équipées, contre 15 % en Allemagne et 30 % aux Pays-Bas.
La filière solaire thermique est en 2021 au européen, mais en surface de capteurs par habitant la France n'arrive qu'au européen ; la filière a fourni 0,7 % de la production d'énergie renouvelable française en 2020.
La filière solaire thermodynamique à concentration est, malgré quelques réalisations de taille modeste dans le sud de la France, surtout tournée vers l'exportation : quelques grandes entreprises telles qu'Areva Solar, Alstom et Total ont signé des contrats importants aux États-Unis, en Inde, à Abu Dhabi et en Australie.
Potentiel solaire de la France vignette|Carte de la radiation solaire en France. L'irradiation solaire annuelle globale horizontale (IGH) en France est en moyenne de ; cette moyenne annuelle varie de en Provence-Alpes-Côte d'Azur à en Nord-Pas-de-Calais ; l'irradiation mensuelle moyenne est importante sur la période avril-septembre, maximale en juin-juillet et minimale de novembre à février ; l'irradiation de juillet () est supérieure à celle de décembre () ; la volatilité inter-annuelle de cette irradiation, mesurée par son écart type sur 2004-2012, est de 2,2 % en moyenne, avec un maximum en Alsace et Franche-Comté (3,6 %) et un minimum en Île-de-France à 1,8 % ; les régions méditerranéennes ont également de faibles volatilitésGisement solaire en France : Caractéristiques de la ressource énergétique, profil de répartition et volatilité , ACOFI, septembre 2013..
L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) a répertorié en 2019 et parkings aménageables, les premières représentant 93 % des de ce potentiel. Pour comparaison, les toitures représentent un potentiel de et la puissance installée dans le pays la même année était de . Le potentiel le plus important se trouve près de zones urbaines, particulièrement en Île-de-France et en Gironde. Les sites les plus nombreux dans l'inventaire identifié sont, par ordre décroissant, les dépôts d'hydrocarbures, les terrains désaffectés ayant abrité des activités commerciales, artisanales ou d'industrie mécanique, et les anciens dépôts de déchets. Ces sites sont souvent de faible capacité (de ), mais très nombreux et bien répartis géographiquement. Parmi les initialement considérés, ont été écartés les terrains militaires, les friches agricoles, les sites pollués et ceux soumis à des contraintes comme la proximité d'un monument historique ou d'un aérodrome, les zones inondables, ou les aires naturelles protégées..
Dans le cadre de la révision de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) en 2018, le centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) évalue à le potentiel photovoltaïque mobilisable au sol ou sur des parkings dans la moitié sud de la France. Il prend en compte des terrains militaires que l'Armée estime à plusieurs milliers d'hectares et de nombreuses friches industrielles et agricoles. La SNCF recense ses anciennes gares de triage et bases de travaux et a lancé fin 2017 une étude d'opportunité pour produire et auto-consommer là où ce sera pertinentÉnergies vertes : Chasseurs de vent (et de soleil), Les Échos, 25 juin 2018..
Place du solaire dans le bilan énergétique français
Les trois modes d'utilisation de l'énergie solaire contribuent au bilan énergétique français : le solaire thermique (utilisation directe de la chaleur solaire) a produit 0,7 % de la production d'énergie renouvelable en 2020Bilan énergétique de la France pour 2020, Commissariat général au développement durable, janvier 2022, page 35. ; le solaire photovoltaïque a fourni 3 % de la production nationale d'électricité en 2021Production totale. et a couvert 3,1 % de la consommation nationaleSolaire. ; le solaire thermodynamique à concentration n'a qu'une contribution marginale.
Solaire thermique
Le solaire thermique comprend les chauffe-eau solaires individuels (CESI), les chauffe-eau solaires combinés (CESC) et les systèmes solaires dans le collectif et le tertiaire (SSC).
En 2021, le marché des capteurs solaires thermiques en France est estimé à (dont dans les DOM) contre en 2020, dont dans les DOM ; cette surface équivaut à une puissance de ( en 2020) ; la France s'est placée au européen, loin derrière l'Allemagne (). Le parc cumulé atteint fin 2021 (), au européen (Allemagne : ) ; avec de capteur par habitant, la France se situe au européen ; la moyenne européenne est de EurObserv'ER Baromètres solaire thermique et thermodynamique 2022, juillet 2022..
La France se classe, sans les DOM, au mondial des pays producteurs de chaleur d'origine solaire : fin 2020, la puissance installée cumulée des capteurs solaires thermiques en France (hors DOM) atteignait , soit (millions de mètres carrés) de capteurs, ce qui représente 0,4 % du total mondial ; à cela s'ajoutent les DOM ( en 2015) ; la puissance solaire thermique par habitant est seulement de en 2020 en métropole et dans les DOM, contre en Israël, en Autriche, en Grèce et en Allemagne. Les installations de 2020 (hors DOM) se sont limitées à en métropole () et dans les DOM (), contre en Allemagne Solar Heat Worldwide 2022 (voir pages 34 à 47), Agence internationale de l'énergie, Solar Heating and Cooling Programme, mai 2022 ..
Le marché français a connu une forte hausse en 2021 : +18,9 %, surtout grâce aux départements d'outre-mer, qui représentent plus de la moitié du marché français ; le marché métropolitain a progressé de 16 % avec , après huit années de baisses consécutives. Il profite de la mise en service de quatre réseaux de chaleur solaires (Narbonne, Pons, Creutzwald et Cadaujac, pour une surface totale de capteurs de ), portant à huit le nombre de ces réseaux en France, ainsi que du plus grand projet européen de chaleur solaire industrielle : la centrale de la société Kyotherm à Issoudun ( de capteurs), qui fournit sa chaleur à une usine de séchage de malt ; un autre projet () est en cours près de Verdun. Le plan REPowerEU lancé par l'Union européenne prévoit un triplement de la demande d'énergie couverte par la chaleur solaire d'ici 2030.
Photovoltaïque
Production d'électricité
En 2025, selon RTE, la production d'électricité solaire photovoltaïque en métropole s'est élevée à , soit 6,0 % de la production totale., en progression de 32,7 % par rapport à 2024. La production photovoltaïque a permis de couvrir 7,5 % de la consommation électrique française en 2025..
Selon EurObserv'ER, la France se situait en 2024 au des producteurs d'électricité photovoltaïque de l'Union européenne avec (DOM inclus), soit 8,2 % de la production de l'UE, derrière l'Allemagne (25,0 %), l'Espagne (18,1 %) et l'Italie (12,1 %) Baromètre Photovoltaïque 2025, EurObserv'ER, 29 avril 2025..
Selon l'Agence internationale de l'énergie, la production d'électricité d'origine solaire (France entière) s'est élevée en 2024 à (+8,2 %), soit 4,1 % de la production totale d'électricité du pays Energy Statistics Data Browser - Electricity generation by source, France, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..
Au niveau mondial, la France se classait en 2024 au , représentant 1,1 % de la production photovoltaïque mondiale, loin derrière la Chine (39,7 %), les États-Unis (12,9 %) et l'Inde (6,5 %)..
L'Agence internationale de l'énergie estime la pénétration théorique du solaire photovoltaïque en France fin 2024 à 7,3 % de la production totale d'électricité ; cette estimation est basée sur la puissance installée au , donc supérieure à la production réelle de l'année. La France se classe au mondial selon ce critère, très loin derrière la Grèce, au (27,9 %), les Pays-Bas (25,5 %), l'Espagne (24 %) ; l'Allemagne (19,8 %) est au , l'Italie (13,6 %) au et la Chine (13,1 %) au ; la moyenne de l'Union européenne est de 14 %.
+ Production d'électricité photovoltaïque en France Année Production (GWh) Accroissement Part dans laproduction bruted'électricité 2008 42 0,007 % 2009 174 +314 % 0,03 % 2010 620 +256 % 0,11 % 2011 +276 % 0,4 % 2012 +90 % 0,8 % 2013 +17 % 0,9 % 2014 +23 % 1,1 % 2015 +21 % 1,3 % 2016 +11,7 % 1,5 % 2017 +10,7 % 1,7 % 2018 +12,7 % 1,9 % 2019 +12,6 % 2,1 % 2020 +8,4 % 2,5 % 2021 +16,4 % 2,8 % 2022 +27,8 % 4,1 % 2023 +11,2 % 4,2 % 2024 +8,2 % 4,1 %
En 2024, selon RTE, la production d'électricité solaire photovoltaïque en métropole s'est élevée à , soit 4,6 % de la production totale, en progression de 10 % par rapport à 2023 (), alors que 2024 a été l’année la moins ensoleillée que la France a connue depuis près de trente ans. La production photovoltaïque a permis de couvrir 5,7 % de la consommation électrique française en 2024..
En 2023, selon RTE, la production photovoltaïque en métropole s'est élevée à , soit 4,3 % de la production totale, en progression de 16 % par rapport à 2022 (), l'ensoleillement ayant été conforme aux normalesBilan électrique 2023 - Solaire, RTE, ..
La France se situait en 2023 au des producteurs d'électricité photovoltaïque de l'Union européenne avec (DOM inclus), soit 9,5 % de la production de l'UE, derrière l'Allemagne (25,1 %), l'Espagne (17,6 %) et l'Italie (12,6 %) Baromètre Photovoltaïque 2024, EurObserv'ER, 29 avril 2024..
En 2022, la production d'électricité solaire photovoltaïque en métropole s'est élevée à , soit 4,2 % de la production. La hausse de 30,6 % de cette production s'explique par l'augmentation du parc solaire installé et par un ensoleillement meilleur en 2022 qu'en 2021, ce qui a conduit à une amélioration du facteur de chargeBilan électrique 2022 : Production - Solaire, RTE, 16 février 2022..
La France se situait en 2022 au européen des producteurs d'électricité photovoltaïque de l'Union européenne avec (DOM inclus), soit 10,0 % de la production de l'UE, derrière l'Allemagne (29,6 %), l'Espagne (14,4 %) et l'Italie (13,7 %)Baromètre Photovoltaïque 2023 , EurObserv'ER, 4 mai 2023..
La production d'électricité solaire photovoltaïque en métropole s'est élevée en 2021 à (+13 %), soit 2,7 % de la production totale d'électricité de la métropole. Le solaire a couvert en moyenne 3,1 % de la consommationLa part dans la consommation est plus élevée que la part dans la production, du fait des exportations. en moyenne en 2021 contre 2,9 % en 2020 et 2,5 % en 2019.