Pedro Sánchez Pérez-Castejón (), né le à Madrid, est un homme d'État espagnol, membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Il est secrétaire général du PSOE depuis et président du gouvernement depuis .

Après avoir été collaborateur du « numéro deux » du PSOE José Blanco puis conseiller municipal de Madrid, il siège au Congrès des députés entre et puis y revient en , dans les deux cas à la faveur d'une démission.

En , il est élu par les militants secrétaire général du PSOE à l'occasion d'un congrès extraordinaire. Il est ainsi chef de file aux élections générales de 2015 puis de 2016, qui se soldent par une absence de majorité. Se soumettant en à l'investiture du Congrès comme président du gouvernement après la conclusion d'un accord avec le parti Ciudadanos, il est le premier candidat rejeté par la chambre basse depuis l'entrée en vigueur de la Constitution. Il démissionne en suivant de la direction du PSOE, après avoir été mis en minorité sur son refus de faciliter le maintien au pouvoir de Mariano Rajoy.

Il est réélu secrétaire général lors du congrès fédéral de 2017, défaisant la candidate de l'appareil et de la vieille garde, Susana Díaz. En , il dépose et fait voter, pour la première fois depuis l'adoption de la Constitution, une motion de censure contre Mariano Rajoy. S'opposant à former une coalition avec Unidas Podemos à la suite des élections d'avril 2019, il échoue à obtenir l'investiture du Congrès. Il s'associe finalement avec Unidas Podemos après les élections de novembre suivant et forme ainsi le premier gouvernement de coalition en Espagne depuis la Seconde République, qui doit affronter la pandémie de Covid-19 dès ses premières semaines. Il est reconduit, à la tête d'une coalition avec Sumar, après les élections de 2023.

Formation et premiers engagements (1972-2014) Jeunesse Pedro Sánchez Pérez-Castejón naît à Madrid le , dans le quartier de Tetuán. Il est le fils de Pedro Sánchez et Magdalena Pérez-Castejón...

Il accomplit ses études secondaires au lycée Ramiro de Maeztu à Madrid. À cette période, il commence à jouer au basket-ball au sein du club Estudiantes Madrid. Il y reste après la fin de sa scolarité et abandonne son équipe à l'âge de ..

Économiste En , alors qu'il étudie en licence de sciences économiques et de l'entreprise à l'université complutense de Madrid, Pedro Sánchez adhère au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et aux Jeunesses socialistes d'Espagne (JSE). Toujours résident de Tetuán, il y fonde la section des JSE et en devient le secrétaire général.. Il obtient son diplôme deux ans plus tard et accomplit son service militaire obligatoire..

Il obtient son premier emploi dans une société de conseil fiscal, où il gagne non déclarés. Faute de réelles opportunités professionnelles, il rejoint alors New York, où il travaille comme consultant. Il fait en la rencontre de Carlos Westendorp, ambassadeur espagnol aux Nations unies et ancien ministre des Affaires étrangères. Il quitte les États-Unis en et s'inscrit à l'université libre de Bruxelles (ULB) pour suivre un master de politique économique de l'Union européenne (UE)..

Il devient en collaborateur de la députée européenne Bárbara Dührkop. Recommandé par l'ancien président du Parlement européen Enrique Barón, il vient renforcer l'équipe de Dührkop en prévision du débat budgétaire. Il fait notamment la connaissance d'Óscar López..

Il est ensuite nommé chef de cabinet de Westendorp, qui occupe désormais le poste de Haut représentant international en Bosnie-Herzégovine. Sa maîtrise de la langue anglaise est alors remarquée, puisqu'il parle avec un niveau quasi bilingue et que seul Westendorp s'exprime mieux que lui..

Proche de José Blanco thumb|Pedro Sánchez intègre, grâce à José Blanco, l'équipe des collaborateurs de la direction du PSOE. Pedro Sánchez participe en tant que délégué au congrès fédéral du PSOE en , qui voit le rénovateur José Luis Rodríguez Zapatero élu secrétaire général..

Il devient ensuite conseiller auprès du département de l'Économie, dirigé par Jordi Sevilla. Il arrive à ce poste grâce au nouveau secrétaire à l'Organisation José Blanco, dont il est un proche avec Óscar López et Antonio Hernando. Chaque membre de ce trio reçoit un surnom, et Sánchez hérite du sobriquet du ou ()......

Il entreprend un nouveau cursus universitaire en , en s'inscrivant au master d'intégration économique et monétaire européenne au sein de l'Institut universitaire Ortega y Gasset (IUIOG).

Premier mandat électif à Madrid Aux élections municipales du à Madrid, Pedro Sánchez est intégré en à la liste que mène Trinidad Jiménez, malgré les consignes du département de l'Organisation du parti qui souhaitait le voir plus haut.. Celle-ci n'emporte que , mais en il fait finalement son entrée au conseil municipal à la faveur de deux démissions. Il devient ensuite un proche de Jiménez.

Il participe par la suite au groupe (Economistas 2004), un rassemblement d'économistes socialistes ou sympathisants qui inspire le programme économique de Zapatero en lieu et place de Jordi Sevilla. En faisaient notamment partie Miguel Sebastián, David Taguas et Javier Vallés, futurs directeurs du bureau économique du président du gouvernement (OEPG), Soledad Núñez, future directrice générale du Trésor, David Vegara, futur secrétaire d'État à l'Économie, et Inmaculada Rodríguez-Piñero, future secrétaire à la Politique économique du PSOE. Sánchez choisit alors de se rapprocher de Sebastián, plutôt qu'intégrer le groupe des proches du ministre de l'Économie Pedro Solbes. À cette occasion, il rencontre Carlos Ocaña, qui sera directeur de cabinet de Miguel Sebastián au ministère de l'Industrie et coauteur avec Sánchez en d'un livre tiré de la thèse de ce dernier..

Entre et , il suit les enseignements du programme de direction dans la gestion publique de l'Institut d'études supérieures de commerce (IESE)..

À la demande de Blanco, il rejoint en le siège du Parti des socialistes de Galice-PSOE (PSdeG-PSOE) à Saint-Jacques-de-Compostelle pour travailler avec Óscar López et Antonio Hernando sur la campagne des élections régionales. Les résultats du scrutin permettront au socialiste Emilio Pérez Touriño de s'imposer, et Sánchez participera par la suite à plusieurs rencontres entre le secrétaire à l'Organisation du PSOE et le président de la Junte de Galice.. Il est nommé la même année coordonnateur fédéral de l'organisation sectorielle du PSOE pour les entrepreneurs, l'économie sociale et solidaire, et les travailleurs indépendants..

Élection au Congrès des députés Pedro Sánchez est réélu conseiller municipal d'opposition dans la capitale en et devient quatre mois plus tard porte-parole du groupe socialiste à la commission de l'Urbanisme et du Logement du conseil municipal.. Il figure sur la liste du PSOE pour les élections législatives du 12 mars 2008 en dans la circonscription de Madrid mais les socialistes n'emportent toutefois que .. Il prend alors un poste de professeur de structure économique et histoire de la pensée économique à l'université privée Camilo José Cela, à Madrid..

Il entre finalement au Congrès des députés le , à la suite de la démission de l'ancien ministre Pedro Solbes. Le siège revenait initialement à Verónica Díaz Moreno, mais celle-ci y avait renoncé. Il démissionne dix jours plus tard du conseil municipal.. Il est désigné porte-parole adjoint des députés socialistes à la commission parlementaire de la Politique territoriale. En , il intègre la plateforme de soutien à Trinidad Jiménez lors de la primaire du Parti socialiste de Madrid-PSOE (PSM-PSOE).

Il se fait en suivant le défenseur des mesures d'austérité proposées par le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero. Il déclare ainsi devant la commission du Budget que le projet de loi de finances est et . Selon lui, ce projet remplit . Le mois qui suit, il déclare que .. En , les journalistes de la presse parlementaire lui décernent le titre de .

Ascension au sein du Parti socialiste thumb|L'intervention d'Alfredo Pérez Rubalcaba remonte Sánchez en sur la liste à Madrid pour les élections législatives de , insuffisante pour sa réélection. Pedro Sánchez participe à partir de au comité électoral du Parti socialiste pour les élections municipales et dans les communautés autonomes de , aux côtés de José Blanco, Antonio Hernando, Gaspar Zarrías, Pilar Alegría, Elena Valenciano et María González Veracruz, en tant que coordonnateur adjoint.. Au mois de , il intègre le comité de campagne socialiste pour les élections générales anticipées du , où il est chargé de la programmation..

Lors de l'élaboration de la liste de la circonscription de Madrid, le chef de file Alfredo Pérez Rubalcaba et Blanco sont contraints d'intervenir directement afin de lui assurer la place la plus élevée possible, mais la présence de poids lourds comme la coordonnatrice de campagne Elena Valenciano, son adjoint Antonio Hernando, le directeur de cabinet de Zapatero José Enrique Serrano le placent finalement en , initialement occupée par le syndicaliste Juan Antonio Barrios, qui décide de retirer sa candidature...

Au cours du scrutin, seuls les dix premiers candidats sont élus. Il devient alors travailleur indépendant auprès d'une société de conseil tout en poursuivant ses activités d'enseignement à l'université. Devenu docteur de sciences économiques et de l'entreprise en 2012., il revient au Congrès en , en remplacement de Cristina Narbona.

Premier mandat de secrétaire général du PSOE (2014-2016) Émergence vignette|Sánchez, aux côtés de María González Veracruz, Juan Moscoso del Prado et Ander Gil, présentant la candidature de Rubalcaba au socialiste en . Pour la conférence politique promue par le secrétaire général du PSOE Alfredo Pérez Rubalcaba en , Pedro Sánchez est responsable du contenu et des amendements, partageant avec María González Veracruz le rôle de coordonnateur. Du fait de ses responsabilités, il parcourt les sections socialistes dans tout le pays pour organiser le travail d'amendement, jetant les bases de son réseau de contacts.. Une partie des cadres dirigeants voit alors en lui la figure montante de la nouvelle génération, le jugeant mieux préparé qu'Eduardo Madina du fait de son parcours professionnel.. Il présente en son livre La nouvelle diplomatie économique à Madrid. Le livre est introduit par l'ancien ministre de la Présidence Ramón Jáuregui, et Trinidad Jiménez. Assistent à ce moment José Blanco, l'ex-secrétaire d'État à l'Union européenne Diego López Garrido et la vice-secrétaire générale du PSOE Elena Valenciano..

Son nom réapparaît ensuite au début de l'année comme le de Rubalcaba dans la perspective d'une primaire ouverte pour désigner le chef de file électoral du parti.. Il assume lui-même sa volonté d'être candidat à ce scrutin, programmé en , en précisant au mois de son calendrier de campagne. La direction fédérale n'accorde pas de crédit à cette décision, et ne lui donne aucun rôle dans la campagne des élections européennes, à l'inverse des candidats putatifs Carme Chacón, Eduardo Madina et Patxi López..

Candidat et vainqueur inattendu Après la lourde défaite des socialistes au cours du scrutin, Alfredo Pérez Rubalcaba annonce un congrès extraordinaire, renonce à se succéder et organise une élection consultative de son remplaçant par les militants. Pedro Sánchez se déclare candidat le suivant et commence à recueillir les parrainages militants. À la date limite du , il présente , contre pour Madina et pour le challenger José Antonio Pérez Tapias. Il domine dans socialistes, l'Andalousie, l'Aragon, la Castille-La Manche, la Castille-et-León, la Communauté valencienne, la Galice, la communauté de Madrid, la Navarre, le Pays basque, La Rioja, les îles Baléares, les Canaries et Ceuta, soit toutes celles dont le dirigeant avait appelé à une candidature de la présidente de la Junte d'Andalousie Susana Díaz. Dans la fédération andalouse, il totalise plus de , soit le quintuple de Madina..