La démence précoce (Dementia praecox) ou démence juvénile est l'. En médecine, son histoire commence chez les aliénistes (Pinel et Esquirol) qui l'observent comme une forme de démence, susceptible d'apparaître notamment à l'adolescence. Le concept classique de la Dementia praecox est surtout développé par Emil Kraepelin dans son Manuel Psychiatrie (1883-1893). La « démence précoce » sera renommée « schizophrénie » par Eugen Bleuler en 1911.
Élaboration du concept au XIXe siècle La « démence précoce » est l', écrit Jérémie SinzelleJérémie Sinzelle, « Cent ans de démence précoce : grandeur et décadence d’une maladie de la volonté », L'information psychiatrique, Volume 95(2), 122-126, 2019, . Le concept en est construit d'après les travaux de l'aliéniste Philippe Pinel sur la démence. Esquirol observe ce genre de démence , et Morel forme l’expression « démence précoce » en 1852. Kahlbaum forge la catatonie et l’hébéphrénie, qui vont être ensuite redéfinies par Pick . Kraepelin développe la notion de Dementia praecox dans les différentes éditions de son Manuel Psychiatrie : ein Lehrbuch für Studierende und Ärzte (1883-1913), en y ajoutant des recherches ainsi que des statistiques, . Cette description considérée désormais comme « classique » sera renommée par Bleuler en schizophrénie.
Au début des années 1870 le psychiatre écossais (1840-1915) introduit le terme (folie des adolescents) pour décrire des états psychotiques à caractère familial affectant les jeunes hommes entre 18 and 24 ans et évoluant vers la démence dans un tiers des cas.
La forme latine (Dementia praecox) est utilisée pour la première fois en 1891 par Arnold Pick (1851–1924), neuropsychiatre allemand de l'université Charles de Prague, précise J. Hoenig..
vignette|redresse=1|alt=Texte imprimé.|Emil Kraepelin, Dementia praecox, 1899
Le travail de Kraepelin Les huit éditions du Traité de psychiatrie d'Emil Kraepelin, publiées de 1883 à 1915, sont , qui se nourrit de débats entre les écoles française et allemandeRégis Patouillard, « La schizophrénie : cent ans encore ? », La revue lacanienne, n° 10(2), 2011, , .. Régis Patouillard en retient la sixième édition de 1899, dans laquelle . L’école française va s'élever contre, en particulier Jules Séglas (1856-1939), Paul Sérieux (1864-1947) et Joseph Capgras (1873-1950).
Kraepelin prendra acte de ces critiques dans la huitième édition (1909-1915), en réduisant la catégorie des états paranoïdes, révision que l'école française adoptera.
Évolution moderne du concept Une authentique détérioration cognitive est constatée chez une proportion notable de patients schizophrènes, ayant comme caractéristique la réversibilité sous traitement neuroleptique, à la différence des états démentiels organiques auxquels est réservé le qualificatif de démences dans le vocabulaire médical contemporain.
Bibliographie
Alfred Binet, Théodore Simon, « Les démences », In : L'année psychologique, Mémoires originaux, 1909 vol. 16. (Démence précoce : chapitres V,VI, VII, ), www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_1909_num_16_1_3793, Régis Patouillard, « La schizophrénie : cent ans encore ? », La revue lacanienne, n° 10(2), 2011, , . Jérémie Sinzelle, « Automatisme et langage intérieur dans la démence précoce de Kraepelin », Journal français de psychiatrie, n° 45(1), , « Cent ans de démence précoce : grandeur et décadence d’une maladie de la volonté », L'information psychiatrique, Volume 95(2), 122-126, 2019,
Références
Voir aussi Démence Schizophrénie Schizophrénie#Psychanalyse Schizophrénie hébéphrénique
Catégorie:Ancienne théorie et pratique en psychiatrie Catégorie:Schizophrénie