La microéconomie (ou micro-économie) est la branche de l'économie qui modélise le comportement des agents économiques (consommateurs, ménages, entreprises) et leurs interactions, notamment sur les marchés.

À l'inverse de la microéconomie, la macroéconomie modélise les relations entre les grands agrégats économiques, le revenu national, l'investissement, la consommation, le taux de chômage, l'inflation

La microéconomie théorique est un ensemble de concepts, de modèles et de résultats abstraits sur le comportement de ces agents économiques.

La microéconomie appliquée utilise les concepts de la microéconomie théorique pour comprendre le fonctionnement de différents domaines comme tel ou tel secteur industriel, ou encore le marché du travail, la famille, l'environnement, voire la criminalité.

La méthodologie de la microéconomie repose sur la modélisation économique, mais aussi sur la méthode expérimentale et sur des méthodes statistiques pour valider et calibrer les modèles économiques.

Plusieurs approches alternatives à la théorie microéconomique standard se sont développées comme la nouvelle économie institutionnelle, l'économie comportementale, la théorie du déséquilibre ou encore l'économie des conventions. L'économie féministe reproche à la microéconomie de considérer que la production a lieu exclusivement dans les firmes, et donc hors des ménages (qui sont des espaces dédiés à la consommation).

Définitions

La microéconomie explore des hypothèses sur le comportement des agents et les interactions entre ces agents, notamment sur les marchés. L'agent économique peut être un individu mais aussi un groupe d'individus (un ménage, une entreprise).

Cette analyse des comportements individuels se fait à la lumière d’une méthode qui consiste à expliquer les facteurs subjectifs des individus ainsi que la rationalité de ces derniers. Le résultat de cette méthode se fait par la somme des individualités pour tirer des lois générales sur le fondement de l’individualisme méthodologique.

Microéconomie théorique

thumb|Paul Samuelson est considéré avec John Hicks comme un des pères de la microéconomie actuelle.

Agents économiques

La microéconomie standard (ou néo-classique) modélise le comportement des agents économiques comme un comportement rationnel.

Le théorème de Debreu définit les conditions dans lesquelles les préférences peuvent être représentées par une fonction d'utilité.

Comportement du producteur

La microéconomie standard modélise le producteur comme un comportement de maximisation de la fonction de profit. Le profit est défini comme la valeur de la production à laquelle on soustrait les coûts (généralement le coût du travail et le coût du capital).

Comportements stratégiques des agents économiques et concurrence imparfaite

L'économie industrielle étudie le fonctionnement des marchés et les comportements des entreprises sur ces marchés. Elle traite notamment des situations dans lesquelles les entreprises disposent d'un pouvoir de marchéIci, l'entreprise est considérée comme "faiseur de prix". Le prix du marché n'est pas une donnée. Il ne s'impose pas à elle., ce que les économistes appellent la concurrence imparfaite.

Marché

Le marché est le lieu de rencontre réel ou fictif entre l'offre et la demande.

Structure du marché

Il existe différentes structures de marché. Dans un marché en concurrence parfaite, aucun agent n'a un pouvoir de marché assez élevé pour fixer les prix. On dit alors que les agents sont preneurs de prix (). À l'inverse, dans un marché en concurrence imparfaite (monopole, duopole, oligopole, monopsone, duopsone, oligopsone ou encore concurrence monopolistique), les agents n'ont pas tous le même pouvoir de marché et certains sont en mesure de « faire les prix ». On dit alors qu'ils sont faiseurs de prix ().

Équilibre du marché

thumb|Gérard Debreu (1921-2004) a obtenu le prix Nobel d'économie en 1983 pour avoir démontré qu'en concurrence pure et parfaite, il existe un unique équilibre entre l'offre et la demandePrix Nobel : disparition de Gérard Debreu, alternatives économiques, février 2005.

La théorie de l'équilibre général étudie les conditions d'existence et d'unicité d'un équilibre général sur l'ensemble des marchés.

La théorie de l'équilibre partiel étudie les conditions d'existence et d'une unicité d'un équilibre sur un marché particulier. L'hypothèse sous-jacente est alors que l'équilibre sur ce marché ne dépend pas de ce qui se passe sur les autres marchés.

Optimum économique

thumb|Vilfredo Pareto a défini la notion d'optimum de Pareto dans son Manuel d'économie politique ().

Un optimum en microéconomie est un état dans lequel les différents acteurs du marché, tels que les consommateurs ou les producteurs, ont tous optimisé leur comportement, soit pour les consommateurs maximiser une utilité ou minimiser une dépense, soit pour les producteurs, maximiser un profit ou minimiser des coûts pour atteindre un niveau maximal de bien-être ou de satisfaction compte tenu des contraintes.

Une allocation de ressources est optimale au sens de Pareto (ou efficace au sens de Pareto) s'il n'existe pas d'autre allocation réalisable dans laquelle la situation de chaque agent serait au moins aussi bonne et la situation d'un agent strictement meilleure.

Les deux théorèmes de l'économie du bien-être établissent à quelles conditions tout équilibre de marché est un optimum de Pareto et à quelles conditions un optimum de Pareto peut être obtenu par un équilibre de marché. Ces conditions se ramènent techniquement à des exigences de "convexité", par exemple l'absence de rendements d'échelle croissants et d'effets de réseaux, l'absence d'effets externes, et un traitement des incertitudes conforme à la théorie de l'utilité espérée sans asymétrie d'information. A contrario, les cas de non-réalisation de ces hypothèses définissent les "défaillances de marché" étudiées par la microéconomie et en particulier les problèmes d'information et d'externalités.

Le premier théorème de l'économie du bien-être énonce que, sous ces conditions, tout équilibre général en concurrence parfaite est un optimum de Pareto.

Le second théorème énonce que, sous ces conditions, tout optimum de Pareto peut être obtenu comme équilibre walrasien après réallocation des dotations initiales.

Externalités

thumb|Arthur Cecil Pigou a théorisé la notion d'externalité et conceptualisé la notion de taxe pigouvienne pour remédier aux défaillances de marché..

L'existence d'externalités, c'est-à-dire d'un effet externe lié à l'activité d'un agent économique non pris compte par le marché, constitue un cas de défaillance du marché. Dans cette situation en effet, l'équilibre de marché n'est pas optimal.

En 1960, Ronald Coase a remis en cause l'analyse d'Arthur Pigou en montrant qu'en l'absence de coût de transaction, il est possible d'internaliser les externalités de marché ().

Asymétries d'information

thumb|George Akerlof a reçu le prix Nobel d'économie en 2001 pour ses travaux sur la modélisation des asymétries d'informations, notamment avec son article (1970).

La concurrence parfaite suppose une information parfaite. Dans les années 1960 et 1970, la microéconomie a développé une modélisation des asymétries d'information autour de deux notions clés, la notion de sélection adverse (ou antisélection) et la notion d'aléa moral.

L'article de George Akerlof, (1970), propose une modélisation d'un marché dans lequel les acheteurs n'ont pas l'information sur la qualité des produits vendus en prenant l'exemple du marché des voitures d'occasion et montre le phénomène de sélection adverse.

Théorie des contrats

La théorie des contrats conçoit les organisations, ou les institutions comme les familles ou les entreprises, comme des ensembles de contrats (des nœuds de contrats dans le jargon économique). Une entreprise est, par exemple, un nœud composé de contrats de travail, liant l'entreprise à ses salariés, de contrats la liant à ses clients et à ses fournisseurs, de contrats d'engagements bancaires et financiers, de contrats légaux la liant à son État ou ville de résidence en matières fiscale et réglementaire. Les marchés sont un autre cas particulier de tels nœuds de contrats, ici des contrats d'échange. Les États, au sens des organisations politiques gérant des espaces géographiques déterminés, sont un autre exemple de nœud contractuel, les Constitutions (ou les Chartes) se présentant comme des contrats généraux liant ces organisations aux peuples qu'ils gouvernent.

Le développement de cette théorie a entraîné un approfondissement de la théorie de la négociation. En effet, son propos est non seulement d'expliquer comment et pourquoi se forment des contrats entre les agents, mais aussi les raisons pour lesquelles ils les remettent, ou pas, en cause au cours du temps. Toutes ces approches mobilisent largement pour ce faire les outils de la théorie des jeux, non coopératifs ou coopératifs, en information incomplète ou imparfaite.

Théorie du choix social

thumb|Kenneth Arrow a contribué à la théorie microéconomique grâce à la théorie des préférences révélées, ses travaux avec Gérard Debreu sur les conditions d'existence et d'unicité d'un équilibre général et sa contribution à la théorie du choix social grâce à son théorème d'impossibilité ().

La théorie du choix social étudie la manière dont les préférences individuelles peuvent être agrégées pour prendre des décisions collectives. Cette théorie remonte aux travaux de Nicolas de Condorcet sur le vote et notamment au paradoxe de Condorcet.

Le théorème d'impossibilité d'Arrow, formulé par Kenneth Arrow en 1951, constitue le fondement de la théorie moderne du choix social ().

Microéconomie appliquée thumb|Gary Becker a appliqué la microéconomie pour comprendre les phénomènes de discrimination sur le marché du travail (), les choix d'éducation en développant la notion de capital humain (), la criminalité mais aussi la famille avec l'analyse du choix du conjoint et des décisions de fertilité (, 1981). Il a reçu le prix Nobel d'économie en 1992 pour sa contribution à la théorie économique.

Marché du travail

La notion de capital humain introduite par Theodore Schultz et Gary Becker à la fin des années 1950 et au début des années 1960 a permis d'affiner l'analyse du marché du travail et de comprendre le lien avec l'éducation ().

La théorie de la recherche d'emploi permet de comprendre les déséquilibres sur le marché du travail et la persistance d'un chômage frictionnel.

Éducation

La théorie du capital humain montre le lien entre l'éducation et la productivité des agents sur le marché du travail ().

Empiriquement, l'équation de Mincer permet d'estimer les rendements privés de l'éducation sur le marché du travail en contrôlant des effets de l'expérienceJacob Mincer (1974). Schooling, Experience and Earnings. New York: National Bureau of Economic Research.

Organisation industrielle L'organisation industrielle (ou économie industrielle ou Concurrence imparfaite et industrial organization en anglais) est la branche de la microéconomie qui étudie le fonctionnement des marchés et les comportements des entreprises sur ces marchés.

Elle traite notamment des situations dans lesquelles les entreprises disposent d'un pouvoir de marché, ce que les économistes appellent la concurrence imparfaite.

Elle ne se réduit toutefois pas à l'analyse de la concurrence imparfaite. Un de ses objectifs est d'évaluer la performance des marchés en matière d'efficacité et de bien-être collectif. À cet égard, l'économie industrielle comporte une dimension importante d'aide à la décision publique, pour tout ce qui touche à la régulation des marchés.

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