Léglise Saint-Germain de Mont-l'Évêque est une église catholique paroissiale située à Mont-l'Évêque, dans l'Oise, en France.
Elle succède à une église attestée avant le milieu du , et dont plus aucun vestige ne subsiste. La construction de l'église actuelle est probablement due à Guérin, évêque de Senlis, quand celui-ci établit la résidence rurale des évêques de Senlis à Mont-l'Évêque au cours des années 1220. Cependant, les parties remontant à cette époque sont peu nombreuses et se limitent à la nef et à l'ancien croisillon nord. En effet, la guerre de Cent Ans endommage l'église, et pendant la première moitié du , elle est en grande partie reconstruite dans le style gothique flamboyant. De cette époque, date notamment le chœur avec ses collatéraux, qui séduit par son élancement, son élégance et le dessin varié de ses voûtes à liernes et tiercerons. D'intéressants détails sculptés se découvrent également à l'extérieur. La première travée du chœur est toutefois moins élevée et plus sobre, car il s'agit de l'ancien transept remanié. En revanche, le bas-côté de la nef, dont les deux chapiteaux des grandes arcades sont les seuls éléments dignes d'intérêt, ainsi que la façade occidentale, datent également de la première moitié du . Le clocher trapu, mais d'une architecture néanmoins soignée, a été bâti en 1634 au sud de la dernière travée de la nef. Ensuite, la décoration néogothique de l'église au a profondément modifié son caractère, en particulier celui de la nef et du bas-côté, qui ont été munis de fausses voûtes.
L'église Saint-Germain a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du .. Elle fait aujourd'hui partie de la communauté de Chamant / Barbery / Mont-l'Évêque de la paroisse Saint-Rieul de Senlis. Les messes dominicales y sont célébrées de mai à septembre, sauf le premier dimanche du mois.
Localisation thumb|left|Vue depuis le sud (rue de Meaux).
L'église Notre-Dame est située en France, en région Hauts-de-France et au sud du département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, sur le territoire de la commune de Mont-l'Évêque, rue de l'Église / route de Nanteuil (RD 330), au nord du village. C'est une position en périphérie du village ancien, qui est un village-rue se développant le long de l'ancien tracé de la RN 330, la rue de Meaux, dans un sens est-ouest. La façade occidentale donne sur la rue de l'Église, et l'élévation méridionale ainsi que le chevet donnent sur une grande pelouse plantée de tilleuls, délimitée par la rue de l'Église, la route de Nanteuil, et la rue Bellotte, à l'est. Au sud, des propriétés privées s'approchent de près des murs de l'église, et ne laissent libres qu'un étroit passage. On peut ainsi faire le tour de l'église, mais il est impossible de la contempler dans son ensemble depuis le sud.
Histoire thumb|Vue d'ensemble depuis le nord-ouest au début du .
Une église paroissiale à Mons est attestée pour la première fois par un acte datant de 1042 environ, par lequel Guy le Bon, évêque de Senlis, donne le patronage de la cure au chapitre de l'église Saint-Rieul de Senlis. Le chapitre ne nomme toutefois à la cure que lors de la vacance du siège épiscopal de Senlis. Les terres de Mons ou Mont-le-Roi appartiennent primitivement au domaine royal. Vers 1220, Guérin, évêque de Senlis et futur chancelier de France, obtient du roi Philippe Auguste la cession de ces terres afin d'y établir la résidence rurale des évêques de Senlis. Ainsi les évêques de Senlis deviennent les seigneurs du lieu, et son appellation évolue vers Mont-l'Évêque. Il est avéré que Guérin fait reconstruire le château, où il fonde une chapelle dédiée à sainte Marie-Madeleine en 1221. Aucun document d'archives n'évoque la construction de l'église actuelle, mais le profil des ogives de la voûte de l'ancien croisillon nord et les fenêtres à lancette simple du croisillon et de la nef indiquent le début du . On suppose donc généralement que la fondation de l'église actuelle est également due à Guérin, et elle s'explique facilement par la volonté de donner au village une église à la hauteur de sa nouvelle fonction. L'on ignore malheureusement si l'église est dédiée à saint Germain d'Auxerre ou saint Germain de Paris. À l'intérieur de l'église, une chapelle dédiée à saint Nicolas formait jadis un bénéfice distinct.. thumb|Voûte aux clés armoriées (Delfau de Pontalba à gauche et Almonaster Y Rojas à droite) de la dernière travée du collatéral sud. thumb|Vue d'ensemble depuis le nord-est.
L'église est fortement endommagée sous la guerre de Cent Ans, peut-être sous la bataille de Montépilloy le . Elle est en grande partie rebâtie pendant la première moitié du , et notamment pendant le second quart du siècle si l'on juge d'après les formes en plein cintre des réseaux des fenêtres, qui trahissent déjà l'influence de la Renaissance. De cette époque, datent l'unique bas-côté, au nord de la nef, ainsi que le chœur et ses collatéraux. Le croisillon sud est quant à lui remanié. Le clocher est ajouté en 1634 seulement, et occupe une position latérale au sud de la nef, devant le collatéral sud du chœur. On ne peut exclure qu'un clocher existait auparavant au-dessus de la croisée du transept, ce qui est la règle dans la région ; ce clocher a pu être détruit lors de la bataille du qui eut comme résultat la levée du siège de Senlis, dans le contexte de la guerre de la Ligue. La croisée du transept est devenue la première travée du chœur. Par sa voûte, elle est assimilée à la nef. Pendant la seconde moitié du en effet, la nef et le bas-côté sont pourvues de fausses voûtes dans le goût néogothique et changent profondément de caractère. Il y a une ressemblance des voûtes du bas-côté avec celles de la nef de Chamant. Le chœur est redécoré grâce à la famille de Pontalba, propriétaires du château... Elle fait appel à l'architecte et décorateur Philippe Bruslé, de Senlis.. L'église est inscrite aux monuments historiques dans son ensemble par arrêté du . Selon Dominique Vermand, qui a étudié la plupart des églises de la région, aucune partie de l'église n'est datable du et du , contrairement à ce qu'indique le dossier de protection..
Le siège épiscopal de Senlis n'est plus pourvu après la Révolution française. Le département de l'Oise est provisoirement rattaché tout en entier au diocèse de Beauvais, qui perd ses territoires à l'extérieur du département. Le concordat de 1801, qui officialise la légalisation de la pratique du culte, apporte le rattachement de l'Oise au diocèse d'Amiens. Depuis le rétablissement du diocèse de Beauvais en 1822, la paroisse de Mont-l'Évêque en fait définitivement partie. Elle est annexée à la paroisse de Chamant au , puis celle-ci perd à son tour son indépendance avec la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses en 1996 et l'intégration dans la paroisse Saint-Rieul de Senlis.. C'est une très grande paroisse qui regroupe l'ancienne ville épiscopale et seize petites communes des environs, dont deux (Chamant et Rully) possèdent deux églises, et un village (Villeneuve-sur-Verberie) en compte même trois. Du fait de l'étendue du secteur et grâce à la présence de plusieurs curés déjà âgés qui restent sur place, la paroisse Saint-Rieul est organisée en six communautés, qui fonctionnent comme les anciennes paroisses. En l'occurrence, le service paroissial continue longtemps d'être assuré par le père Gérard Noblet, curé de Chamant. Né le à Paris, il est ordonné prêtre en 1947, est muté à Londres en 1965, avant d'être nommé curé de Chamant en 1981. Le père Gérard Noblet prend sa retraite en 2004, mais reste actif jusqu'à sa mort le .. Désormais le service paroissial est assuré par un prêtre de Senlis. Les messes dominicales sont célébrées à 11 h 15, avec une interruption au mois d'août. Elles ont lieu à Mont-l'Évêque de mai à septembre, sauf le premier dimanche du mois quand elles se tiennent à Barbery.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
L'église n'est pas régulièrement orientée, et montre une nette dérivation de son axe vers le sud-est du côté du chevet. Le plan de l'édifice n'est pas symétrique le long de son axe. Il se compose d'une nef de quatre travées accompagnée d'un unique bas-côté au nord ; d'un chœur de trois travées se terminant par un chevet à trois pans ; de deux collatéraux du chœur de trois travées également, et se terminant par des chevets plats ; et d'un clocher à l'angle entre nef et collatéral sud. Sa base est utilisée comme sacristie. La première travée du vaisseau central du chœur a la même hauteur que la nef. Les deux autres travées et l'abside dépassent nettement en hauteur la nef. La seconde travée est plus profonde que les autres, et son collatéral nord est provisoirement cloisonnée par des murs de tous les côtés, ce qui fait apparaître la dernière travée comme une chapelle indépendante. — La nef est recouverte d'une fausse voûte en berceau brisé, ainsi que la première travée du chœur, tandis que le bas-côté de la nef possède de fausses voûtes d'ogives plates. Les parties orientales sont voûtées d'ogives, avec des voûtes à liernes et tiercerons pour la troisième travée des trois vaisseaux et l'abside. — L'église ne possède qu'un unique accès, à savoir le portail occidental de la nef. — Le bas-côté de la nef est recouvert d'un toit en bâtière, alors que les collatéraux du chœur sont recouverts par des toits en appentis.
Intérieur Nef et bas-côtés thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.
La nef est assez étroite, avec seulement trois places de front sur chacun des bancs à gauche et à droite de l'allée centrale, mais relativement longue. C'est une ancienne nef unique, c'est-à-dire non accompagnée de bas-côtés. À la période romane, les nefs uniques non voûtées sont courantes dans la région, mais au , elles ne se rencontrent guère plus qu'en milieu rural. Les églises de Barbery et d'Orry-la-Ville, dans le même diocèse, en sont des exemples. Cependant, quelques années après la construction de l'église de Mont-l'Évêque par Guérin, la vaste église du prieuré Saint-Martin-des-Champs à Paris reçoit encore une nef unique non voûtée. — Le bas-côté nord a été ajouté au , et le bas-côté sud n'a jamais été exécuté, mais des pierres de réserve à l'ouest de la base du clocher de 1634 montrent qu'il a été projeté pendant un certain temps. La nef aurait ainsi perdu ses quatre fenêtres du côté sud, qui sont en arc brisé, et susceptibles de dater du début du , car les anciens croisillons possèdent des fenêtres similaires. Malgré l'adjonction du clocher devant la dernière travée de la nef, au sud, la fenêtre correspondante n'est pas bouchée, et le jour y pénètre indirectement par la base du clocher, ce qui est inattendu si l'on s'est rendu compte de la position du clocher. Depuis l'intérieur de l'église, sa présence est seulement trahie par les contreforts qui font un peu saillie dans la nef. Hormis les fenêtres, rien dans la nef ne rappelle plus le . La façade occidentale date aussi du , et depuis cette époque, une fenêtre flamboyante éclaire la nef depuis l'ouest. Elle se situe au niveau du pignon et se compose de deux lancettes trilobées, qui sont surmontées d'un soufflet et de deux mouchettes. Du fait de l'épaisseur des meneaux, celles-ci sont à peine visibles.