Larmée de l'air impériale et royale (KuK Luftfahrtruppen en allemand ; Császári és Királyi Légierően en hongrois) était la force aérienne de l'empire d'Autriche-Hongrie de 1893 à la chute de l'empire en novembre 1918.

On la vit combattre sur le front italien ainsi que sur le front de l'Est.

Histoire thumb|Le village de Bassano photographié par un bombardier austro-hongrois. Archives bulgares, 1915-1918. L'armée de l'air impériale et royale fut créé en 1893. Elle fut dissoute en 1918.

Naissance L'armée de l'air en Autriche-Hongrie naît sous le nom de la k.u.k. Militär-Aeronautischen Anstalt en 1892 sur la place Arsenalexerzierplatzes à Vienne. Celle-ci s'occupe de l'utilisation militaire de dirigeables dont plusieurs divisions sont installées par l'armée commune dans le siècle et demi suivant. En , lors d'une réorganisation, la Militär-Aeronautische Anstalt change son nom en k.u.k. Luftschifferabteilung et est déplacée dans une nouvelle brigade du transport à Fischamend. Ce choix se justifie par le domaine d’activité élargi par l’achat des ballons dirigeables et la perte d’importance de ces derniers pour des objectifs militaires. Cependant, le dirigeable n'est pas approuvé par l’administration de l’armée austro-hongroise. Après deux acquisitions du territoire national et des pays étrangers, l’administration de l’armée renonce aux dirigeables, qui deviennent une troupe d’aviation jusqu’au début de la Première Guerre mondiale et utilise le budget pour le développement des avions de combat.

Plus tard, sur le terrain d’aviation de Wiener Neustadt est créée une Militäraviatische Station pour les forces aéronautiques où les premiers vols d’entraînements militaires non officiels ont lieu dans la même année. À partir de la moitié de 1910, les premiers avions sont déployés et commencent officiellement les exercices militaires. Après la visite de l’empereur François-Joseph d’Autriche, du chef du cabinet Franz Conrad von Hötzendorf et du ministre de la guerre Alexander von Krobatin, l’administration de l’armée fait la première offre pour des avions militaires.

Avec la suivante réorganisation en , la direction du k.u.k. Luftschifferabteilung est déléguée au lieutenant-colonel Milan (Emil) Uzelac. L’armée achète dans la période suivante deux types d’avions : l’Etrich Taube et le Lohner Pfeilflieger. En outre, les forces aéronautiques sont impliquées dans les réflexions tactiques, ce qui se note également dans l’intervention des manœuvres.

Drapeau austro-hongrois En 1913, l'affichage du drapeau rouge, blanc et rouge (Hoheitzeichen) sur le gouvernail a été établi comme l'emblème pour les troupes de l'aviation. Ainsi, les ailes supérieures sont aussi ornées du drapeau rouge blanc rouge. Au début de la première guerre mondiale, des troupes de l’aviation allemandes avec le signe du Eisenernen Kreuzes, devenu désormais leur emblème, apparaissent. Le symbole autrichien et les couleurs rouge-blanc-rouge sont assemblés pour créer leur nouveau drapeau.

Les marquages rouge-blanc-rouge fournissent une bonne cible pour les défenses aériennes ennemies. Des confusions de l’étiquette autrichienne rouge-blanc-rouge avec l’étiquette rouge-blanc-vert italienne conduisent à Friendly Fire. Pour cette raison, les marquages rouge-blanc-rouge ne sont plus utilisés et sont remplacés par le Tatzenkreuz. Cette Croix, en tant que croix de l’armée autrichienne, aussi appelée Kannonenkreuz, a fait jusqu’à présent partie du patrimoine autrichien. À partir de 1917, seule la Tatzenkreuz est utilisée; dès 1918, elle est modifiée une troisième fois pour donner naissance au Balkenkreuz.

Organisation Au front, l’armée aéronautique est divisée en unités d’aviation appelées Flik (abréviation allemande pour Fliegerkompanien). Les dépôts, appelés Flep (abréviation allemande pour Fliegeretappenparks) servent pour l’approvisionnement des unités d’aviation en avions, moteurs, armes et autres objets indispensables pour l’équipement. Chaque dépôt est responsable d’une partie spécifique du front et doit approvisionner les Fliks qui y sont stationnés. Ici sont également effectués des réparations trop coûteuses pour les unités d’aviation. Les unités de remplacement des avions, appelées Flek (abréviation allemande pour Fliegerersatzkompanien) sont responsables des formations et de la mise à disposition des pilotes, des mécaniciens et du personnel auxiliaire. Les Fleks sont réunies en deux bataillons de remplacement des avions et sont soumises à la direction de la troupe du replacement des avions. L’arsenal, appelé Flars (abréviation allemande pour Fliegerarsenal), qui s’occupe de l’acquisition de l’équipement ainsi que des tests des nouveaux avions, est directement soumis au ministère de la guerre de l’empire austro-hongrois.

Aux fabricants d’avions est attribuée une supervision, la plupart du temps composée d’un seul officier, qui vérifie un avion terminé avant qu’il ne soit envoyé aux Fleps. L’arsenal distribue le matériel aux unités de remplacement des avions et aux dépôts.

Compagnies aériennes Les compagnies aériennes sont numérotées en chiffres arabes. La réserve des avions de compagnies aériennes comporte six avions et deux avions de réserve. L’unité se regroupe en un Commando, deux trains et un avion de réserve ainsi qu’un Train. Elle compte environ dix officiers dont quatre officiers d’observation puis cent Unteroffiziere (sous-officiers) et une division. Ainsi, comme « couverture » (personnelle de sécurité) leur est affectée une demi-compagnie d’environ soixante hommes. Les compagnies aériennes sont très mobiles et peuvent établir leur camp de base très rapidement. Néanmoins, la communication avec les avions n’est pas au point.

Dès 1917 la compagnie aérienne décide de se spécialiser. De plus, pour identifier la mission qu’ils accomplissent, le Commando décide de mettre une lettre majuscule après leur immatriculation. Les différents types de compagnies se différencient par leur nombre et leurs types d’avions. Les immatriculations sont les suivantes :

D – compagnie de vol de division, pour la reconnaissance et la gestion d'artillerie : soutien d'infanterie pour connaître le front voisin et attaquer avec plus de facilité

K – compagnie des corps volants (à partir de 1918) : unité de reconnaissance, dirigée par les compagnies des corps volants

F – compagnie de reconnaissance à distance : recueil des informations dans l'arrière-pays ennemi, soutenu par un commando de l'armée

G – grande compagnie d'aéronefs : destinée à l'utilisation de gros aéronefs (bombardiers), par manque de tels moyens d’aviation, des avions de type C ont été utilisés plus tard

J – compagnie d’avions de chasse : combattre toutes sortes d'objets volants ennemis, fréquemment 18 avions de chasse sont utilisés pour entreprendre cette opération

S - compagnie d’avions d’assaut, (à partir de 1918) : pour le soutien de l'infanterie

P - compagnie de photo-reconnaissance (à partir de 1918) équipée de sièges photos monoplaces

RB - compagnie de reconnaissance d'images (à partir de 1917) : aéronefs de type C avec des dispositifs de capture d'images alignés

L’unité de remplacement des avions Avant la guerre, la division de l’instruction des avions (Flugmaschinen-Instruktionsabteilung en allemand) servait pour la formation du personnel de l’armée de l’air, mais, pour compenser les pertes personnelles au début de la guerre, elle est transformée et transférée au front. Pour la formation des pilotes, les unités de remplacement des avions sont créées à partir de . À cause du nombre montant d’unités, en mars, tous les Flecks sont rassemblés dans le bataillon du remplacement des avions I (Fliegerersatzbataillon I en allemand). Jusqu’à la fin de la guerre, 22 unités de remplacement des avions naissent, réunies en deux bataillons de remplacement et soumises au commandement de la troupe du remplacement des avions.

Force des troupes Au début de la guerre en 1914, il existe neuf unités d’aviation avec 106 hommes chacune. Au printemps 1916, l’armée de l'air impériale et royale possède plus de 24 unités d’avions. Plus tard, un certain essor s’amorce, quand, jusqu’en , le nombre total d’unités peut être augmenté jusqu’à 57. 1000 avions et 500 moteurs de remplacement peuvent être ajoutés. Les 66 unités d’aviation existantes jusqu’à la fin de l’année 1917 souffrent encore une fois du manque de ressources, de sorte que seulement deux tiers peuvent être à la manœuvre en même temps. À la fin de la guerre, le nombre d’unités d’avions est augmenté à 79.

Complément d'éléments S’ils ont douze ans d’activité parmi les troupes, les officiers sont démis de leurs commandements pour entreprendre une carrière de pilote et de viseur. Ils acceptent donc un mandat de deux ans au sein des compagnies ariennes austro-hongroises. L’équipage est fréquemment défini par un quota de personnes par division. De plus, des détachements militaires sont très rares. En temps de guerre, les compagnies sont confiées aux commandos d’élite. Pour s’adresser à eux, la formule officielle est « officier de l’armée de l’air » ou « officier d’observation ». Ainsi aux « officiers d’observation » sont attribués « des officiers de troupes », qui, avant d’intégrer le commando, doivent suivre une formation d’observateur. Les observateurs peuvent passer officiers ; l’équipage et notamment les sous-officiers peuvent suivre une formation de pilotage.

Emploi pendant la Première Guerre mondiale

Front de l'Est Jusqu'à l'entrée en guerre de l'Italie, l'Empire russe des tsars est le principal adversaire des troupes de l'aviation austro-hongroise. L'armée d’aviation russe possède en environ 16 dirigeables et 360 avions différents, la majorité d'entre eux étant usés et vieux. En outre, les unités s'étalent sur une longueur frontale colossale.

Contrairement à d'autres secteurs, la production d'aéronefs est très lente. La Russie produit un nombre identique à l'Autriche-Hongrie, mais du retard a été pris par les Russes, quant à la qualité du matériel et de la formation du personnel, malgré le soutien des Alliés, en particulier de la France. Avec l'entrée de la Roumanie dans la guerre du côté allié, à l'été 1916 une nouvelle menace pour l’aviation austro-hongroise se présente : contre les avions russes désormais basés en Roumanie, les troupes d'aviation austro-hongroises créent les K.u.k. fliks. La révolution d'Octobre se traduit par le cessez-le-feu de Brest-Litovsk sur le front de l'est à la fin de 1917 : l’aviation austro-hongroise peut alors partir pour le front Italien.

Front des Balkans Le front des Balkans a peu d'activité aérienne. Bien que les forces aériennes aient commencé à s'étoffer juste avant la guerre contre la Serbie, ce Royaume n'a que trois avions opérationnels au début de la guerre et l'armée de Monténégro n'a pas de forces aériennes. Les forces de l'aviation austro-hongroise ont donc la maîtrise du ciel dans les Balkans durant les premiers mois de la guerre. Cela change avec l’apparition soudaine des Squadriglias italiennes dans le sud de l'Albanie. Lorsque la Triple Entente, dont notamment la France, débarque à Salonique en automne 1915 avec de nombreuses unités aériennes, l'initiative passe aux Alliés. Le groupe austro-hongrois lutte seul contre la présence italienne toujours croissante dans le sud de l'Albanie. Les aviateurs allemands de l'armée Mackensen stationnés en Bulgarie collaborent d'abord avec le K.u.k. fliks contre la Roumanie, avec quelques équipages bulgares. Mais avec l'offensive alliée au départ de Salonique, ils doivent lutter contre les nombreux aviateurs Français qui opèrent à partir de la Grèce et ils se retrouvent en infériorité numérique.

Front italien