vignette|redresse=1.4|alt=Carte des départements français.|Localisation du gisement sur la carte des bassins houillers français.

Le bassin houiller keupérien de Haute-Saône fait partie des bassins houillers des Vosges et du Jura et c'est aussi le plus récent des deux gisements de Haute-Saône d'un point de vue géologique. Il est exploité par des mines de houille entre la fin du et le milieu du dans le sud-est de la Haute-Saône ainsi que dans le nord du Doubs et du Jura, dans l'est de la France. Cette houille, de mauvaise qualité, car riche en soufre, sert principalement à alimenter des chaudières permettant de concentrer, par évaporation, la saumure des salines locales. Le sel gemme, la pyrite et le gypse sont d'autres ressources tirées du même étage géologique.

Bien qu'il soit exploité plus longtemps et sur un plus grand territoire que le bassin minier de Ronchamp et Champagney, son influence économique et sociale est moindre, sa production étant plutôt artisanale et irrégulière. L'activité atteint son apogée au , où huit concessions sont accordées entre 1826 et 1845 pour l'exploitation du bassin, dont quatre qui fusionnent en 1879 (Gouhenans, Athesans, Saulnot, et Vy-lès-Lure). La production cumulée de ces dernières concessions atteint de tonnes. Pour faire face aux pénuries dues à l'Occupation et permettre aux industries locales de se maintenir, de nouvelles recherches sont lancées, notamment par le Bureau de recherches géologiques et géophysiques (BRGG) comme dans d'autres petits bassins qui échappent au contingentement de l'occupant. À la fin de l'activité, en 1944, les réserves sont estimées à de tonnes exploitables.

Situation vignette|redresse=2|alt=Carte des communes de Haute-Saône.|Les différentes concessions de Haute-Saône.

Le bassin houiller s'étend dans le sud-est du département de la Haute-Saône, mais aussi à la lisière nord-ouest du Doubs et du Jura, en région française de Bourgogne-Franche-Comté. Limité par les massifs des Vosges au nord et du Jura au sud, ce gisement est exploité par six petites concessions en Haute-Saône et par quelques autres dans les départements voisins.

Les gisements houillers les plus proches sont le bassin houiller stéphanien sous-vosgien qui le chevauche au nord-est et le bassin houiller du Jura au sud-ouest. Un autre bassin keupérien existe dans les Vosges, à moins d'une centaine de kilomètres.

Géologie vignette|gauche|redresse=1.5|alt=Schémas montrant comment l’évaporation d'une lagune a permis des dépôts de bancs de sels et de débris végétaux avant que ceux-ci ne soient recouverts par les sédiments.|La formation du gisement.

Le gisement, qui appartient au Keupérien (daté entre ), fait partie des bassins houillers des Vosges et du Jura. Il est composé de couches de houille tendre (humide) et de houille gypseuse dure (sèche) ; leur épaisseur dépasse rarement le mètre. Les couches sont parfois affleurantes, parfois profondes de plusieurs dizaines de mètres avec un pendage de 7 à . La houille est séparée du gypse par de la marne..

Le keuper est un bassin sédimentaire dont la puissance varie de . Il est principalement situé en Haute-Saône et déborde sur la lisière du département du Doubs, entre Rougemont et Glère. D'autres lambeaux résiduels sont situés aux environs de Baume-les-Dames, Ougney, Arguel, Beure, Vorges-les-Pins et Grozon. Ce bassin est formé d'une alternance de couches de grès, de marne irisée, de dolomies de gypse et de houille par endroits... Il s'est formé en même temps que le bassin salifère de Franche-Comté, au Trias supérieur, lorsque la mer Panthalassa qui recouvre tout l'est de la France (partie intégrante du supercontinent Pangée) se retire et laisse une lagune peu profonde de saumure d'eau de mer qui par évaporation forme une très importante couche de plus de d'évaporite (contenant du sel halite / sel gemme)... recouverte avec le temps par différentes couches de sédimentation (plus de de marne et de calcaire). Ce gisement est dissocié en deux parties : une première caractérisée par des dépôts de lagunes peu profondes et une seconde caractérisée par des dépôts de lagune. La première partie est composée de trois couches salifères sur une épaisseur de plus de ; une fine couche de grès à roseaux sépare les deux parties stratigraphiques ; la seconde partie est composée de marnes à gypse, d'anhydrite, de marnes rouges, de dolomie, de marnes irisées et de charbon. Les grès et schistes du Rhétien achèvent la série sur une épaisseur d'environ ...

Le charbon se présente sous la forme d'une couche principale et d'une petite couche inexploitable.. La houille tirée des concessions du bassin doit toujours être lavée en raison de ses fortes teneurs en pyrite de fer, ce qui laisse beaucoup de cendres après sa combustion. Ce charbon est impropre à la production de coke ou au chauffage des locomotives à vapeur ; de plus, la présence de soufre empêche la production de gaz de houille. Son usage est donc réservé au travail de laminage ainsi qu'au chauffage des chaudières et des poêles.. Son usage est particulièrement indiqué pour l'évaporation des eaux salées et pour le fonctionnement des fours à réverbères. Son pouvoir calorifique varie de ()..

La houille de cette région est souvent découverte involontairement par des sondages qui sont creusés pour découvrir du sel gemme (et vice-versa) qui est exploité à Saulnot, Gouhenans et Mélecey-Fallon...

Concessions vignette|centre|redresse=2.5|alt=Carte des contours des concessions.|Les contours des six concessions saônoises et leurs principaux travaux miniers : vignette|centre|redresse=2.5|alt=Carte basée sur la précédente|L'utilisation de la houille extraite dans les différentes concessions par les salines.

Durée de vie des sept concessionsLe ton foncé indique les périodes de production, le ton clair indique l'abandon, des recherches ou une simple possession sans travaux.

Corcelles (Saulnot)

La découverte de la houille du bassin keupérien remonte à 1589. À cette époque, la Saulnère du Saulnot (seigneurie de Granges) utilise deux chaudières pour cuire la saumure, l'une avec de la houille et l’autre avec du bois.. En 1714-1715, une nouvelle veine est découverte au Saulnot.. Le , Jacques Liébiger obtient l’exclusivité de l'extraction du charbon dans toute la seigneurie de Granges Arrêté 217..

Le , la concession de Corcelles est accordée aux sieurs Noblot fils, Méquillert et autres par ordonnance royale.. Jusqu’à de charbon sont exploitées chaque année avant 1838, notamment avec un puits de de profondeur. La concession est ensuite fusionnée avec d'autres par un décret présidentiel le ..

Au début du , l'exploitation est particulièrement active au nord de Corcelles avec sept puits creusés avant 1921, dont cinq recensés par le BRGM. Le charbon est utilisé dans la saline de Gouhenans jusqu’à l'arrêt de l'extraction en 1921. En 1941, les réserves sont estimées à environ pour Corcelles..

Au début du , subsistent les vestiges de trois puits de mine des houillères de Corcelles visibles sur les cartes IGN, situés à proximité de la LGV Rhin-Rhône ainsi que leurs terrils, notamment le puits E ouvert sur ...

Gémonval

La concession de Gémonval, d'une superficie de , est accordée le .. Elles ont connu deux périodes d'activité, la première entre 1826 et 1847 avec l'accord d'une concession, la seconde dans les années 1940 par le Bureau de recherches géologiques et géophysiques (BRGG). Ces deux périodes sont entrecoupées par des tentatives de relance. Cette mine connaît dans les années 1830 une importante spéculation boursière. La houille de Gémonval a servi principalement au fonctionnement des chaudières utilisées pour la concentration de la saumure des salines locales, principalement celle de Mélecey, mais aussi dans les forges voisines. Les mines commercialisent également la pyrite issue du lavage du charbon, pour l'industrie chimique.

Des vestiges de cette activité (entrées de mines, terrils, ruines) subsistent au début du .

Gouhenans

Un gîte houiller est identifié à proximité du village de Gouhenans dans les années 1770, puis redécouvert en 1819... La concession, d'une superficie de , est accordée le ; l'extraction se fait alors dans les puits 4 et 5.. En 1864, la concession de Gouhenans est exploitée par les puits 4 et 10. Cette même année, la production s'élève à de houille. Celle-ci est alors vendue le quintal.

Le puits 11 est creusé au nord de Villafans en 1872, au moment où d'anciens puits sont fermés. La houille est remontée par des bennes et acheminée par des berlines. Les travaux, situés à une centaine de mètres de profondeur, sont régulièrement visités par le garde-mine du département jusqu'à la fermeture du puits en 1893L'histoire du puits 11, détaillée sur un panneau touristique sur place..

En , le puits 15, établi dans le voisinage du puits 11, rencontre le charbon à de profondeur. Il entre en exploitation en 1895. En 1899, il subit une arrivée d'eau de par jour.. L'exploitation reprend en 1906 dans deux quartiers différents avec une descenderie et le puits 17.. L'activité houillère cesse en 1921..

Au début du , plusieurs vestiges des travaux miniers subsistent, notamment des terrils. Une maquette représentant un chevalement de la concession, construite par Charles Simonin, est conservée par la SHAARL (Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Lure). Le site du puits 15 est aménagé et intégré au circuit pédestre baptisé . L'orifice du puits et le terril subsistent..

Le Vernoy La petite concession de est accordée par une ordonnance royale du à messieurs Blech, Fries et compagnie, de Mulhouse., dans la commune du Vernoy dans le Doubs, sur un lambeau du bassin houiller. Une couche dont la puissance varie de est brièvement exploitée avant que les propriétaires ne renoncent à la concession le ...

Trois puits de mine sont creusés au nord du village.. L'un d'entre eux rencontre le gisement à de profondeur, mais il est abandonné avant 1870 en raison de fortes venues d'eau. Il laisse un terril toujours visible en 1943..

La production est de en 1826, en 1832 et en 1842.. La renonciation de concession est demandée le et accordée le .

En 1904, un sondage est creusé par la Société minière industrielle de Gouhenans pour la recherche de sel ; il rencontre des traces de charbon entre de profondeur.

Athesans La concession d'Athesans, d'une superficie de , est accordée le . Des chantiers de faible importance sont réalisés dans cette concession, où l'épaisseur de la couche varie de .. Cinq sondages sont creusés entre 1922 et 1923..

+ Sondages et puits. Nom Profondeur Date Commune Résultat Puits A 1836 Athesans Couche de . Puits Lissot 1840-1845 Athesans Une galerie creusée vers le nord-nord-ouest rencontre une couche de qui est exploitée. Puits et sondage V 1896 Athesans Puits arrêté à et poursuivi par sondage, quelques grains de houille. Sondage T Athesans Inconnu, probablement négatif. Sondage 2 1836 Athesans Couche de , épaisseur maximale rencontrée. Sondage 3 1836 Athesans Couche de . Sondage S Athesans Rencontre d'une faille. Sondage du bois Saint-Servais Athesans Couche de . Sondage 1 1922 Gouhenans Négatif. Sondage 2 1922 Gouhenans Négatif. Sondage 3 1922-1923 Vouhenans Abandonné. Sondage 4 1923 Vouhenans Négatif. Sondage 5 1923 Gouhenans Négatif.

Vy-lès-Lure

Une concession, d'une superficie de , est accordée le et de nombreux travaux de recherches se déroulent au hameau de La Grange du Vau, situé entre les communes de Vy-lès-Lure et de Mollans ; elle se trouve au sud-ouest de la concession de Saint-Germain (Bassin stéphanien), qui est la plus proche d'elle. Les travaux se déroulent sur deux périodes distinctes : la première pendant la seconde moitié du et le premier quart du avec l'accord d'une concession, la seconde, sous l'Occupation à l’initiative du BRGG (ancêtre du BRGM)...

Mélecey