Les élections générales espagnoles de 2015 () sont les élections des 350 membres du Congrès des députés et des 208 membres (sur 266) élus au suffrage direct du Sénat organisées le en Espagne. Ce sont les douzièmes élections générales depuis la transition démocratique.

Ces élections voient la disparition de la bipolarisation du système politique qui caractérisait l'Espagne depuis la transition démocratique. Au Congrès des députés, le Parti populaire (PP) arrive en tête avec 28,72 % des voix et obtient 123 sièges, mais il perd sa majorité absolue. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) est deuxième avec un score historiquement faible de 22,02 % des voix et 90 sièges. Podemos et Ciudadanos réalisent des scores élevés et obtiennent respectivement 69 et 40 sièges.

Au Sénat, le Parti populaire (PP) conserve une majorité absolue en obtenant 124 sièges. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) obtient 48 sièges et Podemos obtient 16 sièges.

Système électoral

Les électeurs espagnols sont appelés à renouveler pour quatre ansConformément à la Constitution espagnole (Article 68 de la Constitution espagnole de 1978) et à la loi organique des élections générales de 1985 (Article 42.2 loi organique des élections de 1985). : les 350 députés élus au scrutin proportionnel de liste par province avec un seuil minimum de 3 % pour être représenté. 208 des 259 sénateurs, (les 51 autres étant désignés par les Communautés autonomes après renouvellement de leurs Parlements), au scrutin majoritaire plurinominal par province.

Circonscriptions Députés Carte Madrid36Fichier:Diputados por circunscripción (elecciones al Congreso de los Diputados, 2015).svg Barcelone31 Valence15 Alicante et Séville12 Málaga11 Murcie10 Cadix9 Asturies, Îles Baléares, La Corogne, Las Palmas et Biscaye8 Grenade, Pontevedra, Santa Cruz de Tenerife et Saragosse7 Almería, Badajoz, Cordoue, Gérone, Guipuscoa, Tarragone et Tolède6Cantabrie, Castellón, Ciudad Real, Huelva, Jaén, León, Navarre et Valladolid5Álava, Albacete, Burgos, Cáceres, Lérida, Lugo, Ourense, La Rioja et Salamanque4Ávila, Cuenca, Guadalajara, Huesca, Palencia, Ségovie, Teruel et Zamora3Soria2Ceuta et Melilla1

Contexte

Crise politique et économique

Les élections générales espagnoles de 2011 ont donné lieu a une écrasante victoire du Parti populaire de Mariano Rajoy, conséquence de la crise économique que connait le pays depuis 2008. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) alors au pouvoir, bénéficiait d'une popularité très basse et a obtenu son pire score lors d'élections générales depuis la transition démocratique. Le président du gouvernement sortant José Luis Rodríguez Zapatero a décidé de ne pas être candidat à sa réélection au début de l'année 2011, et a donc été remplacé à la tête du parti par Alfredo Pérez Rubalcaba, ancien vice-président du gouvernement.

Alors que très populaires aux lendemains des élections le PP et Rajoy ont vu leurs cotes de popularité diminuer rapidement après le vote des premières mesures d'austérité et des coupes budgétaires.. Six mois après les élections le gouvernement a vu sa popularité tomber de 45 % à 34 %. Au même moment, le PSOE s'est montré incapable de regagner un quelconque soutien populaire, le souvenir du gouvernement de Zapatero et de sa gestion de la crise restant très présent chez les électeurs, en plus de l'émergence d'énormes scandales de corruptions dans les deux partis.

L'impopularité croissante des deux principaux partis, couplée à la montée en puissance du mouvement indépendantiste catalan et à la stagnation de l'économie, a débouché sur une popularité croissante pour plusieurs petits partis, tels que la Gauche unie (IU), le nouveau parti Podemos.., issu du Mouvement des Indignés, les centristes de Union, progrès et démocratie (UPyD) et de Ciudadanos.., ou encore du parti de droite Vox., scission du PP.

Élections européennes de 2014 Tout cela a cumulé lors des élections européennes de 2014. En dépit des annonces du PP au sujet d'un redécollage de l'économie., le parti n'a pu éviter une énorme chute dans les urnes, similaire par son ampleur à celle du PSOE, le résultat cumulé des deux partis tombant sous la barre des 50 % des suffrages exprimés pour la première fois de leur histoire. Cela a été accompagné par la confirmation de la popularité croissante des petits partis, en partie même sous-estimée par les instituts de sondage, notamment dans le cas de Podemos. À la suite de ces élections le secrétaire générale du PSOE, Alfredo Pérez Rubalcaba, a démissionné de ses fonctions..

Une semaine après les élections, le roi Juan Carlos a annoncé son intention d'abdiquer en faveur de son fils Felipe., Selon certaines rumeurs, Rubalcaba n'aurait pas démissionné immédiatement après les élections, étant au courant depuis des mois des intentions du roi, et voulant s'assurer du soutien de son parti au processus législatif que l'abdication requérait..

Candidats

Parti populaire Mariano Rajoy, président du gouvernement.

Du fait de l'absence de règle sur le nombre de mandats du président du gouvernement, Mariano Rajoy a annoncé le qu'il est candidat à sa succession..

De nombreux médias ont spéculé sur l'opportunité que Rajoy soit candidat à un nouveau mandat, aussi plusieurs membres du parti pourraient se porter candidats à la place du président sortant. Soraya Sáenz de Santamaría, vice-présidente du gouvernement Alberto Núñez Feijóo, président de la Junte de Galice María Dolores de Cospedal, présidente de la Junte des communautés de Castille-La Manche et secrétaire générale du Parti populaire Esperanza Aguirre, ancienne présidente de la Communauté de Madrid Alberto Ruiz-Gallardón, ancien maire de Madrid et ministre de la Justice

Parti socialiste ouvrier espagnol À la suite de la démission d'Alfredo Pérez Rubalcaba, un vote consultatif des militants est alors convoqué le . Le député de Madrid Pedro Sánchez l'emporte avec 48,5 % des voix, face au député basque Eduardo Madina et à l'universitaire José Antonio Pérez Tapias, représentant de la Gauche socialiste (IS, aile gauche du PSOE).. Le , Pedro Sànchez a été désigné tête de liste de son parti pour les élections générales..

Pedro Sánchez — Secrétaire général du parti. Susana Díaz, présidente de la Junte d'Andalousie Eduardo Madina — ancien secrétaire général du groupe parlementaire du PSOE au Congrès des députés.. Carme Chacón — ancienne ministre de la Défense Emiliano García-Page — maire de Tolède

Unité populaire Alberto Garzón — secrétaire au Processus constituant de la Gauche unie

Union, progrès et démocratie Rosa Díez — porte-parole de Union, progrès et démocratie

Podemos Pablo Iglesias Turrión, député européen. À la suite des élections européennes, plusieurs sondages (GESOP et Celeste-Tel) ont montré une importante progression de Podemos, le parti atteignant même 27,7 % des intentions de vote en , devançant tous les autres partis.

Dans le cadre de cette campagne électorale, le parti Podemos et son principal dirigeant, Pablo Iglesias, ont été l'objet de nombreuses attaques émanant de dirigeants du PP, tels que la vice-présidente du gouvernement, Soraya Sáenz de Santamaría, et le vice-secrétaire général du parti, Carlos Floriano, ces derniers qualifiant notamment le parti de « populiste », d'« évangéliste » et de « totalitaire ». D'autres dirigeants du PP, comme l'ancienne présidente de la Communauté de Madrid, Esperanza Aguirre, ont aussi accusé Iglesias de soutenir l'ETA, le chavisme et le castrisme...

Intentions de vote

750px|vignette|centré|Moyenne mobile des résultats d'enquêtes depuis novembre 2011 au jour de l'élection, chaque ligne correspondant à un parti politique :

Résultats Congrès des députés +Résultats des élections au Congrès des députésFichier:Spanish Congress of Deputies election, 2015 result.svg Parti ou coalition Voix % +/- Sièges +/- Parti populaire (PP)26,64112PP-Parti aragonais (PAR)0,916 PP-Forum des Asturies (FAC)0,743 PP-Union du peuple navarrais (UPN-PP)0,412Total Parti populaire28,71 16,33123 64 Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE)18,7978 Parti des socialistes de Catalogne (PSC)2,348PSOE-Nouvelles Canaries (NCa)0,874Total Parti socialiste ouvrier espagnol22,00 6,7690 20 Podemos 12,6942 42 En Comú Podem (ECP) 3,69 2,5412 9 És el moment 2,67 2,169 8 En Marea 1,63 1,316 6Total coalition Podemos et alliés 20,6869 65 Ciudadanos (Cs)13,9440 40 Gauche unie - Unité populaire (IU–UPeC)3,68 1,812 6 Gauche républicaine-Catalunya Sí (ERC–CatSí) 2,39 1,369 6Maintenant, Pays valencien (Ara PV) 0,01 0,020 Total Coalition Gauche republicaine-CatSí-Ara PV 2,40 1,349 6 Démocratie et liberté (DiL)2,25 1,928 8 Parti nationaliste basque (EAJ/PNV)1,20 0,136 1 Parti animaliste contre la maltraitance animale (PACMA)0,87 0,450 Euskal Herria Bildu (EH Bildu) 0,87 0,502 5 Union, progrès et démocratie (UPyD) 0,62 4,080 5 Coalition canarienne-Parti nationaliste canarien (CCa–PNC) 0,32 0,271 1 Nous - Candidature galicienne (Nós)0,28 0,480 2 Union démocratique de Catalogne (UDC)0,260 Vox0,230 Recortes Cero-Grupo Verde (Recortes Cero–GV) 0,190 Més per Mallorca (Més) 0,130 Parti communiste des peuples d'Espagne (PCPE) 0,12 0,010 Geroa Bai (GBai) 0,12 0,050 1 33 autres partis (moins de 0,10 % chacun)1,16 -0 Vote blanc 0,75 0,62Suffrages exprimés99,11Votes nuls0,89Total100 -350Abstention30,33Inscrits/Participation69,67

Résultats par communauté autonome

Andalousie

+Total Parti Voix % +/- Sièges +/- PSOE31,50 5,1022 3 PP29,08 16,4921 12Podemos16,9010 10 Cs13,788 8IULV-CA-UP5,77 2,500 2 PACMA0,92 0,740 Autres partis1,20 -0 - Vote blanc0,85 0,37Suffrages exprimés99,06Votes nuls0,94Total100 - 61 1Abstention30,92Inscrits / participation69,08 Almería

Parti Voix % +/- Sièges +/- PP37,96 19,642 2 PSOE28,86 1,022 Cs14,361 1Podemos12,841 1IULV-CA-UP3,49 1,770 Autres partis1,78 -0 - Vote blanc0,71 0,41Suffrages exprimés99,23Votes nuls0,77Total100 - 6Abstention36,29Inscrits / participation63,71

Cadix

Parti Voix % +/- Sièges +/- PSOE27,98 4,793 PP27,74 19,323 2Podemos20,222 2 Cs14,691 1IULV-CA-UP6,01 2,740 PACMA1,17 0,710 Autres partis1,14 -0 - Vote blanc1,05 0,32Suffrages exprimés99,10Votes nuls0,90Total100 - 9 1Abstention34,34Inscrits / participation65,66

Cordoue

Parti Voix % +/- Sièges +/- PSOE32,04 4,312 1 PP30,39 14,222 1Podemos14,701 1 Cs11,931 1IULV-CA-UP8,05 1,780 Autres partis1,93 -0 - Vote blanc0,96 0,42Suffrages exprimés98,93Votes nuls1,07Total100 - 6Abstention27,47Inscrits / participation72,53

Grenade

Parti Voix % +/- Sièges +/- PP31,10 15,643 1 PSOE30,97 5,562 1Podemos16,391 1 Cs13,881 1IULV-CA-UP5,10 2,830 Autres partis1,87 -0 - Vote blanc0,67 0,37Suffrages exprimés99,18Votes nuls0,82Total100 - 7Abstention31,24Inscrits / participation68,76

Huelva

Parti Voix % +/- Sièges +/- PSOE36,91 3,632 PP28,70 15,192 1Podemos15,221 1 Cs11,880IULV-CA-UP4,55 2,480 Autres partis1,81 -0 - Vote blanc0,93 0,36Suffrages exprimés98,83Votes nuls1,17Total100 - 5Abstention33,87Inscrits / participation66,13

Jaén

Parti Voix % +/- Sièges +/- PSOE38,33 2,653 PP31,48 13,962 1Podemos12,550 Cs10,680IULV-CA-UP4,33 2,620 Autres partis1,93 -0 - Vote blanc0,70 0,32Suffrages exprimés99,01Votes nuls0,99Total100 - 5 1Abstention26,67Inscrits / participation73,33

Málaga

Parti Voix % +/- Sièges +/- PP28,94 20,724 2 PSOE26,90 4,693Podemos17,122 2 Cs17,072 2IULV-CA-UP6,80 2,220 1 PACMA1,14 0,740 Autres partis1,28 -0 - Vote blanc0,74 0,42Suffrages exprimés99,16Votes nuls0,84Total100 - 11 1Abstention32,50Inscrits / participation67,50

Séville

Parti Voix % +/- Sièges +/- PSOE33,92 7,805 1 PP25,18 13,503 2Podemos19,052 2 Cs13,032 2IULV-CA-UP5,70 2,930 1 Autres partis2,21 -0 - Vote blanc0,91 0,37Suffrages exprimés98,99Votes nuls1,01Total100 - 12Abstention27,82Inscrits / participation72,18

Aragon