Port-Louis est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.
La ville est principalement connue grâce à sa citadelle.
Géographie
vignette|gauche|Vue générale de Port-Louis depuis Larmor-Plage. Port-Louis est une commune de dimension restreinte (1,07 km² seulement) dont le territoire est totalement urbanisé. Sa situation est remarquable, Port-Louis formant une presqu'île limitée à l'ouest par l'estuaire commun au Blavet et au Scorff, une ria dénommée rade de Lorient ou rade de Port-Louis dont Port-Louis occupe la partie aval de la rive gauche, juste au débouché maritime donnant sur l'océan Atlantique, face à Larmor-Plage situé sur la rive droite et au sud par la baie de Locmalo, entrée de la petite mer de Gâvres, qui sépare Port-Louis du tombolo de Gâvres.
Cette presqu'île est très découpée : du nord-ouest au sud-est se succèdent l'anse de Kerchicagne, partagée avec Locmiquélic, la pointe de Kerzo où se trouve l'ancien château de Kerzo, l'anse du Driasker, la pointe du port et celle de la Citadelle et enfin la baie de Locmalo, partagée avec la commune voisine de Riantec. Le relief est plat, aucune altitude ne dépassant dix mètres.
Port-Louis est desservi par la RD 781 (ancienne route nationale 781) qui forme un coude au niveau de Port-Louis, et qui, vers le nord, rejoint Hennebont et la voie express RN 165 et vers l'est, Riantec, Plouhinec, Erdeven et allant jusqu'à Locmariaquer. Une desserte maritime depuis le port de Port-Louis permet de rejoindre Lorient en traversant la rade.
L'histoire du pays de Port-Louis est conditionnée par sa situation naturelle exceptionnelle. C'est sa géographie particulière qui scella le devenir de l'ensemble compris entre le Blavet, à l'ouest, et la rivière d'Étel, à l'est. La presqu'île de Port-Louis est constituée d'un éperon granitique régnant sur une côte sableuse du côté de la petite mer de Gâvres, vaseuse du côté de la rade de Lorient. Le piton est difficilement accessible par la mer, rendue périlleuse à marée haute par les rochers à fleur d'eau et à marée basse par les bancs de vase. Ainsi se trouve justifié le vieil adage : « Au hâvre du Blavet, bien fol est qui s'y met ! ».
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Port-LouisLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Quéven à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Port-Louis est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Riantec-LocmiquélicUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Riantec-Locmiquélic comprend deux villes-centres (Locmiquélic et Riantec) et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lorient, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (94,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (94,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (80,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (14,1 %), zones humides côtières (4,7 %), zones agricoles hétérogènes (0,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La ville qui se nommait anciennement "Blavet", puis "Loc-Péran""Loc-Péran" signifie "le lieu de l'ermitage de saint Pezran., et sa citadelle sont rebaptisés Port Louis le sur décision royale attestée par lettres patentes. Port-Louis, Porzh Loeiz en breton, rappelle le nom du roi de France Louis XIII et marque ainsi sa suzeraineté sur ce port qui fut longtemps forteresse espagnole..
Les Port-Louisiens sont surnommés par leurs voisins les "Tudchentil", littéralement les gentilshommes, les bourgeoisCécile Le Strat, Les tribus bretonnes, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 22 juillet 2020.
Transports en commun La commune de Port-Louis est desservie par le réseau CTRLle site de la CTRL :
+Ligne 15 Riantec - Kervignac ↔ Port-Louis - La PointeLigne 16 Riantec - Sébastopol ↔ Port-Louis - La PointeLigne B2 Port-Louis - La Pointe ↔ Lorient - Port de Pêche (Bateau)Ligne B4 Gâvres - Embarcadère ↔ Port-Louis - Locmalo (Bateau)Ligne B5 Port-Louis - La Pointe ↔ Lorient - Quai des Indes (Bateau)
Histoire
Antiquité La ville se nommait anciennement Blavet (peut-être Blabia en latin, , du nom du fleuve Blavet la bordant. La Notitia Dignitatum section XXXVII, intègre un dans le système défensif de l'Armorique nommé . L'identification Blabia/Blavet/Port-Louis est réfutee par la lecture rectificative de Otto Seeck en place cette garnison de soldats Garonnais à Blavia, c'est à dire à Blaye sur la GaronneFélix-François de La Sauvagère, "Mémoire sur le Port Louis", 1754, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008986v.r=Port-Louis?rk=493564;4.
Époque moderne Les guerres de la Ligue Lors des guerres de la Ligue, le duc de Mercœur, gouverneur de la Bretagne ayant adhéré à la Ligue catholique, avait perçu l'importance du site de Blavet, qui était probablement déjà entouré de quelques fortifications (le duc de Bretagne François II y avait armé des navires et en 1572 des habitants d'Hennebont avaient armé des navires de guerre pour arracher Belle-Île aux mains des Anglais), confia à Jérôme d'Arradon, seigneur de Quinipily (près de Baud), le commandement d' Hennebont, Blavet et toute la côte. Il voulut s'assurer de la soumission du port de Blavet à son commandement ; le signèrent un texte disant qu'ils voulaient « vivre et mourir sous un roi catholique » et « obéir au seigneur de Quinipily », mais dès que ses troupes furent parties, les habitants de Blavet tournèrent casaque et se jetèrent dans les bras des partisans d'Henri de Navarre. Furieux de cette trahison, Jérôme d'Arradon entreprit de reprendre la ville.. Entretemps, les habitants de Blavet s'étaient emparés du couvent Sainte-Catherine du Blavet, situé au pied du village de Locmiquélic et susceptible d'être défenduFrançois Jégou, "Le port de Blavet (Port-Louis) et Jérôme d'Arradon, seigneur de Quinipily : politique et religion", 1865, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5489818d/f9.item.r=Port-Louis.
Le René d'Arradon, frère de Jérôme et seigneur de Camors, partit d'Hennebont avec 45 cuirasses [hommes d'armes] et 70 arquebusiers, et s'empara du couvent Sainte-Catherine ; mais appelé par le duc de Mercœur pour lui prêter main-forte à Dinan, il quitta Sainte-Catherine, qui fut repris par les Blavétins. Le , les frères d'Arradon attaquent Blavet, prennent Locmalo, y brûlant . En , le duc de Mercœur, aidé par les trois frères d'Arradon, fait le siège de Blavet, attaqué à la fois par terre et par mer ; Blavet est pris après un assaut furieux le « et presque tous ses braves habitants furent passés au fil de l'épée » écrit le chanoine Moreau, c'est-à-dire selon Jérôme d'Arradon et peut-être même personnes en comptant les femmes, enfants et vieillards « qui furent sacrifiés à la fureur du soldat ».
L'occupation espagnole
René d'Arradon et son frère Christophe d'Arradon participent, sous les ordres du duc de Mercœur à la prise de Blavet, alors tenue par des Huguenots venus de La Rochelle.Le ils incendient la ville et exécutent habitants et défenseurs. La ville est alors occupée par les Espagnols à partir de 1590, le duc de Mercœur, dans un premier temps de son alliance avec Philippe II, la leur ayant livréeÉtienne Raut et Léon Lallement, La Ligue au Pays de Vannes et les Aradon, "Bulletin de la Société polymathique du Morbihan", 1934, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6561153v/f105.image.r=Tudy.langFR.