thumb|300px|right|La synagogue au début du La ville d'Ulm, située dans le Land de Bade-Wurtemberg, a connu une communauté juive florissante au Moyen Âge, avant que celle-ci soit expulsée. La communauté moderne date du et a été annihilée par les nazis lors la Shoah.
La synagogue a été inaugurée en 1873, et après avoir été légèrement endommagée par un incendie déclenché par les nazis lors de la nuit de Cristal du au , elle est rasée sur ordre du maire d'Ulm fin 1938-début 1939.
Histoire de la communauté juive Au Moyen Âge La première mention de l'existence de Juifs à Ulm se trouve dans le cahier des taxes impériales de 1241, dans laquelle les habitants juifs d'Ulm sont enregistrés avec une faible montant d'impôt de six marks, comparé aux 30 marks payés par la communauté juive d'Esslingen et aux 150 marks payés par celle de Worms. Quelques années auparavant, vers 1236-1238, un marchand juif d'Ulm, Yosef bar Moshe, a donné à Wurtzbourg une Bible magnifiquement décorée, qui est de nos jours conservée à la bibliothèque Ambrosienne de Milan sous le nom de Bible ambrosienne. La plus ancienne pierre tombale juive d'Ulm date de l'année 1243 et le cimetière juif est mentionné la première fois en 1281. La communauté grandit durant la seconde moitié du , et au , Ulm devient un centre religieux pour les Juifs des environs.
Le , lors des pogroms pendant l'épidémie de peste noire, la communauté juive est massacrée. Dans la seconde moitié du , des Juifs se réinstallent en ville et créent une nouvelle communauté. À la fin du , les Juifs d'Ulm occupent une place importante dans la vie économique de la ville. Un Juif Jäcklin est le plus grand bailleur de fonds de la ville et finance les acquisitions territoriales de la ville et probablement aussi en 1377, le début de la construction de la cathédrale d'Ulm: Ismar Elbogen: Die Geschichte der Juden in Deutschland; éditeur: Athenäum; Francfort-sur-le-Main; 1988; page: 83 et suivantes; .
L'influence économique des Juifs baisse progressivement après l'avènement du roi Venceslas en 1378. Ils sont soumis à de nombreuses taxes, et subissent de plus en plus de contraintes dans l'exercice de leur fonction. En 1394, la guilde des orfèvres d'Ulm interdit aux Juifs le commerce de l'or et de l'argent. Les Juifs n'ont plus le droit d'employer des ouvriers chrétiens. En 1421, ils se voient interdire le commerce alimentaire et en 1425, celui de la laine et du coton. En 1478, l'impôt exigé des Juifs triple et passe de deux à six florins.
En 1493, la ville impériale demande à l'empereur d'expulser les Juifs de la ville. Leur expulsion a lieu six ans plus tard en 1499. Cette interdiction de séjourner en ville sera maintes fois renouvelée, entre autres en 1541, 1561 et 1571.
Aux avant le nazisme Ce n'est qu'au que se recrée une communauté juive. En 1806, Heinrich Röder (anciennement Harburger), originaire de Munich, s'installe en ville, suivi en 1815 par Seligmann Guggenheim d'Hechingen. En 1823, 13 Juifs habitent à Ulm. Ils seront 12 en 1831; 19 en 1843 et 57 en 1854. Les Juifs d'Ulm dépendent de la communauté juive de Laupheim, ville distante de 22 km, jusqu'en 1856, date à laquelle, ils peuvent former leur propre communauté.
Quand on voit une maison de prière communautaire, une école et plus précisément une école religieuse, un cimetière, disponibles dès à présent pour la communauté locale, qui aurait pu le croire! Il y a encore 50 ans, à Ulm, une ville impériale, comme dans de nombreuses autres de ses consœurs, aucun Israélite ne vivait alors dans ses murs. Depuis 1805, grâce à l'esprit éveillé de l'humanité, 20 familles ont établi ici leur domicile. Parmi eux quelques fabricants, quelques commerçants, quelques grossistes, un joaillier. Un est un médecin très respecté, un autre un avocat et notaire populaire. En 1806, bénéficiant d'une très haute protection, un Juif est accueilli au sein de la communauté civile, et en 1815 un second le sera. Ces familles forment la base de la communauté juive: Magazine Allgemeinen Zeitung des Judentums du 10 juillet 1854. Dès la moitié du , le nombre d'habitants juifs à Ulm progresse rapidement. En 1858, on compte déjà 230 habitants juifs; en 1861 on atteint 327, en 1867 394; en 1871 on a 555 juifs correspondant à 2,1 % des d'Ulm; en 1875 692 habitants juifs. Le nombre maximum est atteint en 1880 avec 694 Juifs soit 2,1 % des d'Ulm. À partir de cette date, le nombre d'habitants juifs se stabilise puis va décroître lentement: 667 en 1885; 664 en 1890 soit 1,8 % de habitants; 643 en 1895; 609 en 1900 soit 1,7 % de ; 613 en 1905; 588 soit 1,0 % de en 1910.
La communauté possède une synagogue, une école juive initialement une école religieuse, puis école primaire pendant la période nazie et un cimetière juif. Un enseignant est initialement engagé qui occupe en même temps le poste de Hazzan (chantre), de Shohet (abatteur rituel) et d'officiant. Le premier enseignant est Simon Einstein de Laupheim qui est nommé en 1845 administrateur-chantre de lIsraelitischen Oberkirchenbehörde d'Ulm. À partir de 1889, Ulm devient le siège d'un rabbinat avec successivement comme rabbin le Seligmann Fried qui exerce jusqu'en 1906, auquel succède de 1906 à 1915 Jesajas Straßburger, puis de 1916 à 1927 le Ferdinand Straßburger, et de 1928 à 1939, le Julius Cohn, dernier rabbin d'Ulm avant la Seconde Guerre mondiale.
Lors de la Première Guerre mondiale, la communauté juive perd 20 de ses membres, tués au front.
D'après le recensement de 1925, la communauté compte en 1924, 565 personnes, soit 1% de la population totale de d'Ulm,. Ses présidents sont les avocats Benno Gump et Hirsch II, Moritz Nathan, Emil Mayer, Alfred Wolf et Julius Hilf; son administrateur Leopold Hirsch, le chantre et professeur de religion Abraham Adler. Celui-ci avec le rabbin Straßburger, donnent des cours de religion à 85 élèves.
La communauté est très active dans le domaine social. Elle possède plusieurs associations caritatives: la Israelitischer Männerverein (Association israélite des hommes) aussi dénommé la Israelitischer Wohltätigkeitsverein (Association de bienfaisance israélite), fondée en 1857, dont le but est l'aide aux personnes dans le besoin et l'aide à la recherche d'un emploi, avec en 1924, sous la direction de Jakob Guggenheim, 225 membres, et en 1932, sous la direction de Julius Strauß, 145 membres; la Israelitischer Frauenverein (Association israélite des femmes), fondée en 1847, dirigée de 1924 à 1932 par Sophie Levy, avec 198 membres, la Israelitischer Armenverein (Association israélite pour les pauvres) ou Israelitischer Wanderarmenverein (Association israélite pour les pauvres migrants), fondée en 1895, dont le but est l'aide et les soins aux migrants, avec en 1924, sous la direction du rabbin Straßburger, 225 membres et en 1932, sous la direction du rabbin Cohn, 170 membre; une Jüdischer Jugendbund (Organisation juive des jeunes) avec 25 membres en 1924 sous la direction d'Else Natanson ; la Israelitischer Leseverein (Club de lecture israélite), sous la direction en 1924 de l'avocat Moos avec 180 membres; une section locale de la Central-Verein deutscher Staatsbürger jüdischen Glaubens (Association centrale des citoyens allemands de confession juive) sous la direction aussi de l'avocat Moos, avec en 1924 176 membres; une section locale du Reichsbundes jüdischer Fronsoldaten (Organisation impériale des soldats juifs du front) dirigée en 1924 par le Hirsch. Toutes les associations caritatives, fusionnent en 1924 pour former l'''Örtliche Zentrale für jüdische Wohlfahrtspflege (Bureau central d’aide social juif).
À la communauté juive d'Ulm sont rattachés les habitants juifs d’Heidenheim (27 personnes en 1924), d'Herrlingen et de Neu-Ulm (40 personnes en 1924). Quelques personnes juives vivent aussi dans d'autres communes aux alentours d'Ulm, comme Söflingen, Wiblingen ou Gerstetten.
En 1935, le président de la communauté est toujours l’avocat Benno Gump. Le conseil a établi plusieurs comités: le comité des bâtiments dirigé par Emil Mayer ; le comité de la protection sociale dirigé par le rabbin, Cohn ; le comité du cimetière. Durant l'année scolaire de 1931-1932, 74 enfants reçoivent un enseignement religieux.
Dès le début des années 1920, l'antisémitisme trouve de plus en plus d'adeptes à Ulm.
La période nazie
En 1933, à l'arrivée au pouvoir des nazis, 516 Juifs vivent à Ulm, représentant à peine 0,83 % des de la ville. En raison du boycott économique, de la privation des droits civiques et de la répression de plus en plus brutale, Nombreux sont ceux qui quittent la ville ou émigrent à l'étranger. Le journal nazi Ulmer Sturm conduit une campagne de presse contre les citoyens juifs de la ville. Le directeur du Musée municipal, le professeur Julius Baum, qui avait rendu des services exceptionnels pour la vie culturelle de la ville pendant les années de la République de Weimar, est relevé de son poste. La rue dénommée Albert Einstein depuis 1929, est rebaptisé Fichte-Straße. À Ulm, aucune trace ne doit rappeler le grand scientifique, dont le nom et la réputation sont vilipendés à chaque occasion.
La municipalité pratique une politique d'expulsion active. Elle annule les contrats de locations et supprime les entreprises juives de la liste des fournisseurs de la ville. Au printemps 1936, environ 35 élèves juifs sont chassés de l'école publique. La communauté juive met alors en place sa propre école primaire. Les élèves exclus des écoles secondaires suivent les cours en internat à l'école juive de campagne d'Herrlingen, située à quelques kilomètres d'Ulm.
En octobre 1938, 17 Juifs de citoyenneté polonaise sont déportés. Lors de la nuit de Cristal, du 9 au , la synagogue est partiellement incendiée et de nombreux habitants juifs malmenés. 29 sont arrêtés et enfermés dans la prison de la police dans la Griesbadgasse avant d'être déportés à partir du dans le camp de concentration de Dachau. Julius Barth y décède en raison des mauvais traitements subis.
Des 530 Juifs vivant à Ulm en 1933, 331 émigrent avant 1941, dont 169 vers les États-Unis, 55 vers la Palestine et 49 vers l'Angleterre. À partir de 1939, il n'y a plus de commerces juifs en ville. Le nombre d'habitants juifs passe au cours de l'année 1939 de 185 à 115 personnes réparties en 46 familles. Depuis l'été 1939, les Juifs doivent se regrouper dans quelques Judenhäuser (maisons des Juifs), situées au 3 Ensinger Straße, au 1 et 15 Neutorstraße, au 9 Schuhhausgasse, au 54 Beyerstraße et au Weinhof. La plupart d'entre eux, déportés au ghetto de Theresienstadt y trouveront la mort.
Le mémorial de Yad Vashem: Base de données des victimes de la Shoah; Mémorial de Yad Vashem. de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945: Recherche de noms de victimes dans le Gedenbuch; Archives fédérales allemandes. (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient 186 habitants nés, ou ayant vécu longtemps à Ulm parmi les victimes juives du nazisme. Après la guerre un camp de réfugiés situé près de la ville accueillera entre 1000 et 1200 Juifs survivant des camps. À Ulm, une petite communauté juive se reforme.
Histoire de la synagogue Au Moyen Âge La synagogue de la communauté du Moyen Âge est située dans la Judenschulhof (cour de l'école des Juifs), qui se nomme encore de nos jours Judenhof (cour des Juifs). En plus la communauté possède un Mikve (bain rituel), une synagogue pour les femmes, une école juive et une maison de danse juive, détruite en 1349, qui se trouvait probablement à l'emplacement du bâtiment actuel 8 Judenhof.
Les salles de prière