La cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer est une église catholique située à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais, en France. Dédiée à la Sainte-Vierge, l'édifice garde son statut de cathédrale car l'évêché est triple : Arras, Boulogne et Saint-Omer. Basilique mineure érigée par le pape Léon XIII le .
L'édification de la cathédrale s'étale du au . Son architecture mêle des éléments de styles gothique primitif, rayonnant et flamboyant. La cathédrale abrite entre autres une horloge astronomique de 1558, un buffet d'orgue monumental, un tableau de Rubens et une dalle en labyrinthe.
Historique Une chapelle dédiée à Notre-Dame à l'origine L'origine de la ville de Saint-Omer est monastique car elle correspond à l'installation de moines originaires du Cotentin : Bertin de Sithiu, Ebertram et Mommelin de Noyon, venus de l'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Luxeuil vers un lieu entouré de marécages, sous la direction d'Audomar de Thérouanne, pour évangéliser le pays près de Portus Itius.
Après la mort d'Athalbert, successeur de saint Antimonde de Toul mort en 519, second évêque de la Morinie, la Morinie est restée sans autorité ecclésiastique. Au , Dagobert réorganise l'évêché de Thérouanne, le plus au nord de la Gaule, et nomme à sa tête Audomar de Thérouanne, également connu sous le nom de Saint-Omer, moine de l'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Luxeuil né dans le Cotentin., affirmation réfutée par certaines sources..
Saint Omer, premier évêque des Morins, ou troisième évêque de Thérouanne., reçoit en don d'Adroald, un seigneur local qu'il a converti au christianisme, le territoire de la « villa Sitdiu » ou Sithieu en 649...
Après une première installation dans un endroit insalubre, les religieux se sont déplacés dans un lieu situé plus au nord sur le terrain donné à saint Omer où a été construite au point le plus haut une chapelle, vers 659, à l'emplacement d'un temple païen dédié à Minerve.. Cette chapelle était dédiée à la Vierge Marie. Un cloître y est ensuite construit pour abriter les moines et l'abbé de l'abbaye de Sithiu. Le bourg de Sithiu va s'agglomérer autour. L'abbaye a reçu sa sépulture, ainsi que celle des moines. Les premières constructions étaient réalisées en bois. Avant sa mort, en 662, il la confie à Saint-Bertin, alors abbé de Sithiu, construite quelques années auparavant., les réunissant après la mort d'Audomar de Thérouanne de fait, en un monastère double.
L'église de la Vierge constituait la partie haute du complexe monastique, tandis que l'abbaye de Saint-Pierre et de Saint-Paul constituait la partie basse.
La chapelle devient une collégiale durant la période médiévale vignette|La flèche de l'église de la Vierge.
Cette unité de fait fut rompue en 820, lorsque l'abbé Frédegis de Tours, un anglo-saxon, appliqua la réforme de l'Empereur carolingien Louis le Pieux. La chapelle devient une collégiale, une église desservie par 30 chanoines.
Puis les normands, reparurent une troisième fois dans la nuit du . Ces Barbares pensaient comme d'habitude surprendre les habitants dans leur sommeil. Mais une surprise de taille les attendait, et cette fois ils furent exterminés par la population..
L'église du monastère fut détruite par un incendie en 1033, elle sera reconstruite en pierre et dans le style roman en 1052. Elle sera encore victime d'un incendie en 1191.. On commença alors à reconstruire le chœur, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes, puis en 1263, on construisit le transept. Les travaux s'échelonnent du . Le croisillon sud du transept fut allongé en et on entreprit alors la reconstruction de la nef. L'édification des chapelles latérales de la nef date des années 1386 à 1403. Les plus anciennes furent construites au sud. La nef centrale ne fut achevée qu'en 1473, et ses voûtes en 1506.
La collégiale devient cathédrale à la Renaissance
De 1449 à 1472, Jehan de Meldre, maître d'œuvre procéda à l'allongement du croisillon nord du transept. À cette époque la tour à l'ouest qui était restée romane fut consolidée et rehaussée..
À partir de 1473 et jusqu'en 1521, on procéda à la construction de la tour occidentale autour de cette tour romane. Celle-ci fut ainsi rhabillée et reçut un décor inspiré de celui de l'abbatiale Saint-Bertin (construite entre 1431 et 1500). La flèche surmontant la croisée date de 1486.
Les sculptures du portail occidental furent réalisées de 1511 à 1515, par les sculpteurs brugeois Jean et Josse Van der Poele...
En 1553, la ville de Thérouanne toute proche, où se trouvait l'évêché de l'Artois, fut totalement rasée par les troupes de Charles Quint, au cours d'un conflit qui l'opposait au roi de France Henri II. Du sel fut symboliquement répandu sur le sol de la ville. Dans les années qui suivirent, il fut décidé de partager le diocèse de Thérouanne, afin de respecter les frontières entre le royaume de France et les Pays-Bas espagnols. Ainsi fut créé en 1559 le diocèse de Saint-Omer et la collégiale Notre-Dame devint cathédrale en 1561..
Vers la Révolution française vignette|redresse|Plan de la cathédrale en 1789.
En 1606, la flèche de la croisée fut détruite par un ouragan. En 1610, on réalisa le cadran solaire du portail sud, et en 1628, on procéda au renouvellement de la chapelle axiale que l'on nomme épiscopale et requise par le nouveau rôle d'évêché de Saint Omer mais qui endossa aussi le rôle de chapelle mariale bien plus tard. En 1677, par le traité de Nimègue, Louis XIV annexe l'Artois et Saint-Omer devient française.
Fin , Jules Hardouin-Mansart (mieux connu pour Versailles) construit le palais épiscopal, résidence des évêques (aujourd'hui le palais de justice de Saint-Omer). Un accès direct à la cathédrale est ménagé pour l'évêque entre le palais et la chapelle d'axe.
Le apporta encore quelques embellissements : l'importante chaire, installée en 1714 en provenance de l'église des Dominicains de Saint-Omer, est due au sculpteur Danvin ; puis en 1717, fut installé le superbe buffet d'orgue des frères Piette, avec une remarquable statuaire en bois. Le trône épiscopal et les boiseries du chœur datent de 1753.
Après la Révolution française Lors de la Révolution française, en 1792, la cathédrale, fermée au culte, fut transformée en hangar agricole, et les paysans y entreposèrent leur fourrage et leur matériel. Cette situation perdura jusqu'en 1802. Contrairement à bien d'autres églises, Notre-Dame n'eut que peu à souffrir du vandalisme des révolutionnaires. Le , Pierre-Joseph Porion y prononce un discours sur la supériorité du régime républicain. Le , l'autorité militaire estime avoir besoin de la Cathédrale pour en faire un entrepôt ; Porion se contentant désormais de la chapelle de la Maladrerie pour célébrer ses offices..
Le diocèse de Saint-Omer fut définitivement supprimé en 1802 (Bul. du ) lors du Concordat de 1801, au bénéfice du diocèse d'Arras qui formait alors un diocèse de 878 paroisses et annexes.
: dans la lignée de Prosper Mérimée et de Eugène Viollet-le-Duc, Prosper Morey met en place lentement un service des monuments historiques, qui a pour but de restaurer la cathédrale d'alors, à ce moment église Notre-Dame..
De la Seconde Guerre mondiale à nos jours
L'édifice subit de légers dommages lors d'un bombardement en 1942.
Protections au titre des monuments historiques La cathédrale est classée au titre des monuments historiques depuis 1840.. vignette|Le clocher.
Dimensions La cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer mesure 22.9 mètres de haut sous la voûte et 120 mètres de long pour 53 mètres de large.. La tour fait 50 mètres de hauteur.
Matériaux de construction Le soubassement et les colonnes du chœur sont en grès de Béthune très résistant. La plupart des arcs sont en pierre dure. Les chapiteaux sont en pierre foncée de Tournai. Les pierres de parement, gargouilles, pinacles sont craie blanche des régions de Fauquembergues, Ardres, Lumbres, facile à travailler mais très sensible au climat et à la pollution. De nos jours, la couverture est en ardoises, mais elle était autrefois en feuilles de plomb. vignette|Le portail sud avec le cadran solaire.
Extérieur Il y a plusieurs types d'architectures : du roman, du gothique primitif, du gothique rayonnant et enfin du gothique flamboyant.
L'enclos Cet enclos était constitué par les bâtiments conventuels (ou communs) et les maisons individuelles des chanoines. Les cinq accès étaient marqués à l'entrée de l'enclos par des portes fermées la nuit. Les bâtiments conventuels (bibliothèque, salle du chapitre, …) étaient répartis autour d'un cloître, une galerie de circulation carrée située à l'extrémité du transept nord de la collégiale. En grande partie détruit à la Révolution française, il en subsiste toutefois un pan de mur en pierre dissimulé sous la végétation..
À la Révolution française, les chanoines sont chassés. Une grande partie des bâtiments canoniaux sont détruits. En 1830, M. Taffin de Givenchy acquiert auprès de la fabrique le terrain de l'ancien cloître attenant à sa maison. Il rachète en 1834 à la ville le préau canonial et ses dépendances utilisés jusque là comme école et qui seront détruits pour édifier une maison. Le palais épiscopal devient tribunal en 1795 puis cour d'assises du Pas-de-Calais. Il subit des modifications comme le couvrement de la cour intérieure et la suppression de la liaison avec la cathédrale. Les maisons de chanoines sont vendues à des particuliers comme biens nationaux. Beaucoup d'entre-elles disparaissent, frappées notamment par le plan général d'alignement des façades de 1828 qui s'applique aussi à l'enclos et en modifie le tracé médiéval (pour la construction de l'école Notre-Dame, par exemple).
De son côté, la municipalité adopte en 1866 un plan d'isolement de la cathédrale côté nord afin d'obtenir des crédits pour sa restauration. À l'expropriation sur une largeur de huit mètres, s'ajoute la destruction des derniers bâtiments attenants, dont la chapelle Sainte-Suzanne du , chapelle funéraire de Pierre III, onzième prévôt. Seul le tribunal y échappe.
Le parvis
Le chevet
vignette|Le plan du chevet.
Intérieur
vignette|Plan de la visite de la cathédrale Saint-Omer. vignette|Les chapelles.
Le chœur vignette|L'autel de Notre-Dame-des-Miracles. Des chapelles sont logées de façon biaise (dans les angles entrants transept/chœur) : ce modèle est retrouvé à Ypres et à Tournai. Les chapelles biaises sont associées à un plan de déambulatoire que l'on retrouve à Saint-Quentin et à Troyes.
Le déambulatoire Il se constitue de 5 chapelles rayonnantes : Saint Antoine de Padoue. ; Saint Esprit. ; Absidale. ; Saint Omer. ; Saint Joseph..
Afin de visualiser ce déambulatoire imposant nous proposons une vue en plan..
Le transept Le transept est allongé au , car entre 137? et 1389, est prolongé le bras sud du transept de deux travées. À la fin du , la même chose est faite au nord. Les nervures des voûtes du transept sont prismatiques. Le triforium est interrompu dans le transept par des tribunes. La croisée du transept fut surmontée au centre en 1486 d'un petit clocher destiné à recevoir un carillon (comme à Saint-Bertin auparavant), mais cette tourelle fut détruite en 1606 par une tempête.
Nef et bas-côtés vignette|La nef de la cathédrale. Hauteur 23 mètres et largeur 10 mètres, pas du style rayonnant où l'on cherchait sans cesse plus de lumière. Le clocher porche est un rhabillage de celui du . La tour octogonale abrite au RDC des expositions et à l'étage supérieur quelques ornements sacerdotaux qui datent du . Les voûtes datent du .