La sonnerie de bassin est une pratique musicale traditionnelle bretonne de Haute-Bretagne.

Elle consiste à faire résonner une bassine de cuivre à l'aide de brins de jonc tendus et frottés entre les doigts. Cette activité est généralement pratiqué au solstice d'été.

En 2014, le ministère de la culture a inscrit la pratique à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France.

Description Aire géographique En 1948, l'ethnologue Arnold Van Gennep a mené une enquêteArnold Van Gennep, «Le chaudron sonore de la Saint-Jean en Bretagne et en Vendée», Nouvelle Revue de Bretagne, janvier-février 1948] cherchant à déterminer l'aire géographique de pratique de la sonnerie de bassin. La carte qu'il en a tirée décrit une zone comprenant la Bretagne, la Vendée et quelques localités d'Anjou. Roland Becker et Laure Le Gurun, qui ont publié une étude fouillée sur le sujet en 2023Roland Becker et Laure Le Gurun, Sonnerie de bassin, un intrigant rituel du solstice, Stéphane Batigne éditeur, 2023 , identifient surtout la Haute-Bretagne, plus particulièrement le pays de Redon, le pays de Questembert et le pays de Fougères, comme le cœur de la pratique, même si d'autres zones en Haute et en Basse-Bretagne sont aussi concernées.

Dénominations Pratique traditionnelle et populaire assez peu documentée, la sonnerie de bassin porte de nombreux noms vernaculaires, y compris en gallo, poitevin et breton, souvent sous la forme de locutions verbales, parmi lesquelles : tirer les joncs, faire brinder les poêles, faire bromer la pônne, traire la chèvre (goro ar c'houar), faire bérouer les joncs, etc.

Historique La plus ancienne trace écrite connue concernant la sonnerie de bassin est un manuscrit de l'historien Armand-Louis-Bon Maudet de Penhouët (1764-1839), datant de 1800 environ, redécouvert par Gustave de Closmadeuc et réédité dans le Bulletin de la Société polymathique du Morbihan en 1888. Maudet de Penhouët écrit ceci :

Matériel La sonnerie de bassin utilise plusieurs éléments matériels : un trépied métallique un bassin de cuivre posé sur le trépied (un bassin sans anses et non un chaudron) de l'eau au fond du bassin des objets métalliques au fond du bassin (clés, pièces de monnaie) des brins de jonc cueillis récemment

Temporalité La sonnerie de bassin est étroitement associée aux célébrations du solstice d'été, d'origine païenne et christianisées sous le nom de . On tire le plus souvent les joncs le au soir, au moment où est allumé le feu de la Saint-Jean.

Production des sons Le bassin étant posé sur un trépied, avec un peu d'eau et quelques objets métalliques dans le fond, quelques brins de joncs sont tendus par une personne agenouillée d'un côté du bassin. Une autre personne, debout ou agenouillée de l'autre côté, saisit les brins de jonc de ses doigts mouillés et les frotte en tirant alternativement avec une main puis avec l'autre, dans un mouvement qui rappelle la traite à la main. La vibration des brins de jonc se traduit peu à peu par l'émission d'un son monocorde, continu, évoquant celui d'un bourdon, qui s'entend à plusieurs kilomètres de distance. Le son de la sonnerie de bassin s'apparente à celui des bols tibétains.

Références

Liens externes Démonstration de sonnerie de bassin (vidéo)

Bibliographie Roland Becker et Laure Le Gurun, Sonnerie de bassin, un intrigant rituel du solstice, Stéphane Batigne éditeur, 2023

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