Guillaume de Wittelsbach, né le Peut-être à La Haye. et mort le à Bouchain (actuel département du Nord), est de 1404 à 1417 duc de Bavière-Straubing sous le nom de , comte de Hainaut () et comte de Hollande et de Zélande (). Il est l’un des principaux chefs du parti des Cabillauds durant les guerres des Crochets et des Cabillauds. Il s’efforce de renforcer l’autorité comtale face à la noblesse et parvint à maintenir une relative stabilité jusqu’à sa mort en 1417, laquelle provoque une reprise du conflit lors de la succession de sa fille Jacqueline de Hainaut.

Biographie Origines familiales et formation Fils d' (1336-1404, né à Munich), duc de Bavière-Straubing, comte de Hainaut, comte de Hollande et comte de Zélande, et de Marguerite de Brzeg, princesse polonaise, il porte du vivant de son père le titre de comte d'Ostrevant et est parfois appelé Guillaume d'Ostrevent.

Il se distingue dans sa jeunesse par son adresse au tournoi.

Jeunesse Au cours de la guerre de Cent Ans, il prend part aux combats contre les Anglais au service du roi de France .

Il participe ensuite à une croisade balte de l'Ordre Teutonique. En 1386/87, Guillaume entreprend un voyage en Prusse<ref>Werner Paravicini, Die Preußenreisen des europäischen Adels. Teil 1 (= Beihefte der Francia. Tome 17/1). Thorbecke, Sigmaringen 1989, , p. 149 ( Lire en ligne).</ref>.

De retour aux Pays-Bas, il se rend en Angleterre où il se distingue dans les tournois et est admis au sein de l'Ordre de la Jarretière.

Guillaume s'oppose par ailleurs à son père dans la guerre dite des « Hameçons » et des « Cabillauds », ce qui instaure un climat durable de rivalité entre eux.

étant devenu impopulaire à cause de ses relations avec des femmes nobles et de ses cruautés, sa maîtresse, Aleid van Poelgeest, est assassinée en 1392. Guillaume, soupçonné d'être lié aux conspirateurs, se réfugie à la cour de France ou d'Angleterre.

Cependant, ils se réconcilient en 1394 et Guillaume retrouvent ses droits.

Pour se faire pardonner, il offre d'aller en Frise venger la mort de son grand-oncle et reconquérir ce pays, ce qu'il réussit en 1402.

La même année, il subit un échec à Gorinchem, près de Rotterdam, face à .

Après la mort de son père (1404) Il succède à son père en 1404.

En raison du train de vie dispendieux qu'il avait dès son plus jeune âge, Guillaume s'était lourdement endetté et avait dû vendre ou mettre en gage plusieurs de ses domaines, terres et seigneuries à divers membres de la chevalerie. Cependant, son trésorier et intendant, le marchand d'Amsterdam , nommé en 1406, lui permit d'alléger ses dettes en peu de temps et fit en sorte que le comte puisse racheter ou reprendre toutes les terres et biens vendus et mis en gage. Cet intendant réussit même à faire du profit son employeur, si bien que Guillaume devint l'un des princes les plus riches et les plus puissants du Saint-Empire.

Il doit d'abord réprimer une révolte en Hainaut, conduite par les seigneurs d'Arkel. Ceux-ci, vaincus, vendent leurs terres au duc de Gueldre, mais Guillaume refuse cette vente et combat le duc de Gueldre pendant sept ans afin de récupérer les terres d'Arkel.

La cour ducale de La Haye a également donné une impulsion culturelle. Comme son père avant lui, Guillaume organisait des tournois de joutes et soutenait des hérauts tels que le fameux "Héraut de Bavière" .

Son frère Jean, prince-évêque de Liège, ayant été chassé de son trône épiscopal en 1402, il intervient après que, en 1408, les Liégeois ont attaqué Maastricht où Jean a trouvé asile auprès de l'ordre Teutonique. Guillaume livre bataille à Othée, près de Tongres, avec son beau-frère Jean sans Peur et son cousin , et écrase l'armée liégeoise, permettant le retour de Jean sur son trône. La « paix des vainqueurs » supprime toutes les libertés dont bénéficiait Liège jusque là.

En 1412, il accorda à Louis l'asile à Valenciennes après sa fuite de Paris.

Intervention dans la guerre en France Allié des Bourguignons, il intervient à leurs côtés contre les Armagnacs : son intervention est déterminante notamment pour apaiser le conflit entre les antagonistes, à la suite de l’assassinat du duc d’Orléans, par des sbires de Jean-Sans-Peur, le .

À cet effet, il est chargé par le roi de France d’assurer, à la tête de d’armes et de 100 archers, la protection de chacune des délégations convoquées à Chartres pour le , en vue de régler les contentieux dus à cet assassinatGeoffroy G. Sury, Bayern Straubing – Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, , Bruxelles, Editions Geoffroy G. Sury, septembre 2010 (2ème édition), .

À Tours, le 21 janvier 1409 [date nouveau style], roi de France, fait savoir que, pour apaiser le différend consécutif à l’assassinat du duc [Louis] d’Orléans [officieusement commandité par les sbires de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne], il a convoqué à Chartres, le 28 février suivant , le duc de Bourgogne et les enfants du défunt ; il ordonne au comte de Hainaut [], d’assurer, à la tête de d’armes et de 100 archers, la protection de chacune des délégations lors de ses déplacements et de s’engager à se ranger aux côtés du parti éventuellement agressé. Cité par G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », A. E. de Mons, n° d’ordre 1290, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985, ..

Le Hainaut est ravagé par les troupes qui s'affrontent à la bataille d'Azincourt (1415).

Mort et succession Il meurt de façon inattendue et prématurée, le , des suites d'une morsure de chienSelon la page allemande., laissant une héritière âgée de seulement seize ans, en butte aux intrigues et aux ambitions, notamment celles de son oncle Jean, encore évêque de Liège, mais pour peu de temps.

Il est inhumé à Valenciennes dans une tombe dans la chapelle d'Artois de l'église des Frères Mineurs.

Mariages et descendance Projet de mariage avec Marie de Valois, fille de (1373) En 1373, il est fiancé avec promesse de mariage à Marie de Valois (1370–1377), âgée de seulement 3 ans, fille de , roi de France, et de Jeanne de BourbonGeoffroy Sury, Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut. , Trésor des Chartes, , folio 271, « Traité de mariage entre Guillaume d’Ostrevant (futur comte de Hainaut) et Marie de France, en date du 3/3/1373 », dans Histoire généalogique des pairs de France, volume 12, Paris., promesse ratifiée par contrat de mariage en 1375Geoffroy Sury, Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut. , ; Bibliothèque Ste-Geneviève à Paris, Ms 2068, fol. 44, (Contrat de mariage entre (alias Guillaume d’Ostrevant en Hainaut) et Marie de France, année 1375.), Manuscrit du .

À Paris, le 16 mars 1375, , roi de France, fait connaître les termes d’un traité d’alliance conclu entre lui-même et son fils aîné, d’une part, et de l’autre, le duc Albert de Bavière et son fils aîné (Guillaume d’Ostrevant, futur comte de Hainaut), ladite alliance concernant également les mariages à contracter par les enfants (Marie de France et Guillaume d’Ostrevant) des principaux intéressés. Cité par G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre 1113, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, . À Paris, en juin 1375, , roi de France, fait connaître les modalités du règlement de la dot de d’or qu’il destine à sa fille Marie, en exécution de son traité de mariage avec Guillaume (Guillaume d’Ostrevant), fils aîné du duc Albert de Bavière. Cité par G. Wymans, « Inventaire analytique ... », n° d’ordre 1114, 1985, . À Paris, en juin 1375, , roi de France, renonce, pour lui-même et pour sa fille Marie, à toutes prétentions sur les comtés de Hainaut, de Hollande, de Zélande, et sur la seigneurie de Frise, à l’exception des « adhéritements », assignations, douaire et provisions prévus par les clauses du contrat de mariage évoqué ci-avant et rappelés ici en détail. Cité par G. Wymans, « Inventaire analytique ... », n° d’ordre 1115, 1985, . À Paris, le 17 septembre 1375, , roi de France, ratifie par son serment les termes du contrat de mariage évoqué dans les deux actes précédents et s’engage à les faire observer par sa fille Marie, et ce, en contrepartie du serment équivalent prêté en sa présence par le duc Albert de Bavière, bail, gouverneur et héritier des comtés de Hainaut, etc., et son fils aîné Guillaume [Guillaume d’Ostrevant]. Cité par G. Wymans, « Inventaire analytique ... », n° d’ordre 1116, 1985, ..

Cependant, Marie meurt en 1377, avant que le couple ait atteint l’âge nubile.

Mariage avec Marguerite de Bourgogne, fille de Philippe le Hardi (1385) A l'âge de 20 ans, il épouse Marguerite de Bourgogne, fille de , duc de Bourgogne, et de Marguerite, comtesse de Flandre, et sœur de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, lors des splendides doubles noces de Cambrai, le , tandis que sa sœur Marguerite épousa le fils et successeur de Philippe, Jean. De nombreux invités de toute l'Europe, s'étaient rendus au mariage. Parmi eux se trouvait le jeune roi , qui épousa bientôt la cousine de Guillaume, Isabeau de Bavière. De cette union, seule une fille est née : Jacqueline (1401-1436), comtesse de Hainaut, de Hollande et de Zélande, épouse de Jean de Touraine, dauphin de France, fils du roi , mort prématurément en 1417.

Il a par ailleurs laissé plusieurs enfants illégitimes dont : (vers 1400-1458) seigneur de Hoogwoud, Aartswoud et bailli de Hollande Béatrice de Bavière (vers 1390/1400-1455), mariée à Jean de Woerden, seigneur de Vliet (vers 1390 - ). Jehan bâtard de Hainaut, marié à une Dame de Wargnies-le-Grand (Marie ?) décédé en 1423 ou 1424, inhumé en l'église de Wargnies-le-Grand (Nord France) Gisant restauré en 2017, classé MH 1907

Ordre du Jardin Hollandais Guillaume a fondé l'Ordre du Jardin Hollandaisou Ordre de la Haie. Article de Véronique Flammang et de Marie van Eeckenrode, Le jardinet de Hainaut : essai de typologie et clés d'interprétation (). Mises en scène d'un comté lors des inaugurations princières en Hainaut in Bulletin de la Commission royale d'Histoire, Année 2011, n°177, (Lire en ligne) (en néerl. Orde van de Hollandse TuinTol, D. van., De Orde van de Hollandse Tuin: de oudste ridderorde van Holland (1387-1418). in De Nederlandsche Leeuw vol. 114, (1997) ), probablement pour faire pendant à l'ordre de chevalerie de son père Albert. Cet ordre a existé de 1387 à 1418 Ordre de Saint-Jacques sur le site ordevanst-jacob.nl.

Héraldique Selon l'historien du , , la provenance de la pièce héraldique du jardin hollandais est un sceau émis en 1406 par de Hainaut après le siège du pendant les guerres d'Arkel et symboliserait certains droits et libertés pour les citoyensP.J. van Winter, De Hollandse Tuin, Nederlands Kunsthistorisch Jaarboek 1957. Cependant, il n'est pas certain que ce soit la bonne explication.

Ascendance

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Guerres d'Arkel Terres d'Arkel

Bibliographie

Article de Véronique Flammang et de Marie van Eeckenrode, Le jardinet de Hainaut : essai de typologie et clés d'interprétation (). Mises en scène d'un comté lors des inaugurations princières en Hainaut in Bulletin de la Commission royale d'Histoire'', Année 2011, n°177, (Lire en ligne)

Liens externes

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