Le FlammPanzer II (en français Char lance-flammes) est un blindé léger, employé par l'armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Dérivé du châssis du Panzer II, le Flammpanzer II voit le jour en 1939 sur la volonté d'Hitler, qui s'investit personnellement pour développer le programme des Flammpanzer. Construits au nombre de 150 exemplaires, ils seront presque tous utilisés durant l'opération Barbarossa en 1941 dans la conquête de l'Union soviétique. Rapide et pratique à utiliser, il se montrera très efficace dans la destruction de nids fortifiés et dans le soutien de l'infanterie.
Le char lance-flammes L'entre-deux-guerres et les contraintes liées au traité de Versailles ne permettent pas aux tacticiens d'Outre-Rhin d'établir une vision claire de l'utilité opérationnelle des blindés lance-flammes. Comme les modèles portables, ils sont avant tout destinés à l'attaque des points fortifiés. Toutefois, à l'instar de l'idée qui un temps durant va également agiter le landerneau de l'Armée française, les Allemands voient en eux, une sorte d'arme antichar capable même de supplanter les canons. Les flammes sont ainsi censées « étouffer » les moteurs en les privant d’oxygène ou passer par le moindre interstice pour « carboniser » les membres d'équipage.
Un engin recyclé
En , pour répondre à un appel d'offres concernant un char de reconnaissance capable de rouler à sur route, l'entreprise MAN propose un tout nouveau châssis désigné La.S.138. Ce dernier se distingue par l'adoption d'un nouveau train de roulement comprenant quatre galets de grand diamètre ; chacun d'eux est monté sur un bras de suspension à barres de torsion. Ces modifications entraînent la disparition des rouleaux porteurs. Le moteur Maybach HL 62 TRM six-cylindres essence délivre à . Une puissance qui permet au de l'engin d'atteindre les performances demandées sur route et en tout terrain. Toutefois, amenée dans ses derniers retranchements, la suspension ne donne pas satisfaction, et les Panzer II et E sont produits à seulement 43 exemplaires. Mais puisque rien ne se perd, tout se transforme, la base du blindé est reprise pour donner naissance à un char lance-flammes, tandis que les plates-formes déjà assemblées sont recyclées.
À la fin des années 1930, les autorités allemandes mènent donc une réflexion sur l'utilité d'un char lance-flammes. Sur le papier, une telle combinaison ne peut que se révéler efficace dans la réduction rapide des points fortifiés ennemis. Ainsi, le , le Heereswaffenamt par l’intermédiaire du Waffenprüfamt (Service de contrôle des armements), lance le projet d'un engin lance-flammes reprenant comme base des véhicules déjà en production, en l’occurrence les Panzer II et E. Les premières études sont confiées à deux firmes spécialisées dans la fabrication de blindés. MAN (Maschinenfabrik Augsburg Nuremberg) est alors responsable du châssis, tandis que le site Daimler-Benz de Berlin s'occupe de la conception des superstructures et de la tourelle. Le char lance-flammes prend alors la désignation de Flammpanzer II ou bien encore Panzer II (Flamm) et plus officiellement PanzerKampfwagen Flamm (Sd.Kfz. 122). thumb|Fiche de mobilité du Flammpanzer II
Le lance-flammes Le projet du Flammpanzer se caractérise par la greffe de deux petites tourelles (Spitzkôpfe) accueillant chacune un tube lance-flammes. Disposées sur l'avant du blindé, elles sont installées de chaque côté de la caisse, au-dessus des chenilles. Ces tourelles fonctionnent indépendamment l'une de l'autre. Leur implantation autorise une rotation de 180°, sur une orientation allant de 9 à 15 heures. À noter que cette configuration pour le moins originale ne sera reprise sur aucun de ses successeurs. Chaque lance-flammes est alimenté par son propre réservoir de ( au total) transporté dans des bonbonnes installées dans la coque de l'engin. Cette capacité permet de projeter un maximum de 80 jets enflammés d'une durée de deux à trois secondes à plus de . Mais cette portée n'est malheureusement atteinte que dans des circonstances optimales ; en pratique, elle se limite à seulement , ce qui est très peu au regard de machines équivalentes présentes dans les arsenaux alliés.
Le Flammpanzer II utilise comme gaz propulseur de l'azote stocké dans quatre petits réservoirs installés, faute de place dans le châssis, à l'extérieur du char, sur les côtés de la coque. Leur positionnement dans l'axe des tubes lance-flammes, de part et d'autre du char, facilite le fonctionnement des projecteurs en réduisant la longueur des tuyaux, élément déterminant pour garder une pression élevée. Pour limiter leur vulnérabilité, les réservoirs prennent place dans des caissons blindés. La mise à feu se fait au moyen d'un système à acétylène. L'équipage est composé de trois hommes : un pilote, un radio, également chargé de mettre en œuvre le premier lance-flammes, et un chef de char, qui officie aussi comme servant pour le deuxième lance-flammes et la mitrailleuse de tourelle. Une multiplication des tâches qui n'aide pas le Flammführer (chef de char lance-flammes) à suivre l'évolution des combats. La tourelle d'origine, armée d'un canon de , se voit remplacée par une plus petite armée d'une mitrailleuse MG34 de alimentée par perforantes. Ainsi équipé, le char atteint la masse de en ordre de combat.
Protection
La protection du PanzerFlammwagen II (Flamm) (une dénomination ultérieure du véhicule) ne se différencie pas de celle des Panzer II et E. Les Allemands estiment que le blindage frontal de est en mesure de résister à un obus de tiré à , et la projection latérale de doit arrêter les projectiles perforants d'une mitrailleuse de à toutes distances. Il est aisé de constater que la cuirasse reste insuffisante en cas de rencontre avec une défense équipée de canons antichar d'un calibre un tant soit peu conséquent. Les Flammschützen (membres d'équipage d'un blindé lance-flammes) peuvent aussi compter sur des pots lance-fumigènes installés latéralement sur la plage arrière du blindé. Ceux-ci peuvent soit couvrir l'approche des chars lance-flammes, soit permettre leur retraite sous le feu de l'ennemi. thumb|Flammpanzer II, blindage de la tourelle, de la caisse et de la superstructure
Production
Après l'étude, le projet est déclaré viable, et une commande de 90 Panzer II (FI) est lancée. D'avril à , MAN commence la production d'une première tranche de 46 châssis neufs. Un véhicule d'essais en acier « doux » est assemblé en pour toute une batterie de tests qui vont s’avérer concluants. Toutefois, la conversion en série par les usines Wegmann de Cassel ne débute réellement qu'en . Pour accroître rapidement la quantité de chars disponibles, Wegmann reçoit en mars les 43 Panzer II et E réformés. Les essais menés sur le terrain démontrent que l'engin est encore loin d'être au point, et tous les exemplaires produits doivent être renvoyés en usine pour subir les modifications demandées. Un total de 86 châssis est ainsi converti de mai à . Enfin, trois superstructures en attente de châssis sont terminées en .
Le , sans attendre la fin des premières livraisons et avant même que les premiers chars n'aient fait leurs preuves au combat, les autorités militaires allemandes, vraisemblablement conquises par les premiers test, décident de commander une deuxième tranche de 150 Panzer II (FI). Le contrat signé avec MAN prévoit une livraison au rythme de 30 véhicules par mois dès la fin de l'année 1941. En avance sur les prévisions, la deuxième série est lancée en , mais un contre-ordre vient stopper la construction à seulement 90 exemplaires. Les 60 châssis restants sont réorientés vers le Panzer II de base armé du seul canon de . Mais au grand dam des ingénieurs chargés de planifier la production, les ordres sont à nouveau modifiés. Tous les châssis doivent être mis au standard Panzer II (FI). Loin de ces interminables atermoiements, les troupes soviétiques se chargent de démontrer les piètres performances des unités équipées de ce blindé. Les quantités de Panzer II (FI) réellement produites sont estimées généralement à 112 engins basés sur des châssis neufs, auxquels l'on peut ajouter 43 convertis à partir de Panzer II ou E réformés.
Tactiques de combat
La mise en service officielle de blindés lance-flammes est l’occasion pour l'Armée allemande de mettre au point de rigoureuses tactiques d'engagement. Leur rôle est en effet fondamentalement différent de celui de leurs « frères » armés d'un canon. Un manuel d'instruction pour les PanzerFlamm-Abteilungen, datant du , est d'ailleurs rédigé pour formaliser les doctrines d'utilisation.
Le rapport insiste notamment sur les distances d'engagement, car un tir à trop longue portée découvre l'engin trop tôt. Un laps de temps qui laisse ensuite aux défenseurs le soin de riposter. La discrétion et l'effet de surprise assurent aux chars lance-flammes un maximum de chance de survie sur le champ de bataille.
Opération Barbarossa
Ces blindés ne sont pas déployés pendant la campagne de France, car les équipages sont loin d'avoir le niveau d'entraînement requis pour servir des engins aux caractéristiques aussi particulières. Les Flammpanzer II participent par contre à l'opération Barbarossa au sein de la Panzer-Abteilung (f)100, crée le et intégrée à la 18. Panzer-Division, et de la Panzer-Abteilung (f)101, formée le et affectée à la 7. Panzer-Division. Le Front de l'Est est leur seul théâtre d'opérations, et ils y terminent leur carrière militaire sans trop s'y distinguer. Employés en appui d'infanterie lors de combats rapprochés, ils démontrent deux choses : d'une part, que l'effet d'un jet enflammé est particulièrement redoutable sur les soldats pauvrement équipés et que, d'autre part, le châssis du Panzer II est tout sauf la plateforme idéale pour transporter ce type d'arme. Trop faiblement blindé, il demeure une proie facile pour tous les canons antichars russes qui peuvent le détruire à des distances excédant largement la portée utile de deux lance-flammes. Ainsi, un simple canon de de 66 calibres modèle 1942 est capable de transpercer de blindage à . Devant l’extrême vulnérabilité des Flammpanzer II, conséquence directe des de liquide inflammable qui ne demandent en effet qu'à s'embraser au moindre coup au but, l'état-major allemand finit par les retirer progressivement du front. En 1942, après bien des déconvenues, les 62 exemplaires assemblés et les engins survivants sont réformés pour être reconvertis en Marder II, un chasseur de char équipé d'un canon antichar russe de , plus adapté à la situation militaire du front de l'est. La carrière des Panzer II ne s’arrête toutefois pas là. En effet, certaines tourelles lance-flammes sont démontées pour être installées de manière statique sur des fortifications en Norvège, en prévision d'un éventuel débarquement allié.
Sources
Références
Articles connexes Liste des véhicules blindés Panzer II Panzer III
Liens externes http://www.achtungpanzer.com/flam.htm http://forum.axishistory.com/viewtopic.php?t=81329
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