thumb|Le jeune porteur de sarisse. Gardien de la tombe macédonienne III d'Ágios Athanásios, Thessalonique. Peinture hellénistique, fin – début siècle avant l'ère commune. Mur peint. Technique de la peinture sur panneau de boisIl ne s'agit pas d'une fresque. Cette peinture pariétale « reflète, selon toute vraisemblance, la familiarité des artistes macédoniens avec les peintures de chevalet » , sur bois ou sur toile : Hariclia Brécoulaki dans . Sur un enduit mince et sec la peinture est appliquée au moyen de liants organiques. Découvert en juillet 1994. Hauteur de la figure : 1,5 m. env..
La peinture de la Grèce antique couvre toute la période de la Grèce antique, depuis l'âge du bronze, puis les époques archaïque, classique et hellénistique. Sur cette longue durée, du avant l'ère commune, elle s'est métamorphosée sous toutes les formes qu'elle a prises, qu'il s'agisse de la peinture sur céramique sur panneaux ou murale et parfois sur stèles. La peinture grecque n'est donc pas confinée au support bi-dimensionnel, puisque l'essentiel se trouve sur des céramiques, avec, pour chacune, un volume particulier sur lequel la peinture s'inscrit et avec des petits reliefs qui, parfois, la complètent.
Les peintures hellénistiques que l'on ne cesse de découvrir dans les tombes de l'élite, en Grèce du Nord, révèlent des artistes de premier plan qui maîtrisaient la représentation des volumes et de la lumière par le clair-obscur et l'illusion de la perspective.
Les traces de peinture subsistant sur les sculptures et les décors architecturaux permettent de se représenter, avec les techniques actuelles, l'effet de la peinture sur les volumes dans l'Antiquité. Mais cette approche est encore expérimentale, sur quelques exemplaires étudiés en laboratoire. Cette étude implique l’histoire anthropologique, esthétique, sociale et religieuse du monde grec antique.
Généralités Des supports variés : le mur, le panneau, la céramique et la sculpture
La peinture, sur panneaux et murale, était considérée, par les Grecs eux-mêmes, comme « l'essence même du beau et le fond de l'art »Il s'agit d'une parole du peintre Zeuxis, l'un des plus célèbres de l'époque classique, que cite Henri Loirette , dans , (propos rapportés par l'auteur antique Lucien de Samosate où Zeuxis désigne ainsi la technè des peintres, leur savoir-faire, l'art de la peinture], comme « l'essence même du beau et le fond de l'art ».. La Pinacothèque, lorsque l'on arrivait sur l'Acropole d'Athènes, à gauche, après avoir franchi les Propylées, avait été érigée au milieu du pour en exposer plusieurs chefs-d'œuvre , plus précisément une galerie de tableaux, où les panneaux peints étaient accrochés au-dessus d'un lambris d'appui. Ils faisaient l'admiration de tous ceux qui se plaisaient à s'y attarder, tout au long de l'Antiquité, en particulier Pausanias, auteur latin d'un récit de voyage en Grèce resté célèbre par les descriptions détaillées de certains tableaux dont on a conservé le souvenir grâce à lui. Sur l'Agora, la Stoa Poikilè - aussi « Pœcile » dans la traduction de Pausanias - présentait plusieurs grands tableaux de peinture.
thumb|upright=0.8|Restitution colorée d'un archer du temple d'Aphaïa à Égine, v. 500, fronton Ouest. Exposition « Bunte Götter ». Étude : Vinzenz Brinkmann. Original : Glyptothèque de Munich. L'histoire a retenu plusieurs noms de peintres par les commentaires élogieux des grecs eux-mêmes ou des voyageurs dans l'antiquité. Les plus renommés de l'époque classique furent Polygnote (470-440), Apollodore (actif autour de 408), Zeuxis (464-398), Timanthe (fin ), Protogène et Apelle (tous deux de la seconde moitié du )Page donnant accès aux notices des peintres Grecs de l'Antiquité : sur ENS LYON: Peintres Grecs dans Peinture et couleur dans le monde Grec Antique, avec des liens directs vers les textes-sources traduits.. Les textes grecs et latins qui évoquent la peinture antique, en particulier celle des Grecs, ont été collectés, traduits et groupés par Paul Milliet (1844-1918) puis par Adolphe Reinach (1887-1914) et publiés en français en 1921, puis réédités en 1985. Les descriptions minutieuses permettent de se représenter non seulement l'action mais aussi jusqu'à l'expression des regards, jusqu'au drapé, comment il couvre ou découvre le corps en fonction du moment dans l'imageTout particulièrement lors de la chute de Troie, le Sac de Troie , l'Ilioupersis , peinte par Polygnote dans la Lesché des Cnidiens, à Delphes. : et : Polygnote peint « la modestie des sourcils et la rougeur des joues », et « le vêtement avec cette suprême légèreté qu'il a montrée en faisant tomber ce qui doit cacher, laissant soulever tout le reste au vent. ». Mais les peintures, murales et sur panneaux, sont perdues. Cependant les découvertes qui se suivent depuis 1977 et actuellement, des tombes royales et de l'élite hellénistique en Macédoine, révèlent le talent d'artistes hors pair. Ces commandes d'exception n'ayant pu être confiées qu'aux meilleurs artistes, ce serait ceux dont les noms nous ont été transmis par les textes. Mais leur signature n'apparait pas encore, en 2017.
À cette liste il faut ajouter la liste bien plus importante des peintres sur céramique. Certains d'entre eux sont gravés sur les céramiques. Tous les autres étant identifiés par les chercheurs et on leur attribue un nom, de manière arbitraire, en rapport avec le potier, ou avec un vase remarquable la plupart du temps. Leur production pouvant être reconstruite sur des critères esthétiques. Peut-être parce que la Grèce disposait de nombreux gisements d'argile de qualité exceptionnelle, les ateliers de céramistes y ont prospéré tout au long de l'antiquité.. Et en raison de sa relative pauvreté dans les autres domaines, le commerce des céramiques a été la source principale d'enrichissement pour Athènes à l'époque classique. La terre rouge de l'Attique et celle, chamois clair, de Corinthe étant particulièrement remarquables. Mais l'essentiel de la production n'était pas décorée : amphores commerciales, céramiques communes et culinaires de « consommation » quotidienne.
Les inscriptions sur les céramiques nous renseignent aussi sur le climat de franche rivalité qui régnait entre les ateliers de céramistes, et qui n'a pas d'équivalent dans le domaine, moins documenté, de la peinture murale ou sur panneau, comme en ce qui concerne la sculpture grecque antique. Par ailleurs, la langue grecque ne fait pas de distinction entre nos « artisans » et nos « artistes », il n'y a que des « tekhnitai » (« fabricants »)..
Restitution des couleurs résiduelles Il faut noter aussi que la peinture a été, de tous temps employée sur les sculptures. Ces restitutions s'appuient sur des traces perceptibles, depuis 30 ans en lumière naturelle ou ultraviolette, en éclairage direct ou oblique et depuis 2007 avec un appareillage de spectroscopie ultraviolet-visible et de spectrométrie à fluorescence X : .. Le professeur Vinzenz Brinkmann est spécialiste de cette polychromieOn emploie le terme de « polychromie », ce qui permet de faire la distinction, semble-t-il, d'avec la peinture murale ou sur panneau ; la peinture sur céramique étant toujours sur un support précisé. ancienne à l'Université de Bochum et à la Archaeology Foundation de Munich qui a monté l'exposition à succès : « », tout comme dans le décor architectural. La peinture à l'encaustique était appliquée au moins au sur les grandes sculptures de marbre, comme en témoignent un vase du Metropolitan Museum et . et le choix de Praxitèle. Au milieu du , la sensualité de son « Aphrodite de Cnide » devait être accentuée par la peinture, réalisée par le peintre Nicias. Celui-ci utilisait, selon Pline l'Ancien. Et sur la polychromie : Christine Mitchell Havelock, The Aphrodite of Knidos and Her Successors. A Historical Review of the Female Nude in Greek Art, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1995. et 51-52.,« la technique de la circumlitio, où les effets d'ombre et de lumière étaient particulièrement travaillés »Alain Pasquier, L'Aphrodite de Cnide : Que savons-nous de l'aspect matériel de la statue ? in ..
La figure humaine : un motif privilégié et un héritage pour des siècles Dans les peintures grecques comme en sculpture, le motif qui domine, et de très loin, tous les autres est la figure humaine. Le motif du corps « nu », celui de l'homme bien plus que celui de la femme, est un motif constant et récurrent tout au long de l'art grec antique. Le traitement, apparemment de plus en plus « naturaliste » du corps humain - sujet dominant des représentations figurées - se manifeste par de nombreuses séries de variations du nu dans la Grèce antique.
C'est dans le prolongement de ces variations sur le motif du corps plus ou moins nu que l'art grec fit école et influença profondément tout l'art occidentalVoir en particulier : , et sa bibliographie.. On en trouve un exemple dans la tentative de recomposition de tableaux disparus d'après leur description antique : c'est le cas de « La Calomnie d'Apelle » de Botticelli, à la Renaissance, en Italie. C'est aussi le cas de peintures qui s'inspirent de copies romaines, comme « Rencontre d’Hercule et Télèphe en Arcadie », qui est une copie romaine d'après un original grec. Laquelle a servi de modèle à Ingres pour la pose de Madame Moitessier assise. Après son passage dans les musées et sur les sites archéologiques de Rome, Florence, Pompéi, Herculanum et Naples, au printemps 1917, Picasso renoue avec la diversité des peintures de la Renaissance ou de l'Antiquité (par ex. "Jeunes femmes jouant aux osselets", copie romaine d'après Alexandros d'AthènesPeinture au trait sur marbre, provenant d'Herculanum, au Musée de Naples. : (fig. 4, attribution erronée à Apollonios d'Athènes). : la peinture sur Wikimedia Commons).
Picasso s'est aussi plu à faire référence à la peinture grecque, dans un registre plus étendu, celle sur céramique et la représentation animalière. On peut prendre pour exemple les céramiques réalisées à Valauris. Aussi : , où l'on trouve entre 1946 et 52 un motif indéfiniment sujet à variations par les peintres de céramique grecque : la chouette, attribut d'Athéna et symbole d'Athènes.
Pinacothèques Beaucoup des peintures de grand format, sur panneaux ou murales, se trouvaient à l'intérieur des temples et des autres édifices publics, jusqu'à la fin du , puis de plus en plus dans des édifices privés. La Pinacothèque [littéralement : « dépôt de tableaux »] (milieu du avant l'ère commune), située à gauche des Propylées, l'entrée monumentale à l'Acropole d'Athènes, servit à installer une galerie de tableaux, où des panneaux peints étaient accrochés au-dessus d'un lambris d'appui. Bien que Pausanias (au de notre ère), dans sa Description de la Grèce, y parle des images «que le temps n'avait pas effacées» il s'agit bien de tableauxPausanias, traduction biblingue : chapitre XXII Propylées, peintures, sur remacle.org., dont deux tableaux de Polygnote. La Pinacothèque était aménagée afin de pouvoir accueillir des banquets publics de 17 lits. Par ailleurs Athènes possédait un autre espace qui présentait des peintures : sur l'Agora, la Stoa Poikilè, (aussi Pœcile dans la traduction de Pausanias) un portique qui présentait plusieurs tableaux de peinturePausasias, Chapitre XV : Du Pécile et de ses Peintures.., dont une peinture réalisée par Polygnote et offerte par lui à la cité d'Athènes. D'autres collections, privées, ont vu le jour ensuiteAgnès Rouveret : « Toute la mémoire du monde » : La notion de collection dans l'Histoire Naturelle de Pline dans Pline l'Ancien, témoin de son temps, 1987, éditeurs scientifiques J. Pigeaud et Oroz, actes du colloque de Nantes de 1985, . ..