thumb|right|350px|La taille et la puissance des cuirassés augmentèrent rapidement, avant, pendant et après la Première Guerre mondiale, résultats de la compétition dans le domaine de la construction navale entre grandes puissances, au rang desquelles se trouvaient la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Elle prit fin avec les traités de Versailles et de Washington.
La course germano-britannique aux armements navals désigne la rivalité qui opposa l'Empire allemand et le Royaume-Uni pour s'assurer la suprématie navale au début du , et ce, tandis que la construction de navire de guerre connaissait d'importants bouleversements. Cette forte concurrence, génératrice de tensions, précéda la Première Guerre mondiale et apparaît comme l'une de ses nombreuses causes. Loin d'être un cas isolé, cette course aux armements concerna aussi d'autres pays qui émergeaient comme grandes puissances, tels le Japon ou les États-Unis, et, dans une moindre mesure, certains pays d'Amérique du Sud.
Contexte À la fin du , le Royaume-Uni disposait de la plus grande flotte au monde.. En Allemagne, à la même période, le kaiser Guillaume II se montrait favorable à l'expansion de la marine de guerre allemande en accord avec la volonté de faire de son pays une puissance coloniale. Son secrétaire d'État de l'office du Reich à la Marine, le grand-amiral Alfred von Tirpitz, partageait ses vues et se fit le promoteur de quatre lois navales entre 1898 et 1912 visant à augmenter considérablement la flotte de haute mer allemande. L'objectif allemand était de construire une flotte qui aurait une taille correspondant au 2/3 de celle de la marine britanniqueAndriessen, De andere waarheid, 1999, p. 298. Cette politique s'explique aussi par le fait qu'en , le ministère britannique des Affaires étrangères, à la suite de l'invasion britannique du Transvaal, avait menacé de placer les côtes allemandes sous blocus et d'asphyxier l'économie du Reich si celui-ci choisissait d'intervenir dans le conflit sud-africainChristopher Clark, Les somnambules - Été 1914: comment l'Europe a marché vers la guerre, 2012, p. 159.. Depuis 1905, la marine britannique élaborait des plans pour un tel blocus qui était un élément central de la stratégie britanniqueAndriessen, 1999, De andere waarheid, p. 304 e.v..
thumb|right|HMS Dreadnought, le navire qui causa le pic de la course aux armements navale anglo-allemande, tout en suscitant d'autres courses au dreadnought à travers le monde.
En réaction à ce défi à sa suprématie navale, de 1902 à 1910, la Royal Navy lança son propre programme d'expansion pour contrer les Allemands. Cette compétition se centra sur un genre nouveau de navire avec pour modèle le , lancé en 1906. dont les caractéristiques techniques en faisaient une révolution pour l'époque.
En 1913, il y eut un débat interne intense sur les nouveaux navires en raison de l'influence croissante des idées de John Fisher et de l'augmentation des contraintes financières. Il est maintenant généralement admis par les historiens qu'au début du milieu de 1914, les Allemands adoptèrent une politique de construction de sous-marins à la place de nouveaux cuirassés et destroyers, abandonnant en pratique le standard habituel dans les deux marines, mais gardant cette nouvelle politique secrète afin que les autres puissances tardassent à faire de même.
La course
La course navale entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne engendra un énorme soutien du public dans chaque pays. En pleine course, le public britannique inventa le slogan « Nous en voulons huit et nous n'attendrons pas ! », faisant référence au nombre de cuirassés que le gouvernement voulait construire, passant des six initialement prévus à huit, en 1908. Sûr du soutien d'une opinion publique des plus favorables, le gouvernement britannique réévalua à la hausse son programme de construction navale.
La politique de défense britannique était de s'assurer que la marine avait au moins la taille correspondant à la somme de celles des deux autres plus grandes marines, additional text. comme le voulait la doctrine du Two-power standard. Ce n'était pas le cas alors que la guerre approchait, à cause des contraintes financières et logistiques, et en raison de la vitesse d'expansion de la marine allemande et de la marine des États-Unis. La Grande-Bretagne se vantait, cependant, de disposer de la plus grande et la plus puissante marine du monde lorsque la guerre éclata en 1914.
La Grande-Bretagne réussit à construire le en seulement 14 mois, additional text. et au début de la Première Guerre mondiale, elle avait 49 cuirassés, là où les Allemands n'en possédaient que 29. Bien que la course navale continuait, il était économiquement impossible pour les Allemands de combler l'écart avant l'éclatement plus que probable d'un conflit. En 1905, la Grande-Bretagne comptait 44 cuirassés qui étaient coûteux à entretenir et la course aux armements ne menaçait déjà plus sa suprématie. Cela influença la décision de rejoindre la Triple-Entente[Ferguson, 1999. 84-85], additional text..
En 1912, le chancelier allemand Bethmann Hollweg mit fin à la course aux armements navals. Son but était de parvenir à un accord avec les Britanniques pour mettre fin à l’isolement de l'Allemagne. En outre, la taille croissante de l'armée russe obligeait les Allemands à dépenser plus d'argent dans leur armée et donc moins pour leur marine. Du côté britannique, la coalition libérale au pouvoir depuis 1906 se divisait sur la question des crédits militaires. Les radicaux souhaitaient la fin de l'escalade. Le premier Lord de l'Amirauté, Winston Churchill, proposait en des « vacances navales » (naval holiday). Ce climat de détente conduisit les Britanniques à envoyer à Berlin, dès , la pour sonder les Allemands en vue d'un potentiel accord. L'Allemagne proposa un traité dans lequel elle accepterait la supériorité navale britannique en échange d'une neutralité britannique dans une guerre dans laquelle l'Allemagne ne pouvait pas être considérée comme l'agresseur. Cette proposition fut rejetée par la Grande-Bretagne. Pour les Britanniques, il n'y avait rien à gagner avec un tel traité, car leur supériorité navale était déjà assurée. Par ailleurs, le ministre britannique des Affaires étrangères, Sir Edward Grey, était en faveur d'une politique de fermeté à l'égard de l'AllemagneChristopher Clark, The Sleepwalkers: How Europe Went to War in 1914, 2012, p. 318-319.
+ Les forces des puissances navales en 1914 Pays Effectifs Cuirassés de type Dreadnoughts Tonnage Russie 4 France 10 Grande-Bretagne 29 TOTAL (Entente) 43 Allemagne 17 Autriche-Hongrie 3* TOTAL (Empires centraux) 20 TOTAL (toute puissance confondue) 63 *Le n’était pas encore en service. (Source: Niall Ferguson, , New York, NY: Basic Books, 1999. 85.)
Notes et références
Bibliographie Epkenhans, Michael. Tirpitz: Architect of the German High Seas Fleet (2008) excerpt and text search Kelly, Patrick J. "Strategy, Tactics, and Turf Wars: Tirpitz and the Oberkommando der Marine, 1892-1895," Journal of Military History (2002) 66#4 . Kelly, Patrick J. Tirpitz and the Imperial German Navy (2011) excerpt and text search Kennedy, Paul M. The Rise of the Anglo-German Antagonism: 1860-1914 (1980) Kennedy, Paul M. The Rise and Fall of the Great Powers (1989) excerpt and text search Lambert, Nicholas A. Sir John Fisher's Naval Revolution (2002) excerpt and text search Robert K. Massie Dreadnought: Britain, Germany and the coming of the Great War, (1991) Steinberg, Johnathan. "The Tirpitz Plan," Historical Journal (1973) 16#1 in JSTOR
Articles connexes Course aux dreadnoughts en Amérique du Sud Causes de la Première Guerre mondiale#La course aux armements et ses conséquences
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