Léglise Notre-Dame d'Orry-la-Ville est une église catholique paroissiale située à Orry-la-Ville, en France. Aucun document ne permet d'affirmer qu'Orry-la-Ville possédait une église au même endroit avant la construction de l'église actuelle, que l'analyse stylistique permet de situer entre 1160 et 1170 environ. Avant, il y avait déjà une chapelle dédiée à saint Rieul, près du cimetière, ainsi que l'église paroissiale du village de Géni, noyau historique de l'actuelle commune, qui s'est dépeuplé pendant la première moitié du . La suppression de sa paroisse par réunion à celle d'Orry-la-Ville en 1246 conduit en même temps à la naissance de celle de La Chapelle-en-Serval, ancienne dépendance d'Orry. — La sculpture et la modénature du chœur de l'église Notre-Dame montre une influence par la cathédrale Notre-Dame de Senlis, ce qui permet un rattachement à l'architecture gothique, alors que l'extérieur de l'abside en hémicycle est encore placé sous l'influence de l'architecture romane. La nef a été bâtie après le chœur, et était initialement non voûtée et dépourvue de bas-côtés. Le bas-côté sud a été ajouté au début du au plus tard. Par la suite, la nef a été voûtée d'ogives dans le style gothique flamboyant, et la chapelle de la Vierge, du même style, a été ajoutée au nord de la dernière travée de la nef et de la première travée du chœur. Le clocher ne date que du début du . Dans son ensemble, l'église Notre-Dame est un édifice modeste d'un aspect sobre, voire pauvre, les éléments sculptés se limitant au portail occidental et à l'intérieur du chœur. Dans sa simplicité, le chœur montre néanmoins une architecture de qualité des débuts de l'époque gothique. L'église a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du ., puis restaurée. Elle fait aujourd'hui partie de la paroisse du Saint-Esprit du Serval, et accueille toujours une messe dominicale hebdomadaire, qui a alternativement lieu le samedi soir ou le dimanche.

Localisation

L'église Notre-Dame est située en France, en région Hauts-de-France et au sud du département de l'Oise, aux confins de l'Île-de-France, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, au centre du bourg d'Orry-la-Ville, place de l'abbé Clin. C'est l'une des deux places principales de la ville, avec la place de la Libération (place du marché) situé à proximité. L'église est entièrement dégagée d'autres constructions, et l'on peut facilement en faire le tour. La mairie se trouve directement au nord de l'église. Devant la façade occidentale, aboutit la rue d'Hérivaux qui arrive depuis la gare de La Borne Blanche du RER D. Devant le chevet, passe la voie qui relie la RD 118 à la place de la Libération.

Histoire Les origines

Des écarts d'Orry-la-Ville, la grange et la tuilerie de Commelles, les hameaux de Géni et Montgrésin, ainsi que l'ancienne dépendance d'Orry-la-Ville, La Chapelle-en-Serval, ont été étudiés par des historiens, mais pour le chef-lieu, seul Louis Graves a donné un bref aperçu de son histoire en 1841. L'ouvrage de Jeannine Legrand sur l'histoire du village paru en 1996 n'est qu'un recueil de cartes postales anciennes avec commentaires, agrémenté de quelques anecdotes. Ce n'est pas un travail d'historienne.. Un article de Gabrielle Hiltmann rédigé en 2001 fournit une synthèse des publications du passé, mais ne livre aucun élément neuf concret, et n'évoque pas la paroisse et son église.. Louis Graves qualifie Orry-la-Ville de l'une des premières paroisses du diocèse de Senlis. L'existence ancienne d'une chapelle dédiée à Saint-Rieul, premier évêque de Senlis, près de l'actuel cimetière est un indice pour une évangélisation dès la fin de l'Antiquité. Le noyau historique d'Orry semble toutefois être le château seigneurial, qui se trouvait en dehors du village, probablement sur l'actuelle commune de La Chapelle-en-Serval. Le qualificatif « la Ville » est justement destiné à éviter la confusion avec le lieu d'implantation du château d'Orry..

Celui-ci pourrait correspondre à l'ancien village de Géni, qui a été abandonné sous la guerre de Cent Ans ; qui est plus ancien que le village de La Chapelle ; et dont la cure est mentionnée dans une charte de 1126. Cette dernière est citée par Gustave Macon et Ernest Dupuis, et indique que l'abbesse de l'abbaye Saint-Remi de Senlis présente à la cure de Géni. Le seigneur d'Orry-la-Ville étant le prieuré de Saint-Nicolas-d'Acy, près de Senlis, le château d'Orry ne joue apparemment plus aucun rôle, ou a même disparu, car il n'est jamais mentionné explicitement. Pendant la première moitié du , Géni est successivement abandonné à la faveur de La Chapelle-en-Serval, qui devient un village, puis une paroisse indépendante. En 1246, les revenus de la paroisse de Géni sont réunies à celle d'Orry-la-Ville, et La Chapelle-en-Serval est érigée en paroisse (si l'on peut prêter foi à Louis Graves, qui commet une étourderie en parlant du chapitre de Senlis en lieu et place de l'abbaye Saint-Remi). Réduit à un simple hameau, Géni disparaît sous la guerre de Cent Ans. Devant ces faits, on peut supposer que Géni est la paroisse-mère pour Orry-la-Ville et La Chapelle-en-Serval à la fois., et l'église Notre-Dame, que Dominique Vermand date des années 1160 / 1170 pour ses parties les plus anciennes., serait donc la première église à ce même emplacement. Le prieur de Saint-Nicolas-d'Acy présente à la cure ; une fois sur trois, il doit laisser ce privilège à l'abbesse de Saint-Rémi du temps de l'existence de cette abbaye. Les différents auteurs ne mentionnent pas le vocable précis de l'église, sachant que chaque église dédiée à Notre-Dame fait référence à l'une des fêtes religieuses liées à un événement dans la vie de la Vierge Marie. La paroisse utilise le vocable de la Nativité de Notre-Dame, correspondant à la fête patronale le .

La datation de l'église et les campagnes de construction vignette|Vue depuis le sud-est. vignette|Vue depuis le sud. vignette|Clé de voûte de la du chœur.

L'abside en hémicycle s'inscrit dans la tradition romane, et la forme arrondie s'explique par le voûtement en cul-de-four qui est introduit dans la région au dernier quart du , l'un des exemples les plus anciens conservés étant le chœur de l'église de Rhuis. En dépit de l'apparition précoce du voûtement d'ogives dans la région, avec une généralisation successive pour les parties orientales à partir de 1120 environVoir à ce sujet la publication fondamentale la plus récente ; ., des absides sont parfois encore voûtées en cul-de-four au milieu du ou peu après, comme à Béthisy-Saint-Pierre et Néry. Du temps du premier voûtement d'ogives, l'on privilégie les chevets plats, mais après le milieu du , les maîtres-maçons savent déjà appliquer les voûtes d'ogives sur des chevets en hémicycle, par le biais d'un plan à pans coupés appliqué à l'intérieur de l'abside seulement. Ce n'est donc qu'à l'extérieur que le chevet paraît arrondi. Le chevet de l'église Notre-Dame se rattache à ces premiers chœurs à pans coupés voûtés d'ogives ; Eugène Müller fait erreur en évoquant une voûte en cul-de-four. D'autres exemples dans la région sont l'église Saint-Étienne de Fosses, l'église Saint-Gervais de Pontpoint, l'église de Saint-Vaast-de-Longmont et l'église Saint-Pierre de Vaumoise.. Dominique Vermand pense que l'inspiration pour cette disposition provient des chapelles rayonnantes de la cathédrale de Senlis.. Il n'y a donc pas lieu de déduire de la forme du chevet une période de construction à la fin du ou au début du , et de considérer les parties basses du chœur comme vestiges d'un édifice précédent, comme l'a fait l'auteur de l'APSOM.. Eugène Müller a déjà observé le lien de parenté avec l'église de Fosses et daté l'église d'Orry-la-Ville du milieu du .. Comme déjà évoqué, Dominique Vermand, qui a étudié la plupart des églises médiévales de l'Oise, conclut à une période légèrement plus tardive. Il considère que la nef et le chœur sont homogènes et issus d'une même campagne de construction. Pour la datation, il se base sur une analyse de la sculpture des chapiteaux et du profil des bases, des arcs-doubleaux et des ogives, et constate que tous ces détails de modénature renvoient directement vers la cathédrale de Senlis.

Une influence par la cathédrale diocésaine n'a rien d'étonnant, d'autant plus que la ville épiscopale de Senlis est proche. Si le maître d'œuvre n'est probablement pas le même, on peut imaginer qu'il a visité le chantier de la cathédrale et employé un tailleur de pierre qui a participé à ce même chantier. Dominique Vermand a observé le même phénomène pour les églises d'Ermenonville, de Fosses, de Saint-Vaast-de-Longmont, et de Villeneuve-sur-Verberie. On peut ainsi résumer la genèse de l'église Notre-Dame : entre 1160 et 1170, on édifie une abside et une travée droite du chœur, qui sont voûtées d'ogives dès le départ, et une nef un peu plus large de trois travées, qui n'est pas voûtée primitivement. Eugène Müller rattache la travée droite du chœur à la nef, ce qui n'est pas indiqué en raison de la légère différence de largeur. Dominique Vermand n'exclut pas que la première travée du chœur ait initialement supporté un clocher, ce qui serait conforme à la tradition de l'architecture religieuse de la région. Pour une raison qu'il ne précise pas, Eugène Müller pense que la travée droite du chœur était flanquée de deux chapelles, dont l'une existerait encore en partie (ce serait l'extrémité du bas-côté sud). Dominique Vermand préfère ne pas se prononcer sur l'époque du bas-côté sud, qui ne présente aucun détail d'architecture significatif, et retient seulement qu'il est antérieur aux voûtes de la nef et aux chapelles du nord. Les grandes arcades de la nef ont donc été percées après coup, celles du sud avant celles du nord. C'est au que la nef est voûtée dans le style gothique flamboyant et que la chapelle de la Vierge et la sacristie sont ajoutées au nord de la dernière travée de la nef et du chœur. Le profil prismatique des ogives de la chapelle et les clés de voûte sont encore gothiques, mais l'arc en plein cintre des deux fenêtres, et plus encore le remplage de la baie du chevet de la sacristie renvoient vers la Renaissance, ce qui parle en faveur d'une construction peu avant le milieu du siècle, quand la Renaissance s'impose successivement. Les dalles de la nef sont en pierre de liais de Coye-la-Forêt et ont été posées par G. Pigoul en 1714.

Les évolutions depuis le thumb|upright|Clocher et horloge. thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Chœur, vue vers l'ouest.

Au début du , un petit clocher de charpente sommée d'une fine flèche est édifiée au-dessus de la travée droite du chœur. Au même moment, la couverture de l'église est refaite en ardoise. Initialement elle était sans doute en tuiles plates du pays. La cloche ne date que de 1871, et a été fondue par Hildebrandt, fondeur de cloches à Paris. Elle porte l'inscription suivante : . Un Christ en croix est représenté sur la cloche en bas-relief, ainsi que la Vierge Marie et saint Nicolas. — Quand Louis Graves passe par Orry-la-Ville vers 1840, le cimetière se trouve déjà à son emplacement actuel, en-dehors de l'agglomération. C'est peut-être son emplacement primitif, s'expliquant par l'existence ancienne de la chapelle Saint-Rieul en ce lieu, depuis longtemps disparue. Malgré l'interdiction d'enterrer dans les églises au milieu du , au moins une personne est encore inhumée dans l'église au . Il s'agit de Marie Marguerite Mejasson, épouse Jouard, morte le . Une autorisation spéciale a dû être exigé, comme on l'a accordée parfois aux bienfaiteurs des églises. Huit autres pierres tombales pavent le sol de la dernière travée du bas-côté sud, dont l'une date de 1663, et une autre de 1671. — Des vitraux polychromes sont offerts à l'église par les fidèles à de différentes occasions ; ils sont tous dissemblables et datent des dernières années avant la Première Guerre mondiale, de 1936 et de la fin du .