Jean-Max Albert, est un peintre, sculpteur, écrivain et musicien français né le à Loches. Il a publié des ouvrages théoriques, des livres d’artiste, un recueil de poème et des romans inspirés par la physique quantique. Jean-Max Albert a poursuivi les théories initiées par Paul Klee et Edgar Varèse portant sur la transposition de structures musicales dans le domaine visuel. Il a réalisé des interventions en milieu public et des sculptures végétales apparentées aux mouvements : Environmental sculpture, Site-specific art et Generative art.
Biographie
Jean-Max Albert est né le à Loches, Indre et Loire, fils unique de Louis Georges Albert et Edith Albert (née Garand). Son père était officier de marine et ingénieur. Dès son enfance, il pratique la peinture et la musique. À l'occasion des vacances chez grand-mère voisine d'une entreprise de charpenterie, il s'intéresse au travail des ouvriers et particulièrement aux tracés utilisés pour indiquer les angles d'assemblages et les traits de scies selon une technique — l' art du trait de charpenterie — qui, avec Monge au , fonda la géométrie descriptive. Cela inspirera plus tard pour ses constructions en treillage et la série Dessin du charpentierFrançois Lamarre, « Jean-Max Albert illusioniste éclectique », L’empreinte, , décembre 1994..
Albert étudie à l’École régionale des beaux-arts d'Angers puis à l’École des beaux-arts de Paris, c'est un visiteur assidu du musée du Louvre. Il découvre Claude-Nicolas Ledoux, Louis Kahn, Carlo Scarpa…(1958-1964). Dans le même temps, trompettiste du quintette Henri Texier, Alain Tabarnouval, il participe aux débuts du free jazz en EuropeSous la direction de Philippe Carles, Jean-Louis Comolli et André Clergeat, Dictionnaire du jazz, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1994..
En 1975, il initie l'exposition de groupe « Serres »Michel Cosnil-Lacoste, « Cimaises en rase campagne », Le Monde, 7 juillet 1975.. organisée dans les établissements horticoles François à Magny-en-Vexin. Le sculpteur Mark di Suvero l’invite pour un séjour à New York. Nombreux séjours aux États-Unis, conférences et workshops à University of Kentucky et l'Art Center College of Design, Pasadena, Californie. Il est artiste associé à la création de Miller House (atelier Wylde-Oubrerie) Lexington, USAJosé Oubrerie, « Miller House », GA, , Juillet 1992.. Il voyage en Europe, en Afrique du Nord, au Moyen-OrientRéalisation pour le centre culturel français de Damas, 1986.. De 1978 à 1986, Albert travaille comme graphiste pour des éditions scientifiques. Cette expérience influencera sa relation au sujet..
À partir de 1981, Albert et sa seconde épouse Sara Holt collaboreront sur différentes réalisations en milieu public et expositionsBruno Suner, « Relier ciel et ville », Urbanisme, , 1987Carole Naggar, Lumen poème, Centre Régional d'Art Contemporain, Rosny-sur-Seine, 1984Jean-Louis Pradel, Lumen de Sara Holt et Jean-Max Albert, L'Événement du jeudi, 8 novembre 1984https://www.mercieretassocies.com/img/sarah-holt-2018/octobre_2018.pdf. Ils se lient avec des artistes comme Meret Oppenheim, Piotr Kowalski, Joan MitchellPatricia Albers, Joan Mitchell : Lady Painter, A life, Knof, 2011.. Ils participent aux travaux et collaborent aux publications de l’association Ars Technica (liée)à la Cité des Sciences et de l'Industrie qui réunit des artistes et des scientifiques : Jean-Marc Levy-Leblond, Piotr Kowalski, Claude Faure, Piero Gilardi, Jean-Claude MocikArsMeteo http://www.arsmeteo.org/arsmeteo/main.php?page=evento&id=107&height=640&width=800. Albert cofonde avec Jean-Claude Mocik le projet Midi-Pile débuté en 1994...
Œuvre Albert recours à différentes disciplines, médias, style et techniques. Il a de nombreux échanges de vues avec des musiciens tels que György Ligeti, qui envisage une « musique statique », ou Steve Lacy, Barney Wilen, François TusquesJedediah Sklower, Free Jazz, la catastrophe féconde, L'Harmattan, Paris, 2006. au sujet des structures du jazz ou encore relatives aux remarques d'Edgar Varèse qui évoquait souvent la géométrie dans l’espace à propos de ses compositionsPhilippe Lalitte, « Rythme et espace chez Varèse », Filigrane (en ligne). À partir de ces entretiens et de son expérience dans le domaine musical, il entreprend de poursuivre une réflexion initiée par Paul Klee et Edgar Varèse pour réaliser des constructions formelles en s'inspirant de structures musicales. Cela se traduira par la création de sculptures architecturales, comme Iapetus correspondant à la structure de Misterioso, une composition de Thelonious Monk ; par la construction en treillage métallique Ligeti (1993, réalisée pour le rectorat de Rouen) qui se réfère aux « surfaces sonores statiques » envisagées par le compositeur ; par le livre et l’exposition Thelonious Monk Architecte (2001) et par la réalisation, avec le pianiste et compositeur François Tusques d'une série de quatre-vingt films de court-métrage : Le tour du blues en ..
Peinture Image mentale et représentationpublié en 2018, étudie la relation sujet/style. L'essai s'appuie sur les travaux du Docteur Jean Philippe (1862-1931) l'image mentale, évolution et dissolutionL'image mentale, évolution et dissolution, Paris: Félix Alcan Éditeur, 1903.https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58069835/f85.item.texteImage, et la sémantique générale d'Alfred Korzybski : . Albert met de côté et reprend au fil des années les sujets qui l’occupent, son œuvre peint ne se prête pas une approche chronologique divisée en époques successives.
Treillage
C'est un entretien avec l’architecte Louis Kahn portant sur une comparaison de la relation de la peinture sur une toile avec celle de la végétation sur un support en treillage qui conduira Albert à visiter la tradition du treillage de jardin et l’architecture utopique du Jean-Louis Pradel, « Les monuments de treillage de Jean-Max Albert », Opus, , 1978.Hubert Beylier, Bénédicte Leclerc, Treillage de jardin du XIV au , Paris, Éditions du patrimoine, 2000, .. Des architectures végétales sont réalisées qui rejoignent le Land art et l’Architectural sculpture de Gordon Matta-Clark ou de Nils Udo, (ami et voisin de l’exposition Kunstlergarten au Wissenschaftszentrum de Bonn en 1979)Wolfgang Becker, Sculpture Nature, Bordeaux, Centre d'Arts Plastiques Contemporain, 1980.,Vicenza, hôtel de Sully à Paris en 1975; O=C=O du Parco d’Arte Vivente de Turin en 2007Jean-Max Albert O=C=O, Franco Torriani, Dalla Land arte alla bioarte, Hopefulmonster editore Torino, 2007, .Bruno Suner, « L'art du passage à Saint Nazaire », Urbanisme, , 1986.Jean-Paul Pigeat, Jean-Max Albert et Emilio Ambasz, « Le nymphée et la profondeur », Manuel des jardins de Chaumont, 1996.Dominique Richir, « Tuteurs Fabuleux », Opus, , octobre 1976.Françoise Very, Ce que les sculptures de Jean-Max Albert et Sara Holt donnent à voir de l’architecture = What Jean-Max Albert’s and Sara Holt’s sculptures show us of architecture.In Situ 32 | 2017 : Le collectif à l'œuvre. Collaborations entre architectes et plasticiens ()
Calmoduline Sur un autre plan que celui des structures musicales, il conçoit un projet tourné vers le monde végétal — en termes de processus biologique. Le projet Calmoduline MonumentJean-Max Albert, L'espace de profil, Les Éditions de La Villette, Paris, 1993, . (1991) s’appuie sur la propriété d’une protéine, la Calmoduline, à se lier sélectivement au calcium. Les contraintes physiques extérieures (vent, pluie, etc.) modifient le potentiel électrique des membranes cellulaires de la plante et, de ce fait, le flux de calcium. Or celui-ci contrôle l’expression du gène de la calmoduline : la plante peut ainsi, à partir de ce stimuli, modifier le plan de croissance « type » qu’elle contient. Le principe de base de cette sculpture monumentale est de capter, et de transposer dans la mesure du possible, le système d’information de la plante et de l’afficher à une large échelle. Un diagramme simplifié, formés de diodes, restitue le plan de croissance d’une plante (qui se développe sur la sculpture-treillage elle-même). Les variations qui interviennent in vivo font spectacle. Installé dans un lieu public, le dispositif suggère un niveau fondamental de l’activité biologique Intra-and Intercellular Communications in Plants, Millet & Greppin Editors, Paris, INRA, 1980, ..
Sculptures Bachelard
Au contraire des sculptures monumentales qui sont installées au sein d'un paysage ou d'un ensemble architectural, chacune des Sculptures de visées entend concentrer le paysage ou l’architecture environnante dans la sculpture elle-mêmeBruno Suner, « Les sculptures de visées du Parc de La Villette », Urbanisme, , 1986.. Lorsque l’on regarde par le viseur de la sculpture (une ouverture ou des cercles) un cadrage approximatif de l’espace se propose. En combinant les différentes perspectives, la petite sculpture, généralement en bronze, présente un résumé géométrique de l’espace indiqué. Elle forme, concentré, aggloméré en une sorte de noyau, un modèle géométrique d’un lieu et de son caractèreJardin-de-la-Treille, wikimapia...
Anamorphose Un carré pour un square, Cube fantôme et Reflet anamorphoseMatilde Marcolli Lumen Naturae The MIT Press, Cambridge, Massachusetts, 2020, p.54,56, sont trois réalisations selon le principe d’anamorphose tel que le décrit Matilde Marcolli : Avec un espace vectoriel inscrit dans un espace à trois dimensions dont les vecteurs ont trois coordonnées v = (x1, x2, x3), et une valeur λ, alors v = (x1, x2, x3) et le vecteur λv = (λx1, λx2, λx3) se situent sur la même ligne droite et représentent les mêmes points dans notre espace projectifMatilde Marcolli, The notion of Space in Mathematics through the lens of Modern Art, Century Books, Pasadena, July 2016.
La Non Bibliothèque
Projet au long cours, la Non Bibliothèque.. de Jean-Max Albert réunit un ensemble de livres imaginaires. Matérialisés dans le bois, chaque livre est orné d’une couverture illustrée et présente, en quatrième de couverture, des notes de lecture ou des critiques fictives. La Non Bibliothèque compte aujourd'hui une centaine de titreshttps://www.holt-albert-metamorphoses.com/Guide-librairie-Metamorphoses/Guide-Expo-Holt-Albert.pdf.
Galerie
Publications
Essais Poésie Théâtre Tuteurs Fabuleux, Paris, Éditions Speed, 1978. FRBNF34609833 Lithium Migrants, Paris, Éditions Cheval d’Attaque, 1981. Les nouveaux voyages du capitaine Cook, Angoulême, Éditions ACAPA, 1984. Thelonious Monk ArchitectPablo Duràn, « Monk visé par l'objectivité du réel », Aurora, , Éditions Impeccables, 1999., New York, Fleeting white Space, 2001. L'espace de profilMarseille, musée d’art contemporain, L'Espace de profil/ Space in Profile Space in profile/ L'espace de profil,Frédéric Mialet, Exercice sur le vide, D'A n° 45, mai 1994Florence Goyat, L’espace de profil = Space in Profile, de Jean-Max Albert. Critique d’art n° 3, avril 1994, Les Éditions de La Villette, Paris, 1993. La machine à laver le temps, (théâtre) La comète. Mise en scène de Miguel Borras, Théâtre des Cinquante, . Nos mains sous la neige, (théâtre) La comète. Mise en scène de Fabrice Scott donnée au théâtre du Trianon, Paris, ; théâtre Adyar, Paris, . Le tour du blues en , Paris, Sens & Tonka Éditeurs, 2005 Les Querpéens I, Emma Qun'q, Paris, Les Éditions du Quintelaud, 2009Béatrice Nodé-Langlois, "Les Querpéens" de Jean-Max Albert, La Critique parisienne, n°61, avril 2009. La caméra sans filmDerry O'Sullivan, Ceamara Jean-Max Albert, Dublin, An Guth, 2008.Derry O'Sullivan, Ceamara/Camera, Paris, Estepa Éditions, 2010., Paris, Sens & Tonka Éditeurs, 1994 Les Querpéens II, Ray Quernöck, Paris, Les Éditions du Quintelaud, 2012 Image mentale et représentation = Mental image and representation, Translation by Helen Arnold, Éditions Mercier & associés, Paris 2018
Articles « Soulages », Opus, , 1975. « De l'architecture transparente », Opus, , 1978. « De l'architecture transparente », Lotus international, , 1982..