Bo Xilai (), né le à Dingxiang, dans la province du Shanxi, est un homme politique chinois. Il est un membre important de la classe dirigeante chinoise jusqu'à sa chute en et son exclusion du Comité central du Parti communiste chinois.

Il est, de à , ministre du Commerce du gouvernement de la république populaire de Chine (RPC) et, de à , chef du Parti communiste de la ville-province de Chongqing où il se rend populaire en 2009 par sa lutte virulente contre la mafia locale : plus de ont été mises en prison dont des directeurs de la police au plus haut niveau et 67 parrains. Ses politiques répondent au nom de « modèle de Chongqing ».

Son ascension politique s'interrompt brusquement début 2012 dans le cadre d'affaires financières et criminelles, incluant celle du meurtre de l'homme d'affaires britannique Neil Heywood, dans laquelle son épouse Gu Kailai est condamnée« Chine : des rumeurs plus justes que la propagande », Le Monde - 11 avril 2012., et des écoutes téléphoniques illégales de hauts dirigeants« Le dirigeant déchu Bo Xilai espionnait la hiérarchie du PCC », Le Monde - 26 avril 2012.. Il est démis de ses fonctions de chef du Parti communiste de Chongqing le , puis exclu du Comité central du PCC« Bo Xilai suspendu du bureau politique du Parti communiste » Le Monde - 10 avril 2012. le et emprisonné.

Biographie Jeunesse Ce prince rouge est le fils de Bo Yibo, l'un des huit immortels du Parti communiste chinois. Durant la révolution culturelle, sa mère se suicida (ou est poussée au suicide)Brice Pedroletti. Illustrations Anthony Zinonos , « Splendeurs et décadence. La saga des Borgia chinois » Le Monde, 29 juillet 2012.. Bo Xilai durant sa jeunesse fit partie du « comité d'action unie », l'une des factions les plus extrêmes des gardes rouges et surtout l'une des plus violentes. Il fera d'ailleurs plusieurs séjours en prison« L'affaire qui dévoile les luttes de clans en Chine », Le Monde.fr, 10 février 2012..

En 1977, il reprend des études, et est admis au département histoire de l'université de Pékin. Après avoir reçu un diplôme d'art, il reçoit une maîtrise en journalisme de l'Académie de sciences sociales de Pékin en 1982.

Évolution au sein du PCC Bo Xilai commencera à travailler en 1968, et ne rejoindra le Parti communiste chinois (PCC) qu'en . Bien qu'étant entré au PCC relativement tard, Bo s'y consacre ensuite entièrement. De 1982 à 1984, il travaille pour le département « Recherche » du secrétariat du Comité central du PCC.

Il part ensuite pour la province du Liaoning, où il passe une grande partie de sa carrière, évoluant à divers postes au sein du PCCBiographie officielle de Bo Xilai, sur China Vitae.. En , il devient maire de Dalian. D' à , il est nommé secrétaire du Comité du PCC de Dalian, avant d'être investi gouverneur de la province du Liaoning. Son ascension vers la gloire est marquée par ses fonctions en tant que maire de la plaque tournante économique côtière de Dalian, puis par sa nomination au poste de gouverneur du Liaoning. Bo cultive une image décontractée dans les médias, un abandon de la nature normalement guindée de la politique chinoise.

Selon l'avocat David Matas, Bo Xilai serait impliqué dans les prélèvements d'organes forcés sur des prisonniers membres du mouvement du Falun GongDavid Matas, Introduction de Organes de l’État : .

En , il devient membre du central du PCC. En 2007, il est nommé membre du politburo du central du PCC.

Durant son mandat à Chongqing de à , Bo s'est fait remarqué pour avoir mené une campagne contre le crime organisé, le rétablissement des programmes sociaux égalitaires pour la classe ouvrière de la ville, s'appuyant sur les deux chiffres de croissance du PIB, et pour avoir initié des campagnes « néomaoïstes » afin de restaurer l'époque de la révolution culturelle. La politique conservatrice et sociale de Bo Xilai a donné naissance à un nouvel achétype politique chinois nommé le "modèle de Chongqing". Cette rhétorique populiste et les réalisations de son « modèle de Chongqing » font de lui le leader de la nouvelle gauche chinoise déçue par les réformes du marché économique du pays et par l'écart de richesse croissant. Usant de ses soutiens, il cherche ouvertement (ce qui ne se fait pas habituellement) à être promu dans le Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois et qui doit être renouvelé lors du Congrès national du Parti communiste chinois en automne 2012Stéphanie Balme, « L'affaire Bo Xilai », émission Le Bien Commun sur France Culture, 6 septembre 2012..

Ministère du Commerce En , il est nommé ministre du Commerce de la république populaire de Chine. Il a ainsi la tâche de guider la Chine, puissance commerciale montante, dans le jeu économico-diplomatique de l'économie globalisée. À la suite de son accession à l'OMC en 2001, la Chine a obtenu la fin des barrières douanières, en ce qui concerne l'exportation de produits textiles manufacturés, au .

Face à la forte progression des importations qui, selon eux, menace l'industrie textile locale, l'Union européenne et les États-Unis ont rapidement réagi en instaurant temporairement des quotas limitant la quantité de vêtements chinois autorisée à rentrer sur leurs territoires. S'ensuivit une série de négociations bilatérales entre les représentants des deux puissances occidentales et le ministère de Bo Xilai.

Néo-maoïsme En tant que Secrétaire du Parti de Chongqinq, Bo Xilai fait revivre « l'idéal révolutionnaire » de Mao Zedong en engageant une campagne de propagande avec des slogans et des « chants rouges » patriotiques« Chine : le Parti communiste limoge le maoïste Bo Xilai », Radio Canada, 15 mars 2012..

Pour l'universitaire Willy Lam, le renouveau du maoïsme en Chine commence en 2008 et culmine le lors du de la création du PCC. L’épicentre de la revitalisation des normes maoïstes se situe dans la municipalité de Chongqing, avec Bo Xilai à sa tête depuis 2007. Des statues de Mao sont alors remises en place dans les bureaux du gouvernement local, les usines et les universités alors qu’elles avaient été retirées en 1978. Une statue de sept étages de Mao fut édifiée dans le quartier des universitésWilly Lam, « Le renouveau maoïste et le virage conservateur dans la politique chinoise », Perspectives chinoises [en ligne], 2012/2 | mis en ligne le 30 juin 2012, consulté le 25 août 2013..

En , lors du procès de Bo pour corruption, ses partisans ont manifesté en brandissant des portraits de Mao Zedong« À son procès, Bo Xilai nie une des charges pesant contre lui » Le Monde - 22 août 2013..

Chute politique La fortune politique de Bo Xilai connaît un tournant abrupt début 2012 avec l', dans lequel son premier lieutenant, vice-maire de la ville et chef de la police, aurait demandé l'asile à un consulat des États-Unis, après avoir découvert l'implication de l'épouse du dirigeant, Gu Kailai, dans le meurtre d'un consultant britannique, Neil Heywood, en « Pékin veut en finir avec Bo Xilai », Le Figaro - 27 juillet 2012..

En avril de la même année, il apparaît que Bo Xilai aurait recouru à des écoutes de haut-dirigeants du Parti communiste, incluant le président Hu Jintao"Ousted Chinese Leader Is Said to Have Spied on Other Top Officials", New York Times - 26 avril 2012..

Dans le cadre de cette affaire, Bo est démis de ses fonctions du parti de Chongqing en « Chine : Bo Xilai, la chute d'un prétendant au pouvoir », Le Figaro - 15 mars 2012., puis le exclu du Comité central du PCC« Bo Xilai exclu du Parti communiste chinois », Arnaud de La Grange, Le Figaro - 10 avril 2012., et son épouse Gu Kailai mise en garde à vue« Gu Kailai, chute de la « Jackie Kennedy » chinoise », L'Express - 13 avril 2012..

Gu Kailai a été condamnée à la peine de mort avec sursis le « La femme de Bo Xilai a été condamnée à la peine de mort avec sursis le 20/08/12 », Le Nouvel Observateur - 20 août 2012..

Procès et condamnation

Le procès de Bo Xilai s'ouvre le à Jinan, capitale de la province chinoise de Shandong« Le procès très orchestré de Bo Xilai, le « prince rouge » déchu », Le Monde - 22 août 2013., loin des villes où Bo Xilai a eu des responsabilités, avec comme accusation « corruption, détournement de fonds et abus de pouvoir ». Bo Xilai est le dirigeant le plus haut placé à comparaître devant la justice depuis 1980 avec le procès de la bande des Quatre et de Jiang Qing, la veuve de Mao Zedong« L'ex-« prince rouge » Bo Xilai conteste les accusations portées à son encontre », France 24 - 22 août 2013..

La défense de Bo Xilai a été désignée d'office« L'ex-prince rouge Bo Xilai à la barre : un procès phare en Chine », Nord litoral - 21 août 2013.. Li Xiaolin, un avocat proche de la famille, constate qu'il n'a pas été choisi pour assurer la défense de Bo. Selon lui, les avocats désignés (Wang Zhaofeng et Li Guifang du cabinet Deheng) se sont certainement mis d’accord avec les autorités chinoises au préalable« Procès Bo Xilai, la transparence du secret » RFI - août 2013.. Les journalistes étrangers n'ont pas été admis dans la salle d'audience du tribunal.

Son fils, Bo Guagua, affirme être sans nouvelle de ses parents depuis 18 mois et espère « que lors de son procès mon père se verra offrir la possibilité de répondre à ses détracteurs et de se défendre lui-même sans entraves d’aucune sorte »« Chine : le fils de Bo Xilai dit être sans nouvelle de ses parents », Libération - 20 août 2013..

Le sinologue David Goodman (université de Sydney), considère que le verdict a dû faire l’objet de tractations en coulisses« Chine : le procès du dirigeant déchu Bo Xilai s’ouvrira jeudi », Libération - 18 août 2013..

Le procès a permis de découvrir le dispositif conçu pour financer les études du fils de Bo Xilai à l'étrangerPierre Haski, « Procès Bo Xilai : sept personnages pour un Dallas post maoïste », Rue89.. Le corrupteur est le milliardaire chinois Xu Ming arrêté peu après le limogeage de Bo« L’étoile déchue du PC chinois contre-attaque à son procès », Le Temps - 24 août 2013.. Xu aurait aussi financé une villa à Cannes où était domiciliée la société Résidences Fontaine Saint Georges« Chine : Bo Xilai dément tout lien avec une luxueuse villa à Cannes », La Libre.be - 22 août 2013. créée en 2001 et propriétaire de la villa.

Le verdict est rendu public le , Bo Xilai est condamné à la prison à vie, ses droits politiques sont supprimés et ses biens seront saisis« Chine : le Parti choisit la prison à vie pour le Prince rouge Bo Xilai » Nicholas Bequelin, Rue89 - 22 septembre 2013.. Il déclare ensuite qu'il compte faire appel de cette décision« L'ex-dirigeant chinois Bo Xilai va faire appel de sa condamnation », liberation.fr - 23 septembre 2013..

Bo Xilai a refusé cette condamnation et a interjeté appel. La justice a accepté d'étudier l'appel du condamnéAFP, « Chine : la justice va examiner l'appel de l'ex-dirigeant de Bo Xilai », Libération - 9 octobre 2013., puis le , le tribunal rejette la demande de Bo Xilai et confirme la condamnation« La Chine condamne définitivement Bo Xilai », Libération - 25 octobre 2013.. Bo Xilai purge sa peine dans la prison de Qincheng, une installation réservée aux « élites » et disposant d'un grand confortPatrick Saint-Paul, « Une prison cinq étoiles à vie pour Bo Xilai », Le Figaro - samedi 26 / dimanche 27 octobre 2013, page 7.. Sa femme, Gu Kailai, purge aussi sa peine dans une « prison de luxe »« Chine : images inédites de la prison de luxe de l'épouse de Bo Xilai », Asialyst (source South China Morning Post) - avril 2016..

Par le biais de l'agence Chine nouvelle, en , en pleine crise du Coronavirus en Chine, il critique la gestion de la pandémie dans la province du Hubei, et laisse entendre par la même occasion que sa disgrâce ne pourrait être que provisoire, et qu'il pourrait revenir à l'un des postes clés du régime, pour gérer l'économie, ainsi que le commerce extérieur, et gérer ainsi la crise économique en Chine liée aux conséquences désastreuses du virus sur le secteur économique.

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