LAbénaquise est une grosse frégate de de la marine royale, construite par René-Nicolas Levasseur à Québec. C'est l'un des rares bâtiments de guerre français du construits au Canada. Lancée en 1756, elle est perdue l'année suivante pendant la guerre de Sept Ans.

Sa construction et son armement

Le navire doit son nom à la tribu canadienne des Abénaquis. Alors que les bâtiments de ce type sont généralement achevés en moins d'un an, sa construction est assez longue puisque l’Abénaquise est mise sur cale en à Québec et n'est lancée qu'en .

Elle porte 8 canons de 18 livres et 28 canons de 12 livresJean-Michel Roche mentionne aussi deux canons de 6 livres, ce qui en fait un navire de 38 canons. Cet écart n’est pas expliqué, à moins que la puissance de ces pièces de petit calibre ne soit considérée comme négligeable. Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la Flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t.1, de 1671 à 1870, éditions LTP, 2005, p.2.. La présence de canons de 18 livres est exceptionnelle sur une frégate au milieu du , ce type d'armement étant normalement réservé aux vaisseaux de ligne type 74 canons. Les frégates françaises les mieux armées à cette époque portent du canon de 12 livres, et nombre d'entre elles, souvent anciennes, sont équipées de plus petits calibres. Avec cet armement, l’Abénaquise est donc proche du petit vaisseau de ligne souvent dit de « quatrième rang ».

Une courte carrière militaire L’Abénaquise est armée à Québec en avec l’équipage du Léopard. Son premier commandant est le capitaine Gabriel Pellegrin.. Pendant l’été, l’Abénaquise est envoyé à Louisbourg, sur l’Ile Royale, où elle arrive le . Le , le navire part pour Brest afin de rapatrier des soldats blessés au début de la guerre qui vient de reprendre avec l’Angleterre.

En 1757, elle repart pour Louisbourg sous le commandement du lieutenant de vaisseau Mac Carthy. Elle fait partie d’une petite escadre de quatre vaisseaux et deux frégates aux ordres du capitaine Joseph-François de Noble du Revest qui doit rallier le port de Louisbourg. Cette force quitte Toulon le et passe dans l’Atlantique le en repoussant six vaisseaux anglais qui veulent lui barrer la route à Gibraltar.. Elle arrive à Louisbourg le et se combine à deux autres escadres arrivées séparément. La traversée s'est faite très rapidement jusqu'à la Petite ferme sur la Côte de BeaupréGrâce au pilote Pellegrin, capitaine de port à Québec qui en était à sa quarante-deuxième traversée.. L’Abénaquise stationne pendant tout l’été à Louisbourg, intégrée à la puissante concentration navale de Dubois de La Motte qui défend la place.

Le , une violente tempête s'abat sur la région. Bien qu'à l'abri dans le port, elle heurte une roche et doit être mise en carène pour en vérifier la coque. Le , elle repart de Louisbourg pour la France mais elle est séparée de l’escadre par le mauvais temps. Le , elle est prise par le HMS Unicorn dans les atterrages de Brest. Elle est rebaptisée HMS Aurora et sa carène sert de modèle à deux types de frégates anglaises. Elle est démolie en . L’Abénaquise fait partie des cinquante-six frégates perdues par la France lors de la guerre de Sept AnsTrente-sept frégates prises par l'ennemi ; dix-neuf frégates brûlées ou perdues par naufrage. Chiffres donnés par .. Le bâtiment est parfois orthographié Abénakise.

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie

Articles connexes Histoire de la Nouvelle-France Histoire de la marine française sous Louis XV et Louis XVI Militaires de la Nouvelle-France Guerre de Sept Ans

Catégorie:Nom de bateau Catégorie:Vaisseau de 36 canons Catégorie:Frégate à voiles de la Marine française Catégorie:Navire de la flotte militaire d'Ancien Régime Catégorie:Nouvelle-France Catégorie:Bateau lancé en 1757 Catégorie:Navire construit au Canada Catégorie:Navire démoli en 1763