La guerre d'indépendance de la Guinée-Bissau est une guerre qui a eu lieu en Guinée portugaise entre 1963 et 1974. Combat entre le Portugal et le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), un mouvement armé d'indépendance soutenu par Cuba et l'Union soviétique, la guerre est communément appelée « le Viêt Nam portugais » à cause du grand nombre d'hommes et de matériels dans un long et coûteux conflit de guérilla et à cause des troubles politiques internes générés au Portugal. La guerre prit fin quand le Portugal, après la révolution des Œillets en 1974, accorda l'indépendance à la Guinée-Bissau, puis au Cap-Vert un an plus tard.
Naissance du PAIGS
L’opposition à la domination portugaise avait commencé dans les années 1950. Le PAIGC est fondé en 1956 par Amílcar Cabral, Aristides Pereira, Abílio Duarte, Luís Cabral, Fernando Fortes et Elisée Turpin. C'est à l'origine un mouvement pacifique, dont la stratégie première est de demander aux Portugais de se retirer paisiblement de leurs colonies de Guinée et du Cap-Vert.
La stratégie pacifiste du mouvement est remise en cause par le « Massacre de Pidjiguiti » du 3 août 1959. Ce jour-là, les forces portugaises répriment dans le sang un mouvement de grève des dockers de Bissau, qu’elles soupçonnent d’être encouragé par la jeune formation politique. Une cinquantaine de personnes sont tuées.
Lutte armée 270px|vignette|Combattants du PAIGC proches de la ligne de front, en 1974. 270px|vignette|Combattante du PAIGC, en 1973. Confronté à la répression, le PAIGC organise une réunion secrète en septembre à Bissau pour décider d’une nouvelle orientation : l’accent est désormais mis sur les campagnes, le secrétariat sera transféré à l’extérieur du pays, le mouvement envisage tous les moyens pour libérer le territoire national, y compris la lutte armée.
Le mouvement se donne pour objectifs, au-delà de l'indépendance, l'éradication de la pauvreté et de la misère, à travers l'éducation, puis à travers le développement d'une agriculture et d'une paysannerie autosuffisante. La principale figure politique du parti, Amílcar Cabral, est influencée par le panafricanisme, ainsi que par le marxisme comme outil d’analyse des conditions historiques de la domination impérialiste, sans cependant prendre pour modèle l’Union soviétique. Il défend la « décolonisation des esprits » et le nationalisme culturel.
La Guinée devient la zone de repli du mouvement avec l’accord du président guinéen Ahmed Sékou Touré. Des camps d’entraînement permettent la formation des combattants tandis que les blessés sont accueillis dans les établissements guinéens. Conakry accueille le secrétariat du mouvement, une école maternelle liée au parti (fréquentée par des orphelins ou enfants de membres du PAIGC), une « École pilote » (Escola Piloto) chargée de former les futurs cadres du pays libéré, les studios de la radio Libertação dont la principale présentatrice sera Amélia Araújo (et qui a une déclinaison papier), ainsi qu'une prison surnommée « La Montagne ».
Le PAIGC déclenche la guerre de libération nationale. Après des débuts difficiles, l'insurrection s'appuie notamment sur le soutien des campagnes et de la paysannerie, alors que les villes étaient tenues par les colons. Les attaques, d’une redoutable efficacité, deviennent un piège pour les Portugais tant sur le plan humain que financier — au plus fort de la guerre le Portugal dépense plus de 50 % de son budget pour mater la « rébellion ». Des Casamançais traversent la frontière pour soutenir les Bissau-guinéens. Le PAIGC, soutenu par l’URSS et Cuba, contrôle deux tiers du pays et déclare l’indépendance le .
Fin 1970, un raid militaire, l’Opération Mer verte est lancé par le Portugal pour essayer d’éliminer la direction du PAIGC et le président guinéen Ahmed Sékou Touré. L'opération échoue, même si elle parvient à libérer des prisonniers retenus par le PAIGC et à détruire sa petite flotte militaire stationnée dans le port.
Lors de la guerre, l’armée portugaise a formé les commandos africains de Guinée qui enrôlaient des natifs. D’un effectif de 550 hommes, ces commandos faisaient partie de Africains enrôlés par l’armée portugaise dans sa lutte colonialiste en Guinée-Bissau, au Mozambique et en Angola« Colonisation. Les commandos de Guinée-Bissau », Afrique XXI, 12 septembre 2025..
Par anticommunisme et volonté de défendre les empires coloniaux européens, les services de renseignement français, le SDECE, coopérèrent avec la police politique portugaise, la PIDE, à partir de 1962 et ce jusqu'à la révolution des Œillets en 1974.
Notes et références
Guinée-Bissau Catégorie:Histoire de la Guinée-Bissau Guinée-Bissau * Catégorie:Guinée portugaise