L’affaire Typhaine Taton est une affaire de maltraitance sur mineure et d'infanticide survenue en France en .
Le , à Aulnoye-Aymeries (Nord), la disparition de Typhaine Taton, âgée de cinq ans, est annoncée par sa mère. Son concubin et elle avouent le meurtre de l'enfant cinq mois plus tard lors de leur garde à vue. Les raisons invoquées sont une correction particulièrement violente . L'enquête révélera de mauvais traitements déjà infligés précédemment à la petite fille . Leurs aveux interviennent alors que le couple fait croire pendant plusieurs mois à une disparition. Le corps de l'enfant est retrouvé en Belgique et les premières investigations sont menées par la police locale.
La mère de la fillette, Anne-Sophie Faucheur et son concubin, Nicolas Willot, sont condamnés à 30 ans de prison par la cour d'assises de Douai.
Cette affaire judiciaire suscite à l'époque une forte émotion dans l'opinion publique et les médias en France et en Belgique.
Biographie et situation familiale de Typhaine Typhaine Taton, née le , est la seconde fille d'Anne-Sophie Faucheur et de François Taton, après Caroline, née en 2003 lorsque sa mère avait ... Au procès, la mère déclare que, dès sa naissance, Typhaine , expliquant que pour elle, cela a été « difficile dès la maternité » et indiquant qu'elle rejetait « un peu » sa fille..
En , les parents se séparent et, en 2006, la mère rencontre Nicolas Willot, pompier volontaire qui prend la garde de Caroline, les deux fillettes ayant auparavant été élevées par leur grand-mère paternelle Marie-José Taton. À cette époque, Typhaine ne connaît pas sa mère et l'appelle ..
Le , alors qu'Anne-Sophie Faucheur vient d'avoir une troisième fille, elle retire Typhaine de l'école maternelle Florian de Faches-Thumesnil (Nord) où elle était scolarisée en classe de grande section. Elle ne prévient pas la famille de son père François Taton et ne parvient pas à la faire scolariser dans une nouvelle école du fait de la non radiation à son école précédente. François Taton cherche à récupérer sa fille mais n'y parvient pas. Typhaine réside alors à Aulnoye-Aymeries..
Le , une de ses tantes paternelles réussit à voir la fillette et la trouve métamorphosée.. À l'origine blonde et ayant les cheveux plus longs, Typhaine a désormais les cheveux châtain et courts, selon la description de l'avis de recherche ; ses cheveux ayant été vraisemblablement teints et coupés par sa mère.. Par ailleurs, selon sa tante, Typhaine avait surtout maigri, son visage avait fondu et elle paraissait fatiguée.
La fillette aurait, selon les informations relayées par les médias, été punie d'une douche froide pour avoir uriné au lit et volé des bonbons.. Le fait d'avoir eu du mal à dormir a aussi provoqué la dispute à l'origine de son meurtre. Pendant sa période de maltraitance, elle vivait , parfois attachée à , après avoir été affamée et pour éviter qu'elle ne vole un gâteau.
Chronologie des événements Annonce de la disparition Le , à Maubeuge, sa mère (Faucheur) annonce la disparition de Typhaine Taton, âgée de cinq ans. Selon elle, la fillette aurait été aperçue pour la dernière fois près de la place de Wattignies.. Une information judiciaire est dès lors ouverte pour enlèvement. Le lendemain, sa mère et son beau-père sont placés en garde à vue, mesure levée le soir même..
Huit jours plus tard, sa mère prétend que Typhaine était absente le jour du baptême de sa demi-sœur Apolline, le précédent. Le , la police se penche sur l'hypothèse d'une disparition antérieure au . Quelques jours plus tard, la mère dit . En septembre, la mère et le beau-père (Willot) sont reconnus en qualité de parties civiles, de même que la famille paternelle de la fillette.
Recherches thumb|La gare de Maubeuge fit l'objet d'investigations après que la mère de Typhaine eut déclaré son « enlèvement ».|alt=Photographie de la gare thumb|Vue du centre de Maubeuge, lieu prétendu de la disparition.|alt=Photographie d'un espace vert avec une route sur la gauche Le , Maubeuge est plongée dans l'ambiance des festivités des Folie de Maubeuge jusqu'à , moment où l'on annonce la disparition dans l'avenue Mabuse d'une fillette de cinq ans.
Typhaine Taton est décrite comme ayant .
Dès l'annonce de la disparition, .. Plusieurs heures durant, des recherches sont menées par des policiers nationaux, des policiers municipaux, des sapeurs-pompiers, des agents municipaux et de simples anonymes. Le sondage de la Sambre par des plongeurs de Valenciennes s'avère vain, tandis que des équipes cynophiles explorent tout aussi inutilement le secteurLa chronologie relatée dans cette section est largement fondée sur les articles publiés dans La Voix du Nord et le Nouvel Observateur..
Tandis que le dispositif de recherches se déploie à Maubeuge, les enquêteurs font une perquisition au domicile d'Anne-Sophie Faucheur et de son compagnon à Aulnoye-Aymeries. Le procureur de la République Bernard Beffy n'a pas déclenché le dispositif Alerte-Enlèvement car l'enlèvement n'a pas été établi de façon avérée.. Durant la même journée, le différend familial entre la mère et le père de Typhaine se dessine.
La Voix du Nord précise : .
Le Nouvel Observateur ajoute : tout en continuant à arguer d'un prétendu « kidnapping ».
Aveux de la mère Le , placée à nouveau en garde à vue, la mère reconnaît sa responsabilité dans la mort de sa fille qu'elle situe début . Le lendemain, elle est mise en examen pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineure de moins de et ., puis pour meurtre, mesure suivie, le , par la mise en examen du concubin qui reconnaît avoir enterré la fillette en Belgique.
La fillette serait morte à la suite d'une punition qui aurait mal tournée entre le 10 et le et enterrée entre le 15 et le , peu de temps avant l'annonce de sa prétendue disparition. ..
Découverte du corps, autopsie et funérailles thumb|upright|Le cimetière de Mons-en-Barœul où repose Typhaine.|alt=Le cimetière de Mons-en-Barœul où repose Typhaine Le , dans le bois de Loverval, en province de Hainaut en Belgique, le corps d'une petite fille nue, enterrée à même la terre, est retrouvé et .. La section d'identification des victimes de catastrophes de la police belge prend dès lors l'enquête en charge et le corps de Typhaine est autopsié, le , par des médecins belges..
L'autopsie confirme que l'enfant a été malmenée et battue en constatant neuf impacts traumatiques : mais ..
Typhaine Taton est inhumée le au cimetière de Mons-en-Barœul en présence de sa famille paternelle.
Procès thumb|upright|Le palais de justice de Douai.|alt=Photographie de l'entrée du palais de justice Le procès a lieu en , plus de trois ans après les faits, devant la cour d'assises de Douai..
La mère de l'enfant déclare qu'elle voulait . mais que . ont été donnés à l'enfant qui restait .. Anne-Sophie Faucheur se qualifie de mais refuse de présenter des excuses, arguant que ses actes sont impardonnables. Elle ajoute aussi que sa fille , qu'elle la et qu'elle La gamine était frappée et sa mère avait .. L'enfant a également été rouée de coups de baskets. Les dernières paroles d'agonie de Typhaine auraient été ..
Lors des débats, le beau-père prétend de son côté qu'il a voulu faire le « bonheur » de la fillette.
Les deux accusés, Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot, sont condamnés à 30 ans de prison dont 20 ans de sûreté..
Conséquences Questions sur les réactions des institutions Médias Le , sur France 3, une fausse information prétend que le corps de Typhaine Taton a été repêché ; il s'agirait d'une information relayée par un faux journaliste. La chaîne porte plainte..
Autorités publiques Typhaine Taton n'était pas scolarisée au moment de sa mort.. Jean-Philippe Broyart, avocat de l'association Enfance et Partage, déclare qu'il n'y a pas de faute juridique mais plutôt un vide juridique puisque l'école n'est pas obligatoire avant six ans.. Selon lui, après . Jean-Christophe Boyer, avocat de l'association l'Enfant bleu, suit le même raisonnement et déclare que . Par ailleurs, l'école maternelle n'a attendu que le mois de juin, celui de la mort de la fillette, pour alerter le parquet sur son absentéisme scolaire..
Retentissement médiatique et hommages de la société civile Les 18 et , une marche blanche qui mobilise est organisée. Le , un square à son nom est inauguré à Aulnoye-Aymeries.
Le , presque cinq ans après la mort de la fillette, un documentaire relatant l'affaire est diffusé sur la chaîne de télévision française NT1.. Le , un documentaire similaire est diffusé sur NRJ 12..
Hors de France, l'affaire connaît un retentissement national en Belgique où le corps a été retrouvé et autopsié : la Dernière Heure, quotidien belge, lui consacre un article et la Télévision belge francophone quelques reportages....
Conséquences familiales judiciaires Typhaine Taton avait une sœur, Caroline, et une demi-sœur, Apolline, toutes deux placées en famille d'accueil depuis la mise en détention préventive de leur mère, Anne-Sophie Faucheur, de leur père ou beau-père, Nicolas Willot. Le tribunal pour enfants d'Avesnes-sur-Helpe doit se prononcer sur le devenir des enfants : accorder la garde de Caroline à son père François Taton entraînera la séparation des deux demi-sœurs ; laisser les demi-sœurs ensemble en famille d'accueil conduit à priver François Taton, père de Caroline, de sa fille..
Une première décision, rendue par le tribunal pour enfants d'Avesnes-sur-Helpe le , laisse les enfants ensemble, en famille d'accueil, et accorde un droit de visite mensuel au père..
Affaires similaires en France
En , la fillette Marina Sabatier âgée de huit ans meurt à la suite de sévices infligés par ses deux parents Éric Sabatier et Virginie Darras. Les parents sont condamnés à 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 20 ans pour actes de torture et barbarie ayant entraîné la mort de leur fille. L'efficacité des services publics chargés de la prévention de la maltraitance a également été mise en cause du fait de leur incapacité à protéger l'enfant..
En , la mère de Fiona Chafoulais, une petite fille de cinq ans, informe la police de sa disparition dans un parc de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), après avoir échappé à sa surveillance. Les recherches, aussitôt diligentées, ne donnant rien, l'émotion médiatique est intense. Quelques mois plus tard, la mère et son concubin avouent avoir enterré le corps de l'enfant dans un endroit indéterminé. Les circonstances de la mort de l'enfant, due à des maltraitances, ne sont pas encore bien établies à cette date... En , la Cour d'assises condamne finalement la mère à 20 ans de prison et son compagnon à 18 ans de prison.
Notes et références Notes
Références
Articles connexes
Liens externes Vidéos sur Dailymotion : Disparition de Typhaine : témoignage de la maman - ; Maubeuge:La mère de Typhaine reçue par un juge d'instruction - ; autres vidéos retraçant les péripéties de l'affaire jusqu'au procès.
Catégorie:Juin 2009 en France Taton, Typhaine Taton, Typhaine Taton, Typhaine Catégorie:Maubeuge Catégorie:Police scientifique Taton, Typhaine Catégorie:Meurtre commis contre un mineur en France