La situation des droits de l'homme au Qatar est une préoccupation importante de plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), bien que des améliorations significatives aient été enregistrées depuis que Sheikh Hamad s'est emparé du pouvoir, au milieu des années 1990. Sous son gouvernement, l'émirat a connu une période de rapide libéralisation et de modernisation, tout en conservant néanmoins son identité islamique. Entre autres choses, le Qatar est connu pour être le premier pays des États arabes du golfe Persique à donner aux femmes le droit de vote.

Cependant, la situation de la très nombreuse population de travailleurs migrants est très préoccupante. Selon Human Rights Watch, en , des centaines de milliers de travailleurs migrants, pour la plupart en provenance d'Asie du Sud-Est et employés au Qatar sur des chantiers de construction, courent le risque d'une grave exploitation et de maltraitance, au point que l'on peut parfois parler de travaux forcés ou d'esclavage.. Les fortes réactions suscitées dans le monde par les morts sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022 et la crainte que les conditions de travail sur ces chantiers n'occasionnent la mort de plus de travailleurs étrangers avant même le début de la Coupe du monde ont amené le gouvernement du Qatar à promettre une nouvelle législation qui abolirait le système de « parrainage », le kafala, au cœur des problèmes constatés. Le système du kafala est ainsi aboli le , dans le cadre de la réforme du travail la plus importante jamais entreprise à cette date.

Pour ce qui est du droit de la nationalité, le Qatar veille particulièrement à ne pas permettre aux travailleurs immigrés d'obtenir la nationalité qatarienne. Les enfants eux-mêmes n'acquièrent pas la nationalité qatarienne lorsqu'ils naissent au Qatar, même si leur mère est elle-même qatarienne. Un statut de « résident permanent » est mis en place en pour étendre les droits des étrangers.. Le décret est critiqué comme un "coup de communication" qui ne permet pas aux travailleurs immigrés d'acquérir la nationalité qatarienne..

La liberté d'expression a subi une atteinte grave avec la condamnation à la prison à vie du poète qatarien Mohammed al-Ajami du fait des critiques qu'il avait formulées contre le gouvernement du Qatar lors de la Conférence de Doha, en 2012.. Une certaine liberté de culte est admise en faveur des travailleurs étrangers et des touristes, à condition que la pratique de leur religion reste discrète et s'abstienne de tout signe extérieur lié à cette religion.

Dans le domaine de la vie privée, la charia interdisant toute relation sexuelle hors mariage, les relations extraconjugales sont interdites, et l'homosexualité peut être punie de mort au Qatar.

Conditions des travailleurs étrangers vignette|Des travailleurs migrants sur un chantier de construction de "La Perle", 2018. Selon le Département d’État américain, les travailleurs expatriés en provenance d'Asie et de quelques régions d'Afrique sont régulièrement contraints à une forme d'esclavage contemporain (), et - dans quelques cas - à la prostitution. La plupart de ces personnes émigrent volontairement au Qatar en tant que travailleurs peu qualifiés, ou en tant que domestiques, mais ils sont ensuite soumis à des conditions qui indiquent une servitude involontaire. Quelques-unes des violations les plus communes du droit des travailleurs incluent le fait que ces travailleurs soient battus, se voient retenir leur salaire, qu'on leur demande de payer pour des avantages sociaux qui sont normalement de la responsabilité de l’amir, qu'ils soient soumis à de sévères privations de liberté (telles que la confiscation de leur passeport, de leurs documents de voyage, ou de leur permis de sortie) ; ils peuvent également être l'objet de détentions arbitraires, être menacés d'être trainé en justice, ou faire l'objet d'agressions sexuellesDe nombreux travailleurs migrants qui arrivent au Qatar pour trouver du travail ont payé des honoraires exorbitants à des intermédiaires dans leur pays d'origine ; c'est une pratique qui rend ces travailleurs extrêmement vulnérable à des formes d'esclavage moderne une fois qu'ils sont arrivés au Qatar : voir Human Trafficking Report 2011..

Comme d'autres États du Golfe, le Qatar a en effet des lois sur le « parrainage », qui ont fait l'objet de larges critiques qui les considèrent comme un « esclavage contemporain », un esclavage de facto qui touche plus d'un million de travailleurs migrants.. De fait, selon les dispositions des lois du Qatar sur le « parrainage », les « parrains » disposent d'un pouvoir unilatéral qui leur permet d'annuler les permis de séjour de leurs employés, de leur refuser le droit de changer d'employeur, de dénoncer éventuellement un travailleur à la police en le signalant comme « en fuite », et de lui refuser l'autorisation de quitter le pays. En conséquence de quoi, les employeurs peuvent restreindre la liberté de mouvement de leurs employés à tel point que ceux-ci vivent dans la crainte de leur sort s'ils venaient à dénoncer les abus dont ils sont victimes, ce qui contribue à faire perdurer leur soumission à cette forme d'esclavage.

Le système de « parrainage », le kafala en vigueur au Qatar, a été décrié par les organisations de défenses des droits de l'homme du fait des abus qu'il entraîne vis-à-vis de travailleurs étrangers de toutes nationalités et de toutes professions, dont le nombre s'élève d'ores et déjà à 1,5 million, alors même que ce système est en totale contradiction avec les traités internationaux signés par le QatarSylvain Mouillard, Quatre Français sont actuellement bloqués dans l'émirat, privés de visa de sortie par leurs employeurs. Ce système appelé « Kafala » paralyse aussi des centaines de milliers de travailleurs immigrés, sur Libération (consulté le 6 août 2014). Devant ce tollé et en prévision de la Coupe du monde de football 2022, le Qatar a promis une nouvelle législation qui abolirait le système de parrainage, après avoir déjà publié en une charte destinée à améliorer le sort des centaines de milliers de travailleurs asiatiques qui travaillent sur les chantiers de la Coupe du monde Mondial 2022 : le Qatar promet d'abolir son système de parrainage, sur Le Monde.fr.

De même, en , une annonce avait été faite selon laquelle la création de syndicats de travailleurs était envisagée, en même temps que l'intention d'abandonner le système de « parrainage » Qatar to allow trade union, scrap ‘sponsor’ system, sur english.alarabiya.net (consulté le 11 août 2014).. Même ainsi, les syndicats envisagés, prévus pour recueillir les plaintes des travailleurs et protéger leurs droits, seraient obligatoirement dirigés par des Qatariens.

Malgré ces promesses, la Confédération syndicale internationale continuait en à dénoncer l'inaction du gouvernement du Qatar, « qui n'assume aucune responsabilité pour les travailleurs, et dont la seule réaction aux critiques est au travers des relations publiques » International Trade Union Confederation (ITUC) Report - The Case Against Qatar - provokes furious response from local World Cup organising committee, sur www.ituc-csi.org (consulté le 11 août 2014)..

Le système du kafala est officiellement aboli le par le biais d’une réforme du travail, et il est remplacé par un mécanisme contractuel. Le visa de sortie exigé pour pouvoir quitter le pays sous le système du kafala est aboli, mais les travailleurs ont toujours besoin de l'autorisation de leur employeur pour quitter le territoire ou changer de travail. Une commission d'appel est accessible pour les expatriés qui seraient éventuellement empêchés de partir. Si cette réforme reste insuffisante pour certaines ONG, la mesure apparaît inédite dans les monarchies du Golfe.

En , le Conseil d’administration de l’origanisation internationale du travail (OIT) explique prendre acte des progrès accomplis par le Qatar et noter son engagement visant à garantir les principes et droits fondamentaux au travail pour tous les travailleurs, ainsi que l’avancée correspondante consistant à mettre fin au système du kafala..

Ce positionnement de l'OIT est toutefois à nuancer. Entre 2014 et 2022, l'organisme a progressivement adouci sa position envers le Qatar. Après un lobbying important de la part de Qatar, l'OIT a renoncé à créer une commission d'enquête après un accord intervenu en 2017. L'accord prévoit notamment l'ouverture d'un bureau permanent de l'OIT à Doha, financé par le Qatar à hauteur de 25 millions de dollars. L'OIT est devenu un moyen de communication pour le Qatar pour rassurer les investisseurs, convaincre les sponsors et gouvernement occidentaux et diminuer l'impact des campagnes de boycott. A cet effet, le chef du bureau de l'OIT à Doha reçoit régulièrement des journalistes internationaux pour montrer les "progrès" de l’État en matière de droits humains. De plus, l'OIT est présente dans des événements destinés à apaiser les critiques, comme une table ronde organisée par le Bayern Munich, sponsorisé par Qatar Airways.

En , le Qatar adhère à deux pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques (le PIDCP), avec certaines réserves sur l'égalité des genres (en termes de mariage, divorce et garde d'enfants), sur les peines cruelles, sur la peine de mort, sur la liberté de religion ou encore sur la liberté syndicale pour les étrangers.

Le , la nouvelle loi régulant les entrées, sorties et résidences des expatriés entre en vigueur. Ce texte, qui met fin aux autorisations de sortie du territoire pour les travailleurs immigrés, avait été adopté début .

En , le visa de sortie demandé au travailleur étranger est aboli. En , le Qatar a adopté la loi 18/2020 dans laquelle les travailleurs immigrés peuvent changer d'emploi avant la fin de leur contrat sans avoir à obtenir d'abord un "certificat de non-objection" de leur employeur, changement qui ne concerne peu que le secteur public cependant.

En , par la loi 17/2020, un salaire minimum non discriminatoire a été mis en œuvre au Qatar. Celui est prévoit un salaire de 1000 riyals, soit équivalent à environ 230 euros par mois, plus une obligation de gite et de couvert, pour respectivement 500 et 300 riyals, soit l'équivalent de 180 euros de compensation.. Il s'applique à tous les travailleurs, pour toutes les nationalités, dans tous les secteurs, inclus les travailleurs domestiques..

Coupe du monde de football 2022 Dans le cadre des chantiers de construction lancés en préparation de la Coupe du monde de football 2022, qui s'est tenue au Qatar, un accroissement des violation des droits de l'homme a été constaté. En 2013, Amnesty International a publié des rapports montrant que des travailleurs immigrants non payés étaient laissé sans nourriture. Selon ces rapports, les ouvriers sont « traités comme du bétail ».. Selon une enquête du Guardian de (et sur la base de documents obtenus auprès de l'Ambassade du Népal au Qatar), au moins 44 Népalais sont morts, souvent de crises cardiaques ou d'accidents de travail entre juin et . Les abus relevés (salaires retenus, travail forcé, conditions de travail dangereuses) s'apparentent à de l'esclavage moderne, selon des organisations comme Anti-Slavery International.

La FIFA a également mené une enquête concluant à la violation de droits humains lors de l'organisation de la coupe du monde de football.

La FIFA et le Qatar ont finalement mis en place un Fonds d'héritage avec 50 millions d'euros alloués à des initiatives internationales tel que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Toutefois, ce fonds ne vise pas à indemniser les familles des travailleurs migrants blessés ou décédés.