vignette|Mesure à (). La mesure à onze temps est une combinaison de plusieurs mesures binaires et ternairesPour rappel : une mesure « binaire » est basée sur une unité de durée comme la blanche (mesure notée sur 2), la noire (mesure notée sur 4) ou la croche (mesure notée sur 8) avec un nombre égal à 2 ou l'un de ses multiples pour le nombre d'unités par mesure — ainsi, , et , et sont des mesures binaires.Une mesure « ternaire » présente un nombre égal à 3 (ou l'un de ses multiples) unités de durée par mesure — ainsi, , et , et sont des mesures ternaires.Une mesure « binaire » se compose d'un temps « fort » suivi d'un temps « faible », ou d'une succession régulière de temps « fort » et « faible ».Une mesure « ternaire » est composée d'un temps « fort » suivi de deux temps « faibles », ou d'une succession régulière de temps « fort », « faible » et « faible ».. Elle comprend donc un nombre variable de « temps forts » et de « temps faibles », en fonction de la combinaison choisie. Très peu représentée dans la musique savante du Moyen Âge, la musique baroque et la musique classique, cette mesure est pratiquement « inventée » au par Rimski-Korsakov dans deux de ses opéras, Snégourotchka et Sadko.
Onze étant un nombre premier, la mesure à onze temps est considérée comme une « mesure composée asymétrique », ce qui la rend propre à l'expression de la mélodie comme de la danse. Cette mesure se rencontre aujourd'hui dans les musiques jazz, pop et rock.
Historique
Un très rare exemple de mesure à onze temps se trouve dans l'œuvre de Claude Le Jeune, « Cigne je suis », noté à dans son Premier livre de chansons en 1608. En Angleterre, la pièce In Nomine IX pour clavecin de John Bull, aujourd'hui conservée dans le Fitzwilliam Virginal Book, est également notée à .
En marge de son analyse sur les rythmes dans la musique de Ravel, Vladimir Jankélévitch note avec étonnement :
Dans ce premier opéra, composé de 1880 à 1881, en effet, le compositeur russe innove en composant , dont sur un tempo majestueux () :
La Suite en duo pour flûte et harpe (ou violon et piano) de Jean Cras, composée en 1927, s'achève sur une « danse à onze temps » sur un tempo Très animé à :
Caractéristiques Notation Dans un article consacré à la battue des mesures composées asymétriques (), Charles Dowd insiste sur le fait que .
Cet article propose les combinaisons suivantes :
1. Combinaisons de quatre battues simples 3 + 3 + 3 + 2
3 + 3 + 2 + 3
3 + 2 + 3 + 3
2 + 3 + 3 + 3
2. Combinaisons de cinq battues simples 2 + 2 + 2 + 2 + 3
2 + 2 + 2 + 3 + 2
2 + 2 + 3 + 2 + 2
2 + 3 + 2 + 2 + 2
3 + 2 + 2 + 2 + 2
Difficulté Les irrégularités de la mesure à onze temps la rendent assez difficile à interpréter ou à diriger. Nicolas Slonimsky se souvient, dans son autobiographie :
.
Dans son spectacle Que ma joie demeure ! (2012), Alexandre Astier, interprétant Jean-Sébastien Bach, évoque les mesures caractéristiques de la musique africaine : .
Multiples et sous-multiples La fin du second mouvement (Andante - Vivace) de la Troisième sonate pour piano, op.39 de Boris Blacher (1951), est composée sur une suite de quatre mesures ( + + + ), , soit une période régulière de 22 croches.
La pièce de l'album First Circle par le Pat Metheny Group, composée par Pat Metheny and Lyle Mays, est notée à Interview avec Lyle Mays, ce que les auteurs considèrent aussi comme la somme d'une mesure à 10 temps et d'une mesure à douze temps. , de Don Ellis, est une pièce notée à . Dans la chanson du groupe Phish, la section jam est également notée à subdivisée en + + + .
La notation équivalente à « cinq temps et demi » est extrêmement rare. Parmi les compositions modernes employant cette mesure, on peut citer le des Impromptus op.10 (1932) de Jean Absil, noté à , la et la pièce pour piano de Gardner Read, notées à , ce qui revient à une mesure à .
Une notation encore plus rare est utilisée pour le Impromptu op.10 (1932) de Jean Absil, noté à , ce qui correspond théoriquement à une mesure à .
Œuvres employant des mesures à onze temps Musique classique
des Vingt-quatre préludes pour piano, op.11 (1896), d'Alexandre Scriabine, noté à + , selon Manfred Kelkel, Hivernale, pièce du Rossignol éperdu pour piano (1910) de Reynaldo Hahn, noté à + , des Douze esquisses pour piano, op.1 (1911), d'Alexeï Stantchinski, noté à , et dernier mouvement, Presto, de la Deuxième sonate pour piano en sol majeur (1912) d'Alexeï Stantchinski, noté à , et dernière des Études, op.18 (1918) de Béla Bartók, comporte plusieurs mesures à , mouvement, Fugue, des Bachianas brasileiras (1969) d'Heitor Villa-Lobos, noté à
Musiques pop et rock
, des Grateful DeadDavid Dodd, The Eleven Annotated Grateful Dead Lyrics, 2007, de Paul Desmond, enregistré avec le Dave Brubeck QuartetHoward Brubeck, Dave Brubeck Deluxe Piano Album, San Francisco, 1965, , (1969) par Caravan, (1971), par Van der Graaf Generator, (1971) par les Gentle Giant, Mario Kart 64 (jeu vidéo), musique de Kenta Nagata (1996), (2004), par DAAU, Windows to the Soul (1999), par Steve Vai
Bibliographie Ouvrages généraux
Monographies
, présenté et annoté par François Lesure
, traduit, présenté et annoté par André Lischke
Notes discographiques
Notes et références Notes
Références
Articles connexes Solfège Temps Rythme Division du temps Représentation des durées en musique Mesure à cinq temps Mesure à sept temps Mesure à treize temps Mesure à quinze temps Mesure à dix-sept temps
Catégorie:Théorie de la musique