La prononciation du français indique comment les phonèmes sont combinés dans la langue française. Cet article, qui fournit diverses informations sur la phonologie du français, montre tous les phonèmes habituels et possibles de cette langue en incluant des variétés régionales du français du Canada, de la Belgique et de la France.
Caractéristiques Parmi les caractéristiques phonologiques les plus remarquables de la prononciation de la langue française, figurent le son r uvulaire, la présence de voyelles nasales et l’existence de trois processus affectant le son final des mots :
la liaison, instance spécifique de sandhi où la consonne finale des mots n’est prononcée que si elle est suivie d’un mot commençant par une voyelle l’élision, où certaines occurrences de /ə/ (schwa) sont élidées (à la finale devant une voyelle initiale) l’enchaînement où la consonne finale d’un mot et l’initiale d’un mot peuvent être déplacées à travers la frontière syllabique :
Exemple des différents processus :
Écrit : « On a laissé la fenêtre ouverte. » En isolation : /ɔ̃ a lɛse la fənɛːtʁ uvɛʁt/ En contexte : [ɔ̃.na.lɛ.se.laf.nɛː.tʁu.vɛʁt]
Inventaire phonétique du français Le français standard possède 20 à 22 consonnes et 13 à 17 voyelles, selon la façon de compter.
Consonnes
BilabialeLabio-dentaleLabio-palataleLabio-vélaireDentaleAlvéolairePost-alvéolairePalataleVélaireUvulaireOcclusive p b t̪ d̪ k ɡ Nasale m n̪ Dans la prononciation actuelle, le phonème se distingue de moins en moins de . ŋLe phonème est apparu relativement récemment, avec l'emprunt de mots d'origine anglaise ou chinoise. Les Européens ont tendance à le prononcer , mais pas les Canadiens.Fricative f v s z (ʀ) Selon le locuteur, on observe les allophones: [ʁ], [ʁ̞], [χ], [ʀ], [ɣ], [r] ou [ɾ].Spirante w j Latérale l
Voyelles
AntérieureCentralePostérieureFermée i y uMi-fermée e ø oMoyenne əEn français de France, le phonème est plutôt arrondi, et il peut être souvent confondu avec le phonème , le mot , mais la distinction s'est maintenue en français québécois. Mi-ouverte ., mais elle reste maintenue en français du Nord, en français de Belgique et en français canadien. En français du Nord et de Belgique, la distinction ne porte que sur la longueur, mais en français canadien, le se diphtongue en ou en . . En français parisien moderne, se prononce , se prononce et se prononce . Voir le phénomène de « chain shift ». œ Dans la prononciation actuelle dans la moitié nord de la France, dont le français parisien moderne, tend à disparaître au profit de . La distinction s'est généralement conservée dans la moitié sud de la France, en Belgique et au Canada, où par exemple la paire minimale « brin » (/ɛ̃/) et « brun » (/œ̃/) reste bien distincte. La voyelle est souvent « désarrondie » et se rapproche du . Ouverte a La distinction entre et , comme dans les mots patte et pâte, tend à s'atténuer en France, mais elle reste nette en Belgique et au Canada.
Prononciation des graphèmes Consonnes b c ç ch d f g gn gu h j k l m, , , , , , , n ng p ph q qu r, rh s ss t, th v w x z, , , , , , , c vaut devant e, i, y (ainsi que devant æ dans certains cas tels que cæcum, ou devant œ dans certains cas tels que cœlacanthe, mais cela reste peu fréquent) ; ailleurs ; exceptionnellement /g/ (seconde, parfois zinc) ; g vaut devant e, i, y ; ailleurs ; gn vaut /ɡn/ dans des termes techniques latinisants : « igné » /iɡne/ ou /iɲe/, « cognat » /kɔɡna/, « pugnace » /pyɡnas/, « diagnostic » /djagnɔstik/ ; ailleurs ; h ne se prononce pas en français standard, mais peut, placé en début de mot, empêcher la liaison avec le mot précédent (h aspiré) comme dans « les hachures » (/le ʼaʃyʀ/ ou /le .aʃyʀ/), contrairement à « les heures » (/le‿zœʀ/, h muet) ; ou empêcher l'élision de l'article comme dans « le hibou » (/lɘ ibu/, parfois même : /lø ʼibu/), contrairement à « l'homme » (/lɔm/, h muet) ; dans certains cas, très rares, concernant des interjections exclamatives ou onomatopées le “h” se prononce un peu et est perceptible même en français standard comme dans « hop ! » : /hɔp/, parfois atténué en /’ɔp/. ; s vaut généralement entre deux voyelles comme dans « rose » (/ʀoz/, qui se dit /ʀɔzə/ en français méridional) ou « maison » (/mɛ.zɔ̃/ en français standard, et qui se dit /me.zɔŋ/ en français méridional) ; exception : « vraisemblable » → /vʀɛ.sɑ̃.blabl(ə)/, par exemple, peut-être parce que ce mot est un ancien composé de deux mots (« vrai » et « semblable ») et qu'en ce cas le “s” est en début de mot comme dans « sortir » (/sɔʀ.tiʀ/), valant . La lettre “s” se prononce donc partout ailleurs qu'entre deux voyelles comme dans « stage » (/staʒ/), « astre » (/astʀ/), ou si elle est doublée entre deux voyelles comme dans « essor » (/e.soʀ/) ; ti suivi d'une autre voyelle et non en début de mot se prononce parfois comme dans « attention » (/a.tɑ̃.sjɔ̃/) ; x peut aussi valoir seulement dans certains mots où il est suivi d'un “c” qui se prononce comme dans « excellent » (/ɛk.sɛ.lɑ̃/), « exciter » (/ɛk.si.te/), « exception » (/ɛk.sɛp.sjɔ̃/) (etc.). En revanche il garde sa valeur courante dans « excavation » (/ɛks.ka.vɑ.sjɔ̃/), puisqu'ici le “c” se prononce ; en général, les c, d, g, p, r, s, t, x et z finaux ne se prononcent pas, sauf en cas de liaison.
Voyelles asi ces lettres sont suivies du son /z/, elles sont prononcées fermées (comme avec un accent circonflexe) :
a : « case » /kɑz/ eu : « » /kʁøz/ o : « » /doz/âæaiain, aimsi ces lettres sont suivies de m, n, h ou d'une voyelle, alors le n ou le m se prononcent au lieu de changer le son de la voyelle précédente French Pronunciation Chartsan, amauaysi ces voyelles sont suivies d'une voyelle prononcée, elles deviennent des approximantes :
ay : « payer » /pɛje/ ou /peje/ mais « pays » /pɛi/ ou /pei/. On trouve également /aj/ dans « » /fajo/, « Himalaya » /imalaja/ et « mayonnaise » /majɔnɛz/, et /ɛ/ dans « » i : « ciel » /sjɛl/ mais « vie » /vi/, « » /sil/, « » /ɡi/ ou : « » /wi/ mais « nouille » /nuj/, « » /bu/, « » /fu/ oy : « royal » /ʁwajal/ u : « nuit » /nɥi/ mais « Nuillé » /nyje/, « » /fy/, « bu » /by//a/, /ɑ//ɑ//e//e/, /ɛ/, /ə//ɛ̃//ɑ̃//o/, /ɔ//ɛj/, /aj/, /ɛ/ e ê, è é eau ei ein, eim en, em eu /e/, /ə/, /ɛ/, /ø//ɛ//e//o//e/, /ɛ//ɛ̃//ɑ̃//ø/, /œ/ i ien, iem in, im /i/, /j//jɛ̃//ɛ̃/ o ô œ œu oi oin on, om ou oy/ɔ/, /o//o//œ/, /e//œ/, /ø//wa//wɛ̃//ɔ̃//u/, /w//waj/ u un, um, aun /y/, /ɥ//œ̃/ y yen yn, ym /i/, /j//jɛ̃//ɛ̃/
Cas particuliers : en France les sons valant soit /e/ soit /ɛ/ et ceux valant soit /o/ soit /ɔ/ sont par la plupart des locuteurs prononcé /e/ /o/ en syllabes ouvertes et /ɛ/ /ɔ/ en syllabes fermées mais selon les régions de nombreuses exceptions subsistent : ai vaut : /e/ en fin de mot comme dans : « gai » /ɡe/, « (je) mangeai » /mɑ̃ʒe/ mais il y a beaucoup d’exceptions où on prononce /ɛ/ comme dans : « vrai » /vʁɛ/, « » /ʃɛ/, « balai » /balɛ/ etc. ou encore dans les formes verbales « sais », « vais » ou « sait »Dictionnaire des rimes orales et écrites, Larousse, 1986. Precis of French Pronunciation for Beginners , Walter V. Kaulfers, The French Review, Vol. 11, No. 3 (Feb., 1938), Teaching French Pronunciation to Beginners, Henry L. Robinson, The Modern Language Journal, Vol. 32, No. 1 (Jan., 1948), . /ə/ par tout le monde dans certains cas : « faisan » /fəzɑ̃/, « faisant » /fəzɑ̃/, « faisons » /fəzɔ̃/, « faiseur » /fəzœʁ/, « faisable » /fəzabl/Centre national de ressources textuelles et lexicales : faire, faisable, faiseur. il existe de nombreuses variations de prononciations, dont voici quelques exemples : /e/ ou /ɛ/ dans « aigu », « aiguiser » et « aiguille »Centre national de ressources textuelles et lexicales : aigu, aiguiser, aiguille. /e/ en fin de verbe certains différencient la première personne du passé simple « je donnai » avec un /e/ et la première personne de l'imparfait « je donnais » avec un /ɛ/ alors que d'autres prononcent toujours /ɛ/ Language Guide: French pronunciation AI / AIS - French Pronunciation of AI and AIS, about.com. Certains auteurs parlent d'harmonie vocalique bien que cette notion n'existe pas habituellement en français pour expliquer la réalisation /e/ lorsque la voyelle de la syllabe suivante est /e/, par exemple : « baiser » /beze/ (/bɛze/ en langage soutenu)Centre national de ressources textuelles et lexicales : baiser mais « baise » /bɛz/. « affairer » /afeʁe/ (/afɛʁe/ en langage soutenu)Centre national de ressources textuelles et lexicales : affairer mais « affaire » /afɛʁ/. On se trouve en fait dans le cas général de l'opposition syllabe ouvertes/syllabes fermées.
au se prononce /o/ en syllabe ouverte comme dans « chaud », « aubade », « noyau » mais /ɔ/ dans « dinosaure », « paul » (la monnaie), « Paul » (le prénom masculin) ou « saur » (adjectif qui n'est guère usité que dans la locution « hareng saur »).
ign vaut : généralement /iɲ/ : « » /siɲ/, « » /liɲ/, « » /ɡiɲ/, « mignon » /miɲɔ̃/ dans le cas d'une voyelle suivie de ign, on peut considérer que seul le digramme gn indique /ɲ/ et que le i forme quant à lui un digramme avec la voyelle précédente : « Montaigne » /mɔ̃tɛɲ/ et non /mɔ̃taɲ/, « Soignes » /swaɲ/ et non pas /sɔɲ/. dans quelques cas archaïques le i fait partie du trigramme consonantique indiquant /ɲ/, utilisé auparavant en Ancien Français, après une voyelle : « oignon » /ɔɲɔ̃/, « Jodoigne » /ʒɔdɔɲ/. Pour une redéfinition de l'exemple lexicographique, R. WooldridgeLes exercices de français du CCMD, Pour le cas de « oignon », les Rectifications orthographiques du français en 1990 ont recommandé de remplacer le trigramme désuet ign par le digramme gn, ce qui donne l’orthographe « ognon ».
il vaut : /il/ presque toujours : « il » /il/, « » /fil/ /j/ après une voyelle : « ail » /aj/, « » /sœj/ attention toutefois à « » /fis/, « » /fyzi/, « » /ʒɑ̃ti/ et « outil » /uti/ à noter aussi que certains locuteurs prononcent « persil » /pɛʁsi/, « sourcil » /suʁsi/, etc.
ill vaut : /ij/ presque toujours: « » /bij/ (/il/ mais exceptionnellement : « » /mil/, « ville » /vil/ et « » /trɑ̃kil/) /j/ après une voyelle, sauf après u où il vaut /ij/ : « caille » /kaj/, « nouille » /nuj/, mais « cuillère » /kɥijɛʁ/
œ suivi ou non de u se prononce /ø/ ou /œ/ selon le schéma syllabes fermées/ouverte
Variantes dialectales En français de France Selon les accents régionaux, certaines paires de voyelles sont maintenant indifférenciées ou interchangeables : /ɛ/ et /ɛː/ (mettre/maître) (généralement homophones, mais le Nord conserve généralement la différence) /ɛ̃/ et /œ̃/ (brin/brun) (homophones dans la région parisienne, mais le Sud conserve généralement la différence) /a/ et /ɑ/ (patte/pâte) (généralement homophones, surtout dans le Sud) /ɔ/ et /o/ (cotte/côte ou pomme/paume) (homophones dans le Sud) /œ/ et /ø/ (jeune/jeûne) (homophones dans le Sud) /ø/ et /ə/ (deux/de) () /e/ et /ɛ/ (thé/taie) () Notamment, en français méridional, la distinction entre syllabe « fermée » (se terminant avec une coda en son-consonne) et syllabe « ouverte » (se terminant sans coda sur un son-voyelle) a une incidence beaucoup plus systématique qu'en français standard ou qu'en français septentrional sur la valeur phonétique des sons-voyelles du mot : ainsi, dans le Sud toutes les syllabes fermées donnent une valeur ouverte (/a/) ou mi-ouverte (/ɛ/, /ɔ/, /œ/) au son-voyelle du noyau syllabique : par exemple « rose » (monosyllabe fermé : [ʁoːz] en français du Nord avec un “o” fermé) se prononce avec un son mi-ouvert → [ʁɔz] dans le Sud. De même « case » se dit [kɑːz] dans le Nord et [kaz] dans le Sud, comme « jeûne » se dit [ʒøːn] dans le Nord, mais [ʒœn] dans le Midi.
En français québécois
Le /t/ et le /d/ suivis de [i] ou [ɪ] ou [j] ou [y] ou [ʏ] ou [ɥ] deviennent des consonnes affriquées (affrication). dix se prononce tuque se prononce