Fenay est une commune française appartenant à Dijon Métropole située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne-Franche-Comté. Elle comprend les hameaux de Fénay, Domois et Chevigny.
Géographie Localisation Fénay est située à 10 km en limite sud de Dijon Métropole, à l'intersection des autoroutes A31 et A311 et sur les importants axes routiers de la RD 996 (axe nord-sud Dijon-Seurre) et de la RD 108 (axe est-ouest).
Les coordonnées géodésiques de la mairie sont : 47°14'54 de latitude Nord et 5°03'54 de longitude Est. Le point culminant de la commune (251 mètres) est situé au fort de Beauregard.
Sur une superficie de , on compte 700 ha de terres agricoles et 103 ha de forêts (65 ha à Fénay, 36,5 ha à Chevigny et 1,65 ha à Domois). Le territoire de la commune est traversé par trois cours d'eau : la Sansfond (ou Cent-Fonts), la Varaude et le « fossé de Chevigny »Le fossé de Chevigny (U1411080) sur le site Le Sandre.
La zone bâtie de Fénay se répartit sur les trois hameaux : Domois, au nord, constitué initialement autour de deux fermes et d'un petit château, connait un essor lié à sa proximité de la zone industrielle de Longvic. Outre l'orphelinat fondé en 1880, Domois abrite surtout des lotissements pavillonnaires ; Chevigny, au centre et en bordure de la RD 996, étalé sur une légère pente en direction de l'est, abrite la majorité des services publics ; Fénay, au sud et également en bordure de la RD 996, constitue le vieux village historique.
Fénay est dotée de deux zones artisanales : une zone située en bordure de la RD 996 à Fénay, une autre à Chevigny. Elles comptent une quarantaine de petites entreprises.
Le Conservatoire des Sites Naturels de Bourgogne, héritier du Conservatoire des sites bourguignons fondé en 1986Conservatoire des Sites Naturels de Bourgogne, est localisé à Fénay depuis 2001Source : Le cœur du Sabot (la lettre aux adhérents du Conservatoire d'espaces naturels de Bourgogne), « 1986-2011 : 25 ans de protection de la nature », n° 9, 2011..
La commune abrite ainsi 690 emplois. Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat océanique altéré et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Ouges à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Fénay est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dijon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (77,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (79,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (76,5 %), zones urbanisées (10,7 %), forêts (8,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,4 %), zones agricoles hétérogènes (0,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Fénay : l'orthographe du , Fidenniacum, est la plus ancienne connue. On peut en tirer une étymologie faisant remonter Fénay à l'époque romaine. On a dans Fidenniacum, Fides Enniaci, foi d'Enniacus, c'est-à-dire "gens qui ont donné leur foi à Enniacus". En d'autres termes, il s'agit du "fief d'Enniacus". Chevigny : ce toponyme semble venir du nom d'un de ses seigneurs ou de la maison de ce seigneur. Au , on a aussi trouvé le nom Cavaniacum (Cava, en latin, signifiant "trou" ou "vieux colombier"). Domois : la racine paraît être Dumetum, buisson, ce qui ferait de l'ancien Domois (Villa Dumes), la grange ou la ferme "des buissons".
La commune de Fénay est constituée en 1790 par le regroupement de trois hameaux : Fénay, Domois et Chevigny. En 1793 (An II), on trouve le nom "Feney". Puis, après 1801 (Bulletin des Lois), la commune s'appelle "Fenay" ou "Fénay".
Date d'apparition du toponyme Fénay Chevigny Domois - Fedeniacum ; Fidenniacum ; Fedenacus ou Fedeniacus (679) Visinium Villa (994) (Chevigny ?) Dusmus ; Dulmusus ; Dumea ; Villa Dumes ; Villa Dusmensi (783) ; Domisus (848) ; Diomise (869) ; Dusmentis Villa (944) Fedeniacum (1015) - Dusmis (1066) ; Dumea Villa Fœnaum ; Faonay (1164) ; Fainai (1167) ; Fainiaum (1183) ; Faenai (1187) ; Faanai (1196) Cavaniacum (Cava, en latin, signifie "trou" ou "vieux colombier") ; Cavenniacum (1142) ; Cavigné (1191) Demois (1197) Faina (1224) ; Fœnay (1290) Chevigné (1249) ; Chevigné-Faienay Dumois (1254) Fahanayum (1328) - - Faignay (1423) Chevigny-Faignay (1423) - Fénay (1553) - Domoy (1515) ; Grange de Demois (1537) Fœnay (1666) Cheviny-Fénay (1605) Daulmoy (1610) ; Domoy (1666) Fénet (1732) ; Fesnai (1747) ; Feney (1793) Chevigny-Fesnay (1722) Domois (1783) Fenay ; Fénay (1801) - -
Histoire Préhistoire Au cours de prospections au lieu-dit La Petite fin, des outils en silex et en chaille locale ont été découverts. L'industrie lithique se compose de plusieurs racloirs, de bifaces et d'une limace, ce qui date le gisement au Moustérien, culture du Paléolithique Moyen caractéristique de l'Homme de Neandertal en Europe.
Par photographie aérienne, des traces d'enceintes ou d'enclos protohistoriques ont aussi été identifiées sur divers sites : Au Breuil, Pièce de la Croix Sud, la Grande Fin, les Herbues de Poissy, derrière le Clos de Domois...
Antiquité Au temps des Gaulois, le territoire de Fénay est situé dans une région à la jonction de trois états celtes : l'Éduie, territoire des Éduens, de la Saône au Morvan (Bibracte), la Lingonie, pays des Lingons, au nord de l'Ouche, et la Séquanie, domaine des Séquanes, à l'est de la Saône. C'est une zone sans frontière où on se dispute les terrains de chasse et les passages de communication des périphéries (vallées de la Saône et de l'Ouche, axe nord-sud de la "côte").
Durant la période gallo-romaine, une voie romaine, d'axe nord-sud et reliant Lyon (Lugdunum) à Langres puis Trèves, est construite. Appelée "Via Agrippa", elle est encore visible entre Fénay et Perrigny-lès-Dijon, où elle est connue sous le nom de "Chemin des Romains". Par ailleurs, deux sites gallo-romains ont été identifiés (lieux-dits "Au Breuil" et "Les Herbues de Poissy") et des vestiges de la même époque trouvés ("La Pièce Rouge")Plan Local d'Urbanisme, 2005. Lien.
Moyen Âge Le plus ancien document écrit concernant Fénay date de 679 ; il s'agit d'une donation de terre rédigée en latin. En 783, c'est Vulfricius qui donne à l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon tout ce qu'il possède à la Villa Duemensis (Domois). Ce hameau, rattaché au finage de Longvic (finis longoviana) jusqu'en 870, entre alors dans le pagus attuairiorum (pays attuarien ou Attuyer). Fénay, Chevigny, mais aussi Saulon (Campus Salomonis), font, quant à eux, partie du pagus oscarensis (ou Oscheret, "pays de l'Ouche"). Au , à propos d'une rente bâtie à sa source, la rivière Sansfond est mentionnée avec son hydronyme originel de "Cent-fonts". Au , une donation de Rathérius, archidiacre de Saint-Étienne, cite encore la vigne et les terres arables de Domois ().
Au début du , après des périodes de calamités (pluies, peste de 1089, hiver rigoureux de 1126), les religieux de Saint-Bénigne puis ceux de Cîteaux étendent leurs possessions sur le territoire fédinois (moulins, étangs, etc.). Ainsi, le m oulin des étangs aurait une origine cistercienneOn peut aussi évoquer une autre hypothèse, celle d'une appartenance à la Sainte-Chapelle de Dijon, créée par le duc Hugues III de Bourgogne, et qui possédera ultérieurement une partie de Chevigny, près de la Sansfond et de la voie romaine ("Bois de la Sainte-Chapelle").. L'appartenance à Saint-Bénigne de l'église de Fénay est confirmée par des bulles pontificales : Alexandre III (1177), Célestin III (1193). En 1187, le duc de Bourgogne Hugues III donne le domaine de Fénay à la commune de Dijon. Trop éloigné, elle le rétrocède en 1196 à son fils, Eudes III, en échange d'avantages banaux sur les foires et sur les Juifs de la ville qui, considérés comme serfs, devaient alors payer une redevanceGarnier (Joseph), Chartes de communes et d'affranchissements en Bourgogne, Dijon, 1867.Courtépée (Abbé) et Beguillet, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, (écrit vers 1775), , Avallon, 1967. On rappellera que Courtépée qui écrit au est parfois imprécis, voire commet de grossières erreurs dans sa description : c'est donc une source à prendre avec précaution.. Par la suite, la prépondérance ducal sur les lieux semble s'effacer ; divers seigneurs sont alors signalés... En 1277, dame Adeline de Domois est propriétaire de Perrigny et Domois. Le monticule avoisinant la fontaine de Chevigny pourrait représenter l'emplacement d'un château des seigneurs de Chaudenay, arrivés à Fénay en 1311 (information à vérifier). Toujours au , on connait un chevalier Eudes, "sire de Demois", époux d'Alix, dame de Bressey, inhumé à Bonvaux alors que Fénay et Saulon sont la propriété du seigneur de Talmay (notamment Hugues de Pontailler). Une recherche de feux de 1378 dénombre alors 19 foyers à Fénay et 4 à Chevigny comme à Domois.