vignette|240x240px| Logo Runet, symbole des principaux sites fréquentés par les internautes russes.
Internet en Russie est utilisé en 2018 par environ 80 % de la population.
La communauté russophone sur Internet et les sites Web est appelée Runet.
Historique
Premiers essais
vignette|Plaque du VNIIPAS filmée en 1988 par Anatole Klyosov. Rétrospectivement, on peut faire remonter les premiers réseaux de données en langue russe à l'utilisation du courrier et au journalisme en Russie. Les transferts d'informations s'appuient alors sur le télégraphe et la radio. En 1837, la nouvelle de science fiction 4338-й год: Петербургские письма (L'An 4338 : Lettres de Pétersbourg) du philosophe russe Vladimir Odoevsky, prédit un monde de maisons connectées par des télégraphes magnétiques qui permettent à des personnes vivant éloignées les unes des autres de communiquer, et des journaux domestiques ayant remplacé la correspondance classique, contenant des informations au sujet de la santé des hôtes, les nouvelles des proches, diverses réflexions et commentaires, des petites inventions et des invitations — Mosnews.com, 10.10.2005 (copy at Archive.org)..
Les premiers systèmes informatiques se sont fait connaître en URSS durant les années 1950. À partir de 1952, les travaux sont menés par l'Institut de mécanique de précision et d'informatique moscovite, dirigé par Sergueï Lebedev, sur un systèmes de défense antimissile automatique utilisant un réseau d'ordinateurs qui calculait des données radar sur des missiles de test grâce au M-40, une machine centrale, échangeant des informations avec des terminaux plus petits distants de . Les scientifiques s'appuient sur différents sites dans toute l'URSS pour leurs travaux, le plus grand étant Sary Chagan, un site de tests à l'ouest du lac Balkhach. Au même moment, des radioamateurs procédaient à des connexions en pair-à-pair (P2P) avec leurs camarades du monde entier en utilisant des codes de données. En 1972, l'Express, un vaste réseau de données automatisé, est lancé pour satisfaire les besoins du chemin de fer russe.
Le OGAS (russe : Общегосударственная автоматизированная система учёта и обработки информации, "ОГАС", « Système national automatisé de calcul et de traitement de l'information ») fut un projet soviétique visant à créer un réseau informatique national. Le projet commença en 1962, mais ne reçut pas le financement nécessaire en 1970.
À partir du début des années 1980, l'Institut de Recherche et de Sciences des Systèmes Automatisés Appliqués d’URSS (VNIIPAS) travaille sur l'implémentation de connexions de données en utilisant le protocole de télécommunication X.25 pour créer l'Academset couvrant toute l'URSS. En 1982, un test de connexion soviétique à l'Autriche est réalisé.
En 1982, il n'existe en Union des républiques socialistes soviétiques qu'un seul ordinateur relié au monde extérieur par un modem, situé dans les locaux extrêmement sécurisé de l’Institut de recherche en informatique (VNIIPAS), dans le centre-ville de Moscou..
En 1982 et 1983, une série de conférences d'envergure mondiale sur l'informatique au VNIIPAS est initié par l'Organisation des Nations unies où l'URSS est représentée par une équipe de scientifiques de nombreuses républiques soviétiques et dirigée par le biochimiste Anatoly Klyosov. Les autres pays participants sont le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, la Suède, l'Allemagne de l'Ouest, l'Allemagne de l'Est, l'Italie, la Finlande, les Philippines, le Guatamela, le Japon, la Thaïlande, le Luxembourg, le Danemark, le Brésil et la Nouvelle-Zélande Двадцать лет спустя, или как начинался Интернет в Советском Союзе — expanded article , paru initialement dans le magazine Ogoniok, №45, 2001..
En 1983, le San Francisco Moscow Teleport (SFMT) est lancé par le VNIIPAS et une équipe américaine composée de Joel Schatz, Michael Kleeman et Chet Watson avec le soutien financier initial de Henry Dakin. Le SFMT fournit un service de courriel grâce à la plateforme PeaceNet et une prise en charge multilingue. Elle permettait également la transmission d'images vidéo à balayage lent entre les deux pays"Slow Scan to Moscow", Adam Hochschild, Mother Jones, 1 June 1986., ce qui a permis à des médecins de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA) dont Bob Gale de soigner des patients exposés à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Ces projets sont à l'origine d'une entreprise commerciale de fournisseur de téléphonie et de données Sovam Teleport dans la fin des années 1980. Le 1 , un canular est diffusé sur le réseau Usenet à propos de Kremvax, un soi-disant site du Kremlin. Dès 1988, on rapporte des connexions Internet spontanées (UUCP et telnet) depuis des foyers soviétiques par X.25. En 1990, GlasNet, une initiative non commerciale de l'Association pour le progrès des communications américaine, finance l'utilisation d'Internet pour plusieurs projets éducatifs en Union soviétique grâce à Sovam.
Usage de masse vignette|Conférence « Internet et la Science : 15 ans ensemble » à l'institut Kourtchatov le 10 novembre 2005. Entre 1990 et 1991, le réseau Relcom s'est étendu très rapidement. Ce réseau est fondé par Alexeï Soldatov, un ingénieur de l'Institut Kourchatov de recherche nucléaire ayant obtenu de sa hiérarchie l'utilisation d'une ligne téléphonique internationale automatique, système qui était d'ordinaire réservé à la haute Nomenklatura. Soldatov connecte à cette ligne une première passerelle vers Helsinki qu'il surnomme Kremvax, un clin d'oeil au canular de 1988. Rapidement, Relcom compte plusieurs centaines d'abonnés répartis dans toute l'Union Soviétique et devient dès 1990 le gestionnaire du TLD de l'Union Soviétique, le .su. Relcom a rejoint EUnet et est utilisé pour diffuser à l'échelle mondiale des informations à propos de la tentative de coup d'État de Moscou, alors que les putschistes tentaient dans le même temps de supprimer les informations dans les médias de masses à l'aide du KGB. Après la dislocation de l'URSS, beaucoup de structures contrôlées par l'État soviétique sont transférées à la fédération de Russie, et parmi elles, les vastes réseaux téléphoniquesRussian Telecommunications: Crisis Creation of Infrastructure in 1992 —1992 study by Gordon Cook, a telecom analyst. Avec la transformation de l'économie, les industries des télécommunications fondées sur le modèle de l'économie de marché se sont développées rapidement ; divers fournisseurs d'accès à Internet sont apparus.
Dans le même temps, le premier nœud russe FidoNet a démarré en à Novossibirsk et l'URSS a été incluse dans la région 50 de FidoNet. L'activité russe sur FidoNet contribue au développement du Runet, alors que la mise en réseau de masse s'appuie sur les « Bulletin board systems » (BBS), bien plus populaires qu'Internet pendant un temps, au début des années 1990.
En , la Fondation nationale pour la science commence à permettre aux pays du Bloc de l'Est à se connecter au réseau global TCP/IP, c'est-à-dire à Internet, à proprement parler.
Au milieu des années 1990, les réseaux informatiques apparaissent dans de nombreuses branches de la vie quotidienne et du commerce dans les États post-soviétiques ; TCP/IP remplace UUCP. Internet devient un moyen de communication populaire pour tous les locuteurs du russe du monde entier. Les réseaux nationaux, les fameux nets, des anciennes républiques soviétiques commencent à apparaître : Uznet, Kaznet et d'autres. Sovam Teleport fournit des connexions Swift aux banques au début des années 1990.
En , le premier vice-président du gouvernement Dmitry Medvedev annonce que toutes les écoles en Russie (environ ) sont connectées à Internet, mais il est fait publiquement état de problèmes avec un des prestataires de service. En , à la suite de l'affaire Ponosov liée à l'usage de logiciels Microsoft sans licence dans une école russe. Des tests de déploiement dans des écoles du kraï de Perm, au Tatarstan et dans l'oblast de Tomsk sont annoncés afin de déterminer la faisabilité d'implémenter des solutions basées sur une distribution russe de Linux pour l'éducation dans d'autres régions du pays. Durant les années suivantes, les résultats sont jugés positifs, mais de nouveaux problèmes organisationnels sont apparus, notamment des zones d'ombres sur la distribution des fonds attribués par l'État Заявление "Альт Линукс" о внедрении СПО в школах России — ALT Linux, 15/06/2009. Par la suite, il n'y a pas eu d'usage massif de Linux dans les écoles russes, mais la seconde moitié de l'année 2010 a vu des institutions liées à l'État et des entreprises commencer à implémenter massivement Astra Linux au lieu de Microsoft Windows, arguant que Windows n'est pas un logiciel sûr et pourrait être utilisé pour sanctionner la Russie.
Depuis 2009, le site « Services de l'État » (Госуслуги) est devenu un site de référence en ligne pour fournir des services numériques de l'État pour les citoyens russes. Un passeport de la Fédération de Russie est nécessaire pour s'inscrire. Plus de 100 millions d'utilisateurs sont inscrits en 2019, soit environ de la population russe.
Selon les statistiques du Conseil Européen, dans la seconde moitié de 2012, le nombre de personnes ayant souscrit à une connexion en FTTH (fibre jusqu'à l'habitation) en Russie a augmenté de , soit davantage que les de l'Union Européenne réunis. Le nombre total de foyers avec une connexion FTTH était de . En 2012, cela signifie que plus de des utilisateurs d'une connexion fixe haut-débit étaient connectés par la fibre optique.
La Russie est parvenue à d'importants progrès sur la connexion haut-débit de ses citoyens. La connexion haut-débit mobile est proche des moyennes des économies avancées (60 abonnements actifs pour 100 habitants). Le taux de pénétration des téléphones mobiles est un des plus élevés au monde. La Russie est un leader mondial dans l'accessibilité financière des connexions fixes haut-débit ; les coûts d'abonnements respectent le critère d'accessibilité financière définie par l'Union internationale des télécommunications, c'est-à-dire qu'il représente moins de du revenu national brut par habitant. Le débit de connexion moyen à Internet en Russie est de , soit plus du double de la moyenne mondiale.
Toutefois, la Russie continue de faire face à des défis liés à la fracture numérique, à la connectivité des zones rurales et isolées. La pénétration des connexions fixes haut-débit est très forte à Moscou et faible dans la république tchétchène. Étant donné la taille énorme de la Russie et les différents niveaux de développement, la fracture numérique persiste.
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