Marie Sainte Dédée Bazile, surnommée « Défilée » ou encore « Défilée la folle », née dans les environs du Cap-Français, est une personnalité de la Révolution haïtienne qui pleura le corps supplicié du premier empereur d'Haïti, Jean-Jacques Dessalines, et accompagna sa dépouille lorsqu'elle fut portée au cimetière.
Les sources fiables sur l'épisode de Défilée la folle Le , alors qu'il chevauchait à la tête de ses troupes pour aller réprimer un soulèvement dans le Sud, l'empereur Dessalines tomba dans une embuscade à hauteur de Pont-Rouge, au nord de Port-au-Prince, et fut criblé de balles par les soldats mutinés. Ces derniers volèrent ses vêtements, ses armes et lui tranchèrent même les doigts pour récupérer ses bagues en or. Son corps fut ensuite rapporté à Port-au-Prince, où la foule le mit en pièces.
L'histoire de Défilée la folle n'est connue que par deux historiens haïtiens, Thomas Madiou et Beaubrun Ardouin. Le premier a recueilli des témoignages trente ans après les faits, et sa version est la plus connue.
Cette version a été rectifiée douze ans plus tard par Beaubrun Ardouin, qui avait 10 ans à l'époque des faits, vivait à Port-au-Prince, et connaissait Défilée.
Biographie semi-légendaire de Défilée D'après la tradition populaire, Dédée Bazile serait née esclave vers 1736, soit à Port-au-Prince, soit à Cap-Français. A l'âge de 18 ans, elle aurait été violée par son maître.
À l'époque de la guerre d'indépendance (1802-1803), elle aurait suivi l'armée indigène comme vivandière. Elle aurait perdu deux frères et trois fils dans les combats. Fortement ébranlée par ce choc, Dédée Bazile aurait sombré dans la folie. Elle aurait continué à suivre l'armée indigène, criant aux troupes : « Défilez ! Défilez ! » dès qu'elles faisaient une halte. D'où son surnom de DéfiléeSabine Lamour, « L’héritage politique de Marie Sainte Dédée Bazile, dite Défilée », Recherches féministes volume 34, n°2, 2021)..
Après l'assassinat et l'inhumation de Dessalines, elle aurait vécu de mendicité à Port-au-Prince, jusqu'à sa mort en 1816. L'ex-impératrice Claire-Heureuse aurait tenté de l'aider, en vain. Sa tombe (disparue) aurait été placée à côté de celle de Jean-Jacques DessalinesOctavien Petit, « Défilée-la-Folle », Revue de la Société d’histoire et de géographie d’Haïti, volume 3, n°8, octobre 1932..
Elle aurait laissé derrière elle deux filles, Agathe et Annesthine.
Un de ses fils, le colonel Condol Bazile, officier de la maréchaussée sous le régime de Faustin Soulouque, aurait sauvé de la mort le futur président d'Haïti Fabre Geffrard, le .
Dédée Bazile est considérée comme l'un des quatre héroïnes de l'indépendance d'Haïti les plus symboliques, aux côtés de Sanité Belair, Catherine Flon et Cécile Fatiman.
Notes et références
Articles connexes Femmes dans la révolution haïtienne Condition des femmes en Haïti
Liens externes
Biographie de Dédée Bazile dite Défilée Octavien Petit, « Défilée-la-Folle », Revue de la Société d’histoire et de géographie d’Haïti, volume 3, n°8, . Sabine Lamour, « L’héritage politique de Marie Sainte Dédée Bazile, dite Défilée », Recherches féministes volume 34, n°2, 2021).
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