La maladrerie Saint-Lazare est un ancien établissement de Tours destiné à accueillir les lépreux puis les pestiférés du au . La chapelle Saint-Lazare est le seul vestige de cet établissement. Il a été inscrit à l'inventaire des monuments historiques le .
Cet édifice privé ne se visite pas. Il est situé à la limite du quartier Sanitas, lequel doit notamment son nom à cet établissement.
Localisation L'ancienne maladrerie Saint-Lazare était située en bordure de l'actuelle rue Blaise-Pascal à Tours, à environ au sud de la gare SNCF. Ce site est connu pour avoir été occupé par l'homme depuis l'Antiquité : la rue Blaise-Pascal emprunte le tracé d'une ancienne voie desservant la ville gallo-romaine de Caesarodunum (cité qui a précédé Tours) en provenance du sud ; cette voie, surnommée « Chaussée des Césars » était peut-être même un ancien chemin gaulois ; au niveau même où sera implantée plus tard la maladrerie se trouvait une nécropole gallo-romaine du Cette nécropole s'étendait sur le long de la rue Blaise-Pascal, sa partie la plus proche du centre-ville, près de l'actuelle gare de Tours, plus ancienne, datant du ..
Histoire de la maladrerie La lèpre Au sud de la ville, loin du centre, une léproserie, établissement destiné à accueillir les malades de la lèpre, est bâtie au .. La crainte de la contagion explique cet éloignement géographique..
La chapelle de la léproserie est dédiée à Lazare de Béthanie, protecteur des lépreux.
La décision de sa construction est attribuée au troisième concile du Latran (1179), qui s'efforce d'établir un statut social pour les lépreux, notamment en leur permettant d'assister aux offices religieux. Les fouilles archéologiques menées en 1993 ont mis en évidence un agrandissement de l'édifice à la fin du . La léproserie regroupe la chapelle et plusieurs bâtiments dans lesquels logent les malades. Elle est réservée aux Tourangeaux de naissance.
Des fouilles entreprises en 1993 dans la chapelle ont permis l'exhumation de dont la majorité montrait effectivement des attaques de la lèpre. L'ampleur de cette découverte fait de cette fouille le plus important chantier archéologique de France sur le site d'une léproserie.
L'épidémie de peste noire Au milieu du , Tours est touchée par la grande épidémie de peste noire qui sévit alors en Europe. Comme la lèpre est, alors, en forte régression, la décision est prise de transformer la maladrerie en hôpital qui accueillera les pestiférés, mais le nom de « maladrerie » persistera. La situation géographique a peu changé depuis l'Antiquité et l'hôpital se situe toujours largement à l'écart du noyau urbain ; le quartier dans lequel il est implanté prendra progressivement le nom de Sanitas (« santé » en latin) ; cette dénomination perdure encore aujourd'hui. La résidence militaire et l'entrepôt vignette|Mention de la chapelle Saint-Lazare sur un plan de Tours du . À la fin du , la peste disparaît totalement de la région. En 1672, un édit royal décrète que l'hôpital sera rattaché aux ordres de Notre-Dame du Mont Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem ; il deviendra une résidence d'officiers relevant de ces ordres. Le , des lettres patentes de Louis XIV placent les bâtiments sous l'autorité de l'Hôtel-Dieu, dépendant du chapitre de la cathédrale Saint-Gatien de Tours. Au , ces bâtiments sont transformés en entrepôts pour la mise en quarantaine des marchandises. La vocation « sanitaire » du site, toujours situé en dehors du périmètre urbain, est maintenueLes quartiers de Tours situés au sud des boulevards Heurteloup et Béranger ne seront urbanisés qu'au milieu du , phénomène accéléré par l'arrivée du chemin de fer à Tours en 1846..
La rupture de la Révolution française À la Révolution, la maladrerie et la chapelle sont vendues comme biens nationaux. Les bâtiments sont vendus en deux lots. La chapelle redécouverte Après avoir été utilisée comme atelier à la fin du , victime d'un incendie en 1910, transformée en habitation et en dépôt, la chapelle est restée à l'abandon durant plusieurs décennies. Inscrite monument historique en 1987, objet de fouilles en 1993, la chapelle Saint-Lazare est réhabilitée lors de l'aménagement d'une résidence pour personnes âgées, inaugurée le . Des recherches ostéoarchéologiques publiées en 2021 ont également mis en évidence, parmi les individus inhumés dans la chapelle Saint-Lazare, des traces d’interventions chirurgicales. Ces observations contribuent à documenter les pratiques médicales en Touraine médiévale.
Architecture de la chapelle Saint-Lazare vignette|gauche|upright|Ancien chapiteau roman de la maladrerie. vignette|upright|Détail d'une baie romane La chapelle comprenait une nef principale de quatre travées terminée à l'est par une abside voûtée en cul-de-four. L'édifice mesurait alors de long sur de large. La chapelle fut agrandie par doublement de la nef à la fin du . Tout cet ensemble a été détruit par l'incendie de 1910.
Ne subsiste plus aujourd'hui que la façade ouest de l'édifice, très remaniée, sur laquelle on peut encore voir une fenêtre en plein-cintre ornée d'un arc mouluré. Les façades extérieures de la chapelle, plaquées de murs modernes, ne laissent plus rien apparaître de leur architecture originelle. Subsistent à l'intérieur de l'église de beaux éléments de décor (chapiteaux à palmettes, restes d'arcs à décor de dents de scie) ; ils sont inaccessibles au public.
Pour en savoir plus Bibliographie
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Articles connexes Tours Liste des monuments historiques de Tours Lazarets de Tours
Liens externes
Maladrerie Saint-Lazare, Partours - Université de Tours
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Patrimoine du XIIe siècle Catégorie:Monument historique à Tours Catégorie:Monument historique inscrit en 1987 Catégorie:Léproserie en France