La schola grégorienne, ou schola gregoriana en latin, est un chœur liturgique auprès du diocèse, du monastère ou du centre d'études, exécutant le chant grégorien, de sorte que ce chant historique soit conservé et promu dans la liturgie vivante.
À la suite de la restauration scientifique du chant, notamment celle de la deuxième moitié du selon les études sémiologiques, la création de la schola grégorienne est actuellement encore dynamique, surtout en Europe mais également dans d'autres pays.
Histoire Moyen Âge
S'il manque de documents en détail, la schola grégorienne existait théoriquement du ainsi qu'existe certainement depuis le .
La schola en Occident remonte au . Inspiré par la liturgie byzantine, saint Ambroise de Milan l'importa en effet pour les basiliques de cette ville, au lieu des célébrations uniquement assurées par les solistes auparavant. Cette implantation fut de nos jours archéologiquement établie.
Au regard de la schola grégorienne, il est difficile de fixer son origineEn effet, leur texte était identique tandis que l'appellation demeurait toujours le « chant romain » selon ce texte. De plus, à cette époque-là, la notation n'existait pas encore. Toutefois, dans ses œuvres, Amalaire mentionnait et distinguait bien ces deux chants., si l'on peut l'attribuer à la paroisse de Metz où la première école du chant romain fut établie. Car, il y existait une transition du chant vieux-romain vers le chant messin, en raison d'une résistance puissante des religieux et des fidèles contre la mélodie romaine assez étrange. Quelle que soit la musique, « pour l'unanimité de l'Église », l'usage du chant romain en latin selon le rite romain devint obligatoire dans tout le royaume de Charlemagne en 789, par Admonitio generalis de celui-ci. Il est probable que la schola grégorienne y fut désormais effectivement organisée, à la suite de cette ordonnance. Ainsi, le diocèse du Puy-en-Velay considère que leur chœur de la cathédrale remonte l'époque de Charlemagne, origine de la Maîtrise de la Cathédrale, rétablie en 1926 par Rousseau, musicologue grégorien..
Une décision définitive fut finalement adoptée par le pape Innocent III au début du . La Schola cantorum du Saint-Siège aussi devint schola grégorienne.
Puis, à la suite du mouvement de la Renaissance ainsi que de la Réforme protestante, le chant grégorien subit une modification considérable. Selon les disciplines adoptées par le concile de Trente, le Saint-Siège publia, entre 1614 et 1615, l'Édition médicéenne qui n'est plus considérée de nos jours comme chant grégorien, et assez proche du plain-chant. Certes, la schola existait toujours. Cependant, la schola grégorienne n'existait plus.
Schola grégorienne auprès de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes
En 1882, une véritable schola grégorienne fut fondée à l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes qui était en train de restaurer scientifiquement le chant grégorienDom Pierre Combre, Histoire de la restauration du chant grégorien d'après des documents inédits, p. 106 et 122 ; le 22 juin 1883, l'abbé de Solesmes Dom Couturier écrivit à Dom Mocquereau : « J'apprends avec plaisir que votre schola continue à y mettre bon zèle. » ; en 1889, Dom Mocquereau devint finalement direction générale de l'abbaye.. Son maître de chœur, Dom André Mocquereau, avait en effet été violoncelliste, avant d'arriver à Solesmes en 1875 - 123. Le deuxième abbé depuis cette année, Dom Charles Couturier, bénéficiait de son talent et encourageait son exécution. Cette création était si importante, car à cette époque-là, l'abbaye devait lutter contre l'opposition de l'édition de Ratisbonne, à savoir édition néo-médicéenne soutenue par le Saint-Siège, au lieu du chant grégorien restauré.
L'année suivante, en , une autre schola naquit, par hasard, à Rome. En profitant de l'arrivée de Dom Mocquereau cherchant les manuscrits dans les archives du Vatican, le Séminaire français de Rome lui demanda d'effectuer quelques sessions grégoriennes. Pour ces cours, ce moine de Solesmes organisa une schola provisoire composée d'une dizaine d'élèves. À la suite d'un grand succès de la célébration en grégorien du dimanche , le supérieur du séminaire décida de maintenir cette schola. Son exécution obtint immédiatement une immense réputation à Rome - 161.
Donc, le rétablissement de la schola grégorienne fut tout d'abord achevé par les religieux français. En 1927, dom Mocquereau put écrire dans son nouveau livre, concernant sa schola :
Dans l'année 1930 où dom Mocquereau décéda, la schola de Solesmes effectua ses premiers enregistrements du chant grégorienSolesmes 1930 sur abbayedesolesmes.fr, sous la direction de dom Joseph Gajard, et par la société GramophoneSite de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes .
Au , début de sa croissance
La circonstance sur la schola grégorienne n'était pas nécessairement favorable, même au .
Après que le pape Pie X avait été élu, le chant grégorien devint chant officiel de l'Église. Toutefois, l'accompagnement de l'orgue était habituel dans la première moitié du , vraisemblablement en raison de la caractéristique modeste de ce chant. En dépit de la recommandation du concile Vatican II en tant que première place du chant liturgique, l'usage de la langue courante empêchait d'exécuter le chant grégorien auprès de plupart des diocèses qui n'étaient pas autorisés.
Pourtant, dans la deuxième moitié, plusieurs évolutions apparurent, de sorte que la situation soit améliorée, et avant que le pape Benoît XVI ne supprime cette restriction en 2007.
D'abord, avec les études d'autres musiques anciennes, celles du chant grégorien furent évoluées dès les années 1960. Surtout, Dom Eugène Cardine et Dom Jean Claire de Solesmes renouvelèrent complètement et profondément la connaissance concernant la nature du chant grégorien, d'après les « enregistrements écritsp. 297 : « Pour dom Cardine, le neume est un « geste écrit », la main a suivi la voix, nous dirions un « enregistrement écrit » ; et il comprend que c'est cela qui nous est proposé de lire, puisque nous ne pouvons plus l'entendre. » », à savoir neumes anciens, utilisés avant que la notation en ligne ne soit adoptée. Grâce à ces études sémiologiques, le chant grégorien rétablit correctement ses caractéristiques rythmique et mélodique, de plus, théologique. En effet, on l'avait composé selon non seulement l'accentuation du latin mais aussi le sens du chaque mot de texte :
Cette évolution préparait désormais la création dynamique des scholæ grégoriennes par les musicologues ainsi que les musiciens. Par exemple, Mary Berry fonda en 1975 la Schola grégoriana of Cambridgehttp://www.scholagregoriana.org/index.php?option=com_content&view=article&id=2&Itemid=102 qui gardait précieusement une collaboration avec l'abbaye de Pontigny en Bourgogne, en raison d'une longue histoire entre les deux pays de ce monastère« L'Association des amis de Pontigny donne encore, à cette date, d'excellents concerts de musique anglaise ancienne dans l'abbatiale. Parfois avec la présence de Mary Berry et sa Schola Gregoriana of Cambridge. » ; Jean-François Leroux-Dhuys, Les abbayes cisterciennes en France et en Europe, p. 298, éditions Place des Victoires, Paris 1998.
Ensuite, à cette époque-là, la formation des chefs de chœur et des maîtres de chapelle dont les scholæ ont besoin était également avancée. En France, c'était notamment le chanoine Jean Jeanneteau († 1992), ancien professeur de physique à l'université catholique de l'Ouest, qui contribua à promouvoir cette formation, auprès des ainsi qu'en dehors des monastères. Dom Cardine, quant à lui, enseigna aux étudiants la sémiologie grégorienne ainsi que l'interprétation correcte à l'Institut pontifical de musique sacrée. Devenu le deuxième centre d'étude grégorienne après Solesmes, cet institut à Rome donna naissance à l'Association internationale d'étude du chant grégorien (AISCGre) en 1975, créée par des disciples de dom Cardine. Ses membres sont capables non seulement d'étudier ce chant mais également de diriger les scholæ. Ainsi, Alexander Markus Schweitzer créa plusieurs scholæ en Allemagne et en Italiehttp://www.gregoriana.lt/page.asp?lang=eng&p=86 ainsi que dirige le Consortium Vocale auprès de la cathédrale d'Oslo depuis 1998http://consortiumvocale.no. Cette schola grégorienne se compose évidemment des Luthériens à la capitale de la Norvège mais se consacre uniquement au chant grégorien. De plus, le conseil des arts de Norvège soutient cet ensemblehttps://www.2l.no/files/2L43SACD_ebook.pdf, car il s'agit de l'origine de toute la musique européenne.
Donc, la valeur culturelle du chant grégorien est aujourd'hui appréciée par des administrations, grâce aux études sémiologiques établies. Le premier personnage qui la distingua était vraisemblablement Jacques Duhamel, ministre des affaires culturelles : « Notre soutien est tout acquis au projet de Centre international du chant grégorien, qui constitue la source de la musique occidentale. C'est en effet une idée qui m'est chère, car le grégorien doit être conservé, perpétué et aidé. » D'après cette intention officielle, les centres d'études grégoriennes et de la musique traditionnelle furent créés, en 1975, à l'abbaye de Sénanque, à l'abbaye de Fontevraud ainsi qu'à Metz. Le premier objectif était notamment former des musiciens professionnels et qualifiés, afin d'établir les cours de ce chant dans chaque conservatoire de Francep. 314 - 315. Ensuite, le ministère soutint une exposition « Le chant grégorien, une tradition millénaire. » Elle fut tenue du au à Paris, à la chapelle de la Sorbonnehttp://www.univ-nancy2.fr/MOYENAGE/UREEF/MUSICOLOGIE/CMN/bibcmn.htm - Exposition " Le chant grégorien, une tradition millénaire ". En outre, une schola grégorienne naquit au Mans, à la suite de l'exposition.. Puis, en 1982, Marcel Pérès organisa sa schola Ensemble Organum à Sénanque. De 1985 à 2020, le cours du chant grégorien auprès du Conservatoire national supérieur de Paris, établi par Jacques Duhamel dont la sœur est pianiste Monique Duhamel - 14, est confié à un membre du Chœur grégorien de Paris« Histoire du chœur et de son fondateur » sur choeurgregoriendeparis.fr (consulté le 29 avril 2023)..
Dorénavant, la situation devint favorable pour créer et maintenir les scholæ grégoriennes.
De nos jours, son optique
En Europe, un nombre considérable d'ensembles vocaux exécutent aujourd'hui le chant grégorien, en étudiant les neumes anciens et même la théologie (voir Chant grégorien § Principaux ensembles vocaux interprétant le chant grégorien). Ce phénomène auprès des musiciens ne peut être expliqué qu'en parlant de la qualité extraordinaire de ce chant.
En 1895, le patriarcat de Venise Giuseppe Melchiorre Sarto, qui avait exceptionnellement été nommé comme direction de la schola grégorienne durant sa dernière année de séminaire à Padoue, publia à la basilique Saint-Marc un document concernant les disciplines de la musique liturgique :
Dans l'histoire de la musique liturgique de l'Église, il s'agit donc des deux sommets.
Devenu Pie X en 1903, il commença une véritable centralisation de la liturgie de l'Église. Cette dernière ne connut que les deux centralisations : celle de l'époque du règne de Charlemagne et celle de saint Pie X. Et elles furent parachevées grâce à la création, puis, à la restauration du chant grégorienhttp://palmus.free.fr/session_2004.pdf Daniel Saulnier, Session de chant grégorien II : La mélodie, 2004, p. 70. La qualité du chant grégorien en tant que sommet, c'est précisément la raison pour laquelle les musiciens de nos jours sont charmés et l'étudient. Cela est exactement ce que Dom Cardine de Solesmes prévoyait au , à la suite de ses études sémiologiques :
Alors qu'il existe une immense évolution par les musiciens, la pratique de la liturgie grégorienne demeure moins dynamique que ceux-ci.