L'épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l'Ouest est une épidémie qui fait rage entre 2013 et 2016, et qui fait plus de . Elle débute en Guinée avant de s'étendre au Liberia et à la Sierra Leone, puis, dans une moindre mesure, au Nigeria, au Mali, aux États-Unis, au Sénégal, en Espagne, au Royaume-Uni et en Italie. C'est la première fois que ce virus, sans traitement connu, sort d'Afrique centrale puis du continent africain.

L'épidémie, beaucoup plus meurtrière que celles observées depuis la découverte du virus en 1976, est causée par la souche Zaïre du virus. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le patient zéro est un enfant décédé en décembre 2013 près de Gueckédou, dans le sud-est de la Guinée. En août 2014, l'OMS qualifie l'épidémie d'« urgence de santé publique de portée mondiale ». Pour plusieurs chefs d'État occidentaux, l'épidémie représente « la plus grave urgence sanitaire de ces dernières années ».

Les efforts de lutte contre l'épidémie permettent peu à peu de réduire la transmission et de parvenir, depuis mars 2015, à limiter son expression à des résurgences de faible ampleur. Le maintien d'une surveillance importante est de rigueur. Le bilan de l'OMS recense au total au moins pour plus de , ainsi que plus de avec séquelle.

Néanmoins, ce bilan fut considéré comme sous-évalué par l'OMS, qui estimait le nombre de décès plutôt proche de plus de 20 000 morts, car de nombreuses zones, surtout très rurales, n'étaient pas accessibles aux équipes médicales, dont celles de l'OMS, visées par de nombreuses rumeurs hostiles, ou victimes de la défiance envers des équipes médicales qui viennent de l'étranger.

Développement Premières contaminations Selon l'OMS, la première infection reconnue touche un garçon de deux ans décédé le 28 décembre 2013 à Méliandou, un village reculé de la préfecture de Guéckédou, au sud-est de la Guinée, au carrefour des frontières libérienne et sierraléonaise.. C'est la première fois que la maladie à virus Ebola est diagnostiquée hors d'Afrique centrale.. L'OMS pense que l'enfant aurait été contaminé après avoir consommé de la viande infectée. Le garçon a ensuite contaminé sa sœur de trois ans, qui a elle-même contaminé leur mère, leur grand-mère ainsi qu'une amie sierraléonaise. Elles décèdent toutes quelques semaines plus tard, durant le mois de janvier 2014, la grand-mère à Guéckédou, chef-lieu de la région, et l'amie sierraléonaise à Kekehou en Sierra Leone. Il semble cependant que seule la grand-mère permette la poursuite et la multiplication des chaînes de transmission. Il faudra attendre fin mars 2014 pour que le virus Ebola soit formellement identifié.

Propagation régionale vignette|Distribution fin 2014 du réservoir zoonotique du virus Ebola. thumb|upright=1.5|Avancée de l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola en Afrique de l'Ouest en 2014.

Selon l'OMS, l'épidémie qui a sévi entre le 11 août 2014 et le 15 novembre 2014 dans le nord-est de la RDC était distincte de celle d'Afrique de l'Ouest..

Durant la semaine du 20 janvier 2014, trois personnes atteintes de fièvre hémorragique succombent à Guéckédou, chef-lieu de la préfecture du même nom.. Deux semaines plus tard, le bilan s'élève à quinze décès dans la localité. Durant la semaine du 17 février 2014, deux personnes présentant les mêmes symptômes décèdent à Macenta, ville située à une centaine de kilomètres à l'est. Durant la semaine du 24 février 2014, on recense neuf nouveaux décès à Guéckédou et les premiers survivants sont déclarés. Fin février 2014, on dénombre 34 décès dans la région dont 29 dans la préfecture de Guéckédou et cinq dans la préfecture de Macenta.

Durant la semaine du 3 mars 2014, l'épidémie se propage dans la préfecture de Kissidougou, située à une centaine de kilomètres au nord de Guéckédou. Le 10 mars 2014, les hôpitaux et services publics de santé de Guéckédou et Macenta alertent le ministère de la santé de la Guinée puis Médecins sans frontières. Une équipe gouvernementale intervient à Macenta le 14 mars 2014. Des enquêtes épidémiologiques sont lancées et des échantillons sanguins sont envoyés pour analyse à des laboratoires de sécurité biologique de niveau 4 à Lyon en France et à Hambourg en Allemagne

Le 21 mars 2014, le laboratoire d'analyses de Lyon confirme pour la première fois que la maladie qui sévit en Guinée est la fièvre Ebola., de souche Zaïre.. Le lendemain, l'épidémie s'étend et atteint la capitale Conakry.. Le gouvernement guinéen reconnaît alors être confronté à une épidémie de maladie à virus Ebola..

Le 31 mars 2014, l'OMS confirme la propagation du virus au Liberia. Le 17 avril 2014, on dénombre 131 décès pour 209 cas confirmés dans ces deux pays. Le 27 mai 2014, les premiers cas sont recensés en Sierra Leone. Entre le 2 juin et le 2 juillet 2014, l'OMS enregistre un doublement du nombre de cas de fièvre Ebola, pour atteindre 467 décès pour 759 cas dans ces trois pays. Cette épidémie devient alors la plus meurtrière depuis la découverte du virus en 1976.. Le 25 juillet 2014, un Américano-Libérien décède du virus peu après son arrivée à l'aéroport de Lagos au Nigeria., ville la plus peuplée d'Afrique, et est pris en main par le docteur Ameyo Adadevoh. Fin août 2014, le virus atteint cette fois Port Harcourt à l'est du pays..

Le 12 août 2014, un prêtre espagnol décède du virus à Madrid quelques jours après avoir été rapatrié du Liberia. Dans les semaines qui suivent, les États-Unis., le Royaume-Uni., l'Allemagne., la France, la Suisse., la Norvège. et les Pays-Bas. rapatrient plusieurs malades. Le 29 août 2014, un étudiant guinéen atteint du virus parvient à atteindre Dakar au Sénégal par la route. mais ne contamine personne dans son pays..

Le 5 septembre 2014, on dénombre plus de décès liés à l'épidémie, dont la moitié au Liberia. Selon son ministre de la défense, l'existence même de ce pays de 4,4 millions d'habitants pourrait être .. En octobre 2014, le Sénégal et le Nigeria considèrent l'épidémie terminée sur leur territoire... Le Sénégal rouvre ses frontières quelques jours plus tard..

Le 25 octobre 2014, une fillette rentrée de Guinée décède du virus à Kayes au Mali.. C'est le premier cas détecté dans le pays. Malgré sa proximité géographique avec le Liberia et la Guinée, la Côte d'Ivoire n'a, en novembre 2014, recensé aucun cas d'Ebola sur son territoire. Les importants transferts de populations dus à la récolte du cacao en octobre dans le pays laissent craindre d'éventuelles contaminations..

Le 19 janvier 2015, le gouvernement malien et l'ONU annoncent la fin de l'épidémie au Mali.. Le 29 décembre 2015 l'OMS annonce la fin de l'épidémie en Guinée, où elle aura fait plus de 3000 morts.

Premières contaminations hors d'Afrique

Le 26 septembre 2014, un Libérien de 42 ans ayant quitté Monrovia une semaine plus tôt se présente à l’hôpital Texas Health Presbyterian de Dallas aux États-Unis. Il se plaint de fièvre mais est renvoyé à domicile muni d'antibiotiques. Devant la persistance des symptômes, il retourne à l’hôpital le 28 septembre 2014 avant d'être mis en quarantaine. La contamination au virus Ebola est confirmée le 30 septembre 2014.. C'est le premier cas de maladie à virus Ebola diagnostiqué hors d'Afrique.. L'homme, décédé le 8 octobre 2014, contaminera à son tour deux infirmières l'ayant soigné à l’hôpital, pourtant sous protection...

Le 6 octobre 2014, on apprend qu'une infirmière ayant soigné un malade d'Ebola rapatrié en Espagne a été à son tour contaminée. Fiévreuse dès le 30 septembre 2014, elle n'aurait consulté que cinq jours plus tard à son retour de congés.. La Commission européenne réclame alors au ministère de la santé espagnol « des éclaircissements » sur les causes de cette contamination en milieu hospitalier..

Le 23 octobre 2014, un médecin américain ayant travaillé pour MSF en Afrique est diagnostiqué positif à New York.. Le 29 décembre 2014, un personnel soignant de retour de Sierra Leone est diagnostiqué positif à Glasgow au Royaume-Uni..

Contrôle de l'épidémie Début 2016, les chaines de transmissions de l'épidémie semblent interrompues. Néanmoins, si l’OMS a déclaré le 14 janvier que la flambée était terminée au Libéria, alors dernier pays à avoir notifié des cas, un nouveau cas était notifié en Sierra Leone le lendemain. Et depuis le mois de mars 2015, l’OMS a observé 11 résurgences de faible ampleur, rapidement maitrisées. Le risque de résurgence perdure étant donné que le virus peut demeurer pendant un an dans l’organisme des survivants rétablis..

Début 2016, on dénombre survivants qui souffrent de séquelles et font l'objet de stigmatisation. Le , l'état d'urgence de santé publique de portée mondiale est levéEbola : fin de l’état d’urgence internationale.

Le , le gouvernement guinéen annonce la survenue de 2 nouveaux cas de maladie à virus Ebola en Guinée forestière. Finalement, sept cas confirmés et trois cas probables sont notifiés entre le 17 mars 2016 et le par les préfectures de N’Zérékoré dans le sud-est de la Guinée. Trois autres cas sont également décelés à Monrovia au Libéria entre le et le ; il s’agit d'une femme et de ses deux enfants qui ont contracté les symptômes liés à la maladie à virus Ebola après qu'ils se sont rendus à Monrovia.

Lutte Organisations des soins vignette|C'est dans un laboratoire P4 à Lyon que la souche du virus Ebola à l'origine de l'épidémie a été identifiée en mars 2014.

Depuis le début de l'épidémie, la lutte contre celle-ci semble insuffisante et peu coordonnée. L'OMS qualifie l'épidémie d' sept mois après l'apparition des premiers cas..

La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone font partie des quinze pays les moins développés au monde et ne disposent pas d'un système de santé pouvant lutter efficacement contre la maladie à virus Ebola.. L'aide humanitaire internationale et les ONG deviennent dès lors indispensables à l'endiguement de l'épidémie.. Sur le terrain, l’endiguement de l’infection se heurte à de multiples obstacles socioculturels qui freinent la détection du virus : la défiance des populations par rapport aux messages de santé publique et leur crainte de fréquenter les structures de soins, les rites locaux (funéraires notamment), ou encore la difficulté à isoler les gens et à les empêcher de circuler.. Certains vols à destination de la région sont suspendus, compliquant l'acheminement de l'aide médicale...