Gaël Perdriau, né le à Cholet (Maine-et-Loire), est un homme politique français. Il est maire de Saint-Étienne et président de Saint-Étienne Métropole d’ à .

Membre et vice-président des Républicains, il est exclu du parti politique en après avoir été mis en cause dans une affaire de chantage politique à la sextape à l'encontre de son premier adjoint, Gilles Artigues.

En , Gaël Perdriau est condamné pour les délits de chantage, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs, à cinq ans de prison dont quatre ans ferme, et déchu de ses mandats. En septembre 2026, sa peine de prison est confirmée en appel, avec mandat de dépôt entraînant une incarcération immédiate. Il écope également de 10 ans d’inéligibilité, contre 5 en première instance. Son avocat annonce un pourvoi en cassation.

Études et carrière professionnelle Gaël Perdriau est diplômé de l'ESC Saint-Étienne. Il mène ensuite une carrière dans le secteur de l'énergie, en occupant des postes de cadre chez Total, Gaz de France, GDF Suez puis ERDF.

Carrière politique Parcours à l'UMP et chez LR Membre du Parti républicain depuis 1996, il adhère à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) dès sa création, en 2002.

Gaël Perdriau est nommé en 2012 chargé de mission de la fédération UMP de la Loire.

Il soutient Bruno Le Maire pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016. En , il est nommé directeur de campagne régional pour l'Auvergne-Rhône-Alpes, brunolemaire.fr, consulté le 19 septembre 2016.. Le , dans le cadre de l'affaire Fillon et après le départ de Bruno Le Maire de l'équipe de campagne de François Fillon, il renonce à son tour à soutenir le candidat Les Républicains à la présidentielle« Gaël Perdriau : "François Fillon doit se retirer au nom d’une éthique" », lemonde.fr, mars 2017..

Laurent Wauquiez ayant donné Saint-Étienne pour un exemple de « quartier perdu de la République », Gaël Perdriau lui retire son soutien pour les élections à la tête des Républicains..

Il est nommé vice-président des Républicains le . Le , il est démis de sa fonction par le président du parti, Christian Jacob, pour avoir dénoncé à nouveau la « droitisation » de son parti, et notamment le positionnement de la candidate Valérie Pécresse « qui envisage de gouverner avec Eric Ciotti », après l’élection présidentielle de 2022... Il souhaite également une rupture avec le sarkozysme. Il se rapproche alors du parti présidentiel Renaissance. Mis en cause dans un scandale de chantage à la sextape, il est exclu de LR en ..

Maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau se présente aux élections municipales en 1995 à Saint-Étienne sur la liste du maire sortant Michel Thiollière. Il est élu., puis réélu en 2001. Il est ainsi en fonction de 1995 à 2008.

Président du conseil de quartier de Tarentaize-Beaubrun, il contribue à la rénovation urbaine de ces quartiers en grande difficulté aidés par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU).

Gaël Perdriau occupe la sur la liste du maire sortant Michel Thiollière aux élections municipales de 2008. Michel Thiollière est battu dans une triangulaire par le socialiste Maurice Vincent. Gaël Perdriau devient conseiller municipal d'opposition, se présente aux élections cantonales de Saint-Étienne-Sud-Ouest-1 en 2011, et échoue au tourLe Monde - Résultats des élections cantonales de 2011 . Il préside dès lors le groupe d’opposition municipale « Union pour l’avenir des Stéphanois ». qui regroupe les représentants de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), de l’UMP et de la société civile..

Le , la Commission nationale d’investiture (CNI) de l’UMP, coprésidée par Jean-François Copé et François Fillon, accorde à l’unanimité l’investiture à Gaël PerdriauLa Gazette de la Loire, le 16/05/2013 - UMP : La commission nationale d’investiture choisit Gaël Perdriau à Saint-Étienne pour être la tête de liste sur la ville de Saint-Étienne aux élections municipales de 2014. Il forme alors une alliance avec le centriste Gilles Artigues, dont le maintien au second tour en 2008 avait contribué à la défaite de Michel Thiollière. La liste que conduit Gaël Perdriau l’emporte au second tour de ces élections avec 47,7 % des voix, contre la liste du maire sortant, Maurice Vincent, qui recueille 40,5 % des voix, et celle du Front national (11,8 %). Gaël Perdriau est élu maire par le conseil municipal le et président de la communauté d'agglomération Saint-Étienne Métropole le , Mathieu Ozanam, L'Essor, 25 avril 2014.

Après son élection, Gaël Perdriau critique la gestion du maire précédent, notamment concernant l’Opéra-théâtre de la ville, et accuse la direction de l'établissement d'avoir fait courir des risques aux personnels et spectateurs du théâtre municipal . Depuis, la justice a donné tort à la ville et a obligé à la réintégration des membres de l'Opéra théâtre comme, entre autres, son chef d'orchestre en poste depuis et son directeur .

Fin , le journal Le Progrès publie une enquête intitulée « La grande valse des cadres ».. Depuis son élection à la mairie et sa prise de fonction à la présidence de la Métropole, Gaël Perdriau a vu 45 cadres des deux collectivités présenter leur démission, soit plus de sept départs par an. Le dernier départ en date est celui de Caroline Tisserand, directrice de la Cité du Design, partie avant la fin de sa période d'essai. Selon Le Progrès, c'est le cabinet du maire qui centraliserait le pouvoir au détriment des différents services.

En , la Commission nationale de l'informatique et des libertés adresse un avertissement à la municipalité de Saint-Étienne, dont les politiques sécuritaires sont « susceptibles de violer les textes relatifs à la protection des données à caractère personnel ». Gaël Perdriau avait fait installer une cinquantaine de micros sur la voie publique, un projet expérimenté sur les habitants du quartier populaire de Tarentaize-Beaubrun-Couriot. Parce qu’il est capable d’enregistrer les voix et les conversations des personnes se situant autour de lui, « le dispositif envisagé a nécessairement pour effet d’intervenir dans le champ d’autres droits fondamentaux des citoyens, et plus particulièrement dans celui de l’exercice de leurs libertés d’expression, de réunion, de manifestation, d’association et d’aller et venir », souligne la commission.

Il est réélu maire de Saint-Étienne le lors des élections municipales de 2020 avec des voix.

FranceInfo affirme dans un article paru en que Gaël Perdriau a favorisé une entreprise dirigée par des proches, en dehors de la procédure d’appel d’offres, dans le cadre de la politique culturelle de la ville.

En 2024, la chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes demande à Gaël Perdriau de « mettre fin à l’achat », avec l’argent public de sa collectivité, de sondages portant sur son image ou sa carrière politique. Environ euros d’argent public ont été dépensés à cette fin depuis 2018..

Affaire du

Déclenchement du scandale En , une enquête de Mediapart révèle que Gaël Perdriau est impliqué dans une affaire de chantage visant son premier adjoint, Gilles Artigues. Perdriau, qui voyait Artigues comme un rival potentiel, aurait cherché à le neutraliser en obtenant un moyen de pression sur lui.. Des proches de Gaël Perdriau auraient piégé Gilles Artigues selon la technique du Kompromat, en le filmant à son insu en 2014 dans un hôtel parisien, lors d’une soirée privée avec un « escort boy » recruté par leurs soins. Selon Mediapart, c'est l'adjoint au maire en charge de l’Éducation, Samy Kéfi-Jérôme - devenu ensuite vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes - qui a placé une caméra dans la chambre d'hôtel de Gilles Artigues.. Gilles Rossary-Lenglet, ancien compagnon de Samy Kéfi-Jérôme, déclare avoir conçu et organisé cette opération et touché avec lui de la part de la municipalité, via des subventions versées à des associations stéphanoises. C'est également Rossary-Lenglet qui, ne se jugeant pas suffisamment récompensé pour sa mission, a déclenché le scandale en dénonçant les faits à Mediapart.

Le , Gilles Artigues porte plainte contre Gaël Perdriau pour « chantage aggravé, guet-apens en bande organisée, détournement de fonds publics et non-dénonciation de faits délictueux », ce qui conduit le parquet de Lyon à ouvrir une information judiciaire... Gaël Perdriau dément toute implication.. Mediapart publie le des enregistrements qui établissent l'implication directe du maire dans le chantage, appuyé par son directeur de cabinet Pierre Gauttieri....

Un élu d'opposition de Saint-Étienne, Pierrick Courbon, dépose une plainte contre X pour escroqueries au jugement, les subventions qui auraient servi à rémunérer l'organisateur du guet-apens ayant fait l'objet d'une mise au vote en conseil municipal... À la suite de ces révélations, deux autres figures politiques locales indiquent avoir fait l'objet de pressions et de chantage de la part de Gaël Perdriau et de son entourage.

Le , Gaël Perdriau obtient du tribunal judiciaire de Paris une ordonnance interdisant par avance à Mediapart de publier de nouvelles informations issues de ces enregistrements mais cette ordonnance fait l'objet d'une rétractation plus tard. Mediapart publie des informations révélant que Gaël Perdriau a lancé une rumeur calomnieuse accusant le président de région Laurent Wauquiez de pédocriminalité. Gaël Perdriau reconnait que ses accusations sont , et Laurent Wauquiez porte plainte pour diffamation..

Le , après une journée de garde à vue, Gaël Perdriau, Pierre Gauttieri, Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet sont mis en examen pour différents chefs d'accusation et placés sous contrôle judiciaire. Gaël Perdriau est quant à lui mis en examen pour chantage et pour détournement de fonds publics par un dépositaire de l’autorité publique. Le suivant, l'édile est condamné à régler une caution de afin de ne pas être placé en détention provisoire.. Le , Mediapart révèle qu'une nouvelle vidéo en lien avec l'affaire judiciaire, datant de 2016, a été découverte courant 2022..

Le , Mediapart révèle qu’une autre opération de chantage avait été envisagée, à l’été 2015, cette fois contre Michel Thiollière, ancien maire de la ville avec lequel Gaël Perdriau avait eu des divergences politiques par le passé. Le piège, imaginé par Gilles Rossary-Lenglet et Pierre Gauttieri mais finalement non réalisé, aurait consisté à lui faire rencontrer une prostituée mineure de 16 ans originaire des pays de l'est tout en le filmant à son insu.

Au cours de son audition le , Pierre Gauttieri, qui niait jusque-là toute implication de Gaël Perdriau, déclare qu'il a menti lors des premières auditions et avoue que ce dernier est bien l'instigateur du "kompromat" visant Gilles Artigues.. Par la suite, Gauttieri déclare que Gaël Perdriau est également le commanditaire du projet de chantage visant Michel Thiollière, sur lequel il faisait une et qu'il souhaitait neutraliser comme il l'avait fait pour Gilles Artigues.

En , la mise en examen de Gaël Perdriau est étendue aux chefs d' et de . En , après deux années d'instruction, le maire de Saint-Étienne est renvoyé devant le tribunal correctionnel.

Procès et condamnation

Le procès de Gaël Perdriau se déroule fin au tribunal correctionnel de Lyon pour . Outre Gilles Artigues et sa famille, Michel Thiollière et la ville de Saint-Étienne, l'association Anticor se porte partie civile. Mis en cause par tous les autres prévenus qui reconnaissent leur implication, le maire continue de clamer son innocence.

Le , il est reconnu coupable de chantage, d’association de malfaiteurs et de détournement de fonds publics, et condamné à cinq années de prison dont une avec sursis avec mandat de dépôt à effet différé, et à cinq années d’'inéligibilité avec exécution provisoire. Il annonce son intention de faire appel.